Le Fonds de première intervention est un fonds mutualisé mondial qui finance les interventions humanitaires menées par des organisations locales et diverses dirigées par des femmes et des filles, en s’appuyant sur la capacité de financement, la portée et les relations des fonds féministes et fonds de femmes avec les mouvements féministes à travers différentes régions. Le Fonds de première intervention est actuellement dans une phase pilote de trois ans, de septembre 2025 à 2028.
Le Fonds de première intervention reconnaît le travail de longue date, essentiel et pourtant largement méconnu, que les mouvements féministes accomplissent pour combler les lacunes du système d’intervention face aux crises humanitaires. En travaillant par l’intermédiaire des fonds féministes et de femmes, le Fonds de première intervention atteint des communautés marginalisées qui ont souvent peu accès à l’aide humanitaire traditionnelle, les personnes en situation de handicap et les communautés confrontées au racisme et à la discrimination.
Malgré les engagements pris par les gouvernements en faveur de la localisation de l’aide et du financement des organisations dirigées par des femmes, trop peu de ressources parviennent aux groupes dirigés par des femmes et des filles dans les contextes de crise. Il existe notamment un manque de financements flexibles capables d’atteindre les groupes sur le terrain, qui comblent souvent des lacunes essentielles dans l’intervention en situation de crise.
Les fonds féministes et de femmes, soutiens traditionnels de la société civile féministe, peinent à répondre, même en partie, aux besoins d’intervention humanitaire identifiés par les organisations dirigées par des femmes, des personnes LBTQI+ et des filles. Le Fonds de première intervention vient compléter les fonds mutualisés existants et permet d’acheminer davantage de financements humanitaires vers les organisations dirigées par des femmes et des filles menant des actions humanitaires. Le Fonds de première intervention travaille en étroite coordination avec des fonds mutualisés partenaires, notamment le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire (WPHF) et les fonds mutualisés nationaux gérés par le BCAH (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, ou OCHA en anglais).
Notre Fonds a été créé pour combler une lacune systémique en réorientant les ressources et le pouvoir vers les organisations, réseaux et mouvements dirigés par des femmes et des filles. Le Fonds de première intervention offre un mécanisme fiable aux gouvernements et aux autres bailleurs de fonds souhaitant mobiliser des ressources à grande échelle en faveur de ces organisations locales pour financer l’action humanitaire. Notre objectif est de soutenir le plus rapidement possible les stratégies d’intervention humanitaire urgentes des organisations dirigées par des femmes et des filles, tout en laissant la place à des mécanismes participatifs afin de maximiser les résultats en matière d’inclusion.
Le Fonds de première intervention est guidé par un groupe consultatif multipartite qui comprend des représentantes et représentants du secteur humanitaire, ainsi que des organisations dirigées par des femmes actives dans l’intervention humanitaire au niveau local. En outre, le Fonds de première intervention reçoit des orientations techniques d’un groupe de référence humanitaire, composé de professionnelles et professionnels expérimentés du secteur humanitaire.
La phase de conception du Fonds de première intervention a intégré de vastes consultations auprès de parties prenantes du secteur humanitaire, notamment le Feminist Humanitarian Network, le START Fund, le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire (WPHF), ainsi que des bailleurs de fonds partenaires, des fonds féministes et des organisations dirigées par des femmes. Le Fonds de première intervention continue de s’engager activement et de rechercher des opportunités d’apprentissage partagé et de coordination avec d’autres fonds mutualisés humanitaires, notamment le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire (WPHF) et les fonds mutualisés nationaux gérés par le BCAH (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, ou OCHA en anglais). Il est également membre de la Communauté de pratique des fonds communs, coprésidée par le START Network et le Conseil international des agences bénévoles (ICVA).
Le Fonds de première intervention s’efforce de renforcer l’inclusion des organisations dirigées par des femmes et des filles au sein du système humanitaire. Par exemple, le fonds soutient ces organisations afin qu’elles puissent participer, lorsque cela est possible, aux mécanismes de coordination humanitaire locaux et/ou nationaux, afin d’assurer une intervention harmonisée et d’éviter les doublons. Lorsque des obstacles à cette participation existent, notamment des préoccupations potentielles en matière de sécurité, le Fonds de première intervention travaille avec les organisations dirigées par des femmes et des filles pour atténuer les lacunes identifiées, notamment au moyen d’un soutien ciblé, du renforcement des capacités et/ou, si possible, de modalités alternatives de coopération avec les agences et parties prenantes de la coordination humanitaire.
