Comme partout en France, le tocsin retentit dans l'après-midi du samedi 1er août 1914 pour annoncer la mobilisation générale. Informés le lendemain par une affiche apposée en plusieurs endroits de la commune, les hommes nés entre 1866 et 1890 durent rejoindre l'armée.
L'ordre de mobilisation fut placardé à l'intérieur et à l'extérieur de la mairie, à La Chenée sur la maison située près de la fontaine, au Vautron sur la maison Lourdin, à Coupigny sur le pignon de la maison Rousselet, aux Mirats sur les portes de la grange Bourguignon, à La Noue sur la maison Beaudoin, à Bois-Frémy sur le pignon de la maison Roche, au Rousset sur un bâtiment appartenant à la famille Gaudron et à Marlande sur le pignon de la maison Voiron.
Les classes 1886 à 1899 (de 35 à 48 ans) rejoignirent l'armée territoriale, essentiellement affectée à la défense des places fortes, tandis que les classes 1900 à 1910 (de 24 à 34 ans) rejoignaient l'armée de réserve destinée à partir en campagne avec les appelés de l'armée d'active (conscrits des classes 1911 à 1913 nés entre 1891 et 1893). Le 30 août, le ministère de la Guerre appela la classe 1914 et la réserve d'active ainsi que les classes les plus anciennes de l'armée territoriale qui avaient été momentanément renvoyées dans leurs foyers. Ici comme ailleurs, le village se vida de tous ses hommes en âge de servir, qui partirent la fleur au fusil, sans se douter de l'enfer qui les attendrait dans les tranchées. Bon nombre d'entre eux rejoignirent les régiments d'infanterie de Coulommiers (76e et 276e RI).
Certains bénéficiaient toutefois, en raison de leurs fonctions ou de leur métier, d’un sursis d’appel. Ce fut le cas des boulangers qui furent maintenus dans leur commune pour assurer l’alimentation en pain de la population civile jusqu’au 15 avril 1915. Le sursis ne fut pas renouvelé (1) et la commune se trouva dépourvue de boulanger. Après qu’un soldat ait été mis à la disposition de la commune, du 6 au 15 juillet 1915 pour assurer le service de la boulangerie, le maire avisa le sous-préfet du départ du dernier mitron et de la situation critique dans laquelle la commune se trouvait (2). Quelques jours plus tard, il était informé qu’il appartenait à la commune de former ou faire former des remplaçants parmi les jeunes gens ou les hommes dégagés de toute obligation militaire. (3)
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(1) Lettre du général commandant la 5e région militaire au préfet, du 16 février 1915.(2) Lettre du 2 août 1915.(3) Lettre du 5 août 1915.La mobilisation entraîna le départ d'un grand nombre d'habitants de la commune mais aussi de natifs qui n'y résidaient plus mais qui y laissaient souvent des parents ou des amis. Nous parlerons spécialement plus bas de ceux qui furent faits prisonniers, furent blessés ou perdirent la vie dans cette guerre meurtrière. Il ne faut toutefois pas oublier les autres qui, pendant tout ou partie de la durée du conflit, ont donné de leur personne dans le service armé ou auxiliaire (1).
Lorsqu'ils le pouvaient - le plus souvent lors d'un séjour à l'arrière ou d'une hospitalisation - ils donnaient des nouvelles à leur proches. C'est ainsi qu'Henri Désiré Delambre, futur maire de la commune, écrivit le 29 février 1916 à sa cousine Alphonsine Bourguignon depuis l'Hôpital complémentaire 47 établi à Beaugency (2) :
« Ma chère Cousine,
Je t'envoie un petit mot
pour te donner de mes nouvelles
Je suis parti de Troyes et me
voilà maintenant dans le
Loiret sur les bords de la Loire.
Je suis assez bien ici et ma
santé va aussi bien que possible.
Je ne sais pour combien je suis
ici probablement pour une partie
du mois prochain. Bonjour
à Lucienne et Roland Mes
amitiés et je vous embrasse
tous trois. Ton cousin
HDelambre »
Incorporé au 6e puis au 154e Régiment d'artillerie à pied, Delambre était un « gradé », promu brigadier en 1917 puis maréchal des logis au début de l'année suivante.
Peu nombreux sont ceux qui montèrent en grade mais plusieurs Sablonniérois se distinguèrent en service par leur courage, leur persévérance, leur sens du devoir ou leur aptitude à motiver leurs camarades, facultés mises à l'honneur par citation à l'ordre de leur unité - dont parfois même la presse locale se faisait l'écho - et, bien sûr, par des décorations :
Rose Baudoin (né à Sablonnières le 18 février 1885), caporal au 147e Bataillon de chasseurs en 1917, cité la même année : « Très bon chasseur. A rempli ses fonctions de chef de pièce dans des circonstances particulièrement délicates ». Croix de Guerre, 1 étoile de bronze. (3)
Léon Henri Beaudoin, chauffeur de camion né à Sablonnières le 27 octobre 1894 et soldat au 21e Régiment d'Infanterie, fut cité en 1918 : « Soldat grenadier d’u courage exceptionnel, s’est particulièrement distingué au combat du 10 octobre 1916 dans l’enlèvement d’un petit poste ennemi dans la tranchée du Valet ». (4)
Eugène Ernest Bonnot (né à Sablonnières le 1er juillet 1879), soldat au 112e Régiment d'Artillerie Lourde cité en 1918 : « Au front depuis le début de la campagne, bon soldat, bonne tenue, a fait partie d’un groupe d’Artillerie Lourde cité ». Croix de Guerre, 1 étoile de bronze (5)
André François Colau (né à Sablonnières le 11 novembre 1894 et résidant dans la Marne), affecté au 46e Régiment d'Artillerie en 1914 « Maître pointeur qui depuis plus d’un an a montré les plus belles qualités de calme et de courage le 25 septembre 1916 s’est distingué tout particulièrement en assurant bravement le service de sa pièce sous un violent bombardement ». Croix de Guerre, étoile de bronze. (6)
Pierre Élie Coquillard (Villeneuve-sur-Bellot 21 janv. 1894-Rebais 31 oct. 1923), charretier demeurant à Sablonnières incorporé au 413e Régiment d'Infanterie, cité à deux reprises : « Au front depuis la formation du Régiment soldat très courageux, volontaire pour toutes les missions périlleuses. A assuré le ravitaillement de ses camarades sous les plus violents bombardements dans la période du 6 au 21 octobre 1917 dans le secteur de Laffaux » (1917) ; « Conducteur courageux et dévoué s’est offert volontairement pour un service de liaison et a assuré sa mission malgré un violent bombardement » (1918). Croix de Guerre, 2 étoiles de bronze. (7)
Mikael Pierre Couteau (né à Sablonnières le 30 octobre 1897), soldat aux 168e Régiment d'Infanterie (1914), 113e Régiment d'Infanterie (1916) et 339e Régiment d'Infanterie (1917), cité deux fois en 1918 : « Après 22 jours de durs engagements dont une journée d’attaque a participé avec entrain à l’attaque du 2 mai 1918 sans répit jusqu’à l’objectif malgré des mitrailleuses ennemies » ; « Dans le coup de main du 22 juillet 1918 exécuté dans un profond rentrant du front ennemi, a fait partie du groupe de tête qui a poussé à plus de 2500 mètres de nos positions » Croix de Guerre, 2 étoiles de bronze. (8)
Lucien Octave Dardard (maçon né à Bellot le 11 juillet 1892 et résidant à Sablonnières), soldat aux 25e Régiment d'artillerie (1914) ; 30e Régiment d'artillerie (1917), 41e Régiment d'artillerie (1917) ; 175e Régiment d'artillerie (1918) : « Conducteur non monté très dévoué, très courageux très calme dans les circonstances les plus critiques ». Croix de Guerre, 1 étoile de bronze. Médaille militaire (1964) (9). Après la guerre, il habita Courbevoie puis Vaires.
