Expériences #
1-First24, 2-Corsaire, 3-Sunway21, 4-Small is Beautiful
1-First24, 2-Corsaire, 3-Sunway21, 4-Small is Beautiful
Le first24 de Jacques
Loin des contraintes du croiseur lourd qui ne peut guère quitter son bassin de croisière, l'habitable transportable ouvre un programme renouvelé pour un budget modeste. Conseils et expérience d'un habitué de la formule.
Depuis dix-huit ans, Jacques navigue sur un voilier transportable, alternant croisières le long des côtes de France, navigations sur les canaux et, tous les deux ou trois ans, voyages à l'étranger. Enseignant en physique ou en biologie, résidant à quelques kilomètres de son port d'attache, notre amateur navigue à bord de son First 24 de deux cent à deux cent cinquante jours par an. Après avoir débuté avec un bateau de 5,50m de construction locale, ayant possédé un Kelt 707, le First 24 a été choisi il y a quelques années pour la hauteur sous barrots offerte sous la descente, le coin toilette et sa capacité d'accueil, compatibles avec des croisières de deux mois pour un couple et deux enfants. Sans dépasser des limites budgétaires raisonnables, disposant de place et de temps, Jacques, bricoleur de talent, a adopté des solutions personnelles dictées par l'expérience et le goût d'améliorer performances et confort en navigation.
"Basé en Normandie, nos croisières ordinaires ont pour objectif Jersey, Guernesey ou les Côtes de Bretagne Nord, parfois l'Angleterre dès que le temps disponible se prolonge, explique Jacques. En transportant nos bateaux nous sommes allés plusieurs fois sur la côte d'Azur, en Corse, en Sardaigne, en Italie, nous nous sommes également rendus au Danemark, en Suède, dans d'autres régions de la Baltique et cette année nous partons en Yougoslavie."
Avec un bateau au maximum des dimensions autorisées pour le transport routier, à la fois en taille et en poids, beaucoup de propriétaires de bateaux similaires hésitent à se lancer sur les routes, l'achat d'une bonne remorque et d'une voiture puissante faisant augmenter le budget du transportable à celui d'un croiseur lourd.
"Pour ma part, j'ai toujours tracté mes bateaux avec une voiture diesel, explique Jacques, mais je n'achète que des voitures d'occasion, de vieilles CX de huit ou neuf ans d'âge dont la caisse est excellente, qui ne coûtent pas cher et sur lesquelles je monte moi-même un moteur neuf pour environ 15 000F. Ainsi équipé, on peut faire 300 000 kilomètres sans problème. Sur la route, l'attelage, bateau et voiture, mesure quatorze mètres de long. Pour la conduite, c'est une question d'habitude et de programmation de son itinéraire."
"De même, j'ai acheté ma remorque d'occasion: entièrement refaite, adaptée au bateau, repeinte avec deux couches d'époxy, elle est comme neuve. Mais il faut absolument privilégier une remorque dotée de deux essieux. Pour la mise à l'eau, un timon cassant est indispensable ainsi qu'un bon treuil autobloquant fonctionnant dans les deux sens. Pour un bateau de 1500 kg comme le First 24, il faut pouvoir disposer d'une puissance de développement d'environ 4500kg."
"Sur la route , il faut avant tout équilibrer la charge entre voiture et remorque. Pour ce faire, je vide entièrement le bateau et charge le matériel de sécurité, les mouillages les moteurs dans la voiture. Cela fait un véhicule bien plein, mais instruits par l'habitude, nous n'emportons que très peu de vêtements. Nous empruntons essentiellement des itinéraires autoroutiers et avant de partir, j'effectue toujours 40 à 50 kilomètres à pleine charge pour contrôler l'équilibre de l'attelage et le freinage. Il est important de sur gonfler tous les pneus de 400 à 500 grammes, sinon l'ensemble tressaute sur la route. Une bonne solution consiste aussi à équiper la voiture de deux systèmes simples un aquapast monté sur le circuit de refroidissement qui déclenche à basse température, environ 80°, et un double ventilateur à commande manuelle. Cela présente un intérêt dans les régions accidentées: en descente on déclenche le second ventilateur ce qui permet d'abaisser la température et d'éviter de chauffer lorsqu'on remonte."
L'une des difficultés, une fois arrivé sur place, consiste laisser en sécurité voiture et remorque pendant que l'on part naviguer, parfois pendant plusieurs semaines. Solution originale, qu'il est possible d'adopter dans de nombreux pays, Jacques a constaté que les loueurs de camping-cars ou de caravanes disposent l'été de parkings vides. L'expérience prouve que les tarifs demandés par ces professionnels pour le séjour de la voiture et de la remorque (généralement 300 à 500 F) sont très inférieur à ceux pratiqués par les garagistes, voire les clubs nautiques disposant d'emprises fermés.
"Depuis toujours, nous naviguons à deux bateaux, poursuit Jacques, l'un de mes amis, également enseignant, disposant d'un Téquila sport que nous avons modifié ensemble. Cela ajoute à l'agrément de la croisière et à la sécurité à laquelle nous attachons beaucoup d'importance. A force de naviguer de cette façon depuis des années, nous avons modifié nos bateaux, parfois avec des solutions très personnelles, pour les rendre plus propres à notre utilisation."
"Nous avons ainsi monté des jupes arrière et mon first24 est doté d'un appendice de 1,70m. Ce n'est pas très compliqué à réaliser par un amateur, mais il faut du temps. Nous prenons une tôle d'acier laqué d'environ 5m sur 3m que nous adaptons à la forme de l'arrière du bateau, la courbant et l'appliquant fortement sur l'arrière avec des sangles d'arrimage à cliquet utilisées par les camionneurs. On passe alors une couche de cire démoulante et deux couches de gel-coat de la couleur du bateau avant d'alterner une douzaine de couches de mat et de roving. On place ensuite des systèmes d'équerres, des plaques d'acier qui tiennent le tout à la coque, on monte la jaumière du gouvernail et on opère une nouvelle stratification par-dessus une épaisseur de mousse. Cela fait un ensemble rigide et léger auquel on donne une forme esthétique à la meule électrique. A l'arrière de la jupe, nous avons disposé un petit puits de dérive: on y enfonce une lame qui au portant donne une excellente stabilités de route."