Les fonds féministes et de femmes sont des fondations publiques de mobilisation de ressources qui œuvrent à renforcer le pouvoir des mouvements de terrain dirigés par des femmes, des filles et des personnes trans, non binaires et intersexes à travers le monde. Pour cela, ils leur fournissent un soutien financier durable ainsi que d’autres ressources afin de concrétiser leur vision de la justice sociale. Les fonds féministes et de femmes jouent un rôle essentiel dans le renforcement des organisations et des mouvements dirigés par des femmes et des filles à l’échelle mondiale. Ils se distinguent par la mise en œuvre de principes et de pratiques féministes, par leur gouvernance assurée par des équipes ancrées dans les communautés et les mouvements sur le terrain, ainsi que par leur capacité à répondre aux crises de manière rapide, fondée sur la confiance et flexible.
Les fonds féministes et de femmes offrent une continuité du soutien, allant du financement global flexible et pluriannuel, au soutien non financier et à l’accompagnement des organisations, jusqu’à la mobilisation de ressources en cas d’urgence, de crise ou d’événements humanitaires. Leur financement vise à s’attaquer aux systèmes et aux structures fondamentales qui provoquent les crises et perpétuent les injustices et à faire en sorte que les processus de redressement et de reconstruction contribuent à des sociétés plus justes et plus équitables. Les fonds féministes et de femmes jouent un rôle unique dans l’intervention en situation de crise, à la fois par leur action en tant que fonds individuels et par leur contribution à un écosystème de fonds et d’organisations de femmes qui mettent en commun ressources, connaissances et plaidoyer lors des moments de crise.
Les fonds de femmes adoptent également une variété d’approches différentes et complémentaires pour faire face aux crises et participer à l’intervention humanitaire. L’écosystème des fonds de femmes comprend des fonds nationaux, régionaux et multi-régionaux. Ensemble, ils couvrent plus de 170 pays à travers le monde. Chaque fonds peut jouer un rôle différent et complémentaire en période de crise. Par exemple, les fonds nationaux disposent souvent des relations les plus solides et d’une connaissance approfondie du contexte local. Les fonds régionaux peuvent surveiller les dynamiques par lesquelles les crises contraignent les populations à se déplacer et à se réinstaller dans différents pays et régions et peuvent y répondre. Les fonds multi-régionaux, en particulier ceux basés dans les pays du Nord, peuvent utiliser leur position et les privilèges qui y sont associés pour sensibiliser et mobiliser des ressources. Les fonds de femmes ont également différentes manières d’intervenir face aux crises. Par exemple, les fonds féministe d’action urgente ont un modèle particulier, fondé sur une approche féministe de réponse rapide aux crises qui permet d’acheminer rapidement des ressources vers les communautés les plus touchées. D’autres fonds offrent des financements globaux afin de se préparer aux crises, de soutenir le travail effectué dans des contextes changeants, de répondre aux impacts des crises et de reconstruire des sociétés plus équitables après celles-ci.
Le Fonds de première intervention utilise un processus d’appel à propositions restreint pour sélectionner ses partenaires parmi les fonds féministes et fonds de femmes. Les fonds éligibles proviennent d’un groupe de fonds féministes et de femmes présélectionnés afin de faciliter une intervention rapide et sont choisis par le biais d’un processus participatif avec le groupe consultatif du Fonds de première intervention. Cela inclut des membres du Réseau international Prospera de Fonds pour les femmes, ainsi que d’autres fonds féministes et de femmes partenaires. Les fonds féministes et de femmes nationaux, régionaux et multi-régionaux sont éligibles afin de permettre aux ressources du Fonds de première intervention d’atteindre le plus grand nombre possible d’organisations dirigées par des femmes et des filles.