Gaston Georges Delaitre (maçon, Sablonnières 19 juillet 1894-Coulommiers 2 septembre 1979), soldat au 19e Bataillon de chasseurs à pied cité en 1918 (25e Bon de Chasseurs) : « Caporal très brave, a assisté à de nombreux combats du bataillon où il a toujours donné l’exemple du courage particulièrement pendant l’attaque du 3 août 1918 ». (10)
Victor Albert Desgranges (né à Sablonnières le 4 mai 1886, élève ecclésiastique), engagé volontaire au 76e Régiment d'Infanterie né à Sablonnières le 4 mai 1886, promu sous-lieutenant en 1917, cité quatre fois en 1918 : « Les 23 et 25 mars 1918, protégeant le repli du bataillon, a maintenu sa section sous un feu violent en donnant l’exemple d’un courage et d’un sang-froid remarquables » ; « Excellent officier qui s’est déjà fait remarquer par sa brillante conduite au cours des combats de mars 1918, s’est à nouveau distingué le 12 juin en maintenant à son poste de combat sa section violemment bombardée » ; « Au cours de l’attaque ennemie du 15 juillet 1918 a par son courage et son énergie su contenir l’ennemi à la lisière d’un bois en lui interdisant de bouger 3 heures durant et l’obligeant finalement à se replier » ; « Officier d’une bravoure exemplaire s’est particulièrement distingué pendant le séjour du régiment dans le secteur dirigeant plusieurs reconnaissances avec son entrain habituel. Le septembre a notamment pénétré profondément dans les lignes ennemies malgré un feu violent de mitrailleuses rapportant des renseignements précieux ». (11)
Paul Victor Fauvet (né à Sablonnières le 17 juin 1889) cité en 1918 : « Soldat courageux et dévoué le 1er mars 1918 malgré la violence du bombardement, n’a pas quitté un seul instant son poste de combat qu’il a défendu très bravement ». Croix de Guerre, 1 étoile de bronze. (12)
Paul Étienne Ferrand (né à Sablonnières le 24 mai 1882 et demeurant à Paris), cité en 1918 « Agent de liaison du Colonel a porté des ordres importants aux bataillons engagés dans les journées du 22 au 26 mars 1918 sous des feux de mitrailleuses très violents ». Croix de Guerre, 1 étoile de bronze. (13)
Édouard Gaston Griffaut (né à Sablonnières le 9 avril 1889) cité en 1918 : « Brancardier d’un courage et d’un dévouement admirables au cours des attaques des 4 et 6 octobre 1918 n’a cessé d’assurer l’évacuation des blessés malgré des feux nourris de mitrailleuses ». Croix de Guerre, étoile de bronze. (14)
Ernest Alexandre Griffaut (né à Sablonnières le 20 décembre 1885 et habitant Chailly en 1914), soldat au 91e Régiment Territorial d'Infanterie, cité en 1917 : « Très bon mitrailleur, n’a pas hésité à se porter en avant de la ligne pour reconnaître des emplacements de mitrailleuses malgré un violent tir de mitrailleuses et d’artillerie ». Croix de Guerre. (15)
Georges Hennequin (né à Sablonnières le 18 février 1895) cité deux fois en 1917 : « Soldat plein d’entrain et ayant le plus grand mépris du danger. N’a pas hésité à sauter dans un abri et de ce fait a contribué à capturer des Allemands » ; « A fait preuve d’entrain et de bravoure pendant la contre attaque de nuit du 30 août. Est allé ensuite comme volontaire réparer des réseaux malgré le bombardement ». Croix de Guerre, étoile de bronze. (16)
Arthur Louis Alexis Lourdin (né à Sablonnières le 21 septembre 1881), soldat au 61e Régiment d'Artillerie fut cité en 1918 : « Maître-ouvrier en fer de la batterie, remarquable de courage, est venu à la batterie malgré de violents tirs ennemis, pour réparer et entretenir le matériel, en particulier dans le secteur Jouy-Aizy en octobre 1918 ». Croix de Guerre, étoile de bronze. (17)
André Jacques Perrin (né à Verdelot le 14 août 1886, frère de René Jules ci-dessus et habitant à la ferme de la Belle Étoile), soldat au 169e Régiment d’Infanterie, cité plusieurs fois en 1917 : « Soldat dévoué et courageux. Dans la période du 18 décembre au 4 janvier 1917 a assuré le ravitaillement de la compagnie malgré un terrain d’accès très difficile et soumis à d’intenses bombardements d’artillerie lourde » ; « Très bon soldat, d’un courage et d’un sang-froid au-dessus de tout éloge. Le 8 sept. 1917 s’est élancé crânement à l’assaut de puissantes positions ennemies... » Croix de Guerre, 2 étoiles de bronze. Médaille militaire (1926). (18)
Edmond Jules Perrin (cultivateur né à Verdelot le 2 février 1892 et résidant à Sablonnières), caporal au 154e RI, cité quatre fois : « Soldat chef d’escouade d’un grand sang froid ; le 12 octobre 1916 n’a pas cessé d’encourager ses hommes creusant une tranchée avancée » (1916) ; « Excellent gradé, a participé aux combats de Verdun et de la Somme » (8 mai 1917) ; « Dans l’attaque du 20 au 27 août s’est porté à l’assaut des tranchées ennemies avec un entrain remarquable » (17 septembre 1917) ; « Bon caporal très courageux et très dévoué a été blessé à son poste de combat et n’a quitté son commandement qu’après en avoir reçu l’ordre » (26 juin 1918). Croix de Guerre avec étoiles de bronze et d'argent, Médaille Militaire (1923), Légion d'Honneur (1961). (19)
Émile Jules Perrotin (boucher né à Sablonnières le 4 octobre 1886), soldat au 11e Régiment de cuirassiers, cité en 1918 : « Chargé de ravitailler la compagnie dans la nuit du ... 1918 et pris sous un bombardement violent, a réussi à ramener ses hommes et son matériel avec lui, sa mission terminée ». Croix de Guerre, étoile de bronze. (20)
Marcel Léon Rousselet (charron né à Sablonnières le 19 novembre 1896) affecté en 1915 au 113e Régiment d'Infanterie puis en 1917 au 20e Régiment d'Infanterie, reçut deux citations en 1918 : « A fait preuve d’un grand courage et d’un absolu mépris du danger pendant les attaques du 18 au 25 juillet 1918. N’a jamais cessé d’assurer la liaison entre sa fraction et le commandant de Cie en particulier le 19 et le 24 juillet malgré le tir des mitrailleuses ennemies et les violentes rafales de l’artillerie » ; « Excellent soldat dévoué et courageux, s’est dépensé sans compter dans la transmission des ordres notamment au cours des combats du 18 octobre au 9 novembre 1918 : s’est très bien acquitté de ses missions de liaison ». Croix de Guerre. Médaille militaire (1951). (21)
Félix Eugène Adrien Servais (né à Sablonnières le 17 décembre 1888), sergent au 76e puis au 142e Régiments d'Infanterie, quatre citations : « Par son attitude calme et résolue par son courage et son sang-froid a maintenu l’ordre dans les tranchées de 1re ligne que le feu de l’ennemi avait bouleversé » (1915) ; « Sous officier courageux et brave, le 14 septembre 1917 devant Verdun ayant eu deux pièces enterrées par un obus de gros calibre, a contribué largement à les dégager malgré le tir continu et violent de l’ennemi » ; « Sous officier très brave courageux et sachant faire acte d’initiative. Lors du coup de main du 11 juillet 1918, son Officier de section ayant été blessé très grièvement a pris immédiatement le commandement de sa section et conduit cette dernière au feu avec la plus belle énergie. A montré dans cette circonstance qu’il possédait de réelles qualités de chef » ; « Très bon sous-officier énergique et courageux. Le 7 octobre 1918, à la tête d’un groupe de grenadiers, chargés de progresser dans un boyau, a conduit ses hommes avec un entrain admirable et réalisé une avance de plusieurs centaines de mètres malgré une vive résistance et le feu nourri de mitrailleuses ennemies » (1918). Croix de Guerre 2 étoiles de bronze, 1 étoile de vermeil, 1 étoile d’argent. Médaille militaire anglaise (1919). Médaille militaire (1924). (22)
Alphonse Rose Thoral (né à Sablonnières le 7 mars 1880), soldat au 77e Régiment d'Infanterie, cité en 1916 : « Excellent soldat. S’est montré très brave à l’attaque du 18 octobre 1916 ». Croix de Guerre, 1 étoile de bronze (23). Après la guerre, il rentra à Boitron où il résidait depuis 1905.