Pour plus de facilité de manœuvre, le bateau a été équipé d'une prise de ris automatique avec retour au cockpit. Un bas-étai permet le cas échéant d'envoyer un tourmentin sans toucher à l'enrouleur. Le grand coffre situé sous le banc du cockpit a été cloisonné de façon à perdre le moins de place possible. Un plancher amovible permet de disposer de deux niveaux, trois équipets fermés sont installés en hauteur dans l'espace généralement mal employé sous l'hiloire et reçoivent les outils du bord. Dans la cabine, de part et d'autre de la descente, sont disposés extincteurs, torches et gaffes toujours à portée de main et des penderies et des équipets supplémentaires ont été aménagés dans la cabine arrière. La cuisine, assez rustique sur la version d'origine, a été améliorée et le bateau équipé d'un petit réfrigérateur à compression.
"Le grand problème sur un si petit bateau, c'est l'énergie, confie Jacques. J'ai à bord quatre batteries: deux de 196 ampères pour le frigo, une de 196 ampères pour l'équipement électriques et électronique, et une de 70 ampères réservé uniquement pour l'alimentation du pilote. Tout le câblage a été réalisé en monofil et un tableau me permet de vérifier en permanence le décharge des batteries. J'ai également aménagé à bord une réserve d'eau de 200 litres. Pour la propulsion, j'utilise deux moteurs hors-bords: un 9,9 quatre temps et un vieux Yamaha 5ch à refroidissement par air, qui démarre à tous les coups et peut aussi servir en dépannage pour le bateau que pour les déplacements en annexe. Un réservoir complémentaire fixe permet de gagner en autonomie. Quand on navigue à l'étranger, deux moteurs ce n'est pas de trop et il m'est même arrivé d'en avoir trois."
"Pour le moteur qui se trouve puits, je trouve qu'il est bon de rajouter deux anodes supplémentaires, surtout en méditerranée ou la salinité supérieure de l'eau corrode davantage. Au lieu d'antifouling, à force de tâtonner, j'ai trouvé par hasard un truc pour protéger l'embase: en début de saison je passe deux couches de vernis vinylique. J'ignore ce qu'il peut y avoir dans ce type de vernis qui repousse les bestioles, mais j'ai une embase impeccable !"
La philosophie de ce genre d'activité, c'est l'indépendance, l'autonomie totale en voyage. Un habitable transportable à quille relevable se passe de port et le first 24 permet d'aborder dans très peu d'eau en Baltique ou en méditerranée. Mais tous les plaisirs ont leurs exigences et avant chaque départ à l'étranger Jacques se rend en repérage sur les lieux de ses prochaines vacances, tant pour reconnaître les itinéraires routiers que pour contrôler les informations obtenues en France sur les ports et les formalités pour les bateaux étrangers, ambassades et consulats ne fournissant que des informations vagues ou inutilisables.
"Pour quelqu'un qui serait tenté par ce type de pratique, mon conseil serait de commencer par la côte d'Azur, peut-être par la Corse qui est sans doute le plus bel endroit que j'ai visité jusqu'à présent. Il faut savoir que les pays du Nord sont plus difficiles que ceux du Sud, à la fois pour le bateau et l'accessibilité en voiture. En revanche, l'accueil des pays du Nord est extraordinaire, je garde un excellent souvenir du Danemark."
"Il faut soigner les relations avec les gens, et tout l'intérêt de naviguer en famille avec un petit bateau fait que l'on est adopté facilement partout. Les contacts avec les pêcheurs, avec les gens chez qui l'on aborde, notamment dans les îles privées de la baltique, sont très facilitées. Le fait que je navigue ainsi suppose également que je prenne en considération les gens que je rencontre. Naviguer ainsi depuis près de vingt ans m'a permis de voir beaucoup plus de chose que si j'avais eu une unité plus importante. Je n'envisage absolument pas de changer de formule et n'ai pas du tout envie d'avoir un bateau plus grand."
Bateaux Avril 1992.
Récit : Le Corsaire de Pierre
Pierre a possédé trois Corsaire depuis 1962. C'est à bord du dernier qui a maintenant 19 ans, que Pierre navigue avec sa femme pour de longues croisières estivales, passant environ quatre mois par an en mer et se déplaçant sur remorque d'un plan d'eau à l'autre. Alors que le vent se lève, puis s'établit franchement, le corsaire s'anime sous grand-voile et génois inter. La barre est souple et le contrôle du plan de voilure est parfait, grâce à un hale-bas efficace, occupant toute la largeur du bateau, le palan en patte d'oie prenant sur des cadènes fixés de chaque coté du rouf. Sur ce bateau, qu'il faut veiller à ne pas trop faire gîter et à bord duquel il est recommandé de réduire assez tôt, le jeu consiste à éviter de taper autant que possible dès qu'il y a de la houle.
Une plongée dans la petite cabine compacte permet d'échapper quelques instants aux ardeurs du soleil. L'intérieur en bois verni a parfaitement tenu au temps. Les couchettes, dont le skaï orange trahit le goût de l'époque, sont d'origine et on trouve à bord de petits équipets et d'astucieux rangements autour d'un réchaud à cardan surmonté d'une bouilloire rouge qui semble tous deux sortis d'une maison de poupée. Dans la cabine ou le moindre espace est exploité, une petite table à cartes, mobile et maintenue contre le rouf par deux sandows, peut être prise sur les genoux et permet de procéder à la navigation. A l'avant de ce modèle à trois couchettes. L'eau est embarquée dans de petits jerrycans en plastique. Sous le cockpit, deux ouvertures de part et d'autre du puit de dérive permettent de stocker aviron, gaffe, lave-pont et béquilles. Si on tient très à l'aise assis sur les couchettes, la pratique du Corsaire est néanmoins difficile pour les grands gabarits. Une fois installé dans l'une des couchettes cercueils, on se trouve fort bien, mais il ne faut pas compter pouvoir y plier les genoux... Une autre disposition d'emménagements avec couchette double à l'avant est souvent appréciée des équipages.
Depuis l'acquisition de son premier Corsaire, Pierre effectue chaque année une croisière en Bretagne, souvent complétée depuis plusieurs saisons par une navigation en méditerranée. Entré très tôt au sein de la dynamique AS corsaire, il a rejoint dès l'origine des croisières groupées avant d'en encadrer lui-même. C'est là l'un des attraits du corsaire: offrir aux nouveaux propriétaires une vie associative très active dans une forte tradition d'entraide.
