S7 Métamorphoses
Les origines, le mouvement et l’ordre du monde
Les origines, le mouvement et l’ordre du monde
En l’an 1 après J.-C., Ovide entreprend les Métamorphoses, recueil de poèmes organisé en quinze livres de huit cents vers environ chacun. Il y dresse une galerie des métamorphoses mythologiques de dieux ou d’humains en êtres ou objets divers, en végétaux et animaux, en fleuves ou autres éléments naturels. Le choix de ce sujet s’explique de diverses manières. Il est sans doute lié à l’intérêt d’Ovide pour l’art en tant que transformation – métamorphose – du réel. De là, la virtuosité dont il fait montre pour donner à voir, mais aussi à entendre, voire à humer et à toucher, ces métamorphoses. Ovide est un cinéaste avant l’heure. Par ailleurs, ce choix relève aussi d’une approche philosophique ou symbolique : les métamorphoses font partie du mouvement de la vie, de la nature. La mythologie n’est pas seulement explorée pour fournir un catalogue d’histoires pittoresques ; elle est envisagée comme une réflexion sur l’homme et la vie.
Ovide face à la postérité: Au Moyen Âge, l’engouement pour Ovide fut énorme même si on a un peu moralisé certains de ses récits. De cette époque date, par exemple, la tradition folklorique et littéraire de la figure du loup-garou, très clairement inspirée du récit de Lycaon. La Renaissance et l’âge classique se sont imprégnés de la lecture des Métamorphoses comme en témoignent tant d’œuvres d’art: L’Enlèvement d’Europe par Rubens, Danaé par Le Corrège, Titien (plusieurs tableaux), Hubert, Robert et Rembrandt, Narcisse par Poussin, Galatée par Gustave Moreau.
La musique s’est inspirée à son tour des récits d’Ovide : Jean-Baptiste Lully a composé un opéra, Persée (l’acte III relate le combat contre les Gorgones, l’acte IV l’épisode avec Andromède). Jean-Philippe Rameau a composé la musique d’un ballet, Pygmalion, mis en scène jusqu’à nos jours (chorégraphie de Trisha Brown). On doit à Charles Gounod un Philémon et Baucis. Plus près de nous, nous devons à Paul Delvaux un Pygmalion.