Gustave Alexandre Thoral (manouvrier né à Sablonnières 30 décembre 1881 et décédé à Torcy le 26 décembre 1969), soldat au 12e Régiment d'Infanterie, cité en 1918 : « Soldat courageux et dévoué, s’est distingué au cours de l’attaque du 12 octobre 1918, par son entrain au moment de l’assaut ». Croix de Guerre, Médaille militaire, Légion d'Honneur (1938). (24)
Victor Honoré Thoral (né à Sablonnières le 17 février 1885 et demeurant à Bussières en 1913), caporal au 122e Régiment d'Infanterie, promu sergent et passé aux 405e, 89e 172e Régiments d'Infanterie. Citation (1916) : « Excellent sous-officier, modèle d’énergie et de courage. S’est multiplié pendant les dures journées du 20 au 24 octobre 1916 montrant aux hommes qui lui restaient ce que peut la volonté, la confiance et l’esprit de sacrifice ». Croix de Guerre, étoile de bronze. Médaille militaire (1931). (25)
Léon Eusèbe Picot (né à Verdelot le 18 août 1876 et habitant depuis 1912 à Sablonnières où il décéda le 20 février 1945), soldat au 89e Régiment d’Infanterie Territoriale en 1915 : « Soldat courageux et dévoué, au front depuis le début de la campagne. A montré en toutes circonstances de belles qualités d’énergie et de sang-froid ». Croix de Guerre, 1 étoile de bronze. (26)
Alcide Eugène Pietrement (cultivateur né à Bassevelle le 17 juin 1877 et demeurant à Sablonnières), fut affecté en 1914 comme conducteur, passa au 15e Escadron du Train en 1916 et au 8e en 1917. Une citation : « Ayant eu ses deux chevaux au cours d’un ravitaillement de nuit dans un endroit exposé au feu de l’ennemi a fait preuve de courage et de sang-froid pour enlever sa voiture et son chargement malgré la continuité du danger ». Croix de Guerre 1 étoile de bronze. (27)
Gabriel Marie Étienne Vizard (né à Sablonnières le 20 août 1895), soldat au 168e Régiment d'infanterie, obtint trois citations : « Soldat d’une grande énergie et d’un grand sang-froid. Chargé au cours de l’attaque du 25 novembre 1917 de la garde d’un poste particulièrement exposé, s’y est maintenu une nuit entière en dépit du bombardement ennemi refusant d’être remplacé avant d’avoir complètement rempli sa mission » (1917) ; « Pourvoyeur d’un dévouement absolu a assuré le ravitaillement de sa pièce en des circonstances très difficiles sous un violent bombardement ennemi et a permis par son activité de contra battre avec succès ces dernières » ; « Mitrailleur d’élite se dépense sans compter à chaque attaque. A servi sa pièce sous les tirs violents de l’ennemi sans se départir de son calme coutumier. A été blessé à son poste ». Croix de Guerre, 1 étoile d’argent et 1 étoile de bronze. Médaille militaire (1931). (28)
Louis Alexandre Voirin (né à Sablonnières le 15 février 1889), soldat aux 1er puis 4e Régiments de Zouaves, quatre citations : « Bon soldat, s’est fait remarquer par sa bravoure le 28 octobre 1916 sous … en exécutant quoique blessé et fortement contusionné, une mission périlleuse. A été plusieurs fois volontaire pour ravitailler ses camarades, malgré plusieurs tirs de barrage violents et très meurtriers » ; « Zouave très brave et très dévoué, a pris part dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916 à une patrouille qui a permis de rapporter de précieux renseignements » (1916) ; « Pendant la période du 23 au 29-8-17 a déployé dans de nombreuses circonstances les plus belles qualités de courage et de sang-froid. Zouave d’élite, modèle d’entrain et de bonne humeur » (1917) ; « Zouave d’une bravoure et d’un dévouement exemplaires aux attaques des 18-20 et 21 juillet 1918, s’est vaillamment élancé à l’assaut des positions ennemies entraînant ses camarades par son ardeur communicative » (1918). Croix de Guerre 4 étoiles de bronze. Retiré à Bussières en 1919. Médaille militaire (1927). (29)
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(1) Une recherche peut être effectuée sur le site https://www.culture.fr/Grand-Memorial en saisissant "Sablonnières", dans le module de recherche avancée, comme lieu de naissance et/ou comme lieu de résidence. Cependant, elle laisse de côté les habitants arrivés dans la commune entre leur recrutement et la mobilisation. L'identification de ces hommes, possible grâce à la mention datée des changements de commune de résidence sur les fiches matricules n'est possible qu'au hasard de la consultation de ces dernières.(2) Sa fiche matricule (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307, n° 269) mentionne bien : « Intérieur, c.[ampagne] simple du 3 février 1916 au 20 mars 1916 ».(3) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 204 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(4) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1914, n° 1130 (Archives départementales de la Marne - 1R1412) ; Le Démocrate, 24 janv. 1917, p. 2.(5) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1899, n° 215 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1244).(6) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1914, n° 587 (Archives départementales de la Marne - 1R1396).(7) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1914, n° 1142 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1412).(8) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1917, n° 10 3(Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1464).(9) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1912, n° 1018 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1384).(10) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1914, n° 1145 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1412).(11) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1906, n° 104 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1318).(12) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1909, n° 1044 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352).(13) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1902, n° 982 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1276).(14) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1909, n° 1034 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352).(15) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 276 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(16) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1915, n° 980 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1436).(17) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1901, n° 247 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1265).(18) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1906, n° 128 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1318).(19) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1912, n° 1057 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1384).(20) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1906, n° 140 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1318).(21) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1916, n° 72 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1448).(22) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1908, n° 283 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1339).(23) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1900, n° 243 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1254).(24) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1901, n° 267 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1265).(25) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 203 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(26) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1896, n° 203 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1213).(27) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1897, n° 78 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1224).(28) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1915, n° 259 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1435).(29) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1909, n° 1017 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352).La mobilisation massive des hommes eut pour effet majeur de priver la commune de sa main-d’œuvre agricole, laissant les plus âgés et les femmes gérer les commerces et, surtout, assurer la moisson et l'exploitation des terres. A cette époque, la culture était une priorité pour l’alimentation de la population civile et pour l’approvisionnement de l’armée. Il était donc essentiel que toutes les terres puissent être exploitées et différentes mesures furent prises à cette fin. Pour commencer, dès le 6 août 1914, le président du Conseil Viviani exhorta les femmes à maintenir l'activité agricole et à travailler avec leurs enfants à la place des mobilisés.
En même temps, la préfecture donnait aux maires des consignes pour rationaliser les travaux agricoles (1) :
L'appel fut entendu à Sablonnières car le 8 août 1915, le maire informait le préfet de l'absence de terre non exploitée pour fait de guerre. (2)
Ensuite, les cultivateurs, fermiers, métayers, domestiques et journaliers agricoles qui se trouvaient sous les drapeaux dans l'armée territoriale bénéficièrent en 1915 de permissions spéciales pour les semailles de printemps, la taille des vignes, les moissons, le battage et les fenaisons (3), tandis que les entrepreneurs de battage bénéficiaient d’un sursis d’appel (4). L'État décida aussi de mettre des chevaux et des travailleurs agricoles militaires volontaires à la disposition des propriétaires qui en faisaient la demande, pour les aider aux travaux agricoles.
Les hommes ainsi mis à disposition étaient mis en permission pendant des périodes de quinze jours pouvant être prolongées (5). On apprend ainsi que trois hommes furent demandés pour la période du 1er septembre au 15 octobre 1915 (6) mais que les permissions furent suspendues à cause d’un important départ de troupes pour le front (7). Le 25 octobre, le sous-préfet de Coulommiers informait le maire que deux travailleurs militaires partiraient pour Sablonnières le lendemain. Le 27, la commune reçut effectivement des hommes du 237e Régiment Territorial d’Infanterie dont la permission fut prolongée de quinze jours (8). Du 11 au 25 novembre, deux soldats travaillèrent dans la commune (9). En juin 1917, le maire reçut également une offre de mise à disposition de chevaux par les autorités militaires (10) et une proposition d’ailletons d’artichauts de Bretagne à vingt francs le kilogramme. (11)
L'entrée en guerre et la mobilisation eurent aussi pour conséquence la suppression des gardes civiles. Cette mesure entraîna la dissolution de la garde communale, le 7 novembre 1914. Cette milice constituée de dix volontaires dégagés des obligations militaires et âgés de moins de 55 ans avait été créée en application d’une instruction préfectorale du 20 septembre 1913 pour assurer le maintien de l’ordre en temps de paix et participer aux mesures de sûreté générale en temps de guerre. Elle assurait son service de jour et de nuit par escouades. Elle devait être dotée de képis et de brassards au nom de la commune mais ces effets ne furent jamais fournis.