Le champ de croisière de Pierre se situe en Manche-Atlantique, entre l'île de Ré et le Cotentin, et le long de la côte sud entre La Ciotat et la frontière italienne, sans oublier une traditionnelle entrée dans le vieux port de Marseille, "pour le romantisme littéraire". A la suite d'un championnat disputé à Saint Malo, le bateau a également emprunté une année les canaux pour redescendre vers la Bretagne Sud.
Le bateau a aussi navigué ponctuellement en baie de Seine, en Belgique et en bien d'autres sites, à l'occasion de régates. L'an dernier, le bateau est allé passer deux mois au Danemark, en plus de six semaines en Bretagne et d'un mois en méditerranée. "En Baltique, exprime Pierre,"nous avons découvert un domaine extraordinaire: plus de deux cents îles ou l'on peut mouiller tranquillement, alors qu'il souffle un bon force 6 à l'extérieur. Certes, les fonds restent de mauvaise tenue, le balisage est difficilement lisible et certains passages entre les îles par vent fort peuvent être pénibles, mais le décor est superbe et les gens sont très accueillants. Il nous est arrivé de séjourner sur des îles, absolument seuls au mouillage, avec chevreuils, biches, faisans approchant au bord de l'eau... fantastique !".
Après toutes ces années de navigation, et en dépit de plusieurs enfants qui ont de temps en temps assuré les fonctions d'équipiers, Pierre n'a jamais été tenté par "le mètre en plus"."d'abord, je n'avais pas les moyens de consacrer des sommes considérable au bateau: ensuite, quand je regarde aujourd'hui les navigations accomplies et le potentiel du corsaire, je ne suis pas certain de l'avoir utilisé au mieux de ses possibilités". Avec son bateau, Pierre estime parcourir au moins 1000 milles par saison.
Naviguer en Corsaire reste une philosophie, dont "économie" est l'un des maîtres mots. On ne trouve guère d'autre bateau offrent autant de possibilités pour aussi peu d'argent. A bord d'un corsaire, l'accent est d'emblée mis sur le temps passé en mer plutôt que sur les interminables bricolages au port. Une fois équipé, on ne sera tenté d'ajouter des gadgets inutiles. A bord, pas de loch, pas de sondeur électronique, pas d'anémomètre et en guise d'annexe, un canoë gonflable adopté par beaucoup de corsairiste Coté gréement, pas de ridoir non plus: ceux des haubans ont été remplacés par de simples tubes inox percés à la bonne longueur et les bas-haubans sont maintenus par de fortes surliures...
Pour la prochaine saison, Pierre, qui ne dispose que d'un récepteur radio à piles, va s'offrir une VHF portable. Pour connaître la hauteur d'eau, la sonde à main fait parfaitement l'affaire et tous les instruments compliqués sont remplacés par l'expérience et un solide sens marin. Un couple de jeunes désargenté et désireux de faire de la croisière trouvera, pour une somme très raisonnable, de quoi passer des étés sur l'eau, voire de changer régulièrement de plan d'eau si le bateau est sur une remorque. Point non négligeable, le Corsaire bénéficie d'un fort capital de sympathie, les corsairistes préservant une image de puristes.
"Autonomie", tel est l'autre maître mot de la philosophie du corsaire. Avec lui, on peut, on sait se débrouiller par soi même dans toutes les circonstances, ce qui n'est pas sans rappeler que le bateau a été créé à l'origine par Jean-Jacques Herbulot pour le centre des Glénan. "En 1981, nous sommes partis de Port-La Forêt pour aller disputer une régate à Lorient, se souvient Pierre. Nous étions vent arrière, ma femme à la barre, et moi debout sur le rouf, au moment ou le bateau a empanné brutalement. Frappé par l'espar, j'ai été balancé à la mer, mais j'ai réussi à me rattraper au moment ou je passais à l'eau et je suis remonté aussitôt. La bôme, elle, était brisée ! Nous avons fait demi-tour et, avec un mat en bois de vaurien que j'avais dans mon garage et dont la gorge s'adaptait parfaitement à la ralingue de grand-voile, j'ai aussitôt confectionné une nouvelle bôme, avant de poser le vit de mulet et les ferrures de prise de ris. Tout à été réparé en quelques heures. Finalement, nous sommes arrivés à l'heure sur la ligne de départ!". L'incident, qui s'est bien terminé, attire tout de même l'attention de Pierre sur le fait que le Corsaire n'est pas assez haut sur l'eau: "Si j'étais passé par dessus-bord, j'aurais eu du mal à remonter, même avec l'aide de ma femme. Depuis, je laisse toujours mes écoutes pendre légèrement sur chaque bord le long de la coque. Cela ne fait pas très "yacht" mais - j'en ai fait l'expérience - ca permet, une fois à l'eau, de mettre le pied de dessus et de remonter immédiatement à bord."
Bateau de croisière, le corsaire bénéficie aussi d'une activité sportive soutenue avec deux grandes classiques annuelles: le national Corsaire et la Myth of Malham. La série est aussi à l'origine de la jauge micro, dont l'adoption a eu pour effet d'attirer de nouveaux régatiers. L'âge des bateaux joue peu en compétition: dernièrement, un jeune corsairiste qui avait récupéré une semi-épave pour 1500 francs, quelques mois plus tôt, dans les roseaux du lac du Bourget, a obtenu une place très honorable après avoir entièrement retapé son bateau...
À bord, on se prépare à envoyer le spi, après que le génois inter ait été roulé autour de l'emmagasineur Harken monté sur le bateau voici une quinzaine d'années. Les déplacements vers l'avant doivent s'effectuer avec promptitude, le bateau étant sensible à l'équilibre latéral, mais aussi longitudinal. De même est il recommandé, au retour de la manœuvre, de ne pas se laisser tomber lourdement sur les bancs ou le fond du cockpit: le contreplaqué n'encaisse pas indéfiniment les choc et certains bateaux présentent des faiblesse à cet endroit. A bord, d'astucieuses petites lattes posées en travers du banc, là ou on se reçoit, permettent à la fois de déraper tout en rigidifiant la partie du banc soumise à l'effort. En tout cas, avec les 23 mètres carrés du grand spi déployé, le bateau accélère franchement.
