Bien qu'il n'existe aucune preuve tangible de la venue de Jeanne d'Arc à Sablonnières, la tradition orale veut qu'elle ait traversé Le Vautron en empruntant la rue du Not et le chemin de l'Orgère, qui formaient une partie de l'unique chemin reliant Sablonnières à Rebais. Ce passage aurait été commémoré plus tard, à une époque indéterminée, par l'édification d'une croix à la croisée du chemin de l'Orgère, la rue du Not et de la voie communale du Vautron au chemin départemental n° 222. Les plans cadastraux de la première moitié du XIXe siècle signalaient bien à cet emplacement une croix, aujourd'hui disparue mais dont une partie du socle en pierre existe toujours devant l'entrée du garage de la maison Deschamps (n° 22) où il a été déplacé.
A quelle occasion la Pucelle serait-elle passée au Vautron ? Peut-être celle du voyage à Reims qu'elle fit avec le roi Charles VI. Dans ce cas, ce fut non pas à l'aller - puisqu'elle se rendit d'Orléans à Reims par Troyes - mais au retour lorsque la troupe royale entreprit de marcher sur Paris. On sait avec certitude qu'elle arriva le 30 juillet 1429 à Château-Thierry qu'elle quitta le 1er août pour se rendre à Provins en passant par Montmirail. Le cortège arriva à Provins le 2 et en repartit le 4 pour marcher sur Nangis (5 août) puis sur Bray-sur-Seine. Trouvant tous les passages du fleuve tenus par les Anglais, il rebroussa chemin et retourna à proximité de Provins le 6, puis se rendit à Coulommiers où il arriva le 7 et d'où il repartit le lendemain ou le surlendemain en direction de Paris (il était à Dammartin-en-Goële le 13) (1). A quel moment aurait-il pu être présent à Sablonnières ? En se rendant de Montmirail à Provins ? D'après les routes qu'il aurait pu emprunter à l'époque, deux itinéraires ont été supposés entre ces deux étapes : soit par Sézanne et Villenauxe-la-Grande, soit via Morsains, Montceaux-lès-Provins et Villeneuve-Saint-Georges, donc dans les deux cas loin de notre commune. Mais sachant que les Anglais étaient présents dans la région, suivit-il les routes ou préféra-t-il les chemins détournés ? Toutefois, n'était-ce pas plutôt lors du séjour de Charles VII à Coulommiers ? A moins que ce ne soit au mois de septembre, lorsque, pour se rendre de Saint-Denis à Courtenay, Jeanne suivit un nouvel itinéraire en Seine-et-Marne qui la conduisit à Chelles, à Lagny le 12 puis à Provins le 14. Toujours est-il que le passage de l'héroïne médiévale est aussi signalée dans les environs, comme dans les bois qui séparent Sablonnières d'Hondevilliers, où un antique pont de pierre enjambant jadis le ru d'Avaleau porte le nom de Pont de Jeanne d'Arc.
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(1) Cet itinéraire a été détaillé dans un article intitulé Jeanne d'Arc entre Seine et Marne, paru dans Notre département : La Seine-et-Marne, n° 42, avril-mai 1995, p. 4.Si un jugement de la Chambre des Monnaies n'avait pas été retrouvé dans le cadre du Centre d'Etudes d'Histoire Juridique lors d'un dépouillement des registres de cette juridiction, nul sans doute n'aurait su qu'un curé de Sablonnières avait été condamné pour faux-monnayage au XVe siècle. Le coupable, un nommé Jehan Piocte qui vivait sous le règne de Louis XI, avait été poursuivi avec son frère devant la juridiction spécialisée notamment dans la sanction des crimes de fabrication de fausse monnaie, d'altération d'espèces, d'importation de monnaies illégales, d'écoulement de fausse monnaie ou encore d'assistance aux faux-monnayeurs commis dans la région parisienne. Les frères Piocte, en effet, étaient accusés d'avoir écoulé de faux grands-blancs (pièces de 12 deniers également appelées douzains) qu'ils disaient tenir d'un moine nommé Bertrand Clerguet. (1)
En ces temps, le faux-monnayage était un crime de lèse-majesté passible de la mort par ébouillantage. Pourtant, comme pour bien d'autres crimes, les juges usaient largement de leur pouvoir de prononcer des peines arbitraires qui graduaient la répression en fonction des circonstances dans lesquelles les méfaits avaient été commis. S'ils prononçaient parfois des peines corporelles (mise au pilori, fustigation), la flétrissure ou le bannissement, les faits de faux-monnayage pouvaient ne donner lieu qu'à sanction pécuniaire dès lors que le coupable était solvable. C'est ce qui se produisit dans notre affaire, jugée le 30 avril 1477, puisque que chacun des deux frères s'en tira avec une amende, l'un de 4 livres tournois, l'autre de 20 sols tournois (2). Jehan Piocte, qui était seul présent à l'audience, fut toutefois gardé en prison jusqu'à l'entier paiement de ces sommes :
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(1) Cette affaire a été citée par Claudine BLOCH, Les peines appliquées aux faux monnayeurs en France par la Chambre des Monnaies (fin du XVe siècle), in Revue d'Histoire du Droit, vol. LVIII, 1990, p. 90.(2) Il est difficile de connaître l'équivalence en euros de ces sommes, compte tenu de l'évolution des salaires et du prix des denrées. On sait toutefois qu'en 1477, à Paris, le setier de froment se vendait en moyenne à 1,32 livre tournois. Ainsi, l'amende de 4 livres représentait 460 litres de froment et celle de 20 sols, 152 litres.Les maladies contagieuses ont occupé une place importante parmi les événements tragiques qui ont périodiquement frappé nos campagnes au cours des siècles passés. Nous gardons en mémoire la peste noire qui s'abattit sur la capitale en 1562 et l'épidémie qui se répandit l'année suivante dans la région parisienne. Plus près, Coulommiers en fit successivement les frais en 1544, en 1561, en 1583, puis en 1637 et 1638.
Si nous ne disposons pas d'archives attestant la présence de la peste à Sablonnières, nous possédons un document qui montre que l'épidémie de 1561-1562 n'était pas bien loin et avait au moins perturbé les affaires seigneuriales : il s'agit d'une requête adressée en 1564 par Philippe de Ravenel au bailliage de Meaux aux fins de poursuivre la confection du papier terrier de Sablonnières qui avait été interrompue « par le moyen des guerres, cruelles séditions, peste et mortalité survenues au pays de Brie » :
Les trois années 1648, 1649 et 1650 furent particulièrement catastrophiques pour les récoltes. Le gel, les fortes pluies et la chaleur estivale mit les Sablonniérois en grande difficulté. En 1649, alors qu'ils n'avaient déjà pas pu s'acquitter de la totalité de la taille des années précédentes, ils se trouvèrent ruinés par l'absence de moisson et, dès lors, dans l'impossibilité de payer l'impôt. « Redevables de plus que la valeur de tout ce qu'ils possèdent » et voyant que « leurs labours, semences et espérances sont perdus », nombre d'entre eux désiraient quitter la paroisse. Au mois d'août, dans un contexte de pauvreté et de famine, vingt habitants adressèrent alors aux officiers de l'élection de Coulommiers - juridiction compétente en matière de tailles - une requête aux fins de réduction de cette imposition.
L'élection décida, le 9 août, qu'une enquête serait diligentée sur place, sous l'autorité de l'un des élus, Jacques Bobé. Une visite des champs eut lieu le 12 en présence de notables de Bellot et de Saint-Léger. Elle permit de constater que le long froid de l'hiver avait fait mourir une partie des semences de blé et retardé la croissance de l'autre partie, que les chaleurs de l'été ayant trouvé les blés verts et tendres, le grain non formé, les avait brûlés de sorte que les habitants ne pourraient rien récolter, que les pailles qui subsistaient ne valaient même pas pour la nourriture des bestiaux et que les herbes des prés avaient été rouillées et gâtées par le débordement de la rivière. L'enquête conclut au bien-fondé des allégations des requérants, qui furent renvoyés à se pourvoir devant le conseil privé du roi. Le firent-ils ? Obtinrent-ils satisfaction ?
A une époque où le sol de l'église et celui de la place étaient plus bas d'environ 1 mètre qu'aujourd'hui, il n'était pas rare que l'eau de la rivière pénètre dans le sanctuaire. Les plus importantes de ces inondations ont été mentionnées dans les registres paroissiaux lorsqu'elles empêchaient la célébration des baptêmes, mariages ou enterrements. On lit ainsi que le 19 février 1655, une fille née dans la paroisse dut être baptisée à Bellot car une grande inondation empêchait de passer le pont de Sablonnières. Le 26 et le 27 novembre 1770, le Petit-Morin déborda jusque dans l'église et deux mariages qui ne pouvaient donc pas y être célébrés durent être délocalisés, l'un à Verdelot, l'autre à Hondevilliers. A nouveau le 16 janvier 1783, une fille née aux Brodards fut baptisée à Bellot « a cause de l'impossibilité ou etoient les parens de porter ledit enfant en sa veritable paroisse par le debordement des eaux ».
Pour remédier aux inconvénients de ces crues, le sol de l'édifice fut rehaussé à plusieurs reprises et on ne trouve plus trace d'inondations, à l'exception de celles qui survinrent au début du XXe siècle, par la toiture cette fois. A cette époque, faute d'entretien, l'église se dégradait et des fuites de toit se produisaient lors des fortes pluies, creusant les dalles, rongeant les poutres et pourrissant les objets du culte. En 1918, la pluie endommagea le carrelage ; le 24 juin 1933, une véritable inondation eut lieu au cours d'un mariage.
Plus récemment, la remontée d'eau lors de l'inondation du 28 mai 2016 et des orages du 5 juin de la même année a soulevé une partie des tommettes et abîmé des boiseries. Lors des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la commune durant la journée d'orages du 1er août 2024, l'eau est montée à un peu moins d'un mètre, soulevant, déplaçant et d'importantes pièces du mobilier historique (voir ici). Le sol carrelé du chœur en a également souffert.
Le père Nicolas Pelard, qui fut curé de Sablonnières de septembre 1678 à juillet 1680 (il avait déjà signé en cette qualité un acte de baptême le 10 septembre 1666), fut remplacé par Charles Anceau. Ce dernier, porta à la fin du registre paroissial de 1680 la mention suivante : « Je soussigné prêtre bachelier en théologie de la faculté de Paris curé de St Martin de Sablonnières du diocèse de Soissons certifie avoir trouvé en ma prise de possession de ladite cure qui est du dernier d'octobre de l'année mil six cent quatre vingt le présent registre contenant plusieurs baptêmes, mariages et enterrements faits et signés par plusieurs particuliers qui ont desservi ledit bénéfice devant ma dite prise de possession et qu'il y a plusieurs feuilles remplies du temps de la disgrace du sr Pelard ci-devant curé dudit Sablonnières et que les baptêmes mariages et enterrements faits depuis ma prise de possession par moi ou par d'autres sont véritables en foi de quoi j'ai signé le huitième du mois de janvier 1681 ».
Malheureusement, aucune information complémentaire sur la déchéance de ce prêtre n'ont pu être obtenues auprès des archives diocésaines.
Le 17 avril 1730, la nommée Marie Anne Godart mettait au monde à Sablonnières un garçon. Cette femme, dont on ignore tout sinon qu'elle demeurait au château - peut-être y était-elle employée comme domestique - déclara, avec celle qui l'avait accouchée et le parrain, que « ledit enfant venait de messire René de Maupeou, lieutenant général des armées du roi, seigneur dudit Sablonnières » : le marquis, alors âgé de 67 ans, venait d'avoir un fils que l'on avait prénommé... René.
Nous n'avons pas pu retrouver de trace de cet enfant. Toujours est-il que sa mère habitait toujours la paroisse (probablement au château) en 1734 puisque sa signature se trouve au bas de l'acte de décès du seigneur de Sablonnières.
Le nom de l'abbé Duparcq est resté dans les mémoires des paroissiens comme celui du fondateur de deux confréries religieuses, dont celle de Saint Hubert.
Alexandre Bazin écrivait de lui : « Anceau, qui est décédé le 29 mai 1721... eut pour successeur Duparcq, qui conserva sa cure jusqu'en 1786, c'est-à-dire pendant 65 ans » (1). Cette affirmation est fausse, car ce sont en réalité trois curés du nom de Duparcq qui se sont succédé à Sablonnières. Le premier, effectivement arrivé en 1721, se prénommait Charles Claude et mourut à Soissons le 27 mai 1739 : « L'an de grace mil sept cent trente neuf le vingt sept may est decedé muny ses Sts Sacrements de l'Eglise Me Charles Claude Duparcq prestre et curé de cette paroisse cy devant chanoine de St Pierre au Parvis de Soissons Son corps a été inhumé au cimetière de la paroisse de St Leger de Soissons y estant decedé agé de cinquante deux ans ou environ... » (ce qui le fait naître vers 1687). Dans les jours qui suivirent, l'intérim fut assuré par un religieux de Condé-en-Brie.
Au mois de mai, la cure de Sablonnières fut reprise par le neveu du défunt curé, Charles François Duparcq qui était lui aussi prêtre. Né vers 1712, c'est lui qui fut à l'origine des confréries, dont une fut créée peu de temps avant sa mort survenue à Sablonnières le 18 février 1783 : « L'an mil sept cent quatre vingt trois le dix huitième jour du mois de février, le corps de Me Charles François Duparcq prêtre, ancien curé de cette paroisse, décédé hier au matin, agé de soixante et onze ans ou environ a été inhumé au cimetière de cette paroisse par moi Me Louis Daage curé de la paroisse de Villeneuve sur Bellot, en presence de Me Charles François Duparcq curé de cette paroisse.... ». Il avait donc tenu la cure durant 44 ans.
Son successeur, qui n'était autre que son neveu et homonyme Charles François Duparcq, était né à Rebais en 1756 et avait été ordonné prêtre à Meaux le 25 mars 1780. Il quitta la cure de Sablonnières en 1786 pour une raison que l'on ignore. On le retrouve deux ans plus tard curé d'Echouboulains d'où, le 18 février 1790, il dénonça à l'Assemblée Nationale les troubles et les irrégularités qui entachèrent les élections municipales, sur fond de rivalité entre les fermiers et les bûcherons de cette commune. Dans sa lettre, il prit ouvertement parti contre les seconds qu'il accusait de vouloir s'emparer du pouvoir afin de continuer de piller les forêts environnantes qui appartenaient à l'église (2). Il desservit cette paroisse jusqu'en 1791, ayant été élu à la cure de Solers. Ministre du culte assermenté, il fut en même temps officier public de cette commune et s'y maria en 1793. La même année, il fut arrêté et interné à Fontainebleau pour dénonciation calomnieuse. Libéré quelques jours plus tard, il s'installa un temps à Paris, avant de revenir à Solers puis à Rebais en 1796.
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(1) Notice historique sur Sablonnières-en-Brie, Melun, Legrand, 1898, p. 89.(2) DELAHAYE (Gilbert-Robert), Troubles électoraux à Echouboulains en 1790, Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de l'arrondissement de Provins, n° 130, 1976, p. 83.Entre 1791 et 1793, l'Eglise Saint-Martin fut le théâtre de faits étranges relatés par Alexandre Bazin, d'après des notes manuscrites de Paul Adrien, instituteur à Sablonnières de 1830 à 1873, qui a ainsi transmis le témoignage de sa grand-mère, Marie-Madeleine Leroy (1). Il raconte que les révolutionnaires, ayant décidé de sortir de l'église la statue de la Vierge qui était placée en hauteur dans sa chapelle, parvinrent à la descendre mais ne réussirent pas à la déplacer en dépit de leur nombre et de leur force. André Hamon rapporte aussi cet événement. Il précise que les révolutionnaires voulant détruire la statue s'étaient rendus dans l'église avec de grosses cordes avec lesquelles ils la descendirent de son emplacement et la traînèrent jusqu'à la porte sans toutefois réussir à la sortir (2). Les deux versions font état d'un ruissellement apparaissant sur la statue et que les témoins interprétèrent comme des gouttes de sueur résultant d'une résistance invincible de la Vierge. Elles ajoutent enfin que les profanateurs découragés se retirèrent en laissant à l'intérieur la statue, qui fut ensuite replacée sans effort sur un piédestal, en hauteur.
Marie-Madeleine Leroy, qui déclara le lendemain que la Vierge avait montré à ces individus qu'elle était plus puissante qu'eux, eut à en répondre devant le district de Rozay et échappa de peu à la guillotine.
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(1) Sœur et tante de Germain et Antoine Leroy dont il est parlé plus loin (v. Figures locales). cf. la généalogie des Leroy.(2) HAMON (André Jean Marie), Notre-Dame de France ou histoire du culte de la Sainte Vierge en France depuis l'origine du christianisme jusqu'à nos jours, vol. 1, Paris, Plon, 1861, p. 249. Ces événements ont été rapportés par plusieurs auteurs : HUGUET (Jean Joseph), Terribles châtiments des révolutionnaires ennemis de l'Eglise, depuis 1789 jusqu'en 1870, Paris, Ruffet, 1870, p. 205 ; LECOTTE (Roger), Recherches sur les cultes populaires dans l'actuel diocèse de Meaux, Paris, Mémoires de la Fédération Folklorique d'Ile-de-France, n° IV, 1953, p. 79 ; VERNON (Albert), La Petite Vendée Briarde ou Coulommiers sous la Terreur, Coulommiers, Dessaint, 1930.Le 30 messidor de l'an III de la République (18 juillet 1795), à la requête du commissaire du département pour les intérêts de la République Corbilly, la municipalité procéda à la vente publique du tiers-franc de 27 à 30 arpents d'emblavure de blé et de seigle ayant appartenu au défunt marquis de Maupeou et qui revenait à l'Etat à cause de l'émigration de l'un des héritiers. Le citoyen Vizard, un maçon de Montflageol, porta l'adjudication à 3 225 livres au grand mécontentement des autres enchérisseurs qui lui reprochèrent une offre trop élevée qui aurait nécessairement pour conséquence une augmentation du prix du boisseau. Face à la tournure que prenaient les choses, Vizard préféra disparaître au cours de la vente et l'adjudication ne put être prononcée. Il fut recherché en vain « à son de caisse » par le tambour de la commune et faute d'obtenir des offres équivalentes, la municipalité fut obligée de recommencer la vente. (1)
Certains officiers municipaux eurent à l'occasion de ces ventes un comportement suspect que l'ancien notaire Jean Joseph Debourges, devenu fondé de pouvoir de la veuve Maupeou, dénonça en ces termes dans une missive adressée à sa mandante : « sur l'instance criminelle, et d'après la loy du 2 Janvier 1793 certains membres sont dans le cas d'être traduits au tribunal criminel du département. Pourquoy se sont ils si mal comportés ». (2)
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(1) et (2) Archives départementales de Seine-et-Marne, J 940.La naissance du fils de Napoléon Ier et de l'impératrice Marie-Louise fut accueillie dans toute la France par des festivités. L'empereur voulut que ces réjouissances se déroulent le jour du baptême du nouveau-né et le préfet de Seine-et-Marne en fixa la date au dimanche 2 juin 1811 (1). Pour des raisons politiques, la cérémonie fut repoussée de sept jours et les festivités locales également.
