Venise, enfin...
En train, le trajet Vérone-Venise ne prend pas beaucoup plus d'une heure. Nous débarquons donc à la gare de Santa Lucia avec pour seul bagage un sac à dos léger (ce qui change des sacoches à vélo) vers 10 du matin.
Quel choc ! Nous ne connaissions de Venise que ce que tout le monde en connaît sans y être jamais allé. C'est exactement comme dans les livres (des canaux partout, des gondoliers, des palais et des églises), on se croirait dans un rêve.
Nous choisissons d'acheter un petit guide pour pouvoir au moins se donner une idée de la géographie de la ville, puis nous nous perdons allègrement dans les calle et les fondamenta, nous enjambons un nombre incalculable de rii, chaque direction choisie est un renoncement à deux autres directions possibles.
Somme toute, la géographie globale de la ville est assez simple à comprendre ; le grand S du Canale Grande et la lagune sont des repères permanents. Il en est bien autrement dès que l'on se perd dans les quartiers, où, même avec un plan, il est délicat de ne pas se perdre.
Nous sommes surpris par le peu de monde dans les rues excentrées (il suffit en gros d'éviter la place St Marc, le Rialto, et les abords du Grand Canal pour être à l'abri de la foule). Certaines rues sont littéralement désertes et les Vénitiens vaquent tranquillement à leurs occupations loin de la folie touristique.
Nous marchons toute la journée, sans chercher à rentrer dans un musée ou distinguer un palais d'un autre. Nous recherchons une première impression de la ville et savons déjà que nous y reviendrons plus longuement une autre fois.
Nous conseillons en particulier la ligne 2 du Vaporetto, qui, pour un ticket à 6,50 € (validité 1 heure sur tout trajet), nous promène depuis la place San Marco à travers tout le Grand Canal, puis revient, après un passage au port, par le canal de la Giudecca, fait un crochet sur l'île du même nom et nous dépose une heure et quart après, à deux pas de la place San Marco. La promenade est magique, chaque arrêt un enchantement ; nous pouvons profiter de la vue des façades de tous les palais du Grand Canal ; pour mieux en profiter, il faut rester debout le long de la rambarde et assister à tous les embarquements et débarquements des passagers ; la façon d'accoster et de s'amarrer du vaporetto est en soi un spectacle dont on ne se lasse pas.
Nous trouvons également une librairie française (au numéro 6358 du sestiere Castello, près de S.S. Giovanni e Paolo), consacrée essentiellement à Venise, tenue par un homme charmant. Nous avons ainsi fait la connaissance des romans policiers de Donna Leon, américaine installée à Venise depuis 20 ans, et de son héros, le commissaire Brunetti, qui mène des enquêtes sur un ton désabusé dans la cité lacustre.
Puisqu'il faut partir enfin, nous tentons de rejoindre la gare Santa Lucia en traversant le quartier San Polo ; mais là, miseria, impossible de se repérer malgré le plan. Heureusement que nous finissons par trouver des panneaux indiquant « ferroviare », qui signifie la gare, et dont la fréquence nous laisse imaginer que nous sommes loin d'être les premiers à nous être désespérément et définitivement perdus dans ce quartier.
Nous quittons Venise à regret, pour rejoindre Vérone et passer notre dernière nuit en Italie.