Le 3 août, l'Allemagne avait déclaré la guerre à la France et ses troupes avaient franchi la frontière dès le lendemain. A la fin du mois d’août 1914, l'armée allemande avait envahi notre pays par le nord, en traversant la Belgique. Face à sa formidable avancée, les forces françaises et le corps expéditionnaire anglais envoyé pour les soutenir par le jeu de la Triple Entente, reculèrent jusqu’au Grand-Morin en prenant soin de faire sauter les ponts pour ralentir l'ennemi et se réorganiser. Un dispositif de défense est alors mis en place de l'Ourcq aux marais de Saint-Gond, au centre duquel se trouvent les deux Morin.
Si le village se trouvait jusqu’alors à l’écart des combats, les Sablonniérois avaient certainement entendu parler du repli des troupes françaises et britanniques ainsi que des violences exercées par les Prussiens sur leur passage, relatées par des réfugiés belges. Dès les premiers jours de septembre, ils assistèrent à un défilé de civils français ayant quitté leur maison pour fuir devant l'envahisseur. L'institutrice Julia Bougréau décrivit le « troupeau humain entraînant des troupeaux de bêtes, bourgeois en voiture, paysans poussant devant eux des brouettes surchargées, femmes traînant de grands enfants par la main ou serrant de tout petits dans leurs bras » (1). Le 3 septembre, on croyait l'ennemi encore loin et seuls quelques habitants avaient fui la commune. Du côté des militaires, d'ailleurs, la proximité de l'ennemi semblait ignorée ou du moins négligée, puisque deux régiments de chasseurs et de hussards français en repli vers le Sud et qui campèrent au Vautron dans la nuit du 3 au 4 repartirent au petit jour.
On s'attendait d'avantage, semble-t-il, à l'imminence d'une offensive britannique, puisque les uhlans prussiens qui arrivèrent en éclaireurs à Sablonnières le vendredi 4 vers 7 heures du matin furent accueillis à bras ouverts par les habitants qui les prirent pour des Anglais. Les villageois déchantèrent vite : il s'agissait d'éclaireurs qui allaient bientôt être suivis par tout une troupe hostile. Vers 10 heures du matin, le canon que l'on entendait tonner dans la direction du Plessier était celui de l'ennemi qui faisait reculer vers La Ferté-Gaucher et Montmirail les troupes françaises stationnées à Bellot. Plus tard, des régiments se dirigeant vers La Ferté-Gaucher stationnèrent à Sablonnières. « Alors commencent le massacre et le pillage. Les portes sont enfoncées à coups de crosses de fusils et de haches ; les vitres volent en éclats ; les meubles sont brisés ; la vaisselle cassée ; les matelas éventrés. Chez le mécanicien, M. Amédée Bourguignon, où rien n’est épargné, c’est un va et vient continuel, ainsi que chez les autres commerçants où le cirage, la pâte à fourneaux sont répandus méchamment sur les tissus, les vêtements de couleurs claires (…) Ici, ils égorgent un porc, assomment une vache. D’autres, dans les rues, circulent les bras chargés de volailles, de gros lapins, ou charrient des piles de chaussettes, de chemises, de mouchoirs et même de corsets arrachés des magasins. Dans certaines maisons, en cambrioleurs minutieux, ils retournent, sondent les matelas dans l’espoir d’y trouver de l’argent. Chez un vieux cantonnier, ils découvrent, cachés sous un tonneau, des titres de rente dont ils s’emparent ». (2) D'après une note rassemblant quelques témoignages, ces cavaliers seraient passés au Vautron où l'un d'eux éventra d'un coup de lance la porte d'un bâtiment de la propriété Hudin-Bourguignon. (3)
A partir du 5, la commune était tenue par des Garde-Kürassier (Cuirassiers de la Garde) et une partie des Garde-Jäger (Chasseurs à pied du Corps d'armée de la Garde). C'est au début de cette occupation que le couple d'instituteurs, Prudent et Julia Bougréau, aidèrent au péril de leur vie quatre cavaliers français à échapper à l'ennemi et à rejoindre leur armée (4).
Parmi les troupes allemandes qui passèrent ou séjournèrent à Sablonnières, on peut citer le 1er bataillon du 8e Régiment de Leib-grenadiers brandebourgeois, composante de la 5e division d'infanterie (1re armée du général von Kluck) qui allait être engagée du 6 au 10 septembre dans les batailles de l'Ourcq et de l'Aisne. Le 4 septembre, un militaire de cette unité envoya une carte postale représentant la mairie-école à une demoiselle Lisbeth Hesse, à Hohenstein bei Stausberg à qui il écrivait : « wir warten fern - 70 km von Paris » (nous attendons à moins de 70 km de Paris), ce qui permet de supposer que la carte n'a pas été écrite sur place ou que l'homme ignorait la distance exacte le séparant de la capitale.
Le dimanche 6 vers dix heures du matin, des avions d'observation anglais furent accueillis par une salve d’artillerie avant de s'éloigner vers l'ouest. Les écoles furent réquisitionnées par l'occupant et garnies de paille en vue de loger plus d'un millier d'hommes qui n'arrivèrent finalement pas. Toute la journée, on entendait des coups de canon qui semblaient se rapprocher. Le maire Fournier, qui avait déjà dormi la veille, décida d'y passer une nouvelle nuit.
Le lundi 7 fut une journée annonciatrice : survol de nouveaux avions, ballet d'estafettes puis passage de régiments ennemis qui semblaient battre en retraite alors que le canon se rapprochait encore et que les Britanniques arrivaient sur les hauteurs de la rive gauche du Petit-Morin. Dans la soirée, un monoplan « Taube » lâcha des bombes sur le Champ-Ouï dans l'espoir de détruire deux de leurs batteries mais seule la toiture de la ferme fut endommagée. Une ambulance militaire allemande installée dans l'école des garçons accueillit une vingtaine de blessés graves.
Le 8 septembre allait avoir lieu une bataille décisive pour la commune. Au plan militaire, cette date est celle d'un épisode que l'on appelle parfois la bataille du Morin et qui correspond à la reprise de la région par le 1er Corps d'armée britannique du général Douglas Haig et la Cavalry Division (Division de Cavalerie) du général Allenby. Cette offensive, lancée la veille à partir de positions établies notamment à Coulommiers et à l'ouest de Rebais, visait à repousser les Allemands vers la Marne. L'ordre n° 4263 du général Joffre était clair : « Intérêt à ce que l'armée britannique franchisse le Petit-Morin et la Marne rapidement pour empêcher l'ennemi de s'y accrocher ». Le matin du 8, une reconnaissance aérienne britannique signala qu'il n'y avait pas de grandes forces ennemies au sud du Petit-Morin, entre Sablonnières et Jouarre (5). Effectivement, les troupes allemandes s'étaient positionnées sur la rive nord et chaque point de passage de la rivière était tenu par deux lignes de mitrailleuses du 1er Corps de Cavalerie du général von Richtofen, capables de reculer l'une derrière l'autre au besoin, tandis que l'artillerie mise en place sur les hauteurs, suivant une ligne allant de Boitron à Orly, visait la rive sud.