Par mandement du 20 mai, Monseigneur de Faudoas, évêque de Meaux, appela les paroissiens à célébrer cette naissance : « Habitans paisibles des Campagnes, qui à l’ombre d’un Gouvernement aussi ferme que sage, cultivez sans inquiétude le champ de vos Pères, et n’avez point à redouter les violences d’un injuste usurpateur, qui voudroit vous ravir le fruit de vos sueurs et de vos fatigues ; et vous qui, au milieu du tumulte des Villes et du tourbillon des affaires, vivez tranquilles et sans crainte, sous les ailes protectrices du plus puissant monarque de la terre ; vous tous enfin, qui vous montrez les fidèles adorateurs de J.C. et qui vous glorifiez d’être Français, suspendez vos travaux, abandonnez pour quelques instans le soin de vos Maisons, accourez dans les Temples du Dieu vivant, portez vous en foule dans son Sanctuaire adorable, et prosternés aux pieds de ses Autels, rendez lui d’immortelles actions de grâce du grand et inappréciable bienfait qu’il vient d’accorder aux vœux de toute la France, en lui donnant le gage certain de son bonheur et en plaçant pour des siècles, sur ce premier Trône de l’Univers, une Dynastie, qui dans la Personne de son Chef Auguste, a déjà effacé tout ce que les Fondateurs de Royaumes et d’Empires ont fait de plus éclatant et de plus glorieux » (2). Il ordonna à toutes les paroisses du diocèse - à la demande de l’Empereur - de chanter un Te Deum solennel à l’issue de la grand-messe du dimanche 9 juin 1811.
De leur côté, les autorités civiles des communes organisèrent des fêtes. A Sablonnières, le maire réquisitionna 25 gardes nationaux avec tambours et drapeaux et fit annoncer par une décharge de fusils et le son des cloches la fête du lendemain. Le jour venu, la garde assista à une procession et fit trois décharges de fusils, une première lors de l'entrée dans l'église, une autre quand on chanta le Domine salvum fac imperatorum et une dernière à la sortie de l'église. Suivirent un vin gratuit et des danses. Cette fête, certes sans commune mesure avec le faste qui régnait alors à Paris et dans les grandes villes, se déroula « avec beaucoup de joie et de gaieté et aux cris de Vive l'empereur, l'impératrice et le roi de Rome » jusqu'à onze heures du soir.
Pour tous, l'Aigle avait désormais un héritier qui représentait l’avenir de la France. L'Histoire en décida autrement puisque l'Aiglon, quoique reconnu à son tour empereur après l’abdication de son père sous le nom de Napoléon II, ne devait régner que du 4 au 6 avril 1814 et du 22 juin au 7 juillet 1815 avant d'être exilé en Autriche et d'y mourir d’une pneumonie en 1832, à l’âge de 21 ans.
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(1) Arrêté du 29 avril 1811.(2) Mandement épiscopal lu aux prônes des messes paroissiales.En 1818, le maire Denis Bénard, qui était meunier au moulin de Sablonnières, fut victime de deux incendies criminels. Si on ignore quels en furent les circonstances, l'auteur et le mobile, l'article de presse qui en fait état souligne la gravité du sinistre et l'élan de solidarité qui anima ses concitoyens :
« Le maire de la commune de Sablonnières (arrondissement de Coulommiers, département de Seine-et-Marne), homme respectable, père de trois enfants, et dont la femme est à la veille d’accoucher, vient d’être entièrement ruiné par deux incendies, fruits de la malveillance. Les autorités de l’arrondissement et les habitants de Sablonnières, vivement touchés de la position désespérante de cette malheureuse famille, se sont empressés de lui prodiguer les premiers secours. Les personnes qui voudraient s’associer à cette œuvre charitable peuvent déposer leurs offrandes chez L. Cazes, notaire à Paris, rue du Coq Saint-Honoré, n° 13 ». (1)
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(1) Journal de Paris, politique, commercial et littéraire, 5 mai 1818, p. 2.Sablonnières avait déjà connu, nus l'avons vu, le remplacement d'un prêtre tombé en disgrâce. Une nouvelle affaire éclata en 1829 lorsqu'un nommé Debray reprocha à l'abbé Espeisse, qui desservait la paroisse depuis décembre 1826, des violences commises à son encontre.
Informé qu'une plainte avait été portée devant les tribunaux, le ministre des affaires ecclésiastiques adressa à l'évêque, le 24 janvier 1829, une lettre l'invitant à prendre les mesures nécessaires pour éviter le désordre : « J'ignore s'il serait encore possible d'éviter le scandale d'un débat judiciaire, en prenant contre cet ecclésiastique les mesures de discipline que sa conduite pourrait mériter. Mais vous sentirez, Monseigneur, combien il importe de recourir à tous les moyens qui vous paraîtront utiles pour terminer sans éclat cette déplorable affaire » (1). Le curé avait dû quitter la paroisse, qui s'était ainsi trouvée dépourvue de prêtre titulaire. Aussi, le 9 mars 1829, le maire et une cinquantaine d'habitants s'en plaignirent à l'évêque et demandèrent un remplaçant : « Délaissés, comme vous le savez, depuis trois mois que nous sommes sans prêtre, nous nous adressons à vous aujourd'hui, afin que vous mettiez un terme à l'abandon où nous nous trouvons. Vous connaissez, Monseigneur, l'état déplorable d'une paroisse sans prêtre. Les enfants restent sans instruction, les adultes n'entendent plus la parole de Dieu ; les malades n'ont plus de consolateur ; mais ce qui est plus déplorable encore, c'est que les moribonds sont souvent exposés à quitter la vie sans les derniers sacrements. Le prêtre chargé de desservir notre paroisse, ayant des occupations trop multiples, à cause d'une sorte de maladie épidémique qui règne dans nos pays, ne peut, malgré un zèle infatigable, nous donner tous les secours qui (sic) désirerait.. » (2). Le 15 mars, l'évêque s'engagea à envoyer un nouveau prêtre à Sablonnières, mais le 29 mai, le maire dut lui rappeler sa promesse et lui demanda expressément de la tenir (3). Le problème n'était toujours pas résolu trois mois après, mais était en passe de l'être puisque le maire remercia le prélat, le 5 juin, des soins qu'il portait à l'affaire, en indiquant que 200 francs avaient été portés au budget pour le supplément de traitement du nouveau curé (4). Le 24 août, le père Dubrutz arriva enfin à Sablonnières, au grand soulagement des fidèles.
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(1) Bibl. diocésaine de Meaux, M19.(2) Bibl. diocésaine de Meaux, M19. Cette pétition comporte les signatures de Delétain, maire ; Noël Desgranges ; Delétain ; Barbier ; Mazure ; Mazure ; A. Patoureau ; Desgranges ; Delétain ; Delambre ; Patoureau ; Courvoisier, buraliste ; Desessard ; De Baran ; Rémy ; De... ; Pierre Couesnon ; Gontier ; Garnier ; Delambre ; Desmoulins ; Desmoulins ; Fauvet ; Loiseau ; Prince Simon ; Bourguignon ; Perrin ; ? ; Desgranges ; Vaumarny ; Desgranges ; Davenne ; Lemaître ; Adrien ; Boutillier ; Biberon ; Rousselet ; Gutel ; Charles Charpentier ; Simon ; Eustache Souard ; Couteau ; Alexis Lourdin ; Pierre Desgranges ; Savard fils ; Jacques Perrin ; J. Savard ; Valtriny ; Davenne ; Mazure et Bénard.(3) Bibl. diocésaine de Meaux, M19.(4) Bibl. diocésaine de Meaux, M19.Au lendemain de la révolution de 1830, qui était certainement passée inaperçue dans la vallée du Petit-Morin, Sablonnières fut le théâtre de... troubles religieux. A cette époque, un prêtre nommé Ferdinand-Louis Châtel avait fondé à Paris une nouvelle église, l'Eglise Catholique Française Primatiale dont il était devenu évêque. Châtel avait été interdit par les autorités catholiques en raison de ses idées libérales et réformatrices (il rejetait l’infaillibilité du pape et des conciles, était favorable à la liberté religieuse, à la messe en français, au mariage des prêtres, à l'élection des curés par les paroissiens et à l'émancipation des femmes), pour ne pas dire des tendances gallicanes, voire une dérive vers l'arianisme. Les Trois Glorieuses de 1830 et la liberté du culte lui avaient pourtant permis de développer son église, qui attirait de très nombreux fidèles.
Lorsque le curé de Sablonnières, le père Picarogny, fut lui aussi frappé d'interdit par l'évêque de Meaux (peut-être adhérait-il aux idées de Châtel), bon nombre de Sablonniérois souhaitant son maintien dans la paroisse s'adressèrent à l'abbé Auzou, qui avait été l'un des premiers soutiens de Châtel. Auzou leur conseilla de lui adresser une pétition signée par le corps municipal et par le plus grand nombre de paroissiens possible, moyennant quoi ils pourraient conserver leur curé, un « estimable ecclésiastique » qui devrait « s'affranchir du joug de son évêque ». L'abbé leur laissa aussi la possibilité d'écrire à Monseigneur Châtel s'ils souhaitaient rejoindre son église. Les Sablonniérois, ardemment désireux de conserver leur curé, écrivirent à l'évêque de Meaux et envoyèrent une pétition à l'abbé Auzou. Cependant, le curé interdit céda aux ordres de l'évêché, remit les clef du presbytère et annonça son départ. Cette décision provoqua un tel tumulte, que l'évêque de Meaux fit connaître son intention de se rendre à Sablonnières pour installer un nouveau curé et même d'y rester le temps qu'il faudrait. Informé de la gravité de l'affaire, le préfet intervint pour apaiser les esprits. Finalement, le 7 mars 1833, une pétition signée du maire Pierre Joseph Delambre, de l'adjoint François Gergonne et d'une cinquantaine d'habitants demanda à l'évêque de leur envoyer un nouveau prêtre, ce qui fut fait le 8 avril. Le nouveau curé Galland fut bien reçu et le calme revint à Sablonnières. (1)
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(1) Ces événements ont été rapportés dans L'ami de la religion, Paris, Le Clère et Cie, 1837, tome 76, page 311.A une époque où la peste avait disparu de nos contrées, la contagion demeurait un souci majeur des pouvoirs publics. En 1816, les autorités municipales en ont laissé pour témoignage un imposant état général des habitants de la commune ayant eu ou non la petite vérole (1). En 1829, le maire et les habitants de la commune imputaient à une « sorte de maladie épidémique qui règne dans notre pays » la surcharge de travail qui empêchait le desservant de la paroisse d'apporter tous les secours qu'il désirait. (2)
C'est à cette époque qu'une autre maladie meurtrière fit son apparition en France : le choléra. Venu d'Asie en passant par la Russie en 1830 puis l'Allemagne l'année suivante, le terrible fléau fut déclaré le 26 mars 1832 à Paris et gagna la Seine-et-Marne le 2 avril suivant.
A Sablonnières, le maire proposa dès le 13 avril de prendre des mesures préventives avant que l'épidémie soit parvenue dans la commune. C'est ainsi que le conseil municipal décida que les malades seraient regroupés dans la maison d'école qui était le seul lieu approprié, l'instituteur pouvant tenir sa classe chez lui. La municipalité approuva aussi l'achat de médicaments et d'objets nécessaires aux soins, en petite quantité toutefois afin de garder toute latitude pour récompenser plus particulièrement les personnes qui porteraient secours aux cholériques en fournissant des effets ou en passant du temps avec eux. Il fut convenu que ces médicaments seraient entreposés dans le presbytère, sous la direction du curé. La maladie arriva inéluctablement dans la vallée et, avec les connaissances médicales très rudimentaires (3) et le peu de moyens matériels dont on disposait contre elle, les cas se multiplièrent dans la commune. Plusieurs malades ne survécurent pas à la pandémie : avec 50 décès enregistrés entre avril et septembre 1832 dont 30 au cours du seul mois de juin, la surmortalité fut d'environ 281 % par rapport à la moyenne, pour la même période, des cinq années précédentes et des trois suivantes. (4)
Si le choléra disparut à la fin de l'année, il fit son retour aux mois de mai et de juin 1849. Cette fois cependant, la commune ne compta que trois cas d'infection et seulement deux décès. (5)
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(1) Registre d'arrêtés (Archives communales).(2) Lettre à l'évêque de Meaux, du 9 mars 1829 (Bibl. diocésaine de Meaux, M19).(3) D'après le livre du baron de Haynau paru en 1831 (Le choléra-morbus, causes de cette maladie, moyens de se préserver, se se guérir à peu de frais), il fallait prendre du thé de camomille, de l'alcool de mélisse, se couvrir de plumeaux et pratiquer la saignée ; le docteur Pariset, de l'Académie de médecine, prescrivait quant à lui en 1832 (Instructions populaires sur les premiers signes du choléra) des bains de jambes très chauds et des cataplasmes de mie de pain, de pommes-de-terre et de farine délayées dans une décoction de têtes de pavots.(4) Les registres de l'état civil contiennent en effet, d'avril à septembre inclus, 16 actes de décès en 1827, 9 en 1828, 8 en 1829, 27 en 1830, 11 en 1831, 50 en 1832, 10 en 1833, 5 en 1834 et 19 en 1835. A l'échelle du département, 7 000 victimes de tous âges furent à déplorer jusqu'au mois de septembre, soit 2,5 % de la population Seine-et-Marnaise.(5) Ces chiffres ont été publiés dans l'Histoire de la santé en Seine-et-Marne depuis le XIIe siècle (Service éducatif des Archives départementales de Seine-et-Marne, Melun, 1984) qui fait état de 45 cas et 17 décès dans le canton de Rebais et de 197 cas et 107 décès dans l'arrondissement de Coulommiers.Sous la Monarchie de Juillet, la pâture des Hacots dont les habitants de La Noue et des Hacots avaient de longue date la possession, a été au centre d'une intéressante affaire judiciaire qui opposa les successeurs du marquis de Maupeou aux habitants des deux hameaux soutenus par la commune. Le 28 décembre 1833, Pelletier, huissier à Rebais, remettait à Nicolas Louis Saint-Mars, Albert Cherrier, François Bonnot et Marie Perrin, tous cultivateurs à La Noue, une assignation devant le tribunal civil de Coulommiers : Le marquis Joseph Pierre Laurent de la Vergne de Tressan, usufruitier des biens de la défunte marquise Le Vayer elle-même héritière de la marquise de Maupeou, le comte Antoine de la Vergne de Tressan, nu-propriétaire de la marquise Le Vayer, et Pierre Vincent Migeot-de Baran, légataire de Ferdinand Guillaume de Baran qui avait acheté l’ancienne propriété des Maupeou, remettaient en cause la possession de habitants et de Baran leur réclamait la somme de 800 francs correspondant à cinq années de loyer échu en prétendant qu’il n’en étaient que locataires par tacite reconduction à la suite de leurs auteurs.
A l’appui de leurs prétentions, ils produisaient plusieurs actes anciens, à savoir : un acte du 29 mars 1758 par lequel le marquis de Maupeou avait concédé à Eustache Thomas la tuilerie du domaine de Sablonnières sise entre les Hacots et La Noue, ainsi qu’un arpent à prendre dans la pâture des Hacots ; une reconnaissance du 1er septembre 1776 par quinze habitants de La Noue et des Hacots, de l’acte de concession de 1696 et des droits dus au seigneur de Sablonnières. (1)
Les habitants protestèrent et firent valoir, pour leur part, qu’ils étaient depuis un temps immémorial en possession de cette terre, devenue bien communal et dont ils jouissaient comme propriétaires en qualité d’habitants de La Noue et des Hacots (2). Leur avoué, Maître Mauger, développa son argumentation dans deux épais mémoires, datés l'un de 1834, l'autre de l'année suivante.
Il démontra que les titres produits par les demandeurs n’établissaient pas la propriété du marquis de Maupeou sur la pâture des Hacots (3), ni la transmission qui leur en aurait été faite. Il montra qu’au contraire, la pâture était un bien communal (4) et que les habitants de la Noue se comportaient comme propriétaires en payant seuls la contribution foncière ainsi qu’en attestaient la matrice des rôles de ladite contribution (5) et les certificats délivrés par le receveur des contributions directes.
A titre subsidiaire, il soutint qu’à supposer établi le droit de propriété du marquis de Maupeou, les habitants n’avaient plus à payer une rente dont le titre initial n’était pas produit et qui avait le caractère d’un droit féodal donc aboli. Ainsi, par effet de l’abolition des droits seigneuriaux, la pâture était devenue propriété des habitants des deux hameaux.
Compte tenu de l’intérêt de cette affaire, le préfet autorisa le maire d’intervenir en justice pour défendre les droits des habitants de La Noue et des Hacots, par arrêté du 30 janvier 1835.
Le tribunal de Coulommiers rendit son jugement le 25 août suivant. Il considéra que le marquis de Catelan n'avait détenu la pâture en vertu d'aucun titre de propriété établi (probablement l’avait-il annexée à sa seigneurie pour cause de déshérence de la succession de son propriétaire Gervais Braillet), que les cens que percevaient les seigneurs étaient des privilèges féodaux abolis, que la pâture ne figurait pas dans l’acte de vente de la marquise de Maupeou à de Baran et que les successeurs des Maupeou n’avaient exercé aucun acte de jouissance sur la pâture depuis plus de quarante ans alors que les habitants de la Noue et des Hacots s’étaient fait porter comme propriétaires sur le rôle des contributions et acquittaient la taxe foncière. De la sorte, les habitants avaient acquis la propriété par prescription. De là, s’agissant d’une pâture collective, elle se trouvait exclue de la confiscation des terrains communaux incultes prévue par la loi de 1813. A ces motifs, il débouta les sieurs de Tressan et Migeot-de Baran, et confirma les habitants de La Noue et des Hacots dans leur droit de propriété commune sur la pâture : « maintient les habitans de la noue et des hacots dans la propriété, possession et jouissance de la piece de friche appelée la pature des hacots, fait defenses auxdits de tressan et migeot (…) de les y troubler à l’avenir ». (6)
Les demandeurs furent condamnés aux dépens. Une contrainte fut délivrée contre eux le 24 novembre 1836 par le greffer du tribunal, pour la somme de 815 francs et 1 centime :
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Plusieurs natifs ou habitants de Sablonnières ont été inquiétés pour des infractions de droit commun plus ou moins graves et parfois frappés par le bras de la Justice. Le dépouillement des anciens registres de la prison de Coulommiers permet d'en identifier la plupart. La presse locale a aussi rapporté plusieurs affaires parmi lesquelles, au-delà des petites contraventions pour défaut de lanterne ou défaut de fermeture des pigeonniers, certaines présentaient un caractère anecdotique ou édifiant. Nous avons choisi de les présenter par nature d'infraction, puis par ordre chronologique (les récidives ont toutefois été regroupées).
Outre Germain et Antoine Leroy, condamnés au bagne en 1818 et auxquels un chapitre a été consacré par ailleurs, de nombreuses sanctions pénales pour vol ont été relevées.
Le 9 août 1822, le tribunal correctionnel de Coulommiers condamna Théodore Lebon à un mois de prison pour vol.
