Le Reschenpass et la vallée de l'Adige (Val Venosta)
Nous repartons le lendemain en suivant toujours l'Innradweg, très bien fléché jusqu'à Stuben (en fait, un peu plus loin, là où la piste croise la B180). La route est toujours aussi belle et nous croisons à nouveau nos compagnons italiens.
Nous devons prendre une décision : suivre encore l'Innradweg jusqu'à Martina (CH), puis emprunter une route peu fréquentée mais difficile jusqu'à Nauders (col à franchir) , la suivre seulement jusqu'à Altfinstermünz, puis emprunter une petite route très pentue qui rejoint la B180 juste avant la série des tunnels, ou bien monter de suite sur la B180 et privilégier une pente douce à la tranquillité et l'absence de voitures. Nous avons choisi la troisième possibilité, attirés par la pente plus facile. Les italiens font de même, l'alternative pour eux étant la route de Martina, qui leur ferait perdre une journée.
La route n'est pas plus fréquentée que celle du Fernpass, en revanche la traversée des tunnels est assez angoissante (il y en a deux de 500 mètres et plusieurs plus petits), bien qu'en réalité sans danger puisque ceux-ci sont pourvus de trottoirs. Cependant, l'approche des tunnels reste sombre, les voitures roulent très vite, et les trottoirs des tunnels sont difficiles d'accès et très étroits. D'ailleurs, l'un des deux cyclistes italiens, parti en reconnaissance avant nous, décide de rebrousser chemin car il ne voit pas comment son compagnon pourrait traverser les tunnels ailleurs que sur la route. Il a raison, et nous ne les reverrons plus.
Ce passage est le plus désagréable du périple. Après les tunnels, la route grimpe encore, d'abord durement, puis en s'adoucissant, jusqu'à Nauders, où le Reschenpass n'est plus qu'à quelques kilomètres en faux plat montant. Le plus dur est fait. Nous sommes éprouvés, mais contents.
A Nauders (après une pause Apfelschorle très bienvenue), nous retrouvons immédiatement une nouvelle piste cyclable vers le Reschenpass. La route est à nouveau magnifique, une large vallée entre les montagnes, très verte, qui nous emmène sans encombre à la frontière italienne et le Südtirol (ou Alto Adige en italien).
<------ panneau indicateur du col de Resia ou Reschenpass
Nous trouvons à cette frontière l'un des panneaux d'information typiques de la VCA, comprenant carte et dénivellé. Nous comprenons, que nous attendent maintenant 80 km de descente pure.
la frontière austro_italienne ----->
<----- plan indiquant les 80 km de descente vers Merano
Nous arrivons sur le lac de Resia (Reschensee), où nous nous arrêtons pour déjeuner d'une polenta aux champignons (polenta con funghi) délicieuse. Nous pensons à nos compagnons allemands, que nous ne reverrons plus également, en nous demandant par où ils sont passés. Notre choix était probablement le plus rapide, mais pas le plus agréable. Ils s'étaient donnés trois semaines pour atteindre Venise, cela leur donnait le temps de passer par Martina.
vue du lac de Resia ----->
La langue maternelle, dans la province où nous sommes, insérée dans la région du Trentino- Alto Adige, reste l'allemand, bien que nous soyons en Italie. Les habitants de cette province apprennent l'italien à l'école à partir de 6 ans ; il ne faut donc pas s'étonner que tous les panneaux ici soient bilingues - et d'abord en allemand, et que tout le monde s'adresse à vous en allemand. Cela n'empêche pas de trouver des pizzas à tous les coins de rue, à côté des biergarten. Le mélange des deux cultures est très agréable.
Après la pause déjeuner, nous ne le savons pas encore, mais nous nous dirigeons vers le plus incroyable des chemins à vélo. Nous nous retrouvons immédiatement sur une piste cyclable (la ciclabile, comme on l'appelle en Italie) en direction de Meran/Merano. Nous savons, parce que nous avons vu les panneaux, que d'ici à Merano, se trouvent environ 80 kilomètres de descente et nous comptons bien en profiter. Mais cette descente dépasse l'entendement.
Juste après le lac de Resia, que l'on peut emprunter par les deux côtés (nous avons choisi la rive est, probablement la plus plate), nous commençons une descente incroyable le long du lac della Muta puis de l'Adige naissant, une piste cyclable en site propre dont la pente n'est jamais à moins de 6%, mais souvent au-dessus de 10%, dans la forêt, les prés, les villages, entre des barrières de bois, le long du fleuve qui n'est encore qu'un petit ruisseau… C'est indescriptible ; on se croirait presque dans un parc d'attraction tellement la route est parfaite. Cela dure des kilomètres et des kilomètres. Nous rencontrons les premiers vergers de pommes, qui ne nous quitterons plus jusqu'à Trento ; parfois, la route s'élargit et s'aplanit dans les vergers, puis elle reprend sa course vers les profondeurs de la vallée.
Cette route était l'une des motivations pour entreprendre ce voyage ; elle va au-delà de ses promesses.
La journée ayant été longue, nous décidons de nous arrêter à Schlanders/Silandro pour la nuit, au milieu des vergers de pommes. Là encore, comme partout, nous trouvons à nous loger sans difficulté.
<--------- arrosage des pommiers, depuis notre chambre, à Silandro