Avec le triomphe des nouvelles idées issues de l'humanisme et le contexte particulier de l'époque, la chrétienté va connaître un éclatement en plusieurs nouvelles églises dissidentes de Rome. Tout le Nord de l'Europe est touché par le vent de la réforme : les États allemands, l'Angleterre, une partie des Pays-Bas jusqu'en pays tchèque. La Bible est traduite en langue du peuple et désormais, chacun est responsable de son salut. Dégagées de l'autorité du pape, ces églises vont réorganiser le culte selon leurs désirs. La liturgie réformée change fondamentalement le rôle de l'officiant et des fidèles. Le chant en latin est abandonné au profit d'hymnes que tous peuvent chanter à l'église.
Martin Luther, déclencheur de la Réforme, assigne un rôle important au chant
comme devant édifier le fidèle dans sa foi.
C'est ainsi qu'en Allemagne apparaît le choral luthérien, (choralgesang) un chant à l'unisson. Le choral joue bien ce rôle en qu'il est simple, facile à retenir. Il s'agit souvent d'un air populaire connu sur lequel on ajoute un nouveau texte en allemand. Ces chorals serviront de thème à d'innombrable compositions polyphoniques, le maître du genre demeurant Jean-Sébastien Bach.
En Angleterre, la liturgie anglicane se donne l'anthem, un chant religieux en langue anglaise. On le dit "full anthem" quand il est exécuté par un choeur a capella et "verse anthem" quand il y a un accompagnement instrumental. Les grands maîtres du genre seront Christopher Tye (~1498-1572) et Thomas Tallis (~1505-1585).
[Découvrir Thomas Tallis sur Youtube.]
Les huguenots français trouveront dans les psaumes le véhicule de leur privilégié de leur liturgie réformée.
Le concile de Trente (1545-1563) qui avait pour but de ramener l'ordre et la discipline au sein de l'Église catholique, eut une influence déterminante sur l'évolution musicale de la Renaissance. Dans un premier temps, les compositeurs de musique religieuse sont invités à expurger toute influence profane dans leurs oeuvres et à revenir à une plus grande sobriété. Le concile dénonce les grands artifices polyphoniques qui étourdissent et font oublier le texte de la prière et le sens du recueillement.
Le grand compositeur de la Contre-Réforme sera sans contredit Giovanni Pierluigi da Palestrina (~1525-1594) qui fut le maître de chapelle de trois papes.
Il laisse au total 115 messes, plus de 600 motets qui fondent l'école romaine imprégnée de l'esprit du renouveau religieux souhaité par les cadres de l'Église.
[Entendre des oeuvres de Palestrina sur Youtube].