Le 2 novembre 1836, Victor Arnasisse Boitelet (Sablonnières 24 sept. 1820-Poissy 15 déc. 1846) demeurant à Bassevelle fut inculpé de vol d’argent et écroué à la maison d’arrêt de Coulommiers. Habitant plus tard à Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux et travaillant comme garçon d’écurie, il fit un séjour à la maison d’arrêt de Melun du 6 au 31 mai 1839 puis à la maison centrale de la même ville suite à sa condamnation par la cour d’assises, le 8 mai 1839, à trois ans d’emprisonnement pour soustraction frauduleuse d’argent et d’habits dans une maison habitée. Il fut libéré le 7 mai 1842. De nouveau poursuivi pour vol, il fut écroué dans la même prison le 5 juin 1842, déclaré coupable le 1er juillet de la même année par le tribunal de Coulommiers et condamné à deux ans de prison. Il fut transféré le 22 juillet à la prison centrale de Melun d’où il fut libéré le 30 juin 1844. (1)
Jules Constant Desgranges, né à Sablonnières le 7 sept. 1826 et journalier dans la commune, fut prévenu de vol et écroué à la maison d’arrêt de Coulommiers du 21 juin au 1er juillet 1843. Le 25 mars 1851 (il était alors marchand de vins à Rebais), il fut jugé par le tribunal de police du canton qui le condamna à un jour de prison. Il purgea sa peine à Coulommiers du 5 au 6 septembre 1851. (2)
Adélaïde Houé épouse Brulfert (Sablonnières 13 sept. 1808 - Rebais 29 octobre 1861), manouvrière demeurant à Rebais, fut condamnée au moins trois fois par le tribunal de Coulommiers pour vol de récolte, le 14 juin 1844 à un jour de prison, le 26 septembre 1845 à un mois de prison et le 29 septembre 1855 à six jours de prison. Elle fut ainsi incarcérée du 16 au 17 juin 1844, puis à partir du 4 octobre 1845 et du 2 au 8 décembre 1855. (3)
Le 12 avril 1851, le manouvrier Nicolas Alexis Garnier (Sablonnières 19 oct. 1797-Sablonnières 19 janv. 1857) fut condamné par le tribunal de Coulommiers le 12 avril 1851 à 6 jours de prison pour vol et fut incarcéré à Coulommiers du 22 au 28 mai. (4)
Le 13 avril 1853, Pierre Eugène Brodard (né à Sablonnières la 24 avril 1816), scieur de long demeurant à Bellot, écopa d’une peine de six jours de prison pour vol et fut incarcéré à Coulommiers du 19 septembre au 25 septembre. (5)
François Louis (né à Sablonnières le 5 août 1821), manouvrier demeurant à Rebais, fut condamné par le tribunal de Coulommiers le 24 octobre 1853 à huit jours de prison pour vol, et incarcéré à Coulommiers du 4 au 12 janvier 1854. (6)
Catherine Verniaud épouse Chatel (née à Sablonnières le 22 mars 1794), manouvrière demeurant à Doue, fut condamnée le 7 mai 1853 par le tribunal de Coulommiers pour vol de récolte à trois jours de prison et fut écrouée à Coulommiers le lendemain pour être libérée le 11 mai. (7)
Le 18 avril 1857, François Adolphe Désiré Gergonne, cultivateur à Petit-Marché né à Sablonnières le 10 janvier 1831, fut condamné par le tribunal d’appel de Paris à quinze jours de prison pour vol et fut incarcéré du 29 août au 13 septembre. (8)
Louise Victorine Félix épouse Delétain (Sablonnières 15 juin 1824-Sablonnières 9 avril 1870), manouvrière, fut condamnée le 29 septembre 1857 par le tribunal de Coulommiers pour vol à quinze jours de prison. Elle fut incarcérée à Coulommiers du 1er au 16 octobre 1857. (9)
Le 4 octobre 1859, c'est François Jacques Chatel (né à Sablonnières le 6 août 1795), manouvrier demeurant à La Trétoire et époux de Catherine Verniaud dont il a été parlé plus haut, qui fut condamné le 4 octobre 1859 par le même tribunal à quinze jours de prison pour vol. Il et purgea sa peine à Coulommiers du 18 octobre au 2 novembre. (10)
Louis Claude Auclair, scieur de long né dans l’Yonne et demeurant à Sablonnières, fut incarcéré à Coulommiers du 18 au 20 octobre 1859, ayant été condamné pour vol par le tribunal de Coulommiers le 3 décembre 1859 à deux jours de prison. (11)
Eugénie Caroline Perrin épouse Coutellier (Sablonnières 23 mai 1842-Nogent l’Artaud 1er mai 1865), journalière, et sa mère Constance Desgranges (Sablonnières 15 mai 1810-Sablonnières 4 mars 1862), manouvrière, habitant toutes deux à Sablonnières, furent condamnées le 1er juin 1861 à huit jours de prison chacune pour vol et incarcérées à Coulommiers du 28 juin au 7 juillet. (12)
Le 2 novembre 1861, le tribunal de Coulommiers infligea à Louis Marie Ducorbier (Sablonnières 19 mars 1822-Jouy-sur-Morin 21 septembre 1881), manouvrier résidant à Meilleray, la peine d'un mois d’emprisonnement pour vol qu’il purgea à la prison de Coulommiers du 28 novembre au 28 octobre 1861. (13)
Le 11 janvier 1862, Pierre Zozime Marin (Sablonnières 5 avril 1830-Ozouer-le-Voulgis 28 juin 1878), manouvrier demeurant à Jouy-sur-Morin, fut condamné par le tribunal de Coulommiers à huit jours de prison pour vol et fut incarcéré à Coulommiers du 15 au 23 mars 1862. (14)
Xavérine Adélaïde Joséphine Pays, manouvrière née à Sablonnières le 20 mai 1850 et demeurant à Saint-Léger, fut condamnée le 7 septembre 1866 par le tribunal de Coulommiers à un mois de prison pour vol simple et incarcérée à Coulommiers du 24 septembre au 25 octobre. De nouveau prévenue de vol simple et écrouée à Coulommiers le 12 juillet 1869, elle passa le 16 à la maison d’arrêt suite à sa condamnation du même jour à quinze jours de prison. Le 18 janvier 1870, le même tribunal la condamna à treize mois de prison pour vol simple en état de récidive. Elle fut alors écrouée à Coulommiers le 18 janvier 1870 et fut transférée le 3 février à la maison de détention pour femmes de Clermont (Oise). (15)
Alexandrine Xavérine Pays, journalière demeurant à Saint-Léger puis à Rebais, prévenue de vol simple, fut écrouée à Coulommiers le 21 décembre 1869 puis de nouveau le 25 août 1873 sur inculpation de vol. Elle fut condamnée le 29 août 1873 à quinze mois de prison pour vol en état de récidive, écrouée le jour même et envoyée à la maison de détention pour femmes de Clermont le 21 septembre. Elle fut encore condamnée le 4 février 1879 à trois mois d’emprisonnement pour vol, et incarcérée à Coulommiers du 14 février au 14 mai 1879. (16)
Le 21 décembre 1869, c'est le frère Alexandre Jules Pays, manouvrier né à Sablonnières 29 mars 1853 et demeurant à Saint-Léger, qui fut prévenu de vol simple et écroué à Coulommiers le 21 décembre 1869. Acquitté le 18 janvier 1870. il fut à nouveau écroué à Coulommiers le 20 avril 1870 sur inculpation de vol. (17)
Le 9 novembre 1869, Antoine Hippolyte Patoureau (Sablonnières 15 octobre 1818-Coulommiers 27 janvier 1873), manouvrier demeurant à Sablonnières, fut condamné par le tribunal de Coulommiers à quinze jours de prison pour vol simple et fut détenu à Coulommiers du 2 au 17 décembre (18). On reparlera de lui au titre des outrages.
Alphonse Théodore Lesquier, berger puis domestique né à Villeneuve-sur-Bellot et demeurant à Sablonnières, fut condamné le 28 août 1868 à six jour de prison pour vol simple et incarcéré à Coulommiers du 16 au 22 septembre. En 1889, il écopa d’un mois de prison pour avoir volé une ceinture en cuir et divers objets dans l’écurie du sieur Ricard. Il fut de nouveau condamné pour vol le 10 février 1898 (il habitait alors au Vautron) à trois mois et un jour d’emprisonnement et incarcéré du 24 février au 25 mai 1898 pour avoir volé des outils et deux poules. Prévenu de vol une nouvelle fois, il fut écroué le 17 novembre 1905 et passa le 4 décembre à la maison de correction. Il fut encore condamné à deux mois de prison pour vol le 28 juillet 1912. (19)
Le 26 janvier 1887, Alphonsine Lelong épouse Lefevre, manouvrière âgée de 45 ans née à Saint-Martin-des-Champs et demeurant à Sablonnières, fut écrouée à la maison d’arrêt de Coulommiers sur prévention de vol et condamnée à six mois d’emprisonnement, avant de passer à la maison de correction d’où elle fut libérée le 24 septembre 1887. (20)
Après que de nombreux vols de paniers de provisions, de beurre, de volailles et de paquets de toutes sortes aient été commis sur le marché de Coulommiers, le commissaire de la place était en planque à l'auberge du Mouton lorsqu'il prit sur le fait, le 26 janvier 1887, une femme en train de dévaliser une voiture. Arrêtée alors qu'elle tentait de revendre une paire de volailles, la coupable fut dans l'impossibilité de décrire exactement le contenu du panier qu'elle avait avec elle et passa aux aveux. Elle indiqua être venue à Coulommiers à bord de la voiture de Monsieur Hiernard, cultivateur à Coupigny, dans laquelle on trouva trois autres paniers volés le jour même. Une perquisition à son domicile, au Vautron, permit de retrouver de nombreux objets qu'elle avait dérobés sur le marché. (21)
Il s'agit peut-être de Louise Victoire Rousselet, manouvrière née à Sablonnières le 20 janvier 1845 et demeurant au Vautron, condamnée le 10 mai 1887 par la cour d’appel de Paris à cinq mois de prison pour vol. Celle-ci fut écrouée à Coulommiers le 6 juin et libérée le 11 octobre, ayant été admise au bénéfice de la liberté conditionnelle. (22)
Eugène Anatole Brodard (Sablonnières le 1er avril 1847-Bellot 11 juillet 1919), manouvrier demeurant à Bellot, fut condamné le 24 septembre 1891 par le tribunal de Coulommiers à six semaines de prison pour vol et rébellion à la gendarmerie. Il fut écroué le 24 et libéré le 5 novembre. (23)
Le 27 octobre 1892, Alexandre Rayer (Sablonnières 24 février 1850-Sablonnières 21 février 1920), cultivateur demeurant à Sablonnières, fut condamné à six jours de prison pour vol et incarcéré du 1er au 7 mars 1893. L'objet du délit consistait dans plusieurs gerbes d’avoine appartenant au sieur Legouge. (24)
Eugénie Émilie Chéron, âgée de quinze ans, née à Vendrest et demeurant à Sablonnières, fut poursuivie pour vol. Le tribunal de Coulommiers jugea le 8 octobre 1896 qu’elle avait agi sans discernement et l’acquitta, mais l’envoya dans une maison d’éducation correctionnelle. Écrouée le 24 octobre, elle fut transférée le 9 novembre à la récente institution d'éducation corrective pour mineures délinquantes de Doullens. Un article paru dans la presse précise que la jeune fille, dont la mère se désolait de la tenue et de l'oisiveté, fut condamnée à trois années de maison de correction pour avoir volé à Mme Pamplume un corset et un jupon. (25)
Le 23 janvier 1902, le tribunal d'Epernay condamna Albert Louis Leroy (Sablonnières 8 juill. 1876-Coulommiers 7 mai 1907) à huit mois de prison pour vol et bris de clôture. (26)
Marie Wagner, déjà poursuivie pour mutilation d'arbres, fut poursuivie pour avoir dérobé une somme de 6 francs 50 chez Marius Bourguignon. L’enquête révéla qu’elle avait acheté pour 15 sous de bonbons chez l’épicier et une tête de mouton chez le boucher Perrotin. Malheureusement pour elle, elle avait payé ce dernier achat avec une pièce d’un franc qui présentait des signes distinctifs et que la victime reconnut. En raison de son âge, le tribunal correctionnel décida qu’elle serait confiée à l’assistance publique jusqu’à sa majorité. (27)
Le 30 mars 1905, Casimir Émile Paratre, manouvrier né à Chailly en 1876 et demeurant à Sablonnières, fut condamné le 30 mars 1905 par le tribunal de Coulommiers à quinze jours de prison pour vol. Il fut incarcéré du 15 au 30 avril. (28)
En 1912, une bande organisée mit en coupe réglée les clapiers et poulaillers de la Vallée. Cette entreprise familiale était constituée d'un couple du Plessier, Victor Alexandre Henry et Juliette Adèle Bourdin, de la demi-sœur de cette dernière et de son concubin. Si les vols étaient commis par les deux hommes, tous quatre vivaient exclusivement de la revente de leur butin sur les marchés de La Ferté-sous-Jouarre et de Montmirail. Ces « dévaliseurs de clapiers » avaient à son actif les vols de sept lapins à Grand-Marché le 26 février, d'une vingtaine d'autres à Launoy-Brûlé le 29 mars, de sept autres à Champcormolin le 31 mars et de dix autres dans la nuit du 14 au 15 avril au Vinot et à Bois-Frémy. Les quatre individus furent condamnés le 11 juillet 1912. Henry écopa de quinze mois de prison. Sa femme prit à deux mois pour complicité et fut incarcérée du 12 novembre au 12 janvier. (29)
Le 28 décembre 1912, Rose Alexandrine Geoffroy, manouvrière née à Verdelot en 1873 et demeurant à Sablonnières, fut condamnée par le tribunal de Coulommiers à quatre mois et cinq francs d’amende pour divers délité dont vol et violation de domicile. Elle fut incarcérée du 4 janvier au 26 avril 1913. (30)
Alors que les Prussiens avaient quitté le village dans la précipitation au début du mois de septembre 1914 en laissant chez lui une voiture à deux roues qu'ils avaient prise à un agriculteur des environs de Meaux, M. L... l'amena à Coulommiers où les véhicules abandonnés devaient être déposés, après toutefois avoir démonté les roues et le frein pour se les approprier. Ayant appris qu'elle se trouvait là, le propriétaire de la voiture vint la récupérer, constata qu'il manquait des pièces et porta plainte contre M. L... Ce dernier, reconnu coupable, fut condamné par le tribunal de Coulommiers à une amende de 50 francs avec sursis.