Aujourd'hui, plusieurs chantiers produisent encore des Corsaire, dont un en plastique, mais beaucoup d'unités sont également construites par des amateurs. Après quarante ans, la série, loin d'être en régression, maintien une étonnante activité - et la bourse de l'occasion de l'AS Corsaire ne suffit plus à satisfaire la demande. Sur ce bateau, à bord duquel tout peut être changé par petit morceaux, les bricoleurs s'en donnent à cœur joie, l'architecte Jean-Jacques Herbulot toujours très attentif à la série, ayant tout récemment retracé des plans de construction et de maintenance destinés aux amateurs.
Après le Danemark, l'an dernier, Pierre brûle d'envie d'aller visiter le côtes de l'ex-Allemagne de l'Est. D'autre projets sont également à l'étude: la Corse par l'île d'Elbe et, pourquoi pas, le tour de l'Italie pour aller visiter Venise en Corsaire... Pas de doute, le Corsaire a encore beaucoup d'eau à courir.
Entretien: 180 € par an:
Assurance. Prise auprès de l'agent spécialisé dans la série, elle coûte 100 € par an.
Entretien: Il faut compter environ 500 francs pour l'entretien proprement dit, entièrement réalisé par Pierre.
L'opération se résume à un pot d'antifouling (20 €), à un peu de vernis et, à chaque fin de saison, quand le bateau est bien au sec, à l'introduction, avec un pinceau, d'environ deux litres de lazure dans le puit de dérive, en inclinant le bateau sur sa remorque alternativement en avant et arrière pour assurer une bonne protection.
La laque extérieure est refaite tous les quatre ans avec un simple pot de peinture glycéro de marque Tollens, moins chère que les laques spécialisées, qui reste souple et se ponce avec le simple côté rugueux d'une éponge à vaisselle.
La coque qui venait d'être refaite quand nous avons navigué à bord, était impeccable.
Le pont n'a été repeint que deux fois en dix-neuf ans, mais méritera sans doute bientôt qu'on s'y intéresse.
Hivernage. Disposant d'un pavillon en région parisienne, Pierre fait hiverner son bateau dans son jardin sous une simple bâche, formule de loin la plus économique."l'hiver, quand j'ai un peu de nostalgie nautique, je m'occupe du bateau, je vernis, je bricole un peu, je passe un coup de polish sur la coque, je rêve à mes futures croisières - et je fais des économies!"
Moteur, énergie: efficace :
Moteur : il est équipé d'un 4 chevaux Suzuki tout neuf, un indélicat s'étant emparé de l'ancien Tomos du propriétaire. A noter que beaucoup de Corsaire sont sur-motorisés: dans les petites annonces, il n'est pas rare de découvrir des bateaux équipés de moteur de 6 ou 8 chevaux, ce qui est excessif en puissance et, surtout en poids sur le tableau arrière. Certains Corsaire sont équipés d'un puits moteur, mais au détriment du volume de rangement d'un des coffres du cockpit. Un hors-bord de 4 chevaux semble parfait - et un puriste désargenté peut vraiment naviguer sans moteur.
Energie. L'éclairage s'effectue au pétrole et les piles du bord - en fait des batteries - sont rechargées régulièrement grâce à un petit chargeur solaire acheté en Allemagne par le skipper. On trouve un modèle similaire pour recharger des batteries de type LR6, R20 et R14 au vieux campeur.
Occasion, construction amateur: le corsaire garde la cote :
Les chantiers d'antan. Environ 3000 Corsaire ont été réalisés en une quarantaine d'années. Bonnin, les Chantiers de Meulan, Morin, Craff, Barat, Lecomte, Jan, Sapo, Genevoix, ont été les principaux constructeurs. Très légers, les bateaux Barat étaient construit sans clous, uniquement avec des chevilles; les Corsaires Morin entraient également dans les poids minimaux de la jauge. Au début des années 60, on pouvait même acheter son Corsaire au BHV !
L'occasion. Sur les 3000 unités construites, on estime qu'environ un millier ont disparu. Actuellement, il faut compter de 20 000 à 25 000 francs pour trouver une bonne occasion prête à naviguer. Les unités construites par des amateurs le sont souvent remarquablement et peuvent constituer de bonnes occasions.
Les points à vérifier. Avant l'achat d'un bateau d'occasion, vérifiez les angles du tableau arrière, côté cockpit, les angles des bouchains, la fausse quille entre coque et puits. Ne vous inquiétez pas d'un décollement apparent à l'angle du bouchain, dont l'arrondi est en fait un couvre-joint: c'est le couvre-joint, très facile à remplacer, qui se décolle - et non le fond du bateau! Sur le pont, contrôlez les angles du rouf, la liaison entre les bancs et la cabine, l'étanchéité le long des bancs au fond du cockpit. Il est quasiment impossible d'ausculter le puit de dérive, mais il existe des tas de procédés pour le rendre étanche, dont la technique géniale consistant à couler dans les fissures le l'Araldite diluée avec du trichloréthylène pour obtenir la fluidité voulue! Le mélange s'infiltre dans les moindres interstices, le solvant s'évapore et la polymérise, bloquant la pourriture. Même traitement pour le bois détérioré autour des clous galva rouillés.
Construction amateur. Environ 600 heures de travail sont nécessaires pour construire soi-même un Corsaire. Les plans sont en ventes à l'AS Corsaire et, pour ceux qui souhaitent retaper une vieille unité, une petite brochure pleine de bons conseils et d'astuces, intitulée "Grand Carénage", est également diffusée par l'Association.
Voile Novembre 1994.
Récit : Le Sun Way 21 de Philippe
"J'habite au bord l'Atlantique, mais je passe mes vacances en Méditerranée", explique Philippe. "Il me fallait donc impérativement un bateau transportable. Je navigue de Pâques à la Toussaint et je suis basé en Vendée en dehors des périodes de vacances. Je viens de la planche à voile, mais c'est un exercice que l'on pratique seul et j'ai eu envie de naviguer un peu en famille. J'ai franchi le pas il y a quelques années en achetant un pêche-promenade d'occasion que j'ai gardé un an pour goûter un peu au bateau".