Les fonds féministes et de femmes présélectionnés disposent des points forts suivants :
réseaux et relations solides déjà établis avec des organisations locales dirigées par des femmes et des filles ;
critères de sélection clairs pour les organisations dirigées par des femmes et des filles ;
capacité démontrée à financer rapidement et efficacement les groupes identifiés ;
alignement démontré avec les activités humanitaires éligibles ;
volonté de collaborer avec le Fonds de première intervention afin d’élargir l’inclusion des organisations dirigées par des femmes et des filles dans le secteur humanitaire.
Le Fonds de première intervention utilise la définition suivante des organisations dirigées par des filles, telle qu’énoncée par le Reference Group on Gender and Humanitarian Action du Comité permanent inter-organisations (IASC) :
Les organisations dirigées par des filles recouvrent (a) une organisation dont l’objectif principal est de promouvoir les droits des filles, leur autonomisation et l’égalité des genres, et (b) une organisation dirigée par des filles qui dispose de procédures, de systèmes et de processus démontrant que les voix des filles déterminent les priorités et les décisions de l’organisation, y compris des principes clairs de protection contre les abus. Le fait qu’une organisation soit dirigée par des filles n’implique pas l’absence de personnel adulte, de responsables adultes ou de mentors contribuant à la réalisation de la mission de l’organisation.
Le Fonds de première intervention vise à acheminer des ressources vers des organisations dirigées par des femmes des filles qui s’efforcent de sauver des vies, d’atténuer les souffrances et de préserver la dignité humaine pendant et après des catastrophes naturelles et des crises d’origine humaine dans les pays éligibles à l’APD. Les organisations soutenues par le Fonds de première intervention utilisent une variété de stratégies qui leur permettent de donner la priorité à des communautés qui pourraient ne pas être atteintes autrement, ainsi qu’à des interventions qui posent les bases d’un redressement et d’une reconstruction plus inclusifs.
Les organisations dirigées par des femmes et des filles intéressées doivent répondre aux critères minimaux d’éligibilité du Fonds de première intervention. Les fonds féministes et de femmes peuvent ajouter des critères supplémentaires si nécessaire, en fonction de leurs processus d’octroi de subventions établies. Les organisations dirigées par des femmes et des filles éligibles au financement :
sont principalement gouvernées, dirigées et gérées par des femmes, des jeunes, des filles au niveau local (c’est-à-dire que les femmes, les jeunes, les filles constituent la majorité du personnel et du conseil d’administration ou du comité de coordination de l’organisation) ;
ont pour mission principale la promotion des droits des femmes, des jeunes, des filles, et pas seulement comme simple partie de leur programme ;
travaillent aux niveaux national, local ou hyperlocal pour sauver des vies, atténuer les souffrances et préserver la dignité humaine pendant et après des catastrophes naturelles et des crises d’origine humaine ;
sont en mesure de démontrer la capacité organisationnelle à recevoir, gérer et rendre compte de financements, directement ou par l’intermédiaire d’une relation établie avec un organisme de parrainage fiscal ;
font face à des obstacles importants pour accéder à l’aide humanitaire ;
sont présentes dans les zones d’intervention ciblées ;
ont la capacité d’atteindre rapidement des groupes vulnérables tels que les femmes en situation de handicap, les adolescentes, les personnes réfugiées et d’autres groupes de population à haut risque et défavorisés ;
ont la capacité de fournir des services humanitaires conformément aux normes humanitaires et aux lignes directrices techniques reconnues.
Les groupes non officiels sont éligibles au financement, conformément aux politiques des fonds féministes et de femmes. Les fonds féministes et de femmes disposent d’une expérience avérée en matière de collaboration avec des groupes non enregistrés, ce qui permet d’assurer la responsabilité fiduciaire tout en maintenant la flexibilité et la réactivité. En tant qu’organisation hôte du Fonds de première intervention, le Fonds Égalité possède une expérience dans le financement de groupes non officiels, notamment via le recours à des organismes de parrainage fiscal. Il peut également apporter un soutien aux fonds féministes et de femmes qui sont en mesure d’appuyer des groupes officieux sur le terrain, y compris par un accompagnement et une assistance lorsque nécessaire.