L'attaque fut menée essentiellement par les hommes du corps expéditionnaire britannique : Le 5e Dragoons Guards (1ère Brigade de Cavalerie britannique) arrivait de La Ferté-Gaucher en direction de Sablonnières, à la tête de la Division de Cavalerie. A Jouy-sur-Morin, les Scots Guards (1re Brigade, 1re Division du 1er Corps d'armée britannique) traversaient le Morin et marchaient sur Sablonnières, Hondevilliers et Boitron. La 14e Brigade (5e Division du 2e Corps d'armée britannique) se déplaçait vers Saint-Ouen et la 2e Brigade de Cavalerie devait s'attaquer aux ponts de Cotton et de La Forge, à La Trétoire, pendant que la 1re Brigade de Cavalerie marchait sur Bellot avec les Français de la 4e Division de Cavalerie. Mais lorsque, au matin du 8, les 1re et 2e brigades de cavalerie britanniques arrivèrent à proximité de la rivière par le sud, les canons allemands entrèrent en action : pour y répondre, le maréchal anglais French fit venir son artillerie. Vers 9 heures 15, la 4e Division de Cavalerie française prit position au nord de Bellot mais fut rapidement prise à parti et désorganisée par l'artillerie ennemie jusqu'à l'arrivée des Britanniques. Vers 9h20, le 1er bataillon du Black-Watch (1re Brigade de la 1re Division du 1er Corps d'armée britannique) approchait aussi de Bellot et se heurtait aux batteries allemandes que l'artillerie française parvint à maîtriser. Bellot tomba aux mains des alliés vers 11 heures et les Black-Watch purent alors traverser le Petit-Morin et contourner les positions ennemies en direction de Sablonnières. Ils menèrent en route une attaque féroce sur un bois tenu à proximité par les Allemands et ne purent se rendre maîtres de la commune qu'avec l'aide des Cameron Highlanders et d'éléments de la 4e Brigade de Cavalerie arrivés en renfort. D'après le journal personnel du lieutenant A. J. R. Lamb, du 2e Dragoon Guards, les hommes de la 1re Brigade de Cavalerie arrivèrent le 8 septembre au matin de La Ferté-Gaucher par le village de Saint-Léger et prirent position sur la face sud de la vallée du Petit-Morin, en face de Sablonnières. (6)
A 12 heures 15, une nouvelle reconnaissance aérienne indiqua que l'ennemi, face à l'avancée des troupes britanniques, se retirait de l'autre côté de la Marne, avec toutefois une arrière-garde sur la ligne de Sablonnières à Orly-sur-Morin (7). Le village était en effet tenu par des Garde-Jäger prussiens (chasseurs à pied de la Garde) laissés là pour retarder le passage du Petit-Morin.
Tôt le matin, les tirs d'artillerie s'amplifièrent. Les Britanniques qui s'étaient emparés du Vautron se mirent à arroser sans relâche la rive droite. L'occupant entreprit alors de creuser des tranchées et de créneler les murs des jardins, tout en faisant feu sur les avions anglais qui continuaient leur repérage. De nombreux habitants avaient trouvé refuge dans une cave ou un autre abri. Soudain, vers onze heures, les maisons tremblèrent sous une salve d'artillerie alliée. Les Allemands y répondirent par des tirs soutenus de mitrailleuses et de fusils. La 1ère Brigade avança sous le feu ennemi pour prendre une nouvelle position près de la gare, sans déplorer aucune perte. La 2e Brigade de Cavalerie avança à son tour et, en début d'après-midi, des Écossais descendant notamment par la rue du Not arrivèrent de toutes parts.
Ce précieux croquis laissé par le lieutenant Nigel Worthington, du 3e Dragoon Guards, représente l'offensive à laquelle il participa le 8 septembre. On y voit des hommes de la cavalerie britannique en position de tir dans un fossé le long d'un chemin descendant à Sablonnières, des éclaireurs de la cavalerie (ennemie ?) avec la mention « un blessé, chevaux tués », le village occupé par l'infanterie ennemie, une colonne allemande en repli prise sous les feux des canons anglais sur une route jonchée d'armes, de chariots, de véhicules motorisés, de bicyclettes et de chevaux errants, des tirs d'artillerie français... dans le ciel, un ballon d'observation allemand. On sait que la 2e division britannique dont il est question se trouvait à La Trétoire vers 8 heures du matin, ce qui semble permettre de localiser la scène entre La Trétoire et Sablonnières.
Les Allemands commencèrent à fuir, abandonnant plusieurs canons et mitrailleuses, mais certains résistèrent : « L’un d’eux, qui s’est attardé sur un toit à canarder les Anglais, se prépare à descendre. Un Écossais s’approche silencieusement, dresse au-dessous de lui son fusil baïonnette au canon, et l’autre, en descendant, vient lourdement s’y empaler. L’Écossais l’achève aussitôt » (8). Après trois heures de combat, l'ennemi fut repoussé hors du village et de ses positions. Des Britanniques faisant boire leurs chevaux et se restaurant près de la gare trouvèrent, seule et affamée dans une petite maison située à côté, une vieille femme à qui les Allemands avaient pris toute nourriture et qui était incapable d'aller chercher du secours chez des voisins. Lorsqu'ils lui donnèrent de la marmelade, du pain et du corned-beef, la pauvre femme pleura de gratitude. Après cette halte, la brigade continua son avancée et occupait les hauteurs de Sablonnières à 14 heures 30. Après environ une demi-heure d'arrêt pour se regrouper, elle repartit au nord et à l'est d'Hondevilliers.
Le 8 au soir, le village était libéré. Près de soixante Allemands avaient été faits prisonniers, dont onze dans la maison Legouge. Les blessés des deux camps étaient dirigés vers ambulance installée dans l'école où l'institutrice assistait les médecins britanniques. Les troupes alliées bivouaquaient dans toute la région tandis que l'ennemi battait en retraite. Les Britanniques qui avaient désormais franchi le Petit-Morin à Bellot, à La Trétoire et à Sablonnières devaient maintenant se diriger vers Nogent-l'Artaud et Charly pour traverser la Marne. Comme chacun le sait, le front devait reculer et se stabiliser à l’est de la France, le conflit se transformant en une guerre de tranchées qui allait durer quatre ans.
Pour la commune, l'heure du bilan était arrivée. Les dégâts matériels provoqués par les échanges d'artillerie ne furent très limités : au bourg, le faîtage de la maison Delambre a été en partie enlevé ; au Plessier, la grange du conseiller municipal Louis Alexandre Remy ainsi que la récolte et le matériel qui s'y trouvaient furent incendiés (9). Toutefois, le rapport officiel présenté au Président du Conseil par la Commission d’enquête sur les actes commis par l’ennemi en violation des droits des gens (10) énonce que « le pillage fut général à Sablonnières » dans la journée du mardi 8. A la commission instituée en vue de constater les actes commis par l'ennemi en violation du droit des gens, le maire déclara en particulier qu'une fabrique de malles en osier avait été dévalisée, les malles ayant servi à emporter le reste du butin. Il ajouta qu'une maison de cycles (probablement celle d'Amédée Bourguignon) avait été mise à sac, ainsi qu'une boutique d'épicerie-rouennerie, sans compter plusieurs habitations bourgeoises.