"Ensuite, j'ai eu un flirt qui était très agréable et m'a donné beaucoup de satisfactions, jusqu'au jour ou mes enfants m'ont dit que si nous avions un bateau plus grand nous pourrions faire davantage de croisière. J'ai donc acheté un Tonic 23 et, une fois qu'il a été là, mes enfants ne m'ont jamais accompagné... Alors j'ai vendu le bateau pour acheter il y a quelques mois un Sun Way 21 avec lequel je peux sortir seul sans difficulté. En outre, ce bateau est plus facilement transportable que le tonic et n'impose pas une aussi grosse voiture".
"Mon goût pour le transportable relève d'un choix volontaire en fonction d'un métier qui me laisse assez peu de temps disponible. En dehors des vacances, je consacre davantage mes week-ends à la famille et de temps en temps je m'échappe en semaine. J'emporte alors mon pique-nique et pars pour la journée pour pêcher ou me promener. Il m'arrive aussi de faire des escapades vers l'île de Ré, de remonter vers les Sables-d'Olonne. L'île d'Yeu, cela commence à être une expédition! Pour la pêche, de temps, c'est un bateau très pratique car il est bien ouvert sur l'arrière".
"La mise à l'eau d'un bateau comme le Sun Way est relativement facile, je dis bien relativement, car ce n'est pas aussi simple qu'en théorie. il faut acquérir le coup de main et compter deux bonnes heures pour mâter. Je trouve le système livré en série un peu fastidieux à mettre en place, et je vais sans doute faire comme j'avais fait sur le tonic: installer moi-même des jumelles inox au pied de mât".
"J'aime bien mon bateau actuel, il est très vivant par petit temps, ce qui le rend agréable en méditerranée. En Vendée, je suis pratiquement toujours seul à bord mais dans le Midi toute la famille est là, nous sommes cinq et on apprécie le grand cockpit, très adapté pour pique-niquer dans les criques. Cette année, j'ai laissé mon bateau tout simplement au mouillage en ne l'utilisant en famille que dans journée. L'entretien est réduit au minimum, j'habite à la campagne et mon bateau passe l'hiver sur ma pelouse: un nettoyage au karcher, au printemps un coup d'antifouling et c'est terminé. Il s'agit de plus d'un insubmersible; d'une part c'est rassurant, d'autre part c'est économique, et en plus cela donne un bateau extrêmement rigide tout en réservant des volumes de rangement suffisants pour sa taille".
"A budget égal, j'aurais certes pu choisir un bateau un peu plus gros. La remorque représente un élément assez coûteux par rapport au bateau, et pour le prix de l'ensemble, il est certain qu'on peut viser un bateau plus important, mais ce bateau correspond pour moi à un choix délibéré et définitif: je suis un inconditionnel du transportable! Je me suis rendu compte que mon programme personnel et idéal correspondait parfaitement au Sun Way. Une unité plus importante me donnerait des possibilités de croisières plus longues mais me limiterait en même temps à une seule région".
"Par rapport à ce que j'avais avant, je trouve le Sun Way plutôt gitard pour sa taille. Il est assez toilé et j'ai pris l'option grand-voile lattée. Cela lui donne un petit côté sportif qui peut surprendre un peu. J'envisage également des buts de croisière plus lointains. J'emmène mon bateau en Espagne l'année prochaine, et il est certain que si j'avais du temps je pourrais par exemple passer quelques jours en croisière côtière et aller le récupérer plus tard en voiture. Sinon je me verrais très bien partir en Yougoslavie, en Italie, mettre le bateau à l'eau et passer quatre ou cinq jours à bord. À l'époque ou j'avais mon flirt, il m'arrivait de le laisser l'été entier en Espagne, je le descendais fin juin, j'allais le rechercher en septembre et je venais deux ou trois fois huit jours dans l'été.
Small Is Beautiful by Larry Brown
Opinion:The use a sailboat gets is in inverse proportion to its size.
When I was aboy, my father and I used to drive down to the Jersey shore to look at sailboats. We had no boat of our own, but it was fun even in winter, to look and to dream.
One late afternoon in November, snowflakes were in the air and it was almost dark when Dad spotted a Tahiti Ketch at the end of an empty pier. This was my father's ultimate fantasy boat: double-ended, rugged, salty. . . even the name suggested its ability to deliver us to far-off places.
We knocked on the cabin top but no one was home. Carefully, we slid open the hatch for just a peek. The inside was deep and cavernous and a coal-fired stove bathed the interior in a warm orange glow. We closed the hatch and my father looked at me with an almost inexpressible longing. The idea of owning such a boat seemed almost as distant as the surface of Mars.
Many years later, after several boats, much physical labor and many thousands of dollars, we owned our own Tahiti Ketch. I was on the threshold of college. At last we had our own dream ship, our own passport to adventure. What did we do next? We continued to day sail, cruise weekends and take out friends for the afternoon, returning stuffed with beer and baloney sandwiches. My brother and I met girls and suddenly crew was hard to find. My parents continued to work at their same jobs, live at the same place.
What had changed? Before, we had not owned a Tahiti Ketch and now we did. When I went to college, my father underwent spinal surgery and the boat was sold. We had christened it Panacea- the cure-all. You needn't study literature to understand. Irony.
So there you are reading Cruising World. Perhaps you, like we, love boats and dream of really going somewhere in one. If I could share only one insight with you it would be this: Don't believe for one minute that the limitation on what you can do lies with the boat you do or do not own. That's not it. The limitations lie within ourselves. The oceans of the world have been crossed over and over again in small craft of all kinds, many clearly unsuitable to the task. Meanwhile we have jobs and schedules and weekends and friends and social obligations and children in school. We want cooked meals and cold drinks and showers and private places to go to the bathroom. In other words, boat or no boat, we are not yet on our way to Tahiti.
Maybe it's time we rethought the whole matter. What good is it to own a 36-foot yacht with decks as thick as a sidewalk when the realities of our lives confine us to mostly weekend sailing? How far can we get in two days at a hull speed of seven knots? Fortunately, there is another way to do it; it works and it's fun.
Furthermore, it's comparatively cheap. Get a small trailerable sailboat. Cruise down the nation's highways at 55 knots and sail in places you've never been,sleep on board, cook on board or ashore, bath in the water you swim in. Enjoy. Then come home again. Someday you may be prepared to chuck it all, buy a bigboat and sail away for good, but meanwhile, think smaller and go now. Thinking small has been our route- by financial necessity as well as by choice.