Le Fonds de première intervention ne fournit pas de financement directement aux organisations dirigées par des femmes et des filles. Il travaille plutôt avec un réseau de confiance composé de fonds féministes et de femmes qui agissent comme intermédiaires à forte valeur ajoutée.
Les organisations dirigées par des femmes et des filles reçoivent un financement directement de la part de fonds de femmes et de fonds féministes nationaux, régionaux et multi-régionaux. Les fonds féministes et de femmes peuvent utiliser des appels à propositions ouverts ou restreints, selon le contexte et les ressources disponibles. Ils disposent de critères et de processus de sélection bien établis pour leurs organisations partenaires dirigées par des femmes et des filles. Ces critères et processus sont adaptés aux contextes locaux et fondés sur des années d’expérience et de partenariat aux niveaux régional et national. Il s’agit généralement de processus participatifs qui impliquent des conseillères et conseillers locaux dans la définition des priorités et l’orientation des décisions en matière d’octroi de subventions.
Le Fonds de première intervention finance actuellement des interventions dans les pays suivants :
République démocratique du Congo
Philippines
Sri Lanka
Soudan
Veuillez trouver ici une liste des fonds féministes et de femmes en partenariat avec le Fonds de première intervention dans chacun de ces contextes.
Le Fonds de première intervention vise à contribuer à un écosystème d’organisations locales solides, capables de veiller à ce que les besoins humanitaires les plus urgents des communautés touchées par des crises soient pris en charge de manière appropriée et efficace. La stratégie d’apprentissage et d’impact du Fonds de première intervention reconnaît que la priorité du fonds est de financer la fourniture directe de services essentiels et vitaux, sensibles au genre, ainsi que l’assistance et la protection des communautés touchées par des crises.
Le Fonds de première intervention utilise un cadre simplifié de suivi, évaluation et apprentissage (SEA) conçu pour permettre des ajustements en temps réel tout en réduisant la charge pesant sur les personnes intervenant en première ligne. Il permet de suivre la proposition de valeur spécifique du fonds, qui consiste à renforcer et à soutenir les interventions locales menées par des organisations dirigées par des femmes et des filles, engagées auprès de leurs communautés, offrant des services adaptés aux contextes, plaidant pour l’inclusion et l’égalité des genres, et atteignant efficacement les groupes les plus touchés dans les contextes de crise.
Le cadre de suivi, évaluation et apprentissage (SEA) du Fonds de première intervention assure le suivi et la collecte d’indicateurs clés permettant de rendre compte des interventions humanitaires, d’en mesurer l’impact et d’en tirer des leçons afin de renforcer les actions futures ainsi que le système humanitaire dans son ensemble. Nous mesurons explicitement l’équité, notamment la capacité à atteindre les groupes les plus touchés et les plus exclus, ainsi que le renforcement des capacités locales et de la coordination. Ce cadre est conçu pour produire des connaissances qui soutiennent l’accès humanitaire des fonds féministes et de femmes aux communautés risquant d’être exclues, notamment les femmes autochtones et noires, les personnes réfugiées et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, les femmes en situation de handicap, les travailleuses et travailleurs du sexe, les personnes transgenres et non conformes dans le genre, les femmes rurales, ainsi que les personnes se trouvant à l’intersection de plusieurs de ces identités.
Les décisions relatives au financement des organisations dirigées par des femmes et des filles qui mènent des activités d’intervention humanitaire sont prises par les fonds féministes et de femmes sélectionnées. Ces fonds disposent de critères et de processus de sélection bien établis pour leurs partenaires dirigés par des femmes et des filles. Ces critères et processus sont adaptés aux contextes locaux et fondés sur des années d’expérience et de partenariat avec des groupes locaux. Il s’agit généralement de processus participatifs qui impliquent des conseillères et conseillers locaux dans la définition des priorités et l’orientation des décisions en matière d’octroi de subventions.
Le Fonds de première intervention veille à ce que les fonds féministes et de femmes respectent des exigences minimales dans leurs processus de diligence raisonnable. Pour obtenir des informations plus détaillées sur nos normes et pratiques en matière de diligence raisonnable, veuillez contacter : hello@firstresponse.fund.
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