Le même rapport fait également état de violences commises à l'encontre de civils. Un récit de l'époque rapporte que des cavaliers allemands se servirent d'un homme à bicyclette comme bouclier humain en le faisant pédaler derrière eux alors qu'ils battaient en retraite sous le feu des chasseurs français (11) : sans doute s'agit-il de l'instituteur Bougréau dont l'aventure est rapportée dans un autre chapitre. Des faits plus graves furent commis le 8 septembre à l'encontre de plusieurs civils :
Jules Griffaut, alors âgé de 66 ans et habitant aux Brodards, gardait paisiblement ses vaches dans un clos lorsqu'un détachement allemand passa à 150 mètres. Sans raison aucune, un soldat qui marchait à l'arrière de la troupe le mit en joue et tira, le blessant à la joue gauche. Son témoignage, publié dans le rapport sur les atrocités allemandes, précise qu’un officier ennemi qui avait assisté à la scène le fit conduire à un médecin qui pansa sa blessure et que deux autres médecins allemands le soignèrent dans la journée. En 1919, il recevra l'insigne des blessés de guerre. (12)
Le maçon Emile Delaître eut bien moins de chance. Réfugié dans sa cave avec son épouse et des voisins, il entendit du bruit sur le toit et sortit vers 11 heures du matin sans revenir. Vers 13 heures 30, à l'arrivée des Anglais, sa femme fut informée qu'il s'était mis à l'abri des tirs sous un ponceau (ru des Charpentiers), avait été grièvement blessé et se trouvait dans une ambulance de la Croix-rouge britannique où on l'avait transporté. Rendue sur place, l'épouse constata que le bras droit de son mari, atteint au-dessus du coude, ne tenait plus que par un lambeau de chair. Une jeune femme relata qu'il avait été trouvé blessé sur la route - jusqu'où il s'était probablement traîné - et qu'il fut amené chez elle pour être pansé avant d'être transporté par les Anglais. Selon ses dires, ils présentait deux plaies au côté et son bras droit était gravement atteint. Le blessé lui déclara qu'un Allemand l'ayant découvert dans sa cachette lui avait tiré cinq balles de fusil, sans pourtant aucune provocation de sa part. Le maire, Jean Fournier, déclara : « J'ai vu Delaître au moment où il venait d'être transporté à l'ambulance. Il ne m'a pas parlé. Il est mort le soir même » (13). La commune prit en charge les frais d'inhumation du malheureux (14) ; sa veuve, qui avait été dépouillée de son argent et se retrouvait sans ressources, obtint des secours des pouvoirs publics. (15)
Le même jour, deux femmes furent brutalisées par les Prussiens. La première, âgée de 29 ans et qui tenait un débit de boissons, fut maltraitée par des soldats sous prétexte qu'elle devait cacher des Anglais. Ils la déshabillèrent, la gardèrent parmi eux entièrement nue pendant une heure et demie et l'attachèrent au comptoir en la menaçant de la fusiller. Heureusement, ils furent appelés au dehors et la confièrent à un garde alsacien qui la libéra. D'autres soldats tentèrent de violer une épicière âgée de 34 ans après avoir mis à sac sa boutique. Comme elle résista, les soudards entreprirent de la pendre mais elle parvint à couper la corde avec un couteau qu'elle avait sur elle. Elle fut alors rouée de coups jusqu'à l'arrivée d'un officier qu'un témoin était allé chercher. (16)
Si la situation redevint rapidement plus calme pour les villageois, malgré les passages de troupes et les cantonnements (infra), le souvenir de ces journées tragiques demeura sans doute bien présent dans les esprits. Aussi, lorsque l'ennemi lança une nouvelle offensive en mai 1918, on redouta son retour. Le registre d'appel journalier de l'école des filles porte le témoignage, probablement de la main de l'institutrice Julia Bougréau, de l'inquiétude de tous : « Registre caché dans sous-sol à partir du 31 mai 1918 jusqu'à début août 1918 approche des Boches et nouvelle menace d'invasion » (17). Menace il y avait, puisque, le 31 mai précisément, les Sablonniérois virent arriver les soldats du 333e Régiment d’Infanterie en provenance de l’Est, chargés de sécuriser les ponts sur la Marne (18). En juin, ce furent des habitants de Nogent-l'Artaud qui vinrent se réfugier dans la commune (19). Plus tard, le 13 juillet, l'Etat-major de la VIe armée ordonna qu'en cas d'alerte, la 4e Division d'Infanterie serait rassemblée dans la région de Bussières, Hondevilliers, Sablonnières et Orly, prête à contre-attaquer vers le nord et le nord-est en cas d'approche de l'ennemi (20). Celui-ci ne se fit pas attendre et passa de nouveau la Marne le 15. L'alerte fut donnée au petit matin et le 1er groupe du 42e Régiment d'Artillerie de Campagne qui était à Pierre-Levée gagna sa position de rassemblement à Sablonnières où il arriva à 11 heures et bivouaqua dans les bois avant de repartir à 14 heures. (21)
L'ennemi ne revint heureusement pas dans la vallée et les alliés eurent finalement le dessus.
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(1) Citée par BINOT (J.-M.), Les Héroïnes de la Grande Guerre, Fayard, 1988, chap. 3.(2) Le Démocrate, 16 déc. 1914, p. 1 et 2.(3) Plus tard, propriété Sénicourt. D'après cette note, la lance retrouvée dans le jardin, aurait été conservée par la famille Gambourg.(4) Cet acte de résistance est développé plus loin.(5) Ministère de la Guerre, Les armées françaises dans la Grande Guerre, t. 1, vol. 3, Paris, Imprimerie nationale, 1932, p. 27. (6) http://www.qdg.org.uk/diaries.php?dy=43.(7) Les armées françaises dans la Grande Guerre, t. 1, vol. 3, p. 28.(8) Le Démocrate, 16 déc. 1914, p. 1 et 2.(9) Le Démocrate, 16 déc. 1914, p. 1 et 2.(10) JO 8 janv. 1915 ; Le Livre Rouge. Les atrocités allemandes. Rapport officiel et in extenso, Paris, Bibliothèque des ouvrages documentaires, 1915. En vue de la rédaction de ce rapport, le juge de paix de Rebais vint à Sablonnières le 30 novembre 1914, pour enquêter sur les méfaits des troupes allemandes et entendre les personnes qui avaient révélé des exactions (MM. Joseph Rémy, Jules Griffaut et l’instituteur Bougréau). (11) TOYNBEE (Arnold Joseph), The German terror in France, George H. Doran company, 1917, p. 38 : « Sablonnieres, on the Petit Morin, was entered by the Germans on Sept. 4th. Their cavalry caught a civilian on a bicycle, and made him ride behind them when they were fired at by French chasseurs and were beating a retreat. » Il s'agit peut-être de la mésaventure de l'instituteur Bougréau, contraint d'accompagner une colonne de Hussards de la Mort alors qu'il rentrait au bourg à bicyclette après avoir mis un militaire français sur le chemin de Coulommiers.(12) Arrêté min. Intérieur 30 sept. 1919, JORF 1er oct. 1919, 10751. Jules Napoléon Griffaut était né à Doue le 10 novembre 1847 et décéda à Sablonnières le 25 avril 1921.(13) Témoignages sous serment reçus le 14 octobre 1914 et publiés dans Rapports et procès-verbaux d'enquête de la Commission instituée en vue de constater les actes commis par l'ennemi en violation du droit des gens, Imprimerie Nationale, 1915. Emile Gustave Delaitre était né à Villeneuve-sur-Bellot le 29 juillet 1854.(14) Délibération du conseil municipal du 28 février 1915.(15) Le ministre du Commerce et de l'Industrie accorda à sa jeune fille, Lucienne, une bourse de 500 francs et une indemnité de trousseau de 100 francs pour lui permettre d'entrer à l'école pratique de commerce de Rouen et le Conseil Général lui alloua en outre un secours d'études annuel de 100 francs pendant la durée de la scolarité (Conseil Général de Seine-et-Marne, Rapports du Préfet et de la Commission Départementale et procès-verbaux des délibérations, année 1916, Melun, Legrand, 1916, séance d'avril 1916, séance du 2 mai, septembre 1916).(16) FAUCHILLE (Paul), Revue générale de droit international public, tome XXII, Paris, Pedone, 1915, p. 338 et 339.(17) Archives communales.(18) Guerre de 1914-1918. Historique du 333me Régiment d'Infanterie, Belley, Montbarbon, 1921, p. 37 ; Journal de marche et d'opérations n° 26 N 754/5).(19) HAUDOT (René), Au cours de la guerre, Souvenirs d'histoire locale, in Annales de la Société historique et archéologique de Château-Thierry, 1922-1925, p. 141.(20) Les Armées françaises dans la Grande Guerre, Annexes, vol. 3, p. 509, Annexe n° 1979 (ordre général n° 3477).(21) Historique du 42è Régiment d'Artillerie de Campagne : du 31 juillet 1914 au 11 novembre 1918, Nancy, Berger-Levrault, 1919, p. 109-110 ; Journaux des marches et opérations n° 26 N 978/5 et n° 26 N 978/10.Dès le début de la guerre, des mesures draconiennes furent prises par les autorités civiles et militaires pour assurer le ravitaillement de l'armée. Ce fut le début d'une série de réquisitions, qui portèrent sur diverses denrées et produits nécessaires. Comme toutes les communes françaises, celle de Sablonnières dut contribuer et fut accablée par les opérations de ravitaillement qui ne prirent fin qu'en 1917. Avant toute réquisition, les ressources disponibles devaient être recensées et le maire reçut à cette fin de multiples demandes relatives aux cultures et aux productions locales. (1)
Une fois les ressources connues, l’autorité militaire fixait la nature et la quantité des produits qui devait lui être livrés. Ces ressources pouvaient être mises sous séquestre et réservées au ravitaillement des troupes. De la sorte, les producteurs ne pouvaient conserver que la quantité nécessaire pour leur propre alimentation et celle de leurs animaux pendant deux ou trois mois, le surplus devant être vendu exclusivement au service des achats de l’armée, à des prix ne pouvant excéder un plafond fixé par le ministère de la Guerre. (2)
En pratique, la commune recevait des ordres de réquisition fixant la nature et la quantité de produits à livrer au centre de ravitaillement de Rebais dont elle relevait. Le maire disposait de pouvoirs spécifiques pour faire exécuter ces ordres, notamment celui de réquisitionner lui-même les moyens ferroviaires nécessaires au transport des marchandises.
