Les faussaires ont-ils perdu la partie ?
Les faux tableaux sont nombreux sur le marché de l'art et dans les collections. Certains policiers estiment que 50% des dessins et tableaux proposés sur le marché actuel sont des faux! La revue Elephant s'est penchée sur la question. Jessica Saxby a enquêté en interrogeant les deux camps en présence : un faussaire (Guy Ribes) et un expert (Thierry Moutard-Martin). Peut-on encore faire des faux tableaux crédibles à l'heure où les analyses scientifiques deviennent de plus en plus accessibles ?
Et même si vous ne lisez pas l'anglais, cliquez sur le lien rien que pour les belles photos argentiques réalisées par Benny Matthews dans l'atelier de Thierry Moutard-Martin.
Formulation et consistance de la peinture : voir la vidéo
Quand on met au point la formule d'une peinture, le rapport pigment / liant - la « prise d'huile » - est l'une des données les plus importantes. Une faible variation de ce rapport change beaucoup la consistance de la peinture. Sur cette vidéo, la première pâte est formulée avec 17g d'huile de lin pour 100g de pigment. Elle possède un seuil d'écoulement marqué. C'est presque une pâte pseudoplastique. Dans le langage des peintres, on parlera d'une pâte « courte ». La deuxième pâte contient 19,3g d'huile pour 100g de pigment. Quand on cesse de la cisailler, elle continue à couler pendant une fraction de seconde. Ce léger retard suffit à la rendre complètement différente : les pics de pâte laissés par le couteau ont le temps de s'affaisser et le relief pictural subit un léger nivelage avant de se figer. Dans le jargon des peintres, on décrira cette pâte comme étant plus « longue » que la précédente.
Le pigment employé est du blanc de Meudon. Il ne donne pas des films assez couvrants pour pouvoir être considéré comme un véritable pigment à part entière (surtout à l'huile). Il sert de charge et d'additif. Le préparer ainsi en pâte permet de le stocker déjà dispersé dans l'huile et de l'employer en post-addition dans une peinture déjà broyée avec un vrai pigment blanc ou coloré. Il suffit alors d'en mettre très peu et de rebroyer le tout pour obtenir un important changement de consistance de la peinture sans déséquilibrer la Concentration Pigmentaire Volumique de l'ensemble.
Les deux pâtes de ce test ont été travaillées d'abord au mortier et au pilon, puis broyées finement à la molette sur une dalle en verre dépoli.
Dans le n°110 du magazine Pratique des Arts, retrouvez un dossier sur les produits pour artistes à fabriquer soi-même en atelier. Un article clair et bien illustré y décrit pas à pas la technique de broyage des peintures de Thierry Moutard-Martin. Le pigment pris en exemple est une terre de Sienne du moulin à couleurs d'Ecordal. Le matériel de broyage est décrit précisément, la formule de la peinture est donnée au gramme près et les gestes du broyage sont expliqués. À acheter en kiosque, ou en ligne en cliquant ici.
Outremer : broyage et formulation
Les Cahiers du Broyeur de Couleurs sont une série de manuels consacrés à la fabrication des peintures pour artistes, copistes et restaurateurs. Le premier numéro porte sur le broyage à l'huile du bleu d'outremer. Les propriétés physiques et chimiques du pigment sont passées en revue. Thierry Moutard-Martin vous fournit toutes les données permettant de formuler votre propre peinture à l'huile de qualité professionnelle avec du bleu d'outremer. L'ouvrage contient une méthode détaillée de broyage, avec tables de données et illustrations en couleur, pour vous permettre de broyer efficacement vos peintures à la molette, en partant du pigment pur. Ce volume dévoile notamment la nature de certains additifs qui peuvent être ajoutés aux pâtes pour faciliter leur broyage, corriger leur profil rhéologique, améliorer leur stockage en stabilisant la dispersion pigmentaire. Une partie de ces informations n'avait jamais été publiée et est révélée ici pour la toute première fois au public.
Les formules contenant des dosages précis et chiffrés (dosage des additifs, prises d'huile, etc.) permettent aux broyeurs de couleurs, même inexpérimentés, de réussir la fabrication de leurs peintures.
Thierry Moutard-Martin vous livre ici le résultat de plusieurs années de recherches. La formulation des peintures est d'habitude un des secrets d'atelier les mieux gardés. Grâce aux Cahiers du Broyeur de Couleurs il vous est maintenant accessible...
(169 pages. ISBN 9781471654879 Language: french. 50€)
Handbook of ultramarine paints formulation and grinding. Contains precise data (oil absorption tables, additives formulas, special tips for grinding process with the muller, etc.), color plates. All data published in this unique handbook enable you to formulate your own Professional quality ultramarine oil paints. In this volume, you will also learn to select and use additives to be added to the pastes in order to make easier their grinding process, to adjust their rheological properties, or to improve their storage by stabilizing the pigment dispersion. Some of these additives are published here for the first time!