If we're not broke, we're the next thing to it. Yet last summer we sailed on Saginaw Bay in northern Michigan, the Saint Lawrence River, Lake Champlain twice, the Connecticut River and on Buzzard's Bay, Massachusetts, as well as on several local lakes in New Hampshire and Vermont. Favorite spots will lure us back, but meanwhile we've got new places we can't wait to try: Casco Bay, Maine; Nantucket, Massachusetts, maybe a trip down the Hudson or the Delaware River. Our boat, Fearless is only 15 feet long but we've figured out ways to make it work.
First, we do have a cabin with two berths and space for storage. We've hung the cabin sides with satchels and monkey hammocks to keep the bunks clear of junk. At night, a shelter encloses the cockpit, turning it into a little dormitory for our daughters when they're along or a lounging area when they're not. Boom tents, Bimini tops and awnings are all especially invaluable on smaller boats where space is so critical. A well-conceived cockpit shelter is a highly economical alternative to a bigger boat. In more remote places, you can also pitch tents ashore. On the road, we often pull in for the night behind the turnpike gas and food stops. Snuggled in with the big trucks out back, we crawl into the cabin and into our sleeping bags. In the morning, we're ready for breakfast and a wash-up, then we're on our way again.
For economy and self-sufficiency, we cook most of our own meals en route and under sail. Propane camp stoves provide good reliable heat and take up little space. There's no liquid fuel to spill or worry about. Although we have a small cooler for milk and cheese, we mostly do without refrigeration. On the water, stuff kept in the bilge stays cool enough. Canned goods live happily in the bilges; rice and all sorts of dried foods are stowed in boxes under the cockpit seats. On a small boat, the cooking is best done out in the cockpit. Our West Wight Potter has a hatch slide that folds out into a cockpit table. For safety's sake, we move the outboard's gas can to the foredeck or hang it off the transom on a line. In nice weather, we spend most of our time in the cockpit anyway. A portable galley also can be set up on a beach or on a roadside picnic table. Simple and flexible are the operative words.
When you buy a small boat, economies become possible at almost every turn. A small cruiser can be rowed, successfully eliminating the cost of a motor and, in many states, registration fees. Even a bigger boat can be rowed with a single oar, provided someone minds the tiller to compensate for the off-center thrust.If you do want a motor, you won't need a very big one. We powered our one ton Venture 22 successfully with a four horsepower Evinrude. A one horsepower Elliot powers our 15-footer in most situations, although a three-horsepower Tanaka is better for running inlets and bucking river currents.
If you need new sails or wish to add to your present inventory, costs for small boat sails will be low. If your boat lives on its trailer in your garage or backyard, you save both money and the worry associated with a slip or mooring. Should you leave your boat in the water and need bottom paint, you won't need much. At a guest dock, you may pay by the foot; you buy insurance that way, too. Buy the minimum boat possible.
If you can afford more, so what? Save it for vacations and really go somewhere. Remember, it's not ownership of the object that counts, it's sailing-the activity of moving through the bright water, swimming, snuggling in your bunks and seeing the stars through the hatch. If you wait until you can go in style I promise you that, in the end, the style will become more important than the going. So you won't go anywhere and that is the greatest shame of all. Go into any popular haven for sailing yachts, even on the finest summer afternoon, and most of the boats are still at the dock. Never will you see the place really empty- polka-dotted with vacant mooring balls. You will see lots of people zoomingaround the place in small boats though, having the time of their lives.
The use a boat gets is in inverse proportion to its size. Never forget that. In the most ironic way possible, the old saw about getting what you pay for does not apply to yachting. Ask the owner of a large yacht to compute his annual costs per hour of sailing pleasure and he'll change the subject. Ask him that in front of his wife and he may begin to hate you.
Finally, while you are out in your small boat sailing, you and your family will be actually learning about what you 're doing. Should you later purchase a bigger yacht, you'll have the skills to use it well and the prudent instincts to stay out of harm's way.
At this year's Small Boat Show in Newport, Rhode Island, I asked a U.S. Coast Guard officer what kinds of rescues are most common. "It's not you guys," he said, gesturing at all the small craft around him. "It's them,he said, waving a hand at all the yachts bobbing on their moorings in the harbor.These guys strike it rich and go buy a big boat. Then something goes wrong and they don't know what to do.You'll know what to do, though. You'll have learned.
The last time we sailed into the harbor at West Falmouth, Massachusetts, our camera was on the fritz and so we missed taking an odd and informative picture. Let me paint it for you.
In the center of the frame, you see our little sailboat, Fearless, floating in a sea of crystal blue. In the background, slightly out of focus, is the stone breakwater that shelters West Falmouth from Buzzard's Bay. Two children appear to be walking across the surface of the water towards the boat, one carrying a horseshoe crab the size of a dinner plate, the other gesticulating wildly with her arms. Those are our daughters, Julie and Amber.
How have we trained our children to walk on water? you ask. We haven't. They're standing on the bottom. That sailboat, our floating home for the weekend, draws only seven inches! You'll notice ours is the only boat in the picture. That's because there isn't another cruising boat in West Falmouth that would dare come in here-or that wouldn't run aground long before it got here.
It's a delightful spot and we have it all to ourselves. Now let me turn my back on my family and on our little sailboat and take another picture, this one of West Falmouth Harbor. I'll need a telephoto lens because we are, as I've explained, rather far from it. West Falmouth, with some fine old homes ranging along the shoreline, is a lovely corner of Buzzard's Bay. In its sheltered harbor you'll see, from our vantage point, a small forest of masts. These masts are connected to a small fleet of some beautiful and expensive cruising boats that rest peacefully at their moorings. You'd think that these boats would be a hubbub of joyful activity: kids swimming and splashing and sails rattling up the masts ... but no. There isn't a soul around. All is strangely tranquil. From time to time you'll see some kids slide a Beetle Cat off the sand and go sailing, still it's odd that there's so much here and so little going on. What's even stranger is that, at this moment, similar fleets lie idle across the bay in Marion, in Mattapoisett, at Onset- millions of dollars worth of yachts just sitting at their moorings. Don't he alarmed. Nothing's wrong; nothing has happened. This is normal. Most of these boats are rarely used. Surely they're enjoyed when they are used. But the rest of the time they are simply floating symbols- distant Tarzan yells- announcing the financial potency of their owners. Well, I'll make a confession. I don't have any financial potency. I'm a teacher and my income is modest to an embarrassing extreme. If you can afford to buy this book, you probably make more money than I do. But I've got a boat. We make voyages. We're out sailing and the millionaires are not. What's our secret? I'll tell you. The answer is the subject of this book. Basically it's this: We're out here sailing and swimming because we didn't spend a lot of money on our boat. We couldn't afford to buy a yacht so we didn't. We have a little affordable boat with a cabin and a boom tent over the cockpit and we make do. And we have fun. Let me share with you a fairly well-kept secret. It's so often true we could almost call it a law: The use a boat gets is in inverse proportion to its size and cost.