Olga Anita Bony, manouvrière née à Villeneuve-la-Lionne en 1888 et demeurant à Sablonnières, fut inculpée de recel et écrouée le 26 novembre 1918 en vertu d’un mandat de dépôt, puis condamnée le 10 avril 1919 à trois mois d’emprisonnement pour complicité de vol par recel. (31)
Ernest Joseph Henri Labiesse, né à Sablonnières le 20 novembre 1881, fut condamné le 31 décembre 1920 par le tribunal correctionnel de Corbeil à un mois de prison et cent francs d’amende, avec sursis, pour vol. (32)
Le 24 juillet 1944, une quarantaine de pieds de pommes de terres étaient volées dans un champ du Bois des Suisses. Les coupables, deux jeunes gens de la commune âgés l'un de 14 ans et l'autre (Eugène Frédéric A...) de 19 ans, furent identifiés par la police communale. On évita semble-t-il les poursuites et leur familles versèrent chacune 250 francs au profit du Livret du prisonnier. (33)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne – Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP535, n° 290 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Melun YP698, n° 35 ; Registre d’écrou YP814, n° 9415 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP536, n° 139 ; Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP552, n° 223 ; Registre d’écrou de la maison centrale de Melun YP788, n° 8376.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP536 ; Registre d’écrou de la maison de simple police de Coulommiers - YP567, n° 105.(3) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP553, n° 37 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP553, n° 155 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 696.(4) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 158.(5) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 419.(6) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554 , n° 454.(7) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 384.(8) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 943.(9) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 952.(10) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 802.(11) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 122.(12) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 337 et n° 338.(13) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 402.(14) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 446.(15) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt et de correction de Coulommiers YP556, n° 296 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP539, n° 400 ; YP584, n° 393 ; Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP557, n° 116 ; Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP557, n° 172.(16) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP539, n° 421 ; YP584, n° 418 ; Registre d’écrou YP584, n° 583 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP540, n° 42 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP558, n° 154 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP560, n° 62.(17) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP539, n° 422 ; YP584, n° 419 ; Registre d’écrou YP584, n° 441.(18) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP557, n° 151.(19) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 6 juil. 1889 ; Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt et de correction de Coulommiers YP556, n° 582 ; Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP564, n° 234 ; Le Démocrate, 12 févr. 1898, p. 3 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP546, n° 405 ; YP565, n° 531.(20) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP543, n° 252 et Contrôle nominatif des femmes YP585).(21) Le Journal de Seine-et-Marne, 4 févr. 1887.(22) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou YP532, n° 490.(23) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP544, n° 480 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP563, n° 541.(24) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP563, n° 695 et Contrôle nominatif des hommes YP587 ; L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 29 oct. 1892.(25) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP544, n° 167 ; L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 11 oct. 1896.(26) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre matricule du recrutement à Coulommiers 1R1213, n° 145.(27) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP546, n° 243 ; Le Démocrate, 22 avr. 1903, p. 2 ; Le Briard, 24 avr. 1903, p. 2 ; Le Démocrate, 25 avr. 1903, p. 3.(28) Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 262 ; 1R1213 Matricules, n° 107.(29) Le Journal de Seine-et-Marne, 17 juil. 1912 ; Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 547.(30) Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 557.(31) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP548, n° 352.(32) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre matricules du recrutement à Coulommiers 1R1273, n° 613.(33) Le Démocrate, 4 août 1944, p. 2.François Théodore Garnier (Sablonnières 24 février 1808- Paris 21 avril 1863), commis voyageur demeurant Sablonnières et inculpé d’abus de confiance, fut écroué à Coulommiers le 11 décembre 1861 puis condamné le 21 décembre (il demeurait alors à Villeneuve-sur-Bellot) à deux mois de prison. Il fut libéré le 19 avril 1862. (1)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP538, n° 908 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 412.Hortense Eugénie Couesnon épouse Beaudoin (née à Sablonnières en 1850) avait décidé de délayer le lait qu'elle livrait à la Société des fermiers réunis. Alertés par le directeur de la laiterie, les gendarmes de Rebais saisirent le lait qu'elle allait remettre au garçon de laiterie le 28 septembre. L'analyse effectuée par un pharmacien de Coulommiers révéla que le lait avait été rallongé au moins de 35 % d'eau. Pour sa défense, la femme justifia ses agissements par le fait que le laitier lui avait remis une pièce de 5 francs qui n'avait pas cours. Le tribunal la condamna à une amende de 50 francs et ordonna l'affichage du jugement à la porte de son domicile et à la porte de la mairie. (1)
Le 8 octobre 1895, le tribunal de simple police de Rebais condamna à un franc d'amende Élisabeth Alexandrine Hortense Lebon épouse Couesnon (1826-1901) pour avoir vendu avec des balances non poinçonnées ni vérifiées. (2)
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(1) L’Éclaireur de Seine-et-Marne, 12 oct. 1895, p. 1.(2) Ibid.Le 12 janvier 1844, Louis Julien Rousselet né à Sablonnières le 14 août 1801 et marchand de bois demeurant à La Ferté-Gaucher fut condamné par le tribunal correctionnel de Coulommiers à un mois de prison pour banqueroute simple et incarcéré à Coulommiers du 3 février au 4 mars 1844. (1)
Le 27 septembre 1867, Louis Basile Mazure (né à Sablonnières le 5 septembre 1837), cultivateur à Jouy-sur-Morin fut condamné par le tribunal de Coulommiers à trois mois de prison pour détournement d’objets saisis et fut incarcéré à Coulommiers le 18 novembre. Ayant bénéficié d’une réduction de peine à un mois par décision de l’Empereur du 23 novembre 1867, il fut remis en liberté le 18 décembre. C’est ensuite pour banqueroute simple qu’il fut inculpé et écroué le 24 avril 1875, avant d’être condamné le 4 mai 1875 à deux jours de prison pour bris de scellé et détenu à Coulommiers du 27 mai au 4 juin. (2)
Jules Rose Savard, manouvrier né à Sablonnières le 14 mars 1824 et y demeurant, fut condamné le 28 mars 1876 par le tribunal de Coulommiers à six jours de prison pour avoir par négligence facilité un bris de scellés dont il était le gardien. Il purgea sa peine du 2 au 8 mai. (3)
Gustave Émile Cordellier, né à Sablonnières le 2 mars 1887, né à Sablonnières 30 décembre 1870, déjà condamné le 12 juin 1920 par la cour d’appel de Paris à trois mois de prison et cinq mille francs d’amende pour spéculation illicite, écopa le 2 juin 1927 d'une peine de vingt-cinq francs d’amende prononcée par le tribunal correctionnel de Rennes à vingt-cinq francs d’amende pour banqueroute simple. (4)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP553, n° 22.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt et de correction de Coulommiers YP556, n° 461 ; YP584, n° 355 ; YP558, n° 398.(3) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP558, n° 546.(4) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre matricules du recrutement à Coulommiers 1R1329, n° 924.Le 13 mars 1897, Alexandre Horneck, manouvrier né à Sablonnières le 4 janvier 1877 et résidant dans le département de la Marne, fut condamné par le tribunal d’Épernay à trois mois de prison et seize francs d’amende pour dégradation d’objets servant à l’utilité publique. (1)
Le 13 novembre 1902 et à nouveau le 16 juillet 1914, le tribunal d'Épernay condamna Albert Louis Leroy (Sablonnières 8 juillet 1876-Coulommiers 7 mai 1907) dont il est parlé à par ailleurs à plusieurs reprises à quatre mois de prison pour bris de clôture. (2)
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(1) Archives départementales de la Marne - Registre matricules du recrutement à Châlons-sur-Marne 1R1227, n° 983.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre matricules du recrutement à Coulommiers 1R1213, n° 145.Alexandre Horneck était sous les Drapeaux en 1916. Il habitait alors à Sézanne avec son épouse, dont l’inconduite était notoire et avec qui il était en instance de divorce, et le plus jeune de leurs deux enfants. A l'occasion d'une permission, il tua sa femme et conduisit son fils à Montmirail, chez ses grand-parents où son frère aîné se trouvait déjà. De retour à Sézanne, il se présenta à la gendarmerie pour avouer le meurtre et se constituer prisonnier. Après un interrogatoire sommaire, les gendarmes se rendirent au domicile du couple et y découvrirent le corps de la victime qui avait été étranglée et achevée à coup de bouteille. Horneck qui était en absence illégale, sa permission étant expirée depuis plusieurs jours, fut remis à la justice militaire. Reconnu coupable de meurtre avec circonstances atténuantes, il fut condamné le 31 mai 1916 par le Conseil de guerre de la 6e région à cinq années de réclusion et à la dégradation militaire. Sa peine ayant toutefois été suspendue le 9 juillet 1917, il s'engagea à la mairie de Melun pour le 1er bataillon de marche d'infanterie légère d'Afrique mais fut condamné en 1917 pour désertion en temps de guerre. (1)
Le 2 février 1924, l'ancien instituteur de la commune Louis Lucien Lionnait (né à Montigny-sur-Loing en 1864) fut condamné par la cour d'assises de Seine-et-Marne, le 2 février 1921, à une peine de cinq ans d'emprisonnement et à cinq mille francs de dommages et intérêts pour homicide volontaire. Après avoir enseigné à Mormant comme stagiaire, puis à Saint-Germain-sur-École et à Liverdy, il avait été affecté à Sablonnières où il avait créé en 1908 une société de tir. Il avait épousé en 1912 Clémence Eugénie Ricard dont les parents habitaient la commune. Sa carrière se poursuivit notamment à Champcenest et à Férolles-Attilly où il prit sa retraite en 1919. Le couple, qui s'était finalement établi à Chevry-Cossigny, battait de l'aile. En perpétuel désaccord, les époux Lionnait ne cessaient de se quereller. Elle, reprochait à son mari d'avoir sombré dans l'alcoolisme et des scènes violentes éclataient lorsqu'il rentrait ivre à la maison ; lui, en voulait à sa femme de tenir serrés les cordons de la bourse alors qu'elle ne possédait rien par elle-même et l'accusait de le battre. Le 23 août 1920, une violente dispute éclata dans le jardin au sujet d'une lettre de nature à faire échouer le projet de mariage d'Estelle que Lionnait avait adressée au père du fiancé. L'ancien instituteur, craignant d'être malmené par son épouse, s'empara du fusil de chasse dont il s'était muni pour tirer des corbeau et l'abattit d'une décharge de plomb. (2)
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Marie Anne Eulalie Barbier épouse Thomas, condamnée pour coups quelques années auparavant, fut prévenue d’infanticide et écrouée à Coulommiers le 4 août 1864. Elle fut condamnée par le tribunal le 16 septembre 1864 à treize mois de prison pour suppression de l’enfant dont sa fille était accouchée. Elle fut transférée le 4 octobre à la maison de détention pour femmes de Clermont (Oise). (1)
La fille, Augustine Eulalie Thomas (Baye 16 janvier 1839-Rebais 3 août 1906) manouvrière demeurant à Sablonnières, fut elle-même prévenue d’infanticide, également écrouée à Coulommiers le 4 août 1864 et condamnée le même jour à treize mois de prison pour suppression d’un enfant dont elle était accouchée. Elle fut aussi transférée le 4 octobre à la maison de détention pour femmes de Clermont (Oise). (2)
Le nom de « La Carnerie », lieu d'implantation d'un clos d'équarrissage situé à environ 200 mètres du Vautron, a une consonance lugubre qui prend toute sa dimension à la lecture de la presse locale de 1904. On y apprend que se trouvait à proximité une maison habitée par une famille Guérin dont la mère, la grand-mère et la fille Isaure, âgée de 16 ans, se livraient à la prostitution. A la fin du mois d'octobre, les langues allaient bon train sur la plus jeune chez qui on avait remarqué les signes d'une grossesse qui, d’ailleurs, semblait être la troisième. Mais le plus inquiétant était la disparition soudaine de son embonpoint. Ayant eu vent des rumeurs qui circulaient au Vautron, la mère expliqua publiquement qu’Isaure était bien enceinte et qu’elle lui avait volé cent sous pour acheter des substances abortives. Elle précisa même que l’enfant avait été enterré dans le bois par l’amant officiel de la jeune fille. Une enquête de police permit d’établir que l’accouchement avait eu lieu le 4 octobre avec l’aide de la grand-mère et qu’un fœtus de 4 mois avait bien été enterré à une dizaine de mètres de la maison le long du chemin des Bourbières à Fontaine-Lauge. En revanche, aucun acte d’avortement ne fut retenu. (3)
Le 23 avril 1907, un véritable drame se produisit chez Gaston Pamplume, sous-lieutenant des pompiers : de retour de sa journée de travail, le brave père de famille découvrit avec horreur son jeune fils Gaston Adrien mort dans son berceau, la tête tuméfiée et son épouse Louise Baudouin prostrée juste à côté, tenant des propos incompréhensibles. La jeune femme, qui était en proie depuis quelque temps à des crises de folie, avait tué son bébé de sept mois en lui fracturant le crâne avec un marteau. La presse relata le triste événement, en précisant que la malade fut mise en observation à l'hospice de Coulommiers. (4)
En 1912, une affaire mêlant suspicion d'avortement et trouble aux bonnes mœurs, que la presse n'hésita pas à baptiser « le scandale de Sablonnières », tint le village en émoi au début de l'été. Le 27 juin, la jeune Suzanne Notreamy, fille de la tenancière de l'Hôtel de la Gare et employée comme servante dans cet établissement bien connu de tous, était morte subitement à l'âge de 16 ans, en s'effondrant dans l'escalier montant à l'étage après avoir servi des clients. Après les obsèques, une rumeur se répandit, selon laquelle le décès aurait fait suite à l'absorption de substances abortives administrées par sa mère. Une instruction fut alors ouverte par le parquet du tribunal correctionnel de Coulommiers et l'enquête de police fut confiée au commissaire Daudel, des Brigades mobiles. La perquisition effectuée à l'hôtel par le juge d'instruction Fleuret, le substitut Maturie et le greffier Campana permit de saisir plusieurs fioles contenant des produits suspects. Le 12 juillet, le corps fut exhumé pour être autopsié. Puis, après un long interrogatoire, la veuve Notreamy née Lucie Debret (née à Sablonnières le 17 mai 1863 d'une famille de cultivateurs de La Chenée) fut arrêtée, accusée non seulement d'avortement mais aussi d'excitation habituelle de mineure à la débauche car, très vite, l'enquête révéla les dessous plus sombres de l'hôtel : Celui-ci était devenu le théâtre habituel d'orgies et la tenancière n'hésitait pas à prostituer sa propre fille et la bonne pour les besoins de son commerce. Depuis le décès de son époux Philibert en 1907, après une déclaration de faillite, la patronne dirigeait un établissement qui, situé à proximité de la station de chemin de fer, voyait défiler chaque jour voyageurs et charretiers dont certains ne devaient pas rester insensibles à la fraîcheur et aux charmes de la jeune Suzanne. Deux autres arrestations eurent alors lieu : d'une part, celle de René Honoré Truchon, charretier de la ferme du Domaine et amant de la défunte et de la bonne, prévenu d’outrages publics à la pudeur ; d'autre part, celle de Jules Lapleige, facteur des postes à Rebais inculpé de tentative d’avortement. Les trois prévenus furent écroués à Coulommiers le 24 juillet. L'examen du corps confirma que la jeune fille était enceinte de cinq ou six mois, mais les analyses toxicologiques pratiquées sur les viscères ne permirent pas de déterminer la cause du décès. Le chef d'avortement fut donc abandonné. (5) (voir la suite de cette affaire au titre des affaires de mœurs)
La même année, une autre affaire d'infanticide défraya la chronique. Le crime eut lieu cette fois à Hondevilliers mais mettait en cause un Sablonniérois, Alfred Apollinaire Gautier. Né le 30 septembre 1881, ce manouvrier qui vivait au Rousset avait épousé à Sablonnières le 2 mai 1912 une jeune fille de Pavant, Marie Albertine Bossant, deux mois à peine après leur rencontre. Le jeune couple s'était installé à Hondevilliers où Marie accoucha d'un garçon le 23 juin. Le mari, qui ne pouvait être le père de l'enfant, fit une scène de jalousie qui poussa Marie à avouer sa faute. L'honneur devait être absolument sauvé : l'élimination du nouveau-né fut décidée d'un commun accord et mise à exécution : la mère tenta d'étrangler le bébé, puis le frappa violemment au visage. Le lendemain, comme il était toujours en vie, elle l'étrangla avec un mouchoir puis le prit par les pieds et lui fracassa le crâne sur le carrelage. Le couple invoqua probablement un accident mais une enquête fut diligentée et les coupables avouèrent, Marie accusant même son époux de l'avoir aidée à tuer l'enfant. Prévenu d'infanticide et complicité, le père fut écroué le 27 juin mais fut remis en liberté le 30. La mère fut gardée à la disposition de la justice en raison de son état de santé. Après avoir simulé la folie jusqu'à se promener à demi-nue dans le village, elle fut à son tour inculpée d'infanticide, écrouée à Coulommiers du 1er juillet au 11 octobre 1912 et renvoyée devant la cour d'assises de Melun. Condamnée le 22 octobre à 5 années de réclusion pour homicide volontaire, elle quitta la prison de Melun le 28 janvier 1913 pour être transférée à Rennes. Gautier fut mobilisé en 1914, partit au front le 25 août et, capturé par l'ennemi à Villeroy le 5 septembre, fut envoyé en Allemagne pour être interné au camp de Langelsalza puis à Puchheim avant d'être rapatrié le 29 décembre 1918. Devenu veuf, il s'établit à Rebais en 1921 et s'y remaria la même année. Veuf une second fois, il tomba dans une profonde dépression qui le poussa à se pendre le 11 novembre 1938. (6)
Le 11 juillet 1918, Olga Anita Bony, manouvrière née à Villeneuve-la-Lionne en 1888 et demeurant à Sablonnières, fut à Coulommiers sur prévention d'infanticide avant d’être condamnée le 2 août à trois mois d’emprisonnement pour suppression d’enfant et incarcérée à Coulommiers jusqu’au 11 octobre (7). C'est une affaire de vol qui lui vaudra un nouveau séjour en prison (voir plus haut).
En septembre 1932, une jeune fille habitant chez ses parents au Jariel mit au monde un garçon. Informée de la disparition de l’enfant au début de l’année suivante, la gendarmerie de Rebais procéda à des auditions. La mère de la jeune fille avoua que l’enfant né viable avait été enterré dans le jardin en l’absence du chef de famille, ce que la fille finit par confirmer. Le parquet de Coulommiers et un médecin légiste se rendirent sur place où le corps de l’enfant fut exhumé pour être ensuite autopsié. A la suite, la jeune femme âgée de 18 ans fut écrouée à Coulommiers. (8)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 822.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP539, n° 9 ; YP555, n° 823.(3) Le Démocrate, 22 oct. 1904, p. 2 ; 26 oct. 1904, p. 2.(4) Le Petit Parisien, 25 avr. 1907 ; La Lanterne, 27 avr. 1907.(5) Le Démocrate du 7 novembre 1906, p. 3 ; Le Journal, 26 juillet 1912, p. 5 ; Registre d'écrous de la maison d'arrêt de Coulommiers (Archives départementales de Seine-et-Marne - YP547Registre d'écrous de la maison d'arrêt de Coulommiers (Archives départementales de Seine-et-Marne - YP547.(6) Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Coulommiers, YP547 n° 223 ; YP565, n° 22 ; Le Matin, 28 juin 1912 ; La Croix, 29 juin 1912 ; Le Petit Parisien, 28 juin 1912 ; Le Matin, 4 juil. 1912 ; Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Coulommiers YP547, n° 224 ; Le Matin, 10 oct. 1912 ; Registre d'écrou de la maison de justice de Melun 3568W608, n° 80.(7) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP548, n° 333 ; Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP566, n° 181.(8) Le Démocrate, 8 mars 1933, p. 2.Le 13 mars 1852, Nicolas Joseph Pays, manouvrier né en 1819 dans l’Aube, marié à Hondevilliers en 1847 et demeurant à Sablonnières, fut reconnu coupable de coups volontaires par le tribunal de Coulommiers. Condamné à un mois de prison, il fut incarcéré à Coulommiers du 13 mars au 12 avril. (1)
Le 25 août 1855, le meulier Eugène Isidore Camus (né à Sablonnières le 11 septembre 1831) fut condamné par le tribunal de Coulommiers à six jours de prison pour coups volontaires. Il purgea sa peine du 10 au 16 octobre 1855. (2)
Alexandre Ambroise Thomas (Sablonnières 15 juin 1832-Jouarre 18 mai 1902), tuilier à Sablonnières, passa huit jours à la prison de Coulommiers, du 6 au 14 janvier 1858, ayant été condamné par le tribunal de cette ville le 14 novembre 1857 à huit jours d’emprisonnement pour coups volontaires. (3)
Le 28 mai 1859, c'est Jean Baptiste Alexandre Deligny (Sablonnières 17 septembre 1815 - Sablonnières 2 janvier 1889), arpenteur demeurant à Sablonnières, que les juges columériens condamnèrent pour coups volontaires. Il purgea sa peine de huit jours de prison du 2 au 10 juillet. (4)
Le 2 novembre 1861, Jean Pierre Vincent Ménard, berger né à Bellot (le 18 septembre 1822) et demeurant à Sablonnières, fut condamné par le tribunal de Coulommiers à un mois de prison pour coups. Il fut incarcéré à Coulommiers du 24 novembre au 24 octobre. (5)
Le 17 mars 1860, le même tribunal condamna Marie Anne Eulalie Barbier épouse Thomas (Sablonnières 11 février 1806-Rebais 1er janvier 1891), manouvrière demeurant à Sablonnières, à six jours de prison pour coups. Elle purgea sa peine du 2 au 8 juin. (6)
Jules Griffaut, charretier né à Doue en 1847 et demeurant à Sablonnières, fut reconnu coupable de coups et blessures volontaires le 3 juillet 1866 et condamné par le tribunal de Coulommiers à une peine de trois mois de prison qu’il effectua à Coulommiers du 25 juillet au 25 octobre 1866. Il fut encore condamné le 5 mai 1892 à six jours de prison pour coups et blessures et incarcéré du 29 août au 17 septembre 1892. (7)
Le 17 février 1880, Louis Alexandre Voirin (né à Sablonnières le 1er décembre 1856), meulier demeurant à Marlande, fut condamné à cinq jours de prison pour menaces de mort et violences sous condition et fut détenu à Coulommiers du 4 au 9 mars 1880. Prévenu de coups et blessures, il fut écroué à la maison d’arrêt de Coulommiers le 13 juillet 1892 et fut mis en liberté provisoire le 22. Il fut une nouvelle fois condamné pour coups et blessures, le 9 septembre 1892, à quarante-huit heures de prison et incarcéré du 16 au 18 mars 1893. La victime, qu'il avait battue alors qu'il était en état d’ivresse, était un habitant d’Orly qui fut incapable de travailler pendant un mois. (8)
En 1885, les époux Joseph Lalot, de Sablonnières, furent condamnés chacun à 16 francs d'amende pour avoir battu leur beau-frère Brodard, sourd-muet, au motif qu'il avait cueilli des prunes. (9)
Le 12 février 1890, Albert Mesles, clerc de notaire né à Sablonnières le 24 mai 1874 et demeurant à Rebais, fut écroué à la maison d’arrêt de Coulommiers, étant prévenu de coups et blessures volontaires. Il bénéficia toutefois d’une ordonnance de non-lieu et fut libéré le 26. (10)
Aimable Théodore Désessard, charretier né à Sablonnières le 1er mai 1874, fut condamné le 16 mars 1900 par le tribunal correctionnel de Château-Thierry à dix francs d’amende pour violences volontaires. (11)
Albert Louis Leroy (Sablonnières 8 juillet 1876-Coulommiers 7 mai 1907), déjà connu pour des faits d'ivresse et de rébellion, fut condamné le 17 novembre 1900 par la cour d’appel de Paris à trois mois de prison pour coups et blessures, puis le 1er août 1901 par le tribunal de Coulommiers à un mois d’emprisonnement pour le même motif. Le même tribunal le condamna encore pour menaces de mort, une première fois le 6 février 1902 à trois mois de prison puis le 30 juillet 1903 à trois mois de prison. Il fut incarcéré à Coulommiers le 12 janvier 1904 puis transféré le 9 février 1904 à la prison cellulaire de Melun où il fut mis à l’isolement dès le 11 février, jour de son arrivée, jusqu’au 18 avril. Il fut libéré le 18 août. (12)
Le 21 mai 1909, la cour d’appel d’Amiens condamna Jean Baptiste Auguste Pelletier, maréchal-ferrant né en 1857 à l’Épine-aux-Bois et demeurant à Sablonnières, à quatre mois d’emprisonnement pour coups et blessures volontaires, tapage injurieux et ivresse. Il purgea sa peine du 15 juin au 15 septembre. (13)
Rose Alexandrine Geoffroy, manouvrière née à Verdelot en 1873 et demeurant à Sablonnières, se trouvait déjà sous le coup d'une condamnation pour ivresse en récidive lorsque le tribunal de Coulommiers lui infligea, le 28 décembre 1912, une peine de quatre mois et cinq francs d’amende pour coups notamment. Elle fut incarcérée du 4 janvier au 26 avril 1913. (14)
Dans la forge de Jules Métais située au bourg, on ne battait pas que le fer. En 1917, elle fut le lieu d'un échange virulent entre Benjamin Landréa, cultivateur à La Chenée, et son ouvrier Desgranges. Ce dernier, fut jeté au sol par son patron qui lui faisait grief de fournir de l’alcool à sa femme, encline à l’ivrognerie. L’auteur des violences fut condamné le 26 juillet de la même année à 25 francs d’amende par le tribunal correctionnel de Coulommiers. (15)
Une suite d'articles de presse parus pour certains sous le titre de « guerre aux champs » relate les suites judiciaires d'une violente altercation qui opposa le 22 octobre 1920 Émile Lhoste, cultivateur au Vautron et Charles Perrin, cultivateur au Domaine. Le premier chassait dans un de ses champs à La Souffeloire (Le Souffloir ?) lorsqu'il rencontra le second qui travaillait à côté et lui reprocha d'avoir fait passer son attelage dans son blé. Loin d’accepter ces remarques, Perrin s’emporta et asséna un coup violent à la tête du chasseur avec le curoir de sa charrue puis tenta de s’emparer de son fusil en proférant des menaces de mort. Lhoste, le front ensanglanté, parvint à s’enfuir et porta plainte. L’agresseur nia les faits et à défaut de témoins, les gendarmes envoyèrent le fusil au parquet de Coulommiers pour qu’un relevé d’empreintes soit effectué, probablement en vain. Perrin fut poursuivi mais nia les faits, affirmant même qu’il ne s’était pas rendu sur les lieux ce jour-là. Mais après deux renvois, il fut jugé coupable par le tribunal correctionnel de Coulommiers sur le témoignage d’une jeune fille certifiant qu'il travaillait à l’endroit indiqué par la victime au jour et à l’heure en question. Il fut condamné à 15 jours de prison avec sursis, 50 francs d’amende et 200 francs de dommages-intérêts. (16)
Le 22 avril 1921, la cour d'appel de Paris condamna par défaut Gustave Émile Cordellier, né à Sablonnières le 2 mars 1887, à un mois de prison et cinq cents francs d’amende pour coups et blessures volontaires. (17)
Le 13 août 1924, Alexandre Horneck (voir aussi plus haut et plus bas) fut condamné par le tribunal d'Épernay à six semaines d’emprisonnement et aux dépens pour coups et blessures. (18)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 241.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 672.(3) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP554, n° 999.(4) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 27.(5) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 400.(6) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 162.(7) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt et de correction de Coulommiers YP556, n° 271 ; YP563, n° 643 ; Contrôle nominatif des hommes YP587.(8) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP560, n° 221 ; YP544, n° 574 ; YP563, n° 699 ; contrôle nominatif des hommes YP587 ; L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 10 sept. 1892.(9) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 16 sept. 1885.(10) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP544, n° 271.(11) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre matricules du recrutement à Coulommiers 1R1192, n° 980.(12) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 224 ; Registre d'écrou de la maison de Melun YP3903W70, n° 94 ; Registre matricules du recrutement à Coulommiers 1r1213, n° 145.(13) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 416.(14) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 557.(15) Le Démocrate, 28 juill. 1917, p. 3.(16) Le Démocrate, 27 oct. 1920, p. 2 ; 11 déc. 1920, p. 1 ; 1er janv. 1921, p. 2.(17) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre matricules du recrutement à Coulommiers 1R1329, n° 924.(18) Archives départementales de la Marne - Registre matricules du recrutement à Châlons-sur-Marne 1R1227, n° 983.Le 8 juin 1858, le tribunal de Coulommiers condamna Alexandre Roland, équarrisseur né à Bellot (le 28 janvier 1825) et demeurant à Sablonnières, à un jour de prison pour mauvais traitement à son cheval. Il fut incarcéré à Coulommiers du 21 au 22 août. (1)
Le 13 novembre 1860, le tribunal civil de Meaux condamna Alexandre Servet (probablement Servais), manouvrier demeurant à Sablonnières, à 1 mois de prison pour avoir donné des coups de couteau à un cheval. (2)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP568, n° 215.(2) Journal de Seine-et-Marne, 24 nov. 1860.Le 11 mai 1836, Zosime Honnoré Perrin, sabotier à Sablonnières âgé de 26 ans, fut écroué à Coulommiers suite à son inculpation pour enlèvement de mineure. Il fut extrait de la maison d'arrêt le 22 juillet pour être conduit à Melun où il fut écroué le 25 sur l'accusation d'enlèvement de mineure au-dessous de 16 ans. Il y resta jusqu'au 20 août avant de comparaître devant la cour d'assises. (1)
Le 16 novembre 1843, la cour d'assises de la Meuse condamna le Sablonniérois de naissance Théodore Lebon aux travaux forcés à perpétuité pour attentats à la pudeur et viol sur sa fille âgée de moins de quinze ans.
