Cet article explore la dynamique de co-construction des environnements d’apprentissage, en insistant sur le rôle central des représentations que les étudiants se construisent à propos de ces environnements. Cette approche systémique, adoptée depuis plus de quarante ans, considère que l’apprentissage est un processus interactif et constructiviste, où l’étudiant et le concepteur participent conjointement à la création de dispositifs pédagogiques adaptés.
Les environnements hybrides d’apprentissage, combinant présence et distance, sont particulièrement étudiés pour leur flexibilité et la diversité des expériences qu’ils offrent. Ces dispositifs sont caractérisés par plusieurs dimensions clés : l’articulation présence/distance, l’accompagnement humain, les formes de médiatisation et de médiation liées à l’usage d’un environnement technopédagogique, ainsi que le degré d’ouverture, c’est-à-dire la liberté laissée à l’étudiant dans ses choix pédagogiques. L’évaluation des apprentissages et des dispositifs est également soulignée comme une dimension importante à intégrer pour mieux comprendre les effets sur les approches d’apprentissage.
L’article met aussi en avant l’importance des variables individuelles des étudiants, telles que leurs conceptions de l’apprentissage, leurs expériences antérieures et leur disposition à apprendre de manière autonome. Ces variables interagissent avec les caractéristiques des environnements pour construire une expérience qui varie selon l’adéquation entre les stratégies de l’étudiant et les contraintes du dispositif.
Pour analyser ces interactions complexes, l'article parle de la notion d’environnement personnel d’apprentissage (EPA) qui représente le modèle mental que l’étudiant construit et régule au fil de ses interactions avec l’environnement, intégrant des ressources techniques, pédagogiques et sociaux. Cette modélisation permet de mieux comprendre les stratégies d’autorégulation et les évolutions des pratiques d’apprentissage.
Enfin, l’article propose un cadre conceptuel révisé et un programme de recherche ambitieux visant à décrire et comprendre la diversité des configurations co-construites dans les environnements hybrides. Il préconise une méthodologie mixte, combinant études de cas multiples et outils d’analyse qualitatifs et quantitatifs, pour approfondir la connaissance des interactions entre étudiants et dispositifs, et ainsi améliorer les pratiques pédagogiques et les dispositifs d’enseignement supérieur.
Je trouve que l'article met très bien en lumière la complexité des interactions entre étudiants et dispositifs pédagogiques dans la co-construction des environnements d’apprentissage. J’ai beaucoup apprécié l’adoption d’une approche systémique et constructiviste qui reconnaît l’étudiant non pas comme un simple récepteur passif, mais comme un acteur engagé dans la construction de son propre environnement d’apprentissage. Cette perspective est essentielle pour mieux comprendre les dynamiques réelles à l’œuvre dans les dispositifs hybrides, qui sont de plus en plus présents dans l’enseignement supérieur.
La prise en compte des dimensions multiples des dispositifs hybrides, notamment le degré d’ouverture et les formes de médiatisation, est aussi une force de cet article. En effet, ces éléments sont souvent négligés dans les analyses traditionnelles, alors qu’ils jouent un rôle crucial dans la manière dont les étudiants perçoivent et s’approprient leur formation. L’intégration de la notion d’environnement personnel d’apprentissage (EPA) est également très pertinente, car elle permet de saisir la singularité des parcours et des stratégies d’autorégulation des étudiants, ce qui enrichit la compréhension des processus d’apprentissage.