Artists' Paint detailed formulation is traditionnally one of the best kept studio secrets. Thierry Moutard-Martin gives you access to this knowledge. Even if you are not a well-trained paint grinder, you will be able to create real extra-fine paints by hand mulling.
This is the first issue of a new collection created for artists who handgrind their own oil paints: les Cahiers du Broyeur de Couleurs . The next volume will deal with white lead, the king of ancient palettes...
Historical evolution of oil painting media; a rheological study
Article de Laurence de Viguerie, auquel Thierry Moutard-Martin a collaboré, publié dans les Comptes-Rendus de Physique de l'Académie des Sciences. L. de Viguerie y explore la rhéologie des peintures artistiques anciennes, et la façon dont les artistes modifiaient cette rhéologie à l'aide de médiums.
Résumé : La rhéologie, science de l'écoulement, est à ce titre présente dans toute opération de peinture. Nous proposons dans une première partie un bref rappel des principes et définitions en rhéologie ainsi que les différents critères définis dans l'industrie pour la formulation. Les propriétés rhéologiques conditionnent en effet le rendu final de la peinture. Un même type de raisonnement peut être appliqué tant pour la mise au point des peintures industrielles où il s'agit d'ajuster la formulation en fonction des critères requis, que pour l'étude des peintures de chevalet où le rendu final donne des informations sur la rhéologie et donc la composition de la peinture utilisée. Les premières recettes de liants et mediums pour la peinture à l'huile indiquent l'utilisation d'huile, de résines, et d'essence. En partant de l'étude rhéologique de ces systèmes nous proposons de suivre l'évolution de leur composition et de leur utilisation en tant que médiums pour la peinture à l'huile. Pendant la Renaissance, des systèmes newtoniens ou légèrement rhéofluidifiants permettant un nivellement complet de la surface, ont du être utilisés. Progressivement les techniques se modifient: la touche de l'artiste devient visible. Les traces de pinceaux apparaissent, la peinture est utilisée opaque (et non plus transparente en glacis) et les mediums huiles/résines sont moins employés. Des préparations à base d'huile additionnée de plomb, et de résine mastic apparaissent, au XVIIe siècle d'après certaines sources. Ces préparations, dont les propriétés rhéologiques sont proches de celles recherchées par l'industrie, sont encore préparées et vendues de nos jours.
http://www.lebilletpoeme.fr/2010/09/billet-20-meler-a-la-soif-du-regard-de-jean-metellus/
Le Billet Poème est un éditeur qui a eu une idée simple et géniale.
On ne lit jamais un recueil de poésie comme un roman, de la première à la dernière page. Chaque poème est une œuvre d'art qui mérite d'être goutée pour elle-même. Il serait donc logique d'éditer, diffuser et vendre la poésie de la même manière qu'on la consomme : à l'unité. C'est ce que fait le Billet Poème.
Mais alors quel est l'intérêt par rapport à un poème qu'on a simplement sorti de notre imprimante maison, ou même recopié à la main ? C'est ici qu'intervient la partie matérielle de l'invention: les Billets Poèmes sont illustrés spécialement par des artistes contemporains, mis en page de façon soignée, puis imprimés sur un papier spécial infroissable, indéchirable et résistant à l'eau. Format et design sont très proches de ceux des billets de banque. Une fois qu'on a eu cette monnaie subversive entre les mains, on ne peut plus s'en passer. Même ceux que vous connaitrez par coeur à force de les avoir eus dans votre porte-monnaie ne le quitteront pas tous. Ils y voisineront avec l'autre monnaie, sans jamais être salis par elle...
Retrouvez un Billet Poème illustré par une aquarelle de Thierry Moutard-Martin, disponible sur le site de l'éditeur.
Peindre un glacis simple à l'huile, sans médium
Une courte vidéo qui montre comment faire un glacis simple en peinture à l'huile sans recourir à des additifs ou des médiums spéciaux. Bien sûr, les vernis à peindre et autres médiums sont parfois indispensables au travail des glacis, mais toutes les fois où l'on peut s'en passer, il faut le faire. Les maîtres anciens n'en ajoutaient que lorsqu'il était vraiment impossible de faire autrement.
comparatif de deux blancs de plomb à l'huile
Des études universitaires ont déjà été menées sur les peintures à l'huile pour artistes au blanc de plomb. Elles mettaient en évidence l'influence déterminante de la nature des huiles et additifs employés sur la rhéologie de ces peintures. Mais la variété de blanc de plomb choisie a aussi son importance. Dans cette vidéo, on voit deux échantillons différents formulés avec le même liant (une huile de lin pure) : un pigment produit selon l'ancien procédé « hollandais », et un autre produit selon un procédé moderne.
La consistance, la couleur, l'aspect, la siccativité de deux peintures sont passés en revue.