Kotoka 1999

KOTOKA 1999 : Un projet réussi

Rappelez-vous Novembre 1996 : Etienne WOLF lançait sur Brumath le projet KOTOKA dont le but était de venir en aide à une population défavorisée de la forêt équatoriale en Côte d’Ivoire. Soutenue par quelques amis et par l’Office des Sports, de la culture et des Loisirs de la Ville, cette idée a très vite pris de l’ampleur puisque 50 personnes se sont engagées personnellement et à titre tout à fait bénévole pour la réussite de ce projet avec le soutien financier et matériel de la population brumathoise, tant des particuliers, que des associations, écoles, collèges, paroisse, entreprises… Devant la générosité de ce projet beaucoup de gens extérieurs à Brumath ont apporté leur soutien. Merci à tous.

02 juillet 1999 : 18 bénévoles âgés de 18 à 62 ans ont pris l’avion pour se rendre en Côte d’Ivoire. A leur arrivée et surtout la première nuit l’accueil a été très chaleureux surtout par Monseigneur DACOURY Evêque de Grand Bassam, qui a reçu tout le monde à sa table mais également par les cohortes de moustiques qui se sont régalés du sang des blancs.

Mais un accueil remarquable en leur honneur a été organisé par le village même la télévision nationale Ivoirienne était présente ce jour là. Il est difficile d’expliquer par des mots ce que chacun a pu vivre à ce moment mais l’émotion a été très intense.

Passé ce jour de fête, le 4 juillet à 6 heures du matin tout le village avec le Chef KOUAME en tête a répondu présent pour décharger le container arrivé la veille et expédié de Brumath, 3 mois plus tôt. Grâce au forage du puits commandité quelques semaines auparavant, Joël le spécialiste en technique et pompage d’eau assisté de Louis ont fait de telle sorte qu’à 11h20 de ce même matin l’eau coulait à flots si bien que toute la troupe le soir à 17h15 a pu prendre sa douche dans un village dépourvu d’électricité et d’eau courante.

Inutile de dire que la présence de ce puits a facilité la vie quotidienne de tout le groupe.

Installé dans 2 salles de classe à même le sol sur des matelas gonflables et sous des moustiquaires, le groupe a vécu la fin de la saison des pluies sous des trombes d’eau torrentielles avec en prime une chaleur permanente en journée de 32° et une moiteur telle que certains ont véritablement réalisé sans trop le vouloir une cure d’amaigrissement perdant jusqu’à 12 kilos. La vie à Kotoka a été rythmée par le soleil. Réveil tous les matins à 6 heures, à 7 h début du travail sur le chantier ou au dispensaire de fortune pour les médecins et infirmiers ; repas de midi à 14 h avant de reprendre le travail jusqu’à 17h30 puisqu’il fallait bien prendre sa douche avant que la nuit ne tombe vers 18h30. C’est sur ce rythme que se passèrent les 2 mois à Kotoka.

Epaulé par une équipe de jeunes gens de Kotoka et d’adultes mis à disposition par le Chef du village, le chantier a très vite pris de l’allure malgré les difficultés d’approvisionnement en sable, gravier ou ciment, du fait que la piste d’accès à Kotoka était très sérieusement endommagée par la pluie. 2 h de route en 4x4 pour faire 30 kilomètres de piste était le lot presque quotidien pour ramener les matériaux nécessaires au chantier. Seul un camion avait accepté de pourvoir le chantier mais à un prix doublé pour l’occasion ...

Inutile de faire la fine bouche, il fallût bien accepter afin de pouvoir terminer à temps le chantier ...

Des jeunes femmes du village s’étaient chargées de la cuisine. Chaque jour, elles ramenaient au chantier en pleine canicule et bien sur à pied sur plus d’un km les plats cuisinés au village. Angèle, chef-cuisinière et ses filles avaient décidé que les blanfoués (les blancs en langue agni) n’auraient d’autre choix que de se mettre à la cuisine ivoirienne : foutou (banane plantain pilée et mélangée à du manioc) atieké (manioc) alloko (banane frite) igname, poisson grillé mais aussi de temps en temps du bœuf et du mouton avec toutes leurs tripes furent les plats quotidiens et comme dessert des ananas frais ou des mangues. La Flag, bière locale, a réussi à tenir le moral de la troupe au beau fixe.