Le 24 février 1881, Antoine Xavier Griffaut, cultivateur né à Sablonnières le 18 septembre 1823 prévenu d'avoir commis au hameau des Brodards le crime d'attentat à la pudeur avec violence et de viol, fut écroué à Coulommiers puis transféré à Melun le 22 avril. Reconnu coupable d'attentat à la pudeur avec violence, il fut condamné par la cour d'assises le 20 juillet à deux années d'emprisonnement qu'il passa à la maison centrale de Poissy où il fut transféré le 26. (2)
Le 11 avril 1895, Armand Jules Fontaine (Sablonnières 14 octobre 1841-Rebais 2 août 1913), propriétaire demeurant à Sablonnières prévenu d’attentat à la pudeur, fut écroué à Coulommiers. Condamné le 2 mai à cent francs d’amende et trois mois d’emprisonnement, il passa à la maison de correction le 13 mai et fut libéré le 11 juillet. (3)
L'année 1913 fut marquée par la conclusion de l'affaire de l'Hôtel de la Gare dont il a été parlé au titre des avortements. Si ce chef d'accusation avait été abandonné, les sanctions tombèrent pour les faits de prostitution commis dans l'établissement. Lapleige et Truchon avaient été remis en liberté provisoire le 14 août mais restaient inculpés d’outrage à la pudeur. Interviewé à son retour à Rebais, le facteur déclara avoir très mal vécu son séjour en prison et craindre sa révocation si près de la retraite. Toutefois, Marie Hubert, ancienne servante de l’hôtel, maintenait ses accusations contre lui. Cinq autres personnes furent mises en cause : Charles Perrin, charretier à la Belle-Étoile, Victor Lefort et Alfred Fauvet, charretiers à Bois-Frémy, Lucien Nolin de Fleigny et un nommé Bonnefon, courtier en pharmacie parisien incarcéré à Provins pour différentes affaires d’avortement, qui avait fait plusieurs visites à l’établissement Notreamy. Le procès qui suivit se déroula à huis-clos et, après de longs débats, le tribunal correctionnel de Coulommiers rendit son verdict le 3 janvier 1913 : Lucie Notreamy, la mère-maquerelle, fut condamnée à trois ans d'emprisonnement et à 500 francs d'amende, Perrin écopa de huit mois d'emprisonnement, Lapleige de trois mois et de 100 francs d'amende, Truchon et Lefort de quinze jours de prison et de 25 francs d'amende chacun, Fauvet de 100 francs d'amende et Nolin de 50 francs. Le commercial parisien fut le seul acquitté. Lapleige, Fauvet et Perrin interjetèrent appel du jugement. On sait par leur dossier militaire que Fauvet et Perrin virent leurs peines réduites à une amende de cents francs par arrêt de la cour d'appel de Paris du 25 avril 1913 (4). La veuve Notreamy quitta rapidement la maison d'arrêt de Coulommiers pour être transférée à Paris (5). Elle revint plus tard à Sablonnières et mit l'ancien hôtel en vente en 1926. (6)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Coulommiers YP535 ; Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Melun YP697.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP541, n° 392 ; Melun 3903W112, n° 463.(3) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP544, n° 873 ; de la maison de correction de Coulommiers YP564, n° 58.(4) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres matricules du bureau de recrutement de Coulommiers 1R1352, n° 1009 ; 1R1277, n° 1028. Aucune mention ne figure sur le dossier de Lapleige (1R1097, n° 716).(5) Le Briard, 16 août 1912, p. 2 ; Le Briard, 21 août 1912, p. 2 ; Le Démocrate, 27 juill. 1912, p. 3 ; Le Journal, 18 et 26 juil. 1912 ; La Croix, 19 juil. 1912 ; La Lanterne, 19 et 27 juil. 1912 ; Le Petit Parisien, 26 juil. 1912 et 4 janv. 1913, p. 4 ; Le Matin, 4 janv. 1913, p. 6 ; Le Briard, 10 janv. 1913, p. 2 ; 11 janv. 1913, p. 2 ; Archives départementales de Seine-et-Marne – Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Coulommiers YP547.(6) Annonces parues dans Le Démocrate des 20 et 27 février, 6, 13 et 20 mars.Le 15 janvier 1859, le sabotier Gésime Honoré Perrin (Sablonnières 28 novembre 1809-Sablonnières 19 août 1865) fut condamné par le tribunal de Coulommiers à trois mois de prison pour outrage à la morale religieuse, et purgea sa peine à Coulommiers du 9 avril au 8 juillet 1859. (1)
Antoine Hippolyte Patoureau, antérieurement condamné pour vol (voir plus haut), se trouva prévenu d’outrage envers la gendarmerie et fut écroué à Coulommiers le 26 janvier 1873 (2). Il décéda le lendemain.
Le 31 mars 1874, le tribunal de Coulommiers condamna Louis Basile Mazure (né à Sablonnières le 5 septembre 1837) à quinze jours de prison pour outrage à magistrat. Il fut alors incarcéré à Coulommiers du 25 avril au 10 mai 1874. (3)
Le 29 juillet 1879, Armand Voirin, manouvrier né à Saint-Cyr-sur-Morin le 11 mai 1841 et demeurant à Sablonnières, fut condamné à six jours de prison pour outrage à garde champêtre et incarcéré à Coulommiers du 4 au 10 août 1879. (4)
Rosa Fauvet (née à Sablonnières le 9 décembre 1853), épouse du carrier François Henri Voirin, fut condamnée le 28 mars 1895 à quarante-huit heures de prison pour outrage à officiel ministériel et fut détenue du 10 au 12 avril 1895. (5)
Le 4 octobre 1895, Alexandre Horneck déjà condamné pour délit de chasse (et dont il a été parlé plus haut à d'autres titres) qui fut condamné par le tribunal d’Épernay à quinze jours de prison pour outrage à agent. Le même tribunal le condamné ensuite le 19 janvier 1901 à trois mois de prison pour coups volontaires, outrage à agents, rébellion avec armes et violences à agents. Il écopa encore le 17 novembre 1904 d’une peine d’un mois d’emprisonnement prononcée par les juges sparnaciens pour outrages et infraction à la police des chemins de fer. (6)
Le 28 février 1897, lors d'un bal, Alexis Bourguignon, âgé de 16 ans, fut expulsé pour avoir crié, à l'encontre du garde champêtre qui était présent : « En voilà un garde de mon cul ! » Pour se venger, il écrivit des lettres anonymes accusant à tort le représentant de l'autorité. Cela lui valut une amende correctionnelle de 25 francs prononcée le 1er avril par le tribunal de Coulommiers. (7)
Albert Louis Leroy (Sablonnières 8 juillet 1876-Coulommiers 7 mai 1907), manouvrier sans domicile fixe, fut condamné le 23 juin 1904 par le tribunal correctionnel de Coulommiers à quinze jours de prison et cinq francs d’amende pour rébellion et ivresse, et incarcéré du 23 juin au 8 juillet. C'est encore pour rébellion et ivresse qu'il fut condamné le 16 juillet 1904 par le même tribunal. (8)
Alphonse Théodore Lesquier, plusieurs fois condamné pour vol, écopa le 19 septembre 1907 d'un mois de prison et un franc cinquante d’amende pour outrage à garde champêtre. Il fut incarcéré du 8 octobre au 7 novembre. (9)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 12.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP539, n° 616 ; YP584, n° 529.(3) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP558, n° 249.(4) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP560, n° 125.(5) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP544, n° 51 ; Registre matricules 1R1254, n° 198.(6) Archives départementales de la Marne - Registre matricules 1R1227, n° 983.(7) L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 4 avr. 1897.(8) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP546, n° 306 ; 1R1213 Matricules, n° 145.(9) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 353.Le 23 mars 1882, le tribunal de Coulommiers condamné le vannier Arthur Gabriel Théron (né à Sablonnières le 7 janvier 1853) à un mois d’emprisonnement pour dénonciation calomnieuse. Le coupable fut incarcéré à Coulommiers du 18 avril au 18 mai 1882.
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP560, n° 555 ; Contrôle nominatif des hommes YP586.Pierre Valentin Martin Bernard, manouvrier résidant à Sablonnières, fut condamné le 30 août 1859 par le tribunal de Coulommiers à un jour de prison pour tapage injurieux et nocturne, et fut incarcéré à Coulommiers du 20 au 21 septembre. (1)
Le 19 décembre 1912, Rose Alexandrine Geoffroy, manouvrière née à Verdelot en 1873 et demeurant à Sablonnières, fut condamnée par le tribunal de Coulommiers le 19 décembre 1912 à un mois d’emprisonnement pour ivresse en récidive et le 28 décembre de la même année à quatre mois et cinq francs d’amende pour divers délits sont l'ivresse. Elle fut incarcérée du 4 janvier au 26 avril 1913. (2)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP568, n° 667.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison de correction de Coulommiers YP565, n° 557.Le 2 juin 1874, Antoine Xavier Griffaut (né à Sablonnières le 18 septembre 1823), cultivateur de Sablonnières, écopa de 8 jours de prison pour chasse à l’aide d’engins et coups volontaires. Il fut écroué à Coulommiers le 14 juin 1874. (1)
Le 27 mars 1905, le manouvrier Albert Louis Leroy (Sablonnières 8 juillet 1876-Coulommiers 7 mai 1907), qui avait eu maintes fois affaire à la justice pour des délits divers et variés, fut écroué à à la maison d'arrêt de Provins, étant prévenu de vagabondage et de chasse avec engins prohibés. Le tribunal de cette ville le reconnut coupable et le condamna le 29 mars à deux mois de prison et cinquante francs d’amende. Il passa alors à la maison de correction le 10 avril. (2)
Le 5 juin 1866, le tribunal de simple police de Rebais infligea à Alphonse Savart et Alexandre Gutel, propriétaires au Domaine, une peine de 3 jours de travail chacun pour dégâts occasionnés par leurs volailles au clos du menuisier Boyer. (3)
En 1870, Antoine-Xavier, Jules et Julien Griffaut, manouvriers demeurant à Sablonnières, furent condamnés le premier à 25 francs d'amende et les deux autres à 2 francs d'amende pour avoir, sur le territoire de la commune, pêché dans le Petit Morin en période de frai, en prenant le poisson à la main et en troublant l'eau pour le faire entrer dans les filets. (4)
Le 25 juillet 1876, le manouvrier François Fauvet, âgé de 72 ans, fut condamné pour chasse sans permis en temps prohibé, violences et tentative de corruption d’un garde particulier, à 15 jours de prison et 50 francs d’amende. (5)
Le 27 avril 1883, François Daniel, courtier marchand de chevaux à Sablonnières écopa de 2 mois d’emprisonnement et 50 francs d’amende pour chasse sans permis avec 16 collets et détention d’engins prohibés. (6)
En 1895, un nommé Juvinel écopait d'une amende de 10 francs pour pêche au filet traînant (7), tandis que Joseph Élisée Jolly (Saint-Denis-lès-Rebais 27 septembre 1830-Sablonnières 10 octobre 1903) cultivateur de Coupigny, fut condamné à 25 francs d'amende pour avoir posé des collets dans une propriété voisine. (8)
Alexandre Horneck, manouvrier né à Sablonnières le 4 janvier 1877 et résidant dans le département de la Marne, était condamné le 20 septembre 1895 par le tribunal correctionnel d’Épernay à six jours de prison pour chasse avec engins prohibés puis à nouveau le 6 octobre 1899 par le tribunal correctionnel de Château-Thierry à deux mois de prison et deux cents francs d’amende pour chasse en temps et à l’aide d’engins prohibés. (9)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP558, n° 262.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - Provins 1R1213 Matricules, n° 145 ; Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Provins 3567W34, n° 387.(3) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 17 juin 1866.(4) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 30 juil. 1870.(5) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 29 juil. 1876.(6) Le Journal de Seine-et-Marne, 29 avr. 1883. (7) L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 5 janvier 1895.(8) L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 16 février 1895.(9) Archives départementales de la Marne - Registres matricules du recrutement à Châlons-sur-Marne 1R1227, n° 983.
Antoine Joseph Leroy, ayant rompu son ban sans permission à la suite de sa libération, fut écroué pour ce motif.
François Honoré Greffier (Sablonnières 29 juillet 1828-Coulommiers 3 février 1858), manouvrier demeurant à Meaux, fut lui aussi inculpé de rupture de bans et écroué à ce titre à la maison d’arrêt de Coulommiers à trois reprises, le 2 juillet 1856, le 20 février 1857 puis le 12 octobre 1857. Condamné par le tribunal de cette ville le 24 octobre 1857 à six mois de prison, il fut incarcéré le jour même puis envoyé à l’hospice le 21 décembre. (1)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registres d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP538, n° 407 ; YP538, n° 464 ; YP538, n° 513 ; YP554, n° 958.Pierre Onésime Travet, marchand épicier né à Sablonnières le 11 février 1827 et demeurant à Pommeuse, fut condamné le 4 juin 1864 par le tribunal de Coulommiers à six jours de prison pour avoir ouvert un débit de boissons sans autorisation. Il purgea sa peine à Coulommiers du 1er au 7 juillet. (1)
Le 2 janvier 1895, Paul Narcisse Lebon, 24 ans, demeurant à La Chenée, fut condamné à quinze jours de prison avec sursis pour détention de munitions de guerre. La perquisition de son domicile, suite à une dénonciation à la gendarmerie, permit de retrouver la cartouche ainsi que 85 grammes de poudre que le jeune homme avait ramenés de son service militaire comme souvenirs. (2)
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d’écrou de la maison d’arrêt de Coulommiers YP555, n° 794.(2) Le Journal de Seine-et-Marne, 6 janv. 1895 ; Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre matricules du recrutement à Coulommiers 1R1155, n° 757.Dans d'autres affaires pénales, des habitants de Sablonnières furent seulement victimes de délits ou de crimes.