If you are not wealthy and you want to go sailing and cruising, you can. My boat cost a little less than four thousand dollars, trailer and everything, brand new. Used boats cost less. Don't assume that the family with the $40,000 yacht is going to have 10 times the fun you will. They won't. You may actually do more sailing, and have more fun, than they- with far fewer worries. Real "riches" are measured not in what you own, but in what you can do.
What can you do with a small sailboat? If hardship, discomfort and solitude turn you on, you can cross an ocean in a small boat. It's been done dozens of times now. If you don't mind roughing it a bit you can cruise along thousands of miles of coastlines, exploring hidden waterways out of the reach of larger craft.
With thorough and realistic planning, you can bring your family. Here's a chance for real adventure without the solitude. You can easily haul your lightweight boat overland and put it where you actually want to be, leaving the extended (and often tiresome) passagemaking for boats too heavy to follow suit. Whereas the deeper and heavier yacht has to lie offshore, you can sail right up to a beach and go exploring. Often you can set up tents and camp ashore overnight, adding a whole new dimension to your cruising.
If you're a cruising couple, you can enjoy a degree of privacy unavailable to large coastal cruising yachts. You can sneak into tiny coves and inlets too shallow for deeper boats and have them all to yourselves. Here's your chance for a naked moonlight plunge without entertaining a whole fleet of nosy neighbors. You can trailer your boat to places off the beaten path and away from the crowds, find an unoccupied island and play Adam and Eve for an afternoon- or a weekend. If you're young and money comes hard, you're in luck. You won't need too much and you can do it now while you have energy and freedom of movement to take best advantage of what small boat cruising has to offer.
A working family, a professional man, two newlyweds, a retired couple, three college students . . . all of them can enjoy most of the same pleasures as an affluent yachtsman:
Freedom: An escape from the ordinary world, the opportunity to follow the wind and leave your wristwatch at home.
Adventure: The thrill of exploring new places, experiencing the unexpected and taking as many personal risks as you are willing to take.
Romance: The visceral joy of a tanned body, warm water, sunsets, waves lapping against the hull . . .
Luxury: Here you and the yachtsman part company. For him, boating means pressurized water, electric lights&emdash;maybe even a shower on board - and a mortgage as hefty as the one on your home. For you, it means a warm place to lie down, a camp stove, a bath in the water you sail in, new cruising waters every time if you want, minimum financial investment, little risk and no worry.
Freedom, adventure, romance, these can all be 5 ours if you can do without the luxury, once you stop thinking of your boat as a status symbol and start thinking of it instead as a ticket to freedom.
In a meadow in Fairhaven, Massachusetts, lies the hull of a 27 foot sailboat. It's one of those kit jobs you can buy with the fiberglass hull already completed. All its owner had to do was build the plywood interior, rig mast and sails and go. It's half-finished and the man is exhausted, sick of it. He's put much more time and money into the job than he expected and he can't go on. He also can't get out. If he sells the boat as is, he'll lose his shirt. If he hires someone else to finish it, he'll have to ask more than it'll be worth. He doesn't have the boat, the boat has him.
A boyhood chum of mine and his wife went sailing on my 14-foot West Wight Potter. They loved it. A year later I had moved up to a 22 footer and after a weekend aboard that boat, they were hooked. They bought a 33-foot Hunter, convinced they could defray the boat's expenses by chartering it. My friend is an astute businessman and so he's off to a good start.
We went sailing the first summer on their new acquisition. The big boat absorbed five adults and a child with ease. Here was a boat you could really live on!
But the previous charter customer had left the pressure on in the alcohol stove and when my friend leaned against it, it swung on its gimbals and dumped an astonishing quantity of explosive fuel onto the cabin sole. Then the first mate forgot to turn the pressure off on the head and soon water was flooding the toilet compartment. Finally we got under way and, with our enormous draft, had to motor up the channel for the best part of an hour while all around us smaller sailboats zoomed around wherever they liked.
This year my friend is tired. His wife is getting sick of hearing about boats and he's sick of not being able to sail. Suddenly his pride and joy has become a trap.
If he lowered his boat into one of the local Pennsylvania lakes, the water level would probably rise three inches. If he just sailed the boat and forgot the charter business, he'd go broke. If he chartered it all season long, he'd turn a small profit and he'd also go nuts. He doesn't have the boat any more, it has him.
What's going on here? My friend himself summed it up: " I forgot what it was I really wanted. I really wanted to go sailing, to be on the water, to go to sleep hearing the waves lap against the hull. But I got distracted. I started comparing boats and got involved in all the features these boats had. I started falling in love with boats instead of with sailing . "
There's a funny paradox here. Certainly you can't go sailing without a boat, yet if you start thinking more about the object than you do about the activity, something starts to go wrong. You become a materialist. Your spouse, with an unerring nose for trouble, begins to hate the boat and its intrusion into your heart. "How can anyone be jealous of a thing?" you ask. "Easily," I reply, as one who knows. We fall very easily into love with things. It's not good for us.
Here's myadvice; it's the underlying premise of this book: Think minimum. Buy something that costs less than you can afford. Accept the challenge. Find ways to make do. Don't borrow money for it. Don't get anxious about it. Keep it fun. J P Morgan was correct when he said, "If you have to ask how much it is, you can't afford it." Arrogant, but right. By all means go sailing. Escape to the thousands of rivers and lakes and bays and estuaries and ocean beaches this country and its neighbors have to offer. Swim, sail, let your boat drift and feel the sun on your body, camp aboard or ashore and sleep under the stars. Explore a different waterway every time you go out. But keep it simple. Don't overinvest. Mountain climbers carry all their needs on their backs. Why should you need more? Go sailing. Then, when you return, park your boat in your garage or in the back yard and forget it until you're ready to go somewhere in it again. Being able to forget your boat is important. That's how you'll know it's your property, that it belongs to you, not you to it. I love sailing but I have only recently learned wisdom.
