Ensuite nous commençons la longue montée vers le Paso de San Francisco qui mène au Chili par la route 60.
Mon idée était de passer la nuit à Chaschuil, à environ 3000m d’altitude, pour nous acclimater, mais la nuit tombe et les paysages sont si beaux que nous préférons nous arrêter pour les déguster demain sous le soleil (enfin nous l’espérons car la météo consultée avant de partir prévoyait un temps nuageux pour demain) Nous longeons le rio Chaschuil dans un décor de far west.
Soudain le soleil passe sous les nuages et c’est l’embrasement, superbe. La rivière prend une couleur rouge sang!
Nous trouvons un coin pour la nuit au bord de la rivière à seulement 2000 m d’altitude.
J4 Lundi 2 juillet : 110163 km
7h30, 12°C dans le camping car au réveil sans chauffage, -5°C dehors mais c’est un froid sec. J’aurais dit sans mesurer qu’il ne gelait pas. La nuit a été claire et tranquille, y’a plus qu’à attendre que le soleil se lève vers 8h00 seulement (il se couche à 18h30)
La montagne qu'on voit à droite n'est pas dans l'ombre. Elle est d'un noir d'encre, même en plein soleil levant!
Nous continuons la montée vers le Paso San Francisco.
On ne voit absolument personne. La route est en parfait état.
On croise qq centaines de vigognes, très vives et malignes : elles nous repèrent avant même qu’on les ai vues (faut dire qu’elles sont couleur herbe d’hiver), on les repère en fait à leur déplacement. Elles ont le chic pour toujours montrer leur postérieur et partir vers le soleil, si bien qu’elles sont souvent à contre-jour pour les photos.
On fait un arrêt dans la vallée de Chaschuil à 3000 m (là où on voulait initialement dormir), pour escalader une dune et la descendre à toute vitesse. Chaschuil n'est pas un village mais simplement une ferme perdue.
J’arrive à approcher un faucon pas craintif du tout.
Ensuite on se balade dans un enchevêtrement de flaques et d’herbes, pleines d’oiseaux, principalement des oies et des canards.
Gros plan sur les sels minéraux :
On continue ensuite la route, dans un décor d’altiplano multicolore, avec plein de vigognes et des ânes qui paraissent sauvages, impossibles de les approcher.
Finalement on arrive au poste de douane de Las Grutas et là, déception, le douanier nous annonce que le col (le paso San Francisco) est fermé. Il a neigé la veille 30 ou 40 cm sur le versant chilien, exposé aux dépressions pacifiques.
Il nous autorise à aller passer la nuit près des thermes, 3 km plus loin, après avoir hésité en nous prévenant que les nuits étaient très froides à 4000 m. Il y a une chance que le col soit ouvert demain.
On distingue à droite la petite cabane des thermes.
La rivière est chaude!
Oui, pas de doute :
Le déjeuner à peine terminé, les enfants se précipitent dans les thermes, très rudimentaires : mais l’eau est à 35°C et c’est un vrai régal.
Je choisis de me baigner d’abord dans la rivière à 32°C dans un décor de rêve avec en toile de fond des volcans à 6000m. Il n’y a pas un souffle de vent et à 4000 m en plein hiver et au soleil, l’air est très doux.
Impossible de faire sortir les enfants de l’eau, ils vont y passer l’après-midi tandis que nous partons avec Fred faire une petite balade sur l’altiplano.
Nous partons les mains dans les poches et le regrettons bien vite.
Marcher à 4000m dans cet air très sec donne soif, très soif.
Nous marchons jusqu’à une lagune pleine d’oiseaux et décidons de revenir en longeant la rivière qui vient de la source chaude.
Ces algues vert fluo sont la conséquence de la source chaude.
En fait nous cheminons à travers un labyrinthe de glace, de sel et d’eau qui chauffée par la source, résiste au froid et court gaiement entre les touffes d’herbe jaunies par l’hiver.
Bref, nous arrivons bien crevés après 10 km en 2h30.
J’ai un mal de crâne terrible (altitude probablement mais aussi certainement luminosité extrême associée à un bon petit vent dans le nez au retour) alors que le reste de la famille est simplement fatigué.
Tout le monde s’effondre sur les couchettes du camping car. Nous payons cher le fait d’avoir passé la nuit précédente à seulement 2000 m et non 3000 comme prévu.
Fred vide l’appareil photo sur le portable et constate avec horreur qu’il y a plein de poussières : elles ont du se mettre sur le capteur alors qu’on alternait grand-angle (paysages) et télé-objectif (vigognes trouillardes) pendant la montée vers le col.
Enfer et damnation !!
Pour ce soir, les enfants commandent des spaghettis carbonara, l’eau ça creuse !
Pas facile de faire cuire des pâtes à 4000 m (au bout de 15 mn au lieu de 4 elles sont juste cuites !)
La nuit s’annonce fraîche à cette altitude et en effet le lendemain à 8h00, il fait 4°C dans le camping-car (sans chauffage) et -10°C dehors.