En janvier 1866, le cordonnier Arnoul (Nicolas Arnould) fit les frais de sa bonté. Ayant recueilli un jeune homme qui se trouvait dans la misère, il entreprit de lui apprendre son métier. Le 27 février, il l’envoya porter 25 francs à un huissier de Rebais mais ne revit ni son apprenti, ni son agent, ni le parapluie qu’il lui avait confié. Son protégé, né à Paris, avait déjà commis dix-huit vols, avait été plusieurs fois condamné et avait passé plusieurs années en maison de correction. Arrêté à Paris, il fut condamné à 13 mois d’emprisonnement et à 25 francs d’amende. (1)
Ainsi, dans la nuit du 14 au 15 mars 1884, la boutique des époux Juvinel, épiciers du bourg, était cambriolée. On leur vola 10 francs dans un des tiroirs du comptoir qui fut forcé, un sac en toile contenant 25 francs dans un autre tiroir non fermé à clé et plusieurs menus objets de bonneterie. Les soupçons se portèrent immédiatement sur une petite troupe de saltimbanques composée de deux hommes et d’une femme, qui avaient passé les journées du 12 et du 13 à Sablonnières et avaient logé leur cheval chez les victimes. Les gendarmes de Rebais les retrouvèrent à Saint-Cyr-sur-Morin mais à leur approche, un des hommes prit la fuite. Ils trouvèrent dans leur voiture les objets dérobés et les instruments ayant servi à l’effraction. Les deux autres suspects indiquèrent que le fuyard, qui n’était que passagèrement avec eux, les avait quittés le 14 pour ne revenir que le 15 au matin avec divers objets qu’il disait lui appartenir et être allé chercher à la gare. Ils avaient de plus un solide alibi pour la nuit du méfait puisqu’ils avaient donné une représentation à Saint-Cyr. Le fugitif fut identifié comme Henri Demaurey, marchand ambulant, et des mandats d’arrêt furent lancés. Cependant, les recherches piétinèrent jusqu’à ce que l’on apprenne qu’il avait été mis à disposition de l’autorité militaire pour insoumission. Arrêté à Rouen le 25 mai, l'individu fut transféré à la maison d’arrêt de Coulommiers, où l'on dut le mettre au cachot pour rébellion. Les époux Juvinel ayant reconnu les objets retrouvés comme leur appartenant, il prétendit les avoir achetés à des Italiens dont il ne put évidemment pas fournir l’identité. L’homme, qui avait déjà été condamné cinq fois pour vol et séjourné en maison de correction, fut traduit devant la cour d’assises qui le condamna à cinq ans de réclusion criminelle pour vol qualifié. On sait qu'il fut, plusieurs années après sa libération, poursuivi à nouveau pour complicité de vols de poulets commis dans le Loiret par son épouse, une marchande ambulante native d’Ormeaux. (2)
Un autre cambriolage nocturne était signalé neuf ans plus tard chez un couple de septuagénaires habitant une maison isolée d'Hautefeuille. Au milieu de la nuit du 19 au 20 janvier 1893, les époux Louis Camus furent réveillés par du bruit venant de la chambre voisine de la leur. Deux voleurs qui s'y étaient introduits par la fenêtre après avoir descellé les barreaux de protection et cassé un carreau, avaient déjà fait des paquets de linge, de vêtements et de bijoux, et remuaient tout dans la pièce, à la recherche d'argent. Lorsque le mari accourut, les deux voleurs prirent s'enfuirent par où ils étaient rentrés. Il cria alors à sa femme de lui apporter son fusil et tira deux coups dans la direction des fuyards, sans les atteindre. Au matin, les Camus retrouvèrent dans leur jardin un gros paquet que les voleurs avaient dû laisser pour s'enfuit plus vite. (3)
Le 24 avril 1895, une habitante se trouvant seule à son domicile reçut la visite de deux hommes qui se présentèrent comme des magistrats chargés par son frère de le tirer d’un mauvais pas. Présentant de faux documents, ils obtinrent d’abord la remise de 517 francs pour le faire libérer. Profitant de la grande crédulité de leur victime, ils poursuivirent en demandant si le frère possédait des titres et, recevant une réponse affirmative, prétendirent qu’il le leur avait dit et demandé de les lui rapporter pour établir sa situation financière. Une fois l’argent et les titres en poche, ils persuadèrent la pauvre femme de leur remettre la clé de l’habitation de son frère pour, soi-disant, y récupérer un élément compromettant devant être détruit. Ils obtinrent immédiatement satisfaction et c’est une montre en argent qu’ils prirent avant de s’évaporer ! (4)
En 1929 à La Noue, M. Beaudeux fut victime d'un incendie criminel. Le responsable fut arrêté. Il s'agissait d'un sans domicile fixe qui ne jouissait pas de toutes ses facultés intellectuelles et qui avait allumé plusieurs feux à Verdelot et à Charly. (5)
Le 5 août 1943, Mme Messant, cultivatrice à Coupigny, eut la visite d’un couple de parisiens qui lui offrit deux paires de chaussures contre du ravitaillement. Après leur départ, elle constata la disparition d’un bracelet en métal chromé. (6)
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(1) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 15 avr. 1866.(2) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 7 juin, 23 juil. et 29 nov. 1884 ; Journal de Seine-et-Marne, 28 nov. 1884 ; La Feuille de Provins, 29 nov. 1884 ; L’Éclaireur de Seine-et-Marne, 5 avr. 1896.(3) Le Journal de Seine-et-Marne, 8 févr. 1893.(4) Le Démocrate, 1er mai 1895.(5) Le Démocrate, 4 nov. 1929, p. 2.(6) Le Démocrate, 4 févr. 1944, p. 1.La Troisième République naissante était naturellement hostile au spectre impérial qui planait encore sur le pays. Après l'échec de la Commune, plusieurs dignitaires de l'Empire étaient rentrés en France et une force politique bonapartiste se reconstituait grâce à un réseau soutenu par une presse offensive. C'est dans ce contexte que se déroula en 1875 un procès dont le caractère politique est incontestable. A cette époque, des libelles bonapartistes étaient répandus dans toute la vallée du Petit Morin par des « agents du parti impérialiste ». Au cours de l'enquête, une perquisition diligentée par le juge de paix de Rebais chez Pierre Joseph Delambre, tuilier à La Belle Etoile, permit d’y saisir des exemplaires de l’almanach bonapartiste L’Aigle. Malgré la dénonciation de cette saisie comme abus d’autorité dans plusieurs journaux qui rappelèrent que la publication de L’Aigle n’avait pas été interdite (1), Delambre se trouva parmi les cinq prévenus comparaissant le 24 août devant le tribunal correctionnel de Coulommiers. Il lui était reproché d’avoir, sans autorisation, distribué et colporté des écrits et brochures dans l’arrondissement.
Parmi les témoins entendus à l'audience, l’épouse d’un commissionnaire du chemin de fer faisant son service entre Villeneuve-sur-Bellot et La Ferté-sous-Jouarre déclaré avoir été chargée de remettre un petit paquet à un habitant de Sablonnières. Il s’agissait d’un nommé Juvinel, qui affirma que le paquet contenait des almanachs L’Aigle et que, ne sachant pas qu’ils étaient destinés à son beau-frère Delambre, il les distribua entre ceux de ses voisins qui les demandèrent.Delambre reconnut avoir fait venir de Paris, à plusieurs reprises, des almanachs L’Aigle et de les avoir distribués. Pour sa défense, il affirma en avoir cessé la distribution dès qu’il sut qu’elle était illicite. Il fut toutefois condamné à 3 mois d’emprisonnement et 25 francs d’amende.
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(1) Notamment Le Pays du 28 juin 1875. Rappelons que ce journal, qui avait soutenu le second Empire, eut pour rédacteur en chef Paul Granier de Cassagnac qui était aussi directeur de publication de L'Aigle !(2) L’Eclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 28 août 1875.On regrette parfois le bon vieux temps où les automobiles n'existaient pas, époque moins bruyante, moins polluée et - pense-t-on - plus sûre. Pourtant, des accidents de chevaux et d'attelages se produisaient, plus souvent certes dans les villes aux rues encombrées mais aussi dans les rues des villages et hameaux. C'est l'expérience que firent deux vieillards, les époux Lagrange, qui furent renversés par un cheval en plein Vautron. L'homme et la femme, sur le corps de laquelle passa une roue de l'attelage tiré par l'animal, s'en tirèrent avec des contusions et des fractures. (1)
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(1) L'Eclaireur de l'arrondissement de Coulommiers, 12 oct. 1878.C'est sous ce titre accrocheur que le journal La Justice exposa une curieuse affaire où se mêlent hallucinations d'ivrognes et calomnie. Vers 1875, un nommé Guillou avait disparu dans la région et, le Petit-Morin étant en crue, on l'avait supposé noyé. Plus tard, deux habitants de Sablonnières, Théodore Lécuyer et Eugène Leredde, vinrent boire chez Hochet père et fils. Les deux hommes se saoulèrent et, dans leur délire, crurent apercevoir un pendu dans une pièce noire. Ils s'enfuirent à toutes jambes, persuadés qu'il s'agissait du disparu. Lécuyer, qui ne savait pas écrire, dicta une lettre de dénonciation à un ouvrier vannier du nom de Théron, mais celui-ci préféra ne pas l'envoyer. Pourtant, le juge de paix de Rebais reçut quelques jours plus tard une note anonyme au crayon dénonçant les Hochet. Ces derniers furent arrêtés et une instruction judiciaire fut ouverte : la perquisition effectuée chez eux montra qu'il n'y avait ni pièce noire ni cadavre. Les Hochet furent donc relaxés et la justice rechercha le dénonciateur. Lécuyer accusa alors Théron, dont l'écriture correspondait de surcroît à celle du billet et que d'aucuns avaient vu, dans un cabaret, griffonner quelques lignes sur un morceau de papier. Théron fut alors traduit devant le tribunal correctionnel de Coulommiers qui, lui accordant le bénéfice du doute, l'acquitta. Mais sur appel du ministère public, il fut condamné à un mois de prison pour dénonciation calomnieuse. (1)
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(1) La Justice, 22 et 27 mars 1882.Le 22 juillet 1883, Marie Guillard, lingère âgée de 19 ans, se donna la mort chez ses parents, à la Maison Neuve, en s’enfermant dans sa chambre avec un réchaud allumé. Le jeune fille, qui était enceinte, avait noué une relation avec un pompier de Paris qui lui avait promis le mariage à sa libération. On retrouva une lettre qu'elle lui avait laissée. (1)
Une vingtaine d'années plus tard, c'était Adèle Houdot (veuve Huvier) âgée de 83 ans qui mettait fin à ses jours de manière similaire au Vautron, où elle résidait deux mois dans l’année chez sa petite fille, épouse du cultivateur Marius Bourguignon. Ayant déjà manifesté à une voisine son intention d’en finir avec ses souffrances, elle passa à l’acte le 3 juillet 1905 en l’absence de sa famille, en s’enfermant dans un réduit de cinq mètres carrés avec un fourneau de charbon de bois. Lorsqu’on la trouva, on ne put la ranimer. (2)
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(1) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 1er août 1883.(2) Le Démocrate, 8 juillet 1905, p. 2.Le 28 août 1884 au matin, un un violent incendie attisé par le vent s'est déclaré à la ferme de La Noue. Les pompiers de Sablonnières, de Villeneuve-sur-Bellot, de Nogent-l'Artaud et de Viels-Maisons accoururent mais ne parvinrent pas à maîtriser complètement le feu car l'eau des mares vint à manquer. Le corps de logis fut épargné et les bêtes furent sauvées. En revanche, les autres bâtiments et les récoltes furent détruits. (1)
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(1) Le Journal de Seine-et-Marne, 7 sept. 1884.Dans un entrefilet du Petit Journal du 28 novembre 1885, placé entre les nouvelles des théâtres et une publicité pour un purgatif, Louis Eugène Joseph Lefèvre, entrepreneur de battage demeurant alors au Vautron (1) avec son épouse Maria Eulalie Alphonsine Lelongt témoignait : « Depuis 18 ou 19 ans, j’avais une gastralgie, avec crampes d’estomac atroces ; manque d’appétit, mauvaises digestions, maux de reins ; je ne saurais dire les souffrances que j’endurais et les dépenses que j’ai faites. Tous ces maux ont disparu par l’usage des Pilules Suisses ; au moindre malaise, je prends deux Pilules Suisses, et je suis de nouveau bien ; je conseille à chacun d’en faire usage. Par acte d’humanité, j’autorise M. Hertzog, pharmacien, 28, rue de Grammont, à Paris, à publier ma lettre. LEFÈVRE LELONG, entrepr. de battage ».
C’est ainsi que cet habitant, probablement de bonne foi, participa à une ample campagne publicitaire pharmaceutique basée notamment sur la publication par voie de presse de témoignages vantant les bienfaits de ces fameuses pilules dépuratives, toniques et laxatives que l’entreprise Hertzog et Cie commercialisait en France depuis 1880 et dont l’usine parisienne fabriquait annuellement plusieurs dizaines de millions d’unités.
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(1) Lefèvre n’était pas natif de Sablonnières et changea souvent de résidence. On le trouve en 1869 à Boitron comme conducteur de machine à battre, à Leudon-en-Brie en 1872, à Chartronges en 1877 et encore à Boitron de 1894 à 1901. Son épouse, probablement veuve, y demeurait encore en 1921.A l'époque où les cimetières étaient gérés par les fabriques de paroisse, celles-ci étaient souvent créancières de rentes servies annuellement par la commune en contrepartie d'un legs pieux. A Sablonnières, cette pratique est illustrée par le legs que consentirent, le 1er mai 1885, les époux Charles Ferdinand Picart et Victoire Elisa Bénard : ces derniers léguèrent à la commune la somme de 10 000 francs, à charge d'abandonner une portion de terrain entre le caveau et l'allée principale du cimetière, d'entretenir à perpétuité leur monument funéraire, de faire chanter vers le 20 avril de chaque année une messe à leur intention et de payer chaque année au curé leur recommandation au prône, lorsqu'ils seraient tous deux décédés.
La municipalité estima que les charges seraient peu onéreuses pour la commune et demanda l'autorisation préfectorale nécessaire pour bénéficier du legs (1). Le préfet donna son accord le 28 mai 1885 et la somme de 20 francs correspondant aux dépenses annuelles occasionnées par ces charges fut inscrite au budget pour être versée chaque année au trésorier de la fabrique pour lui permettre d'exécuter des dernières volontés des donataires.
Ce don important valut aux époux Picart le témoignage de la reconnaissance de la commune, gravé sur le côté droit de leur caveau :
La rente de 20 francs fut finalement considérée comme éteinte conformément à la loi du 13 avril 1908 et n'apparaît pas dans l'état des biens revenant à la commune, dressé en 1913 en vue de la remise à la municipalité des biens de la fabrique supprimée en 1906. Toutefois, la commune a continué d'entretenir le caveau(2) qui, en dernier lieu, a été nettoyé sous le mandat de Monsieur Barès par la marbrerie Ducasse de la Ferté-sous-Jouarre et se dresse toujours dans le cimetière de La Chenée :
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(1) Délibération du 3 mai 1885.(2) Facture Renoult de La Ferté-sous-Jouarre, en 1935.Quelle durent être sa surprise et son inquiétude lorsque Madame Delacour, la femme du marchand de charbon de Sablonnières parti la veille avec sa voiture à cheval pour faire une livraison à La Ferté-sous-Jouarre, vit au petit matin revenir l’attelage sans son mari ! Le journal qui relata ce fait divers (1) ne dit pas combien de temps elle demeura dans l'attente de nouvelles mais donne l'explication de cette disparition : L’homme, qui s’était endormi dans sa voiture sur le chemin du retour, fut réveillé par le cheval qui venait de s’emballer et tomba sur la route en essayant d’attraper les guides. Blessé à un bras et une cuisse, il fut recueilli par un habitant alerté par ses cris. Pendant ce temps, le cheval était rentré tranquillement à la maison.
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(1) L'Éclaireur de l'arrondissement de Coulommiers, 17 nov. 1886.Un meunier de la Vallée qui fréquentait deux fois par semaine un troquet du Bourg avait pris la fâcheuse habitude d'attacher son mulet et sa voiture devant la porte du maréchal-ferrant et de l'y laisser durant plusieurs heures. Par lassitude, le maréchal non dépourvu d'humour eut l'idée de fabriquer une paire de lunettes géante dont il affubla l'animal et plaça devant lui un échalas auquel il accrocha une gazette. Le mulet semblait lire des heures durant au grand plaisir des villageois et des enfants qui, ces jours là, attendaient avec impatience la sortie de l'école pour aller assister au spectacle.
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(1) Le Démocrate, 12 janv. 1889, p. 3.Le 4 avril 1889, à 16 heures, Ernest Moulinet et Paul Griffaut, deux garnements des Brodards âgés respectivement de 11 et 9 ans, placèrent sur la voie ferrée un morceau de bois de 11 kg et se cachèrent derrière le mur d'une grange dans l'attente du spectacle d’un déraillement. Le prochain train arriva mais, par chance, le mécanicien aperçut l’obstacle et parvint à arrêter la machine avant le choc. Procès-verbal en fut dressé et le parquet se rendit sur place. Les deux enfants furent arrêtés et passèrent 24 heures en prison mais vu leur jeune âge, le tribunal ne voulut pas les envoyer en maison de correction. (1)
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(1) L'Éclaireur de l'arrondissement de Coulommiers, 10 avr. et 25 mai 1889.La presse locale relata comment, le 17 juillet 1890, le chef de gare fut grièvement blessé en service. Voulant graisser l’aiguille de la voie de raccordement, M. C. (vraisemblablement Auguste Colau) avait levé la lentille et l’avait maintenue à l’aide d’un morceau de bois. Alors qu’il s’affairait à huiler l’aiguille de l’autre côté de la voie, la lentille qui pesait 20 kg retomba brusquement et fit revenir l’aiguille contre le rail. Le malheureux eut un doigt pris entre les deux pièces de métal et lorsqu’un passant vint à son secours, le doigt ne tenait plus que par une bande de peau. Malgré les soins prodigués par le médecin de Villeneuve-sur-Bellot, l'homme resta estropié. L'auteur de l'article, très critique à l'égard de la Compagnie des chemins de fer départementaux « qui paie peu cher ses employés et ne leur donne même pas de retraite », rapportait que l’accident était dû à un vice de construction mais que la victime fut convoquée par l’inspecteur de la CFD qui lui ordonna en vain de reconnaître par écrit qu’il résultait de son fait. (1)
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(1) L'Éclaireur de l'arrondissement de Coulommiers, 19 juil. 1890, p. 2.Un chien paraissant enragé fut abattu par ordre du garde-champêtre de Sablonnières. Son autopsie, pratiquée par un vétérinaire de Coulommiers, établit qu'il était bien atteint de la rage. L'animal avait mordu trois autres de ses congénères qui durent également être abattus. (1)
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(1) L'Éclaireur de l'arrondissement de Coulommiers, 2 sept. 1891.Si l'enterrement civil fut le choix de certains, il n'était pas du tout dans les faveurs du curé local.
Conformément à ses dernières volontés, Pierre François Picard décédé au Vautron le 22 février 1891 fut enterré civilement. Lorsque Messieurs Desgranges et Melle se présentèrent au curé pour demander le brancard qui servait à transporter les cercueils, ils essuyèrent un refus. Le prêtre, à qui ils firent remarquer qu'il n'était pas dans son droit d'agir de la sorte, rétorqua que si le brancard sortait de l'église, il n'y rentrerait plus, qu'il le briserait et en ferait refaire un autre. Finalement, le corps fut porté à bras mais le comportement du curé fut sévèrement jugé au point de vouloir supprimer du prochain budget communal son supplément de traitement de 115 francs pour faire fabriquer un brancard municipal. (1)
Lorsqu'on enterra plus tard le carrier Henri Voirin, décédé le 3 août 1897, le convoi dont faisaient partie les sapeurs-pompiers et le corps municipal, fut perturbé par Adèle, la cousine et bonne du curé, qui se mit à rigoler, à grimacer et à gesticuler devant le presbytère. L'assistance en fut scandalisée et la presse supposa que la femme avait agi à la demande du prêtre souhaitant se venger de la suppression de sa subvention annuelle de 85 francs ou protester contre les enterrements civils. (2)
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(1) Le Démocrate, 25 févr. 1891, p. 2.(2) Le Démocrate, 25 août 1897, p. 2.Nous avons déjà évoqué les aléas climatiques dont dépendaient les récoltes et la vie des villageois. Plus près de nous, sont restées dans les mémoires les rigueurs de l'hiver 1879-1880 à l'occasion duquel la commune accorda des secours exceptionnels en pain, en viande et et bois de chauffage, les gelées du printemps 1929 qui détruisirent plusieurs hectares de blé sur le territoire communal, ou celles du début de l'année 1939 qui furent désastreuses pour le blé et conduisirent la municipalité à voter des mesures d'approvisionnement des cultivateurs en semences. Les sécheresses de 1875 et de 1893 se firent aussi rudement ressentir.