What does sailing really cost? Look at it this way. Divide the cost of your boat per year by the days of sailing you get in. That's what it costs.
There are two ways you can improve on this picture: spend less; sail more. If you want to do both of those things, get a small boat. You'll obviously spend less. Less obviously but equally important, you'll use the boat more. Taking off spontaneously on a breezy afternoon to a nearby river or lake will seem less intimidating, more worth doing. You'll do more daysailing. If you're driving somewhere interesting, you can drag your boat along without much bother and even use it as a trailer overnight should you decide to linger. And should a pretty lake appear along your route...
One final advantage of a small boat: you will spend less time trying to figure out what it costs when you're absolutely certain you can afford it
It's a snowy Sunday afternoon. Bored with football, I turn off the set and wander to the window. The storm continues unabated; snow sifts through the trees, rumbles from the roofs, blankets the ground.
Bundled in my coat and boots, I clomp through the kitchen on my way outdoors. A pot steams; my wife looks up. "Going to visit the boat?" I'm continually stunned by how well she knows me.
Outdoors I don't notice the cold so much as the silence. I plow twin furrows to the garage and feel the satisfying crunch under my feet. I pound back a wedge of snow with the garage door and slip inside. All around the edges of the open door, snowflakes flutter and catch the silver light. Inside the garage, sound is muffled. There is Fearless, blocked up on the earth floor. Her white decks are dusty and pigeons have spattered her here and there. I slide a gloved hand along her bow. Oddly, when I try to remember summertime voyages, no images come. I peer into the smoked plastic windows but see nothing.
A gust of wind buffets the building; snow swirls in through the shaft of light. I let myself out. It's bright. I fasten the latch and tramp squinting back to the kitchen door.
"How was it?" my wife asks. My boots are already making puddles on the floor. I step in one, feel the wet cold soaking through my stocking and pull my foot back in annoyance My glasses fog up. "It's OK." Without knowing why, I'm confused. Not knowing why I went out, it's hard to say how it was. Why exactly did I go out?
I guess I really wanted to "visit" with my boat, as my wife put it. When we trust our lives to a product of our own hands, maybe we still have that ancient need to believe that the thing has a soul- so we can trust it, talk to it when we get scared, thank it for safe passages. In the age of fiberglass, maybe we need that old superstition more than ever.
It's getting dark out. The street light illuminates a cone of falling snow. I tic down and take a nap. As I close my eyes, I imagine it's summer and I'm aboard. In my mind's eye I visualize the cabin. I know where everything is. I know exactly where I can reach out and touch Bettina's shoulder. If I slide open the hatch, I'll have a patch of stars that swing in lazy arcs in and out of view until I'm tranced into sleep. What more could ayone want?
It's possible, if you're reading this, that you don't own a sailboat but wish you did. There you are, reading about someone's trip to Bora Bora and thinking,
"Someday . . . someday I'm going to chuck it all and get me a big boat and just go." The sailing magazine settles to your lap; your eyes close and you see yourself bronzed and free at last- Bora Bora bound. A sailboat is one of the few powerful symbols of escape left to modern men and women.
Here's the rub. Ironically the problem with this fantasy is the main ingredient in its powerful appeal. To make it work, most of us would have to choose the fantasy over what we're currently doing. We'd have to give up a lot. Our families would have to really want to do this passionately or it wouldn't work either.
Personally, I'm finding that my daughters, entering their teenage years, want stability more than anything else - a fixed point of reference while they,
themselves, are changing so rapidly. It's happened more than once that a man, restless at his place in life, dreams of offering his family Bora Bora but they decline in favor of the old neighborhood. It's at around this point that he buys the family a 27- to 34-foot sailboat.
This boat, likely as not, will take its place among the rows and rows of floating monuments that crowd the nation's yachting harbors. Most of them just sit, making me wonder whether their owners want to own a boat more passionately than they want to go sailing in it. I doubt whether the new boats, many equipped with microwave ovens and VCRs, will actually encourage their owners to use them more. After all, the comforts of home are most conveniently enjoyed at home. Then too, when you sail out of your harbor on Saturday and come back on Sunday, you can only see so much.
My family and I, partially out of financial necessity, partially out of choice, went a radically different route. If we could not go to Bora Bora, we decided we could go to the Chesapeake Bay, the Tennessee Valley lakes, Lake Powell in Arizona, the Pacific at Los Angeles, the San Juan Islands in Washington, the Canadian Rocky lakes, Lake Winnipeg and Lake Manitoba, Thunder Bay on Superior, the North Channel of Huron, the St. Lawrence River. In New England we could sail on Lake Champlain, the Connecticut River out to Mystic Seaport, and our own Cape Cod. There was always Maine and the Hudson River to think about, and the Florida Keys and the long beautiful stretch of southern Atlantic coast. We could go sailing America. Some trips we did over a span of years, then one summer we covered 10,000 miles sailing as we went. We did all this with our family van and a 15-foot boat.
If you can't quit your job and chuck it all for global cruising, stay put; keep your family roots sunk down deep, and begin your adventure next summer. Get a portable sailboat; get out your road atlas and see what looks good to you. Here's the paradox of trailer sailing: The more modest your vessel, the more spectacular your travel possibilities. If the object is ownership, then a trailerable sailboat may seem unsatisfying and inadequate. if the object is adventuring (within the confines of your jobs and domestic schedules) there is no better way to do it. Less is more. What it takes is a completely fresh look at your approach to sailing. Here's how our own thinking went: HOW TO GO
If we were to go sailing America, we'd need to solve two very different kinds of problems. We'd need an automotive solution and a nautical solution: a caravan combination to sleep the whole family while motoring down the road, and a boat that would be easy to launch, seaworthy, and capable of sleeping everybody aboard. We solved the boat problem first. After years of sailing a West Wight Potter 15, we trusted the boat and felt we had learned how to cruise in a boat that small. Filler boards and a boom tent could convert the cockpit into a second cabin for our daughters, if need be. We also carried a pup tent for camping ashore. Monkey hammocks and knapsacks hung from the cabin walls would keep our clothes off the bunks. We knew it worked.
Nobody is perfect, except the captain.