En cas de refus ou d’exigence d’un prix exagéré, les biens pouvaient être enlevés par la force. A Sablonnières, les réquisitions portèrent sur le fourrage (3), la paille (4), l’avoine (5), le blé (6), les bovins (7), les ovins (8), le quart de la récolte de raisin (9), la laine de tonte (10), les cuirs et peaux provenant des abats des bouchers (11) ou encore les arbres. (12)
Bien que les quantités demandées fussent parfois revues à la baisse (13), ces réquisitions restaient très lourdes pour la population qui avait souvent du mal à les honorer (par exemple, le 8 août 1914, le maire informa le sous-préfet des difficultés qu'il y avait à atteindre le nombre de vaches à livrer en raison de l’impossibilité de remettre des bêtes pleines ou ayant récemment vêlé et demanda s’il était possible de comprendre dans la quantité exigés de la commune des vaches de boucherie situées dans deux parcs dont les propriétaires n’habitaient pas Sablonnières). Outre leurs caractère confiscatoire, ces réquisitions entraînèrent une augmentation des prix des denrées alimentaires et quelques restrictions, notamment pour le charbon et pour l’essence : les habitants de la commune reçurent des cartes donnant droit à une quantité limitée de ce précieux carburant. (14)
Entre 1916 et 1919, Sablonnières connut d’incessants mouvements de troupes et comme par le passé, la commune eut à subir une autre forme de réquisition, non moins lourde à supporter : celle des logements nécessaires au cantonnement des militaires, tant dans les bâtiments communaux, que chez les particuliers. Certains de ces cantonnements pouvaient durer plusieurs jours, pendant lesquels les troupes étaient remises à l'instruction. (15)
Un état précis des ressources en logements fut rigoureusement établi et des plans du bourg et des hameaux furent dressés pour localiser les bâtiments concernés. Ces documents montrent que pratiquement toutes les maisons de la commune furent occupées à un moment ou à un autre.
Les officiers et sous-officiers étaient généralement logés dans les maisons dont des « pièces à feu » - c'est-à-dire les pièces dotées d'une cheminée ou d'un poêle - devaient être mises à leur disposition, alors que les hommes de troupe étaient cantonnés dans les granges ou dans un bivouac, et les chevaux ou véhicules parqués dans les fermes (16). Parfois, l'ordre de réquisition ne visait qu’une ou quelques pièces destinées à établir un bureau (tel que prévôté ou bureau de santé).
Bien entendu, une indemnisation des logeurs avait été prévue en fonction du nombre de journées et de nuits passées chez eux par les soldats - la tarification était différente selon qu’il s’agissait d’officiers, de sous-officiers ou d’hommes de troupe - et les chevaux. C'est pourquoi, lors de chaque séjour de troupe, les services du cantonnement délivraient sur place un état des sommes dues, qui devait ensuite être transmis aux intendants militaires. Lorsque ces états n’étaient pas transmis, le logement des troupes ne pouvait pas être pris en compte et ne pouvait donc pas être indemnisé. C’est ce qui se produisit à Sablonnières – et probablement dans de nombreuses autres communes – où le service du cantonnement négligea de faire suivre plusieurs états. Cette situation ne fut pas sans exaspérer les habitants dont le maire se fit le porte-parole en écrivant le 6 décembre 1918 à l’Intendant militaire : « Depuis près de deux ans, la population qui a presque constamment logé des troupes de passage ou en stationnement n’a pu malgré ses réclamations toucher les dommages qui lui sont dus ». Il indiquait aussi que ces retards poussaient certains villageois à refuser le logement et le linge aux officiers et qu'en conséquence, le major de cantonnement avait dû faire appel à la gendarmerie.
Vers 1970, le conseiller municipal Maurice Couteau estima les cantonnements de 1917 à 488 nuits d'officiers, 1 146 nuits de sous-officiers, 9 390 nuits d'hommes de troupe et 5 817 nuits de chevaux, et ceux de 1918-1919 à 131 nuits d'officiers, 62 nuits de sous-officiers, 2 308 nuits d'hommes de troupe et 156 nuits de chevaux.
Liste des principaux cantonnements français et alliés, de 1917 à 1919 : Voir liste
En plus des cantonnements, la commune connut à maintes reprises des passages de troupes qui ne s'arrêtèrent pas ou peu. Ce fut le cas, par exemple, le 29 avril 1917, de soldats du 8e Régiment d'Infanterie qui, relevés sur le front par une autre unité, se rendaient à Rebais où ils étaient envoyés en repos pour une semaine. Même après l'armistice, plusieurs autres passages eurent encore lieu : le 2 décembre 1918, le 3e bataillon du 18e Régiment d'Infanterie était à Sablonnières et, le 28, le 79e en provenance de l’ouest traversa la commune pour gagner le nord-est du pays.
Pour les soldats, ces cantonnements ou passages dans le bourg étaient parfois l'occasion d'acheter une carte postale pour envoyer des nouvelles à leur famille ou amis. Ainsi, le 26 juin 1918, un nommé Léon écrivait : « Je ne suis plus aussi loin de vous tous mais impossibilité d'aller vous voir. Ce soir je couche dans une salle de la vieille école et demain matin, départ pour la dernière journée d'étapes et cantonnement définitif. J'y retrouverai de tes nouvelles sans doute. Je resterai dans ton département. Gros baisers à Gérard. A tous et pour toi affectueuses tendresses ». Le 10 septembre de la même année, Édouard, soldat du 19e train, informait ses proches : « Bien chères sœurs et maman. Cette après-midi de mardi, elle ne partira que demain. Je vous adresse deux mots. Le sous-officier vient des lettres et je n'en ai pas. Pourtant ça m'étonne, il faut croire que le vaguemestre de la compagnie ne s'acquitte guère bien de son service. Je changerais bien mon adresse seulement quand on vient à quitter, c'est la même chose. Aujourd'hui journée de pluie, mais ça en tombe. On a personne à bouger alors ça va. Autrement, tout va bien, la santé est toujours bonne. Je pense qu'il en est de même à la maison ... à demain plus long si je reçois des nouvelles. Tous mes amitiés. Bonne embrassade. Votre fils et frère qui pense à vous et ne vous oubli. »
Pour la commune et ses habitants, la présence de militaires s’accompagnait presque toujours de nouvelles confiscations. Il ne s'agissait plus des réquisitions planifiées et organisées par l'administration dont il a été parlé plus haut, mais de la saisie par les troupes de passage des vivres dont elles avaient besoin (17). Mais surtout, les cantonnements se traduisaient souvent par des dégradations de toute sorte commises dans les propriétés privées. Ces dégâts furent fréquents compte tenu du nombre de réclamations présentées aux autorités militaires, non seulement dans les bâtiments occupés (18) mais aussi sur les terrains des habitations (19) et les plantations. (20)
