Dans les parcs nationaux chiliens : Lauca, Vicuñas et Surire


J6 : Mar 03/05/11


C’est parti pour plus de quatre cents kilomètres… mais pas en une seule journée, nous prévoyons au moins deux jours (voire trois) pour en profiter pleinement et tranquillement, d’autant qu’après une nuit de relâche, nous rejoignons à nouveau la haute altitude.


Notre parcours pour les jours suivants !




Pour ce soir, nous avons réservé auprès de la CONAF, l’administration des parcs nationaux chiliens, deux lits dans le refuge du Salar de Surire à 4200 mètres.


Ce sera, par conséquent, une toute petite étape de 120 kilomètres… ponctuée de plusieurs arrêts.


Comme nous avons zappé quelques points d’intérêt du Lauca NP hier, c’est le moment de nous rattraper. Mais en raison du mauvais état de la route, nous nous contenterons de ceux qui se trouvent sur notre trajet sans retourner à la hauteur du lac Chungara.


A l’entrée du parc, les rochers de las Cuevas sont réputés abriter des viscaches (Lagidium viscacia), des rongeurs de la famille des Chinchillas ressemblant à des lapins avec une queue d’écureuil. En empruntant le petit sentier, nous ne tardons pas à en apercevoir.


Mais où se cache la viscache ?



En y regardant mieux, il y en a partout… certaines se dorent au soleil, d’autres préfèrent l’ombre !





En tout cas, la vue de ce bodefal sur fond de volcans vaut le détour. C’est magnifique !






Immédiatement après cette zone humide bien verte, une piste nous amène à travers des paysages plus désertiques vers le site archéologique  « El Chacu ».




Il s’agit d’un site utilisé par les Incas et les Aymaras pour capturer les vigognes et autres camélidés. D’une longueur maximale de 100 mètres et d’une largeur de 30/40 mètres, il se situait sur la pente descendante d’un petit canyon, ce qui évitait qu’il soit visible des animaux arrivant de la pampa voisine.



Pour Lauca, ce sera tout ! Deux kilomètres après la maison des rangers de Las Cuevas, nous quittons la route internationale et tournons à droite vers Guallatire sur une bonne piste entretenue.


Guallatire, c’est à la fois ce sommet à 6060 mètres et un petit village où nous faisons notre arrêt du midi.

Le volcan est actif. Voyez les fumeroles qui s’en échappent !




Guallatire, l’église du village et le petit kiosque idéal pour notre pique-nique.




Hervé en profite pour explorer le campanile.




Si le village a l’air dépeuplé, en revanche, le bodefal voisin est fréquenté par une multitude de lamas et d’alpagas ! Ils ont la belle vie dans ce cadre somptueux !




Bientôt un panneau nous indique l’entrée dans la Reserva Nacional Las Vicuñas… et comme son nom l’indique, ces camélidés graciles aux grands yeux sombres sont légion dans ce parc aux badlands colorées.









Le Salar de Surire n’est alors plus très loin… plus que quelques virages sur cette piste !




Au refuge, il n’y a personne pour l’instant. Le ranger devrait arriver dans la soirée… en tout cas, nous l’espérons. D’ici là, nous en profitons pour explorer les environs tout en scrutant l’horizon dans l’attente d’un éventuel panache de poussière.


Derrière la maison, des viscaches en nombre posent pour la photo ! C’est l’occasion de les approcher de très, très près !


Admirez les moustaches de la viscache !



Puis en prenant de la hauteur (une centaine de mètres de dénivelé cette fois, on progresse, on progresse !), nous découvrons l’étendue de ce désert de sel en dégradés de rose, gris et bleu !



Avant l’arrivée du ranger, nous voyons arriver deux autres véhicules dont descendent de l’un deux couples suisses et leur accompagnateur, de l’autre trois vététistes et leur guide. Manifestement, il va falloir partager les lieux !


Enfin, peu après 18 heures, le garde arrive en compagnie de deux de ses acolytes. Nous sommes par conséquent 14 personnes à vouloir loger ici cette nuit. Je me demande comment tout ce petit monde va pouvoir cohabiter mais le refuge, composé d’un bâtiment principal et d’un préfabriqué, est plus grand que je ne le pensais et chacun y trouve aisément sa place. On nous octroie une chambre à deux lits, rien que pour nous, super ! Les sanitaires sont partagés et limités au strict minimum : eau froide, pas d’eau courante au WC mais un broc, pas de douche ni de chauffage.


Dans la cuisine commune, Enrique, le guide des Suisses, prend rapidement les choses en main et mitonne des pâtes au thon pour son groupe. De notre côté, c'est Hervé qui se met au fourneau mais ce sera plus frugalement soupe, petits pois et pomme, le tout arrosé d’un verre de Merlot généreusement servi par Enrique.


Toutes les langues se mêlent pendant le dîner, de l’allemand à l’espagnol en passant par l’anglais et le français. Alors qu’un bon feu crépite dans le poêle, manteaux et polaires restent cependant de rigueur.


Au moment de faire notre petite vaisselle, il n’y a plus d’eau au robinet de la cuisine, signe que les tuyaux ont déjà gelé. Température attendue dans la nuit : - 10 °C !


Nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage pour une nuit très froide à 4200 mètres.



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