Face à ces phénomènes naturels, synonymes de mauvaises récoltes et donc de conditions de vie difficiles, les paysans étaient totalement démunis. Aussi, comme leurs prédécesseurs l'avaient fait depuis des siècles avant eux, s’en remettaient-ils à Dieu dont ils invoquaient la clémence par des prières spéciales dont les textes sacrés contiennent plusieurs exemplaires : on lui demandait, par exemple, de dissiper les nuages avec les oraisons Pro fructibus terrae et Pro æris serenitate ou d’éloigner les tempêtes avec Ad repellendas tempestates.
On le voit encore en 1893, année de grande chaleur, lorsque l’évêque de Meaux ordonna aux curés du diocèse de lire à la messe, pendant neuf jours, l'oraison Ad petendam pluviam (« Deus, in quo vivimus, movémur et sumus, pluviam nobis tribue congruéntem, ut praesentibus auxiliis sufficienter adjuti, sempiterna fiducialius appetamus », autrement dit « Dieu en qui nous avons la vie, le mouvement et l'être, accordez-nous une pluie convenable, afin que, suffisamment pourvus des biens présents, nous cherchions avec plus d'assurance les biens éternels ») et de chanter, les vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 mai, le psaume Miserere, le verset Ostende nobis et l’oraison Deus, qui culpâ offenderis. Furent-ils exaucés ?
Après les grandes chaleurs de l'été 1893, plusieurs cultivateurs firent des réserves d'eau...de vie. La belle saison avait été particulièrement productive de fruits et notamment de prunelles qu'il était tentant de transformer en alcool. Mais c'était compter sans la vigilance et la sagacité de la régie des contributions indirectes dont les agents débarquèrent dans la vallée et en particulier dans notre commune pour doser la quantité d'eau de vie faite et restant à faire. Ceux qui reçurent leur visite se virent remettre une carte à payer pour les droits, qu'ils trouvèrent excessivement élevés. (1)
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(1) L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 7 février 1894.Les journaux Le Petit Parisien et Le Matin du 8 septembre 1895 relatent un drame qui, s'il n'est pas survenu dans notre commune, a touché une famille sablonniéroise. Le 15 novembre 1890, Julie Eugénie (1) Baron, née à Sablonnières le 10 mai 1871, y épouse Jules Alexandre Couvreur, âgé de 24 ans et natif de Saint-Ouen-sur-Morin. Le jeune couple habite à Brunoy où Alexandre est garde-moulin. Le 5 janvier 1891, Julie met au monde chez ses parents une première fille prénommée Georgette Alexandrine. Le couple part ensuite pour Yerres, où Alexandre est employé à l'abbaye. Une deuxième fille, Juliette Eugénie, y naît le 2 février 1893. Deux ans plus tard, Alexandre ayant trouvé un emploi de contremaître dans un moulin à vapeur établi à Paris, 15 rue de Tanger, la famille s'installe dans un petit appartement situé au troisième étage du n° 3 de la rue de Kabylie, loué pour 270 francs l'an. Alexandre touche un salaire mensuel de 200 francs et Julie a trouvé un petit travail à domicile pour un atelier de passementerie. Leur troisième fille, Louise Henriette, voit le jour le 15 février 1895. La petite famille mène une vie tranquille et modeste. Tous les jours, le père part travailler à 6 heures du matin tandis que son épouse s'occupe des enfants et du foyer. Cette vie simple, routinière et sans histoire bascule subitement le 7 septembre. Il est 11 heures et, comme chaque jour, Alexandre rentre pour le déjeuner. La porte d'entrée de l'appartement est fermée de l'intérieur et lorsqu'il frappe, personne ne répond. Alertée par le bruit, une voisine propose de prêter sa clé, qui ouvre aussi la porte des Couvreur. Alexandre parvient ainsi à entrer et la voisine retourne chez elle. C'est alors un cri d'épouvante qui retentit dans l'immeuble : l'homme vient de trouver sa femme et ses filles inertes, allongées dans la chambre à coucher emplie de gaz carbonique. Un médecin que l'on alla chercher dans l'urgence tenta en vain de les ranimer et ne put que constater leur décès. L'enquête de police révéla que Julie avait acheté le matin même un boisseau de charbon et que l'évacuation des gaz du poêle avait été volontairement empêchée, le tuyau de tirage ayant été bouché avec du linge mouillé selon certaines sources, déboîté selon d'autres. Interrogé, le patron d'Alexandre déclara que le couple était très uni, que son employé était travailleur, avait un caractère gai et paraissait content de son sort. Les Couvreur étaient en outre en grande estime dans leur voisinage. L'enquête conclut assez naturellement au suicide, même si la jeune femme avait pris le soin de faire sa lessive dans la matinée et de préparer des légumes pour le repas. Avait-elle soudainement voulu mettre un terme à une existence médiocre ? On apprendra qu'elle avait un tempérament triste et mélancolique, qu'elle passait la plupart de ses journées accoudée à la fenêtre, qu'elle affectionnait les romans-feuilletons et qu'elle avait déjà manifesté le désir de mettre fin à ses jours. Une lettre qu'elle était partie envoyer vers 8 heures selon plusieurs témoins en dirait peut-être plus sur ses intentions, espérèrent l'époux, les policiers et les journalistes mais la presse rapporta qu'aucune lettre ne fut reçue les jours suivants par les familles des deux époux (2). Selon une autre version, on aurait trouvé sur une table une lettre que la malheureuse était en train d'écrire à sa mère, à Sablonnières, mais son contenu n'a semble-t-il pas été divulgué. (3)
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(1) C'est par erreur qu'elle a été prénommée dans Louise Henriette dans certains articles de presse (Le Petit Parisien, 8 septembre 1895), par confusion avec sa belle-mère. V. aussi le Journal des Débats du 8 septembre 1895 et La Justice du lendemain.(2) Le Rappel et Le XIXe Siècle du 10 septembre 1895.(3) Le Radical, du 9 sept. 1895.La veuve Ricard (Julie Alexandrine Muzet) avait passé la soirée du 26 janvier 1895 en famille avant que son fils la couche vers 20 heures dans sa maison, attenante à la sienne, au Montcel. Vers 2 heures du matin, des flammes firent exploser les vitres. Les habitants et les pompiers réussirent à maîtriser le feu en quelques heures, mais trop tard. Le corps de la septuagénaire complètement carbonisé et réduit à 50 centimètres fut retrouvé dans sa chambre. L'incendie a été attribué à un moine en bois garni de fer chaud qui se serait embrasé. (1)
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(1) L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 30 janv. 1895 ; Le Petit Parisien, 30 janv. 1895.L’Eclaireur de l’arrondissement de Coulommiers du 18 avril 1897 rapportait une série d'effractions commises dans le bourg par un même individu dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 avril de la même année. Après avoir tenté de pénétrer chez l'aubergiste Juvinel en cassant un carreau et avoir été dérangé par le propriétaire, l'homme parvint à s’introduire par une fenêtre, également après avoir brisé une vitre, chez le charron Bonneau habitant plus loin. Jouant de malchance, il fut mis en fuite par son chien mais ne renonça pas : C’est dans l’église qu’il fit fortune, grâce à une échelle et un essieu prix chez le charron, en forçant une fenêtre et en défonçant le tronc qui contenant environ 4 francs.
Sous le titre « Une fillette en feu », l'Eclaireur de Seine-et-Marne racontait un accident mortel dont fut victime le 29 décembre 1897 Victorine Chéron, âgée de 5 ans. L'enfant, que sa mère, Eugénie Meignant, avait laissée seule à la maison (au bourg) pour aller en courses, toucha le poêle et ses vêtements s'embrasèrent. La petite sortit en hurlant, les habits en flammes. Sa mère qui était alors chez une voisine accourut et se coucha sur sa fille pour éteindre le feu. Grièvement brûlée au visage et à la poitrine, cette dernière fut soignée par un médecin mais décéda dans la nuit du 30 au 31. (1)
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(1) L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 30 déc. 1897 ; La Lanterne, 31 déc. 1897.Du 16 mars au 10 avril 1899, une épidémie de diphtérie fut déclarée. La maladie, grave et souvent mortelle à cette époque, fut heureusement localisée dans le bourg où elle atteignit 10 enfants fréquentant l’école. Grâce au traitement par injection de sérum, récemment mis au point, mais aussi à la désinfection des effets personnels, habitations et écoles, aucun décès ne fut à déplorer. (1)
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(1) JO 16 mai 1899, p. 3241.Plusieurs cas de noyade ont été signalés depuis fort longtemps à Sablonnières, certains accidentels, d'autres certainement intentionnels même si les suicides furent longtemps passés sous silence par peur du refus d'une sépulture religieuse. En voici quelques uns :
Le 18 juillet 1722 était enterré un nommé Nicolas Simon, originaire de La Trétoire et âgé de 22 ans environ, dont le corps avait été trouvé noyé dans un étang.
Le 9 août 1734, c'est un habitant de Champ-la-Bride âgé de 47 ans, Jérôme Le Maire, qui était retrouvé noyé dans le Petit-Morin au lieu-dit Le Gain d'Enfer. Sa veuve présenta une requête au prévôt de Sablonnières pour pourvoir le faire enterrer dans la paroisse. L'autorisation fut accordée et l'inhumation eut lieu au cimetière d'En-Haut.
Le 20 décembre 1740, le laboureur Denis Brayer, âgé de 43 ans, tomba dans le Petit-Morin et s'y noya. Son inhumation fut autorisée et effectuée le 18 février 1741.
Le 3 janvier 1741, Michel Bruneau, âgé d'environ 27 ans, se noya dans la rivière. Son corps fut inhumé le 9 mars dans le cimetière paroissial, en vertu d'une sentence du même jour.
En 1752, un adolescent luxembourgeois âgé de 13 ou 14 ans, nommé Jacques François, était trouvé mort noyé dans le Petit-Morin. Par ordonnance du 25 juin, signifiée au curé par le greffier de la justice seigneuriale, le prévôt autorisa l'inhumation qui eut lieu le jour même.
Le 4 juin 1789, le corps de Pierre Martin, habitant de Villeneuve-sur-Bellot âgé de 48 ans environ, était repêché dans la rivière entre Sablonnières et Bellot et fut inhumé en vertu d'une ordonnance du prévôt.
Le 24 juin 1792, Denis Legouge, manouvrier de La Trétoire âgé de 75 ans était trouvé mort dans le Petit-Morin et inhumé au cimetière de Sablonnières après procès-verbal de la municipalité et ordonnance du juge de paix de Rebais.
Le 6 août 1793, Claude Alexandre Leduc, un garçon de 5 ans et demi dont les parents habitaient au Jariel, était trouvé mort noyé dans la rivière à Bois-Frémy, au Pré Sarazin. Le corps fut retiré de l'eau vers midi par deux villageois et reconnu, en l'absence du juge de paix, par le maire et un membre du conseil général de la commune qui en dressèrent procès-verbal sur les lieux vers 19 heures.
Le 11 décembre de la même année (21 frimaire de l'an II de la République), à la pointe du Pré de la Garenne, fut trouvé sur le bord de la rivière le cadavre d'une jeune femme vêtue d'une casaque de toile d'orange et d'un jupon de siamoise rayé bleu et blanc. Un chirurgien venu de Rebais à la demande du juge de paix examina le corps et conclut à une mort par noyade. Le maître d'école Barthélémy Delambre reconnut sa fille Marie Adélaïde et réclama le cadavre pour lui donner une sépulture.
Au mois de février 1879, Théodore D. (Pierre Théodore Desgranges) avait disparu après avoir, suite à une querelle de ménage, quitté son domicile au Vautron en annonçant qu'il allait se noyer. Son corps fut retrouvé un mois plus tard dans le Petit Morin, à 6 kilomètres en-dessous de Sablonnières. A défaut de traces de violence, il fut conclu au suicide. (1)
Le 2 novembre 1882, c'est le petit Louis Emile Ferdinand Gontier, âgé de 14 mois, qui se noya dans la mare dans laquelle il était tombé après être sorti d'une maison du Plessier en échappant à la surveillance de sa mère occupée à faire son ménage. (2)
Dans la nuit du 12 au 13 juillet 1895, Césarine Salon née Caumont, âgée de 38 ans et épouse du maréchal-ferrant de Sablonnières quitta son domicile en chemise. Constatant sa disparition, son époux partit à sa recherche. Le 13 à 15 heures, son corps fut retrouvé à Bois-Frémy, dans le Petit-Morin. Accident ou suicide ? On apprendra seulement que la victime était en proie depuis quelque temps à des troubles mentaux auxquels la fugue nocturne fut imputée. (3)
Le 6 juin 1907, Désirée (4) Chouteau, une journalière âgée de 33 ans native de Verdelot et demeurant au Vautron, tenta de mettre fin à ses jours dans l'après-midi, en se pendant. Son mari, Clovis Bourguignon, la découvrit à temps pour la sauver mais vers 23 heures, une fois la nuit venue et son époux endormi, elle alla se noyer dans le lavoir du hameau d'où on l'en retira morte.
Julie Maria Leroy, native de Saint-Barthélémy et mariée au cultivateur Charles Eugène Baudoin se suicida aussi par noyade, le samedi 19 février 1916. Malade, dépressive et privée de son époux qui avait été mobilisé, elle mit fin à ses jours dans la citerne qui se trouvait au milieu de la cour de sa maison à Château-Morin. Quoiqu'elle présentât des signes de vie lorsqu'elle fut repêchée, on ne parvint pas à la ranimer et le médecin arrivé sur place ne put rien faire. (5)
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(1) L'Éclaireur de l'arrondissement de Coulommiers, 29 mars 1879.(2) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 8 nov 1882.(3) Le Petit Parisien, 18 juil. 1895 ; L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 17 juil. 1895.(4) Le Petit Parisien de 8 juin 1907, qui relate l'événement, l'a prénommée à tort Julie.(5) Le Démocrate de Seine-et-Marne, 23 févr. 1916.Tout aussi efficace que la noyade, la pendaison était aussi utilisée par celles et ceux qui souhaitaient échapper à leur destin. Pas moins de six cas ont été retrouvés dans la presse parisienne :
Le 3 novembre 1882, aux Mirats, Joseph Mary Mirat, manouvrier habitant ce hameau, se donna la mort par pendaison. Il souffrait, put-on lire dans la presse, de chagrins domestiques (on sait qu'il était deux fois veuf). (1)
Le 2 décembre 1902 à 9 heures du matin, Marie Victoire « Victorine » Lourdin née Delambre, une sexagénaire qui donnait depuis quelque temps des signes de trouble mental, se pendit à Champ-Oui, à une solive du hangar attenant à la maison de son fils Eugène, le maire de la commune. (2)
Le 25 février 1910, vers 8 heures du matin, Adèle Octavie Baudoin (née à Sablonnières en 1867) atteinte d'une maladie incurable se pendit dans son cellier (3). Elle laissait un époux, Octave Justin Couteau dit « Couteau Noir » (4) et sept enfants. Peu de temps après, le père de famille, un manouvrier âgé de 46 ans, commença à faire d'infâmes propositions à ses filles Aurore et Gilberte âgées respectivement de 16 et 18 ans, avant de se livrer sur elles à des violences. Les filles parvinrent à s'échapper et une plainte fut déposée. Couteau qui fit alors l'objet d'une instruction judiciaire pour attentat sur ses filles, fut semble-t-il pris de remords mais ne parvint pas à obtenir le pardon ni le retrait de plainte de Gilberte malgré la promesse d'un comportement meilleur. A la suite d'une discussion agitée le soir du 12 octobre, il déclara préférer la mort à la prison. Le lendemain matin, ses enfants le trouvèrent pendu à une poutre, derrière la maison familiale, à l'endroit même où leur mère avait mis fin à ses jours quelques mois auparavant. (5)
Le 22 janvier 1913, vers 10 heures du matin, François Eugène Bourguignon, rentier aux Mirats âgé de 76 ans (il était né à Sablonnières en 1836) et souffrant depuis longtemps, se pendit dans une remise. (6)
Le 21 août 1937, Angèle Héloïse Leduc veuve Bourguignon, manouvrière âgée de 63 ans (née à La Trétoire en 1874), après avoir tenté en vain de se jeter dans le Morin le matin, profita de l'absence de sa fille pour se pendre vers 16 heures dans sa chambre à coucher. (7)
L'année suivante, c'est Alfred Apollinaire Gautier, un cultivateur veuf âgé de 57 ans (né à Sablonnières en 1881), qui se pendit au cours d'une crise de neurasthénie. Le maire, qui constata le décès sur place le 12 novembre, estima qu'il remontait à 24 heures. (8)
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(1) L'Éclaireur de l'arrondissement de Coulommiers, 8 nov. 1882.(2) Le Petit Parisien, 5 déc. 1902. (3) Le Petit Parisien du 6 mars 1910 situe la tragédie à La Noue. Toutefois, selon le recensement de 1906, la famille habitait à La Tuilerie.(4) Né en 1864 à Saint-Rémy-la-Vanne, il travaillait comme maçon à Jouy-sur-Morin avant son mariage à Sablonnières en 1888.(5) Le Petit Parisien, 16 oct. 1910 ; Le Journal, 16 oct. 1910.(6) Le Petit Parisien, 31 janv. 1913.(7) Ce soir, 29 août 1937.(8) Ce soir, 20 nov. 1938.Un terrible accident se produisit à La Chenée le 2 mai 1902 vers 12 heure 20, dans une courbe très prononcée de la voie ferrée non loin de la gare : Louise Farcy veuve Fauvet, âgée de 74 ans et atteinte de surdité, n’entendit pas le train arriver alors quelle se trouvait sur la voie. Le mécanicien, qui l’aperçut trop tard, serra le frein mais n’eut pas le temps d’arrêter la machine. La malheureuse fut tamponnée et broyée par les roues. Traîné sur une vingtaine de mètres, son corps fut retrouvé sous le wagon de queue, affreusement mutilé. (1)
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(1) Le Petit Troyen, 7 mai 1902.Nous l'avons vu, la noyade et la pendaison étaient, dans nos campagnes, des modes de suicide assez usités. Plus violente, l'utilisation d'arme à feu était plus rare, surtout chez les femmes. C'est pourtant la fin que choisit Henriette Lamotte, âgée de 55 ans, épouse d'Eugène Rayer, fossoyeur à Sablonnières. Le 7 novembre 1924, en rentrant du travail, ce dernier retrouva le corps sans vie de sa femme, étendu sur des bottes d’osier dans un coin du grenier de leur habitation. La malheureuse, qui buvait et avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide, s’était tiré une balle dans la poitrine avec un révolver laissé dans la maison par un de ses enfants. (1)
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(1) Le Petit Troyen, 20 nov. 1904.
Durant l'été 1904, un ouvrier maréchal bien aviné se présenta au presbytère et commença à injurier le curé. MAl lui en prit car le prêtre avait un invité qui lui rendait visite : son collègue de Saint-Cyr. Les deux hommes d'Église empoignèrent le malotru et le conduisirent à la prison municipale. Le garde-champêtre les rejoignit en chemin et le soulard fut enfermé. Toutefois, il réussit à dévisser la serrure de la porte à l’aide d’un sou. Un quart d'heure plus tard, on le voyait se promener sur la place !