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(1) Lettre du président de la Commission de ravitaillement de Rebais du 11 août 1914, demandant au maire si les quantités demandées pourraient être livrées, ainsi que la nature et l’importance d’un éventuel déficit ou excédent ; lettre du même du 17 août 1914, demandant la quantité d’avoine disponible à compter du 25 août ; demande du chef du Génie à Fontainebleau du 23 septembre 1914 sur la quantité de certains outils pouvant être réquisitionnés dans la commune : scies passe-partout, pelles, pioches, haches, marteaux, tenailles, serpes, cisailles, etc. ; lettre du président du Centre de ravitaillement de Rebais du 8 janvier 1915, demandant la quantité d’avoine pouvant être fournie du 15 au 18 janvier ; lettre du sous-préfet du 12 juillet 1915, demandant la quantité de bois débité disponible ; lettre du préfet du 21 novembre 1915 concernant les bois de noyer ; télégramme du préfet du 11 décembre 1915 pour connaître le nombre de veaux femelles à vendre ; télégramme du préfet du 20 juin 1916 pour connaître la surface plantés en betterave de distillerie et le rendement approximatif en alcool ; circulaire préfectorale du 31 mai 1917 demandant de déclarer tout stock de charbon de plus de mille kilogrammes ; télégramme du directeur du Service agricole du 22 juin 1917 pour connaître la quantité de lait produit et consommé en nature, de lait transformé en beurre, de lait transformé en fromage, de lait vendu en nature et le nombre de bovins élevés ; télégramme du 25 juin 1917 de même origine pour connaître les surfaces plantées en pommes-de-terre, en betterave à sucre, en betterave fourragère et en betterave de distillerie ; divers recensements de blé ou avoine à vendre, paille, foin, pommes-de-terre, vaches, veaux, porcs, moutons, bois, charbon, vêtements...(2) Lettre de l’acheteur du service des fourrages de la 5e armée du 17 juillet 1915 invitant les habitants à faire leurs offres de vente.(3) Le fourrage fut mis sous séquestre le 20 décembre 1914 par ordre de l’Intendant général de la 5e armée, jusqu’au 7 juin 1915 après achèvement de la récolte. Après cette date, sa circulation était libre dans la zone de la 5e armée mais il restait destiné aux chevaux de l’armée et devait être vendu à l’officier acheteur. En 1916, l'expédition des fourrages était assurée dans tout le canton par la 22e compagnie du 1er Escadron du Train des Equipages (Campagne 1914-1918. Historique du 1er escadron du train des équipages, Paris, Chapelot, s.d., p. 18).(4) 200 quintaux devaient être livrés le 4 septembre 1914, selon une lettre du Centre de ravitaillement de Rebais du 28 août, puis 200 autres le 9 septembre, 150 le 13, et 150 le 15.(5) 190 quintaux devaient être livrés le 21 septembre 1914. Pour remplir cette obligation, le maire réquisitionna à son tour des sacs le 20 août chez un particulier et d’autres furent prêtés par le moulin de Villeneuve-sur-Bellot. A compter du 1er janvier 1915, le département devait fournir 1 000 quintaux par jour, le canton de Rebais étant tenu de fournir 200 quintaux du 15 au 18 janvier.(6) 100 quintaux durent être livrés le 5 septembre 1914. Cette céréale essentielle fut mise sous séquestre par le ministre de la Guerre selon télégramme du 18 février 1915. En conséquence, le maire informa le chef de gare, le 24, que toute livraison était interdite. La réquisition fut levée le 18 avril 1915, selon télégramme du préfet ; toutefois, le sous-préfet rappela le 19 mai que les cultivateurs ne pouvaient sortir aucun sac de blé de la commune sans autorisation écrite de la Commission du ravitaillement de Rebais et un permis de circuler délivré par la sous-préfecture.(7) Quatre-vingt bœufs furent réclamés entre le 14 et le 20 septembre 1914. Un décompte des têtes par propriétaire fut effectué.(8) Cinquante têtes furent acheminées par rail à Saint-Siméon le 22 août 1914 dans deux wagons réquisitionnés à cet effet par le maire de Sablonnières (Ordre de réquisition du 17 août adressé au chef de gare).(9) Lettre du préfet du 4 octobre 1915 demandant au maire d’en informer les viticulteurs et les négociants en vin.(10) Ordre de réquisition de la sous-intendance militaire de Meaux du 8 mars 1916.(11) Ordre de réquisition du 19 janvier 1916.(12) Reçu du 12 janvier 1917 par l’officier d’administration du génie à Nogent pour les arbres de la route départementale n° 22 indiquant qu’un autre reçu serait délivré pour les autres arbres après leur enlèvement.(13) La réquisition de paille fut réduite de moitié à compter du 4 septembre 1914, soit 100 quintaux, jusqu’à nouvel ordre par lettre du Centre de ravitaillement du 1er septembre ; la livraison de vaches fur réduite au quart, soit 80 têtes à livrer en trois fois.(14) Selon une lettre du sous-préfet de Coulommiers adressée au maire le 2 juillet 1917, cette carte donnait droit à un litre pour le mois.(15) Ce fut le cas, par exemple, des hommes du 32e RAC du 3 février au 22 mars 1917 (Historique du 32e Régiment d'Artillerie de Campagne : 1er août 1914-11 novembre 1918, Paris, Berger-Levrault, 1920, p. 27). (16) Les agriculteurs pouvaient toutefois demander que leurs granges et hangars restent libres à la période des récoltes (ordre du général d’étape n° 164 du 19 juillet 1917).(17) Par exemple, plusieurs arbres furent pris par le 101e Régiment d’Artillerie Lourde, le 18e Régiment de Chasseurs, le 8e Régiment de Génie et le 2e Régiment de Hussards, selon un état non daté. Une lettre adressée au maire par un particulier le 26 décembre 1917 relate qu’un stock de paille et de luzerne avaient été pris dans une grange à Marlande.(18) Un état du 22 décembre 1917 mentionnait un moteur détérioré au moulin ; le vol de foin et d’objets divers chez Mme Notreamy avait été constaté dans un état du 24 avril 1917 ; divers autres dégâts plus ou moins importants : curies endommagées, mangeoires détruites, portes brûlées ou démolies, carrelage cassé, vitres brisées, bouteilles cassées, etc.(19) Pelouses défoncées autour de la villa des Sources, route des Brodards, selon un procès-verbal du 15 janvier 1917 ; mur de clôture abîmé lors du stationnement de camions américains en 1918, selon une réclamation du 6 juillet de la même année ; bois coupé par les troupes franco-américaines et muret dégradé par des chevaux dans le parc de la ferme de La Chenée, selon une réclamation du 28 juillet 1918(20) L'écorce de 135 arbres fut arrachée par des chevaux parqués dans une peupleraie à Bois-Frémy, selon une lettre du 19 juin 1917.L'état de guerre eut aussi pour conséquence de limiter la circulation des denrées et de restreindre les libertés individuelles. Lors des réquisitions de produits exclusivement réservées à l'armée, les biens réquisitionnés ne pouvaient sortir de la commune ni être vendus dans le commerce (1). Les restrictions alimentaires étaient encore en vigueur en 1918. Cette année-là, la municipalité protesta contre l'instauration de cartes de pain donnant droit à des rations individuelles jugées insuffisantes (400 grammes par adulte et 200 grammes par enfant) et demanda des tickets supplémentaires pour 100 grammes par personne.
La circulation des personnes était elle aussi limitée, puisque nul habitant ne pouvait sortir de la commune sans un sauf-conduit délivré par le maire et visé par l'autorité militaire. Ce laisser-passer était accordé pour une durée déterminée et ne permettait de circuler qu'entre deux localités déterminées.
Cette mesure était commandée par des impératifs de sécurité nationale qui justifiaient aussi une certaine forme de censure (le 11 février 1915, le juge de paix de Rebais demanda au maire de prévenir le bureau de poste de la distribution par l'Allemagne de brochures séditieuses via l'Espagne et la Suisse, et d'en assurer la saisie) et un couvre feu lors des cantonnements de troupes (il fut enjoint aux habitants de masquer leurs lumières à partir de vingt heures, par ordre du major de zone du 9 octobre 1917).
Au plan sanitaire, la mobilisation générale avait entraîné une répartition des communes entre les médecins non mobilisés. Sablonnières fut rattachée au docteur Mothe, de Villeneuve-sur-Bellot mais celui-ci avait quitté sa commune pour une destination inconnue. Soulignant que la population se trouvait ainsi « livrée à tous les risques de maladie et aux atteintes d’épidémies », le maire demanda au sous-préfet la nomination d’un autre médecin (2). De leur côté, les agriculteurs s’inquiétaient de savoir à quel vétérinaire ils pourraient s’adresser en cas de maladie de leurs animaux.
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(1) Par exemple, une circulaire du président du Centre de ravitaillement de Rebais du 5 février 1915 défendit aux habitants de Sablonnières de faire sortir l’avoine et le fourrage.(2) Lettre du 12 octobre 1914.Comme souvent en temps de guerre, on se méfiait de l'étranger comme en témoigne une affaire relatée par la presse locale. D'après la Tribune Briarde des 9 juin et 11 août 1915, Marguerite Groc, une Rethéloise âgée de 33 ans et divorcée, était réfugiée dans la commune lorsque les Allemands l'envahirent. Cette femme qui parlait couramment leur langue (elle servit d'interprète durant