Les nuits fraîches voire souvent froides sur des matelas inconfortables n’ont pas entamé l’ardeur des 2 groupes au travail aux mois de juillet et août derniers si bien que tant l’installation du puits avec son château d’eau que le dispensaire, la maison de l’infirmier et le pied à terre ont pu être terminés à temps et que la remise des clés des différents bâtiments a pu se faire le 29 août en présence de nombreuses personnalités et surtout du Député AKA AOUALE, des membres de l’Association SERVIR présidée par Madame Henriette KONAN BEDIE épouse du Président de la République Ivoirienne et de l’Abbé Isaac ABOUDOU KOFFI, vicaire général du diocèse de Grand Bassam qui a passé les 2 mois avec nous sur place et qui représentait Mgr DACOURY.


QUELLES SUITES POUR KOTOKA ?

L’objectif de cette action était de permettre à la population de Kotoka d’accéder aux soins. Le groupe médical s’y est attaché pendant les 2 mois en soignant jusqu’à 200 personnes par jour.

Quelques accouchements ont eu lieu pendant notre séjour dont quelques uns ont failli se terminer par la mort des jeunes mamans suite à des hémorragies. Ces personnes ont pu être évacuées à l’hôpital d’Ayamé à 80 kms de Kotoka grâce au véhicule 4x4 de l’Evêque après 3 à 4 heures de route. Sans ce véhicule ces jeunes mamans seraient mortes. Nous aimerions offrir un véhicule sanitaire au village dans les 2 années à venir.

Des liens très forts se sont tissés entre la population de Kotoka et les Brumathois qui étaient sur place. Si ces derniers ont apporté à la population de Kotoka une aide matérielle, cette dernière leur a fait redécouvrir certaines valeurs oubliées dans notre société occidentale telle que l’amitié et l’hospitalité, la place de l’étranger, le temps pour l’autre. Ce rappel à ces valeurs a fait énormément de bien à beaucoup de participants.

Une petite maison pouvant accueillir 8 personnes, équipée de douches et de sanitaires attend tous ceux qui sont prêts à donner bénévolement de leur temps pour un coup de main aux activités du dispensaire ou participer à son entretien. Si l’hébergement est gratuit sur place, le déplacement et les frais de séjour sont à la charge de chacun, comme cela a été le cas de tous les participants l’été dernier.

Construire un dispensaire en 1999

La préparation :

Pendant 2 ans, 50 bénévoles ont fait des plans, rassemblé, trié, empaqueté le matériel et les matériaux nécessaires à cette expédition et ont préparé le voyage qui s’est déroulé l’été 1999.

D’autre part, ils ont entièrement financé ce projet en faisant appel à des parrains ou par différentes actions.

La réalisation :

18 personnes au mois de juillet, 18 au mois d’août âgées de 18 à 62 ans, ont offert leur mois de vacances, pris en charge leur voyage et leur séjour.

Rendus à KOTOKA, ils ont construit en collaboration avec les autochtones le dispensaire, la maison de l’infirmier, un puits et son château d’eau ainsi qu’un pied à terre.

Le corps médical, fort de 8 personnes pendant les 2 mois a soigné près de 200 personnes par jour.

800 000 francs ou 122 000 € ont été investis dans ce projet.

Le fonctionnement :

Depuis sa réalisation un infirmier permanent africain mis à disposition par le Ministère de la Santé dispense les soins.

Un accord avec le Ministère de la Santé Ivoirienne nous permet d’envoyer à tout moment du personnel pour se mettre bénévolement au service du dispensaire. Ces personnes sont logées à titre gratuit dans une maison appartenant à l’Association, par contre les frais de voyage et de séjour sont à la charge des participants, l’Association étant entièrement basée sur le bénévolat.


Le dispensaire




Logement de l'infirmier + pied à terre des "blancs"