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(1) Le Démocrate, 31 août 1904, p. 3.On peut lire, dans deux journaux nationaux qu’une bande de romanichels comptant plus de soixante individus, chassée successivement des cantons de La Ferté-sous-Jouarre et de Charny, s’abattit en 1907 sur la commune de Sablonnières où elle ne tarda pas à répandre la terreur parmi les habitants. C'est que, précisait l'auteur d'un des deux articles manifestement hostile aux gens du voyage, « le romanichel est peu aimé dans nos campagnes ; il y est même particulièrement redouté ». Plusieurs Sablonniérois s’armèrent alors de fourches et de gourdins pour défendre l’accès de leurs propriétés et prêtèrent main forte aux gendarmes de Rebais pour repousser les indésirables jusqu’à la limite du canton. (1)
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(1) Le Petit Journal, 18 avr. 1907 ; Le Siècle, 11 mai 1907.Le nom de « La Carnerie », lieu d'implantation d'un clos d'équarrissage situé à environ 200 mètres du Vautron, a une consonance lugubre qui prend toute sa dimension à la lecture de la presse locale de 1904. On y apprend que se trouvait à proximité une maison habitée par une famille Guérin dont la mère, la grand-mère et la fille Isaure, âgée de 16 ans, se livraient à la prostitution. A la fin du mois d'octobre, les langues allaient bon train sur la plus jeune chez qui on avait remarqué les signes d'une grossesse qui, d’ailleurs, semblait être la troisième. Mais le plus inquiétant était la disparition soudaine de son embonpoint. Ayant eu vent des rumeurs qui circulaient au Vautron, la mère expliqua publiquement qu’Isaure était bien enceinte et qu’elle lui avait volé cent sous pour acheter des substances abortives. Elle précisa même que l’enfant avait été enterré dans le bois par l’amant officiel de la jeune fille (1). Une enquête de police permit d’établir que l’accouchement avait eu lieu le 4 octobre avec l’aide de la grand-mère et qu’un fœtus de 4 mois avait bien été enterré à une dizaine de mètres de la maison le long du chemin des Bourbières à Fontaine-Lauge. En revanche, aucun acte d’avortement ne fut retenu. (2)
Le 23 avril 1907, un véritable drame se produisit chez Gaston Pamplume, sous-lieutenant des pompiers : de retour de sa journée de travail, le brave père de famille découvrit avec horreur son jeune fils Gaston Adrien mort dans son berceau, la tête tuméfiée et son épouse Louise Baudouin prostrée juste à côté, tenant des propos incompréhensibles. La jeune femme, qui était en proie depuis quelque temps à des crises de folie, avait tué son bébé de sept mois en lui fracturant le crâne avec un marteau. La presse relata le triste événement, en précisant que la malade fut mise en observation à l'hospice de Coulommiers. (3)
Cinq ans plus tard, une autre affaire d'infanticide défraya la chronique. Le crime eut lieu cette fois à Hondevilliers mais mettait en cause un Sablonniérois, Alfred Apollinaire Gautier. Né le 30 septembre 1881, ce manouvrier qui vivait au Rousset avait épousé à Sablonnières le 2 mai 1912 une jeune fille de Pavant, Marie Albertine Bossant (4), deux mois à peine après leur rencontre. Le jeune couple s'était installé à Hondevilliers où Marie accoucha d'un garçon le 23 juin. Le mari, qui ne pouvait être le père de l'enfant, fit une scène de jalousie qui poussa Marie à avouer sa faute. L'honneur devait être absolument sauvé : l'élimination du nouveau-né fut décidée d'un commun accord et mise à exécution : la mère tenta d'étrangler le bébé, puis le frappa violemment au visage. Le lendemain, comme il était toujours en vie, elle l'étrangla avec un mouchoir puis le prit par les pieds et lui fracassa le crâne sur le carrelage. Le couple invoqua probablement un accident mais une enquête fut diligentée et les coupables avouèrent, Marie accusant même son époux de l'avoir aidée à tuer l'enfant. Le père, prévenu d'infanticide et complicité, fut incarcéré à Coulommiers du 27 juin au 30 août (5) tandis que la mère fut gardée à la disposition de la justice en raison de son état de santé (6). Après avoir simulé la folie jusqu'à se promener à demi-nue dans le village, elle fut à son tour inculpée d'infanticide et écrouée à Coulommiers du 1er juillet au 11 octobre 1912 (7), inculpée d'infanticide et renvoyée devant la cour d'assises de Melun (8). Condamnée le 22 octobre à 5 années de réclusion pour homicide volontaire, elle quitta la prison de Melun le 28 janvier 1913 pour être transférée à Rennes (9). Gautier fut mobilisé en 1914 et partit au front le 25 août (10). Devenu veuf, il s'établit à Rebais en 1921 et s'y remaria la même année (11). Veuf une second fois, il tomba dans une profonde dépression qui le poussa, nous avons vu plus haut, à se pendre le 11 novembre 1938.
Entre temps, une jeune fille habitant chez ses parents au Jariel avait mis au monde un garçon au mois de septembre 1932. Informée de la disparition de l’enfant au début de l’année suivante, la gendarmerie de Rebais procéda à des auditions. La mère de la jeune fille avoua que l’enfant né viable avait été enterré dans le jardin en l’absence du chef de famille, ce que la fille finit par confirmer. Le parquet de Coulommiers et un médecin légiste se rendirent sur place où le corps de l’enfant fut exhumé pour être ensuite autopsié. A la suite, la jeune fille âgée de 18 ans fut écrouée à Coulommiers. (12)
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(1) Le Démocrate, 22 oct. 1904, p. 2.(2) Le Démocrate, 26 oct. 1904, p. 2.(3) Le Petit Parisien, 25 avr. 1907 ; La Lanterne, 27 avr. 1907.(4) Née le 6 août 1893.(5) Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Coulommiers 1908-1913, n° 223 (Archives départementales de Seine-et-Marne, YP547).(6) Le Matin, 28 juin 1912 ; La Croix, 29 juin 1912 ; Le Petit Parisien, 28 juin 1912.(7) Le Matin, 4 juil. 1912 ; Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Coulommiers 1908-1913, n° 224 (Archives départementales de Seine-et-Marne, YP547).(8) Le Matin, 10 oct. 1912.(9) Registre d'écrou de la maison de justice de Melun 1910-1946, n° 80 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 3568W608).(10) Capturé par l'ennemi à Villeroy le 5 septembre, il fut envoyé en Allemagne pour être interné au camp de Langelsalza puis à Puchheim, en Bavière, avant d'être rapatrié le 29 décembre 1918. (11) Le 23 juillet avec Marthe Cosson.(12) Le Démocrate, 8 mars 1933, p. 2.Une autre affaire mêlant suspicion d'avortement et trouble aux bonnes mœurs, que la presse n'hésita pas à baptiser « le scandale de Sablonnières », a tenu le village en émoi au début de l'été 1912. Le 27 juin, la jeune Suzanne Notreamy, fille de la tenancière de l'Hôtel de la Gare et employée comme servante dans cet établissement bien connu de tous, était morte subitement à l'âge de 16 ans, en s'effondrant dans l'escalier montant à l'étage après avoir servi des clients. Après les obsèques, une rumeur se répandit, selon laquelle le décès aurait fait suite à l'absorption de substances abortives administrées par sa mère. Une instruction fut alors ouverte par le parquet du tribunal correctionnel de Coulommiers et l'enquête de police fut confiée au commissaire Daudel, des Brigades mobiles. Une perquisition effectuée à l'hôtel par le juge d'instruction Fleuret, le substitut Maturie et le greffier Campana permit de saisir plusieurs fioles contenant des produits suspects. Le 12 juillet, le corps fut exhumé pour être autopsié. Puis, après un long interrogatoire, la veuve Notreamy née Lucie Debret (1) fut arrêtée, accusée d'avortement et d'excitation habituelle de mineure à la débauche. Très vite, l'enquête révéla les dessous plus sombres de l'hôtel : Celui-ci était devenu le théâtre habituel d'orgies et la tenancière n'hésitait pas à prostituer sa propre fille et la bonne pour les besoins de son commerce. Depuis le décès de son époux Philibert en 1907, après une déclaration de faillite (2), Lucie dirigeait l'établissement qui, situé à proximité de la station de chemin de fer, voyait défiler chaque jour voyageurs et charretiers dont certains ne devaient pas rester insensibles à la fraîcheur et aux charmes de la jeune Suzanne. Deux autres arrestations eurent alors lieu : d'une part, celle de René Honoré Truchon, charretier de la ferme du Domaine et amant de la défunte et de la bonne, prévenu d’outrages publics à la pudeur ; d'autre part, celle de Jules Lapleige, facteur des postes à Rebais (3) inculpé de tentative d’avortement. Les trois prévenus furent écroués à Coulommiers le 24 juillet (4). L'examen du corps confirma que la jeune fille était enceinte de cinq ou six mois, mais les analyses toxicologiques pratiquées sur les viscères ne permirent pas de déterminer la cause du décès. Le chef d'avortement fut donc abandonné. Lapleige et Truchon furent remis en liberté provisoire le 14 août mais restaient inculpés d’outrage à la pudeur. (5) Interviewé à son retour à Rebais, le facteur déclara avoir très mal vécu son séjour en prison et craindre sa révocation si près de la retraite. Toutefois, Marie Hubert, ancienne servante de l’hôtel, maintenait ses accusations contre lui (6). Cinq autres personnes furent mises en cause : Charles Perrin, charretier à la Belle-Étoile, Victor Lefort et Alfred Fauvet, charretiers à Bois-Frémy, Lucien Nolin de Fleigny et un nommé Bonnefon, courtier en pharmacie parisien incarcéré à Provins pour différentes affaires d’avortement, qui avait fait plusieurs visites à l’établissement Notreamy (7). Le procès qui suivit se déroula à huis-clos et, après de longs débats, le tribunal correctionnel de Coulommiers rendit son verdict le 3 janvier 1913 : Lucie Notreamy fut condamnée à trois ans d'emprisonnement et à 500 francs d'amende, Perrin écopa de huit mois d'emprisonnement, Lapleige de trois mois et de 100 francs d'amende, Truchon et Lefort de quinze jours de prison et de 25 francs d'amende chacun, Fauvet de 100 francs d'amende et Nolin de 50 francs. Le commercial parisien fut le seul acquitté (8). La veuve Notreamy quitta rapidement la maison d'arrêt de Coulommiers pour être transférée à Paris. (9)
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(1) Née à Sablonnières le 17 mai 1863 d'une famille de cultivateurs de La Chenée.(2) Le Démocrate du 7 novembre 1906, p. 3.(3) Le Journal, 26 juillet 1912, p. 5.(4) Registre d'écrous de la maison d'arrêt de Coulommiers (Archives départementales de Seine-et-Marne - YP547).(5) Le Briard du 16 août 1912, p. 2.(6) Le Briard du 21 août 1912, p. 2.(7) Le Démocrate du 27 juillet 1912, p. 3.(8) V. not. Le Journal, 18 et 26 juil. 1912 ; La Croix, 19 juil. 1912 ; La Lanterne, 19 et 27 juil. 1912 ; Le Petit Parisien, 26 juil. 1912 et 4 janv. 1913, p. 4 ; Le Matin, 4 janv. 1913, p. 6. Lapleige, Fauvet et Perrin interjetèrent appel du jugement (Le Briard du 10 janvier 1913, p. 2 ; Le Briard, 11 janvier 1913, p. 2).(9) Registre d'écrou de la maison d'arrêt de Coulommiers (Archives départementales de Seine-et-Marne - YP547).
Yvonne Marguerite Groc (Paris 18e 27 octobre 1881-Paris 10e 26 septembre 1951), habitant Rethel où elle s'était mariée avant de divorcer, exerçait le métier de couturière et s'était réfugiée à Sablonnières au début de l'invasion de 1914. Parlant couramment l'Allemand, elle servit d'interprète lors de l'occupation de septembre. Toutefois, sa complaisance pour l'ennemi ainsi que les propos désobligeants qu'elle aurait tenus par la suite envers la France et son armée la firent rapidement suspecter. Celle que l'on surnommait désormais « la Prussienne » et à qui la rumeur reprochait aussi une conduite des plus légères, fut dénoncée et fit l'objet d'une enquête diligentée par le parquet qui aboutit à son arrestation. Prévenue d'espionnage, elle fut écrouée à la maison d'arrêt de Coulommiers le 1er juin 1915 et transférée le 2 juillet à Savigny-sur-Ardres pour être traduite devant le Conseil de guerre (1). Un témoignage en sa faveur conduisit à son acquittement des charges d'espionnage mais les juges décidèrent, en raison de ses agissements suspects, de l'enfermer dans un camp de concentration. Selon la Tribune Briarde qui relata l'affaire, les habitants de Sablonnières furent satisfaits de cette condamnation.
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - Registre d'écrou YP548, n° 190.(2) 9 juin et 15 août 1915.
L'année 1918 fut marquée à Sablonnières, outre l'Armistice, par l'explosion d'une locomotive des Chemins de Fer Départementaux qui tractait un train de voyageurs. Une vingtaine de permissionnaires qui se tenaient sur la plate-forme du premier wagon furent atteints par des jets de vapeur. Plusieurs d’entre eux sautèrent du train en marche et quatre furent assez sérieusement blessés.
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(1) L’Action française, 8 juil. 1918 ; Le Matin, 8 juil. 1918.Au cours de l'été 1921, Maurice-Anatole Servais, cultivateur à Bois-Frémy, eut la désagréable surprise de voir ses volailles décimées par un chien errant. Dix poules lui appartenant furent en effet dévorées dans un champ jouxtant sa ferme par une bête dont il s'affaira à de rechercher la provenance. Ayant découvert que l'animal appartenait à un habitant de Busseroles, il n'entendit pas en rester là et réclama réparation du préjudice à lui causé par la perte des poules et la perte de temps passé à rechercher le propriétaire du chien. Celui-ci refusa tout règlement amiable du litige et ne daigna pas se rendre à l'audience de conciliation auquel il fut appelé, mais déclara que si son chien avait pu dévorer une poule que le requérant aurait dû ensuite manger, il jugeait inutile de perdre une journée de quinze francs pour comparaître devant justice. Il se trouva dès lors assigné par l'huissier de Rebais devant le juge de paix du canton qui le condamna à payer quarante-deux francs et cinquante centimes de dommages-intérêts sur les deux cents francs demandés. Le seul véritable gagnant de cette affaire typiquement campagnarde fut certainement le chien !
En 1926, le jeune Hector Gosselet (1), enfant mineur d’un manouvrier de Sablonnières, « emprunta » le vélo du boulanger Assailly sans son autorisation et l’endommagea en l’utilisant. Le commerçant, qui avait quotidiennement besoin de son cycle pour ses tournées et ne parvenait pas à se le faire restituer en bon état malgré l’engagement du père à la faire réparer, fit assigner ce dernier devant le juge de paix de Rebais en paiement d’un dédommagement de cinq-cents francs tant pour la valeur de la bicyclette que pour le préjudice causé, ainsi que des intérêts de droit et des dépens. Le jugement rendu au début de l’année suivante le condamna à payer soixante-dix francs de dommages intérêts et de quatre-vingt-cinq francs et soixante centimes de frais. (2)
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(1) Hector Adonis Casimir Gosselet, né en 1909 à Mesnil-Saint-Laurent (Aisne) et décédé en 1976 à Coulommiers, était fils d’Hector Gosselet né également à Mesnil-Saint-Laurent en 1890. Ce dernier, manouvrier à l’époque des faits, fit partie de la compagnie des sapeurs-pompiers de Sablonnières de 1927 à 1933 et tint un débit de boissons à partir de 1932.(2) Compte tenu de l’érosion monétaire due à l’inflation, le pouvoir d'achat d’un franc en 1926 était le même que celui de 66,21 euros en 2019. L’indemnisation équivalait donc à 4 635 euros et les frais à 5 668 euros, soit au total la coquette somme de 10 303 €.A une époque plus récente, vers 1980, le haras de Sablonnières qui se trouvait vers le chemin des Aulnettes et qui travaillait comme centre de monte en partenariat avec les Haras nationaux, fut détruit par les flammes. Deux étalons et cinq juments périrent carbonisés et le propriétaire, M. Albert de Visch, fut gravement blessé en essayant de sauver les animaux. Dans un premier temps, on imputa l'incendie à un court-circuit produit dans le logement du gardien. Toutefois, certains habitants commencèrent à parler et les gendarmes de Rebais apprirent qu'un mineur de la commune s'amusait souvent à donner de fausses alertes aux pompiers de Rebais. Les gendarmes s'orientèrent donc sur la piste d'un incendie criminel. L'adolescent fut convoqué et ne tarda pas à avouer qu'il avait profité de l'absence de gardien pour pénétrer chez lui et mettre le feu à une couverture avec un briquet. Devant l'ampleur des dégâts, il avait essayé d'éteindre le feu mais n'y parvenant pas, était rentré chez lui avant de revenir avec ses parents voir les pompiers à l'œuvre. On suggéra aussi le camouflage d'une tentative de vol.
Georges Hubert (Léchelle 28 mars 1927-Sablonnières 28 mai 2004), retraité demeurant 11 route des Brodards, partit avec son épouse, le jeudi 27 mai 2004 après-midi, à la cueillette de fleurs pour en faire des beignets. Cette dernière, qui était entrée seule dans le bois en laissant son mari sur le chemin car celui-ci marchait difficilement à cause de ses prothèses de hanches, ne le retrouva pas à son retour. Pensant qu’il était rentré chez eux, elle constata qu’il ne s’y trouvait pas et appela sa fille qui commença les premières recherches en vain. Les gendarmes, alertés le soir-même vers 22 heures, effectuèrent à leur tour des recherches sans résultat. Le lendemain et durant deux jours, les grands moyens furent déployés. Des battues furent organisées par la gendarmerie avec des chiens et un hélicoptère. De leur côté, les élus et une cinquantaine d’habitants prêtèrent main-forte pour fouiller les bois. Un avis de recherche fut diffusé dans la presse (1) et dans les communes voisines. Les recherches se poursuivirent, notamment dans le Petit Morin, mais ne donnèrent rien (2). Ce n’est que le samedi 5 juin en fin de matinée, lors d’une nouvelle battue, que le corps fut retrouvé en plein bois à environ 500 mètres du lieu de la disparition. L’homme, qui souffrait aussi de pertes de mémoire, s’était certainement égaré et avait succombé à un malaise. (3)
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(1) Le Parisien, 31 mai 2004.(2) Le Parisien, 3 juin 2004.(3) Le Parisien, 7 juin 2004.Le premier jour du mois d'août 2024 a été diluvien. A la suite de forts orages, les eaux de ruissellement ont déferlé sur la vallée depuis les deux versants. Au bourg, un ruisseau insignifiant, en grande partie souterrain, s'est transformé en un torrent d'eau et de boue emportant tout sur son passage. En même temps, une quantité phénoménale d'eau est descendue avec force par la route de la Noue, inondant la place et plusieurs rues. Quelques secondes après, une deuxième vague est arrivée du Vautron et le Petit Morin grossi par les pluies n'a pas permis l'écoulement. Les dégâts ont été considérables pour les habitants et pour la commune.
Nombreuses ont été les habitations inondées et les villageois sévèrement sinistrés. L'église n'y a pas échappé avec, à l'intérieur, près d'un mètre d'eau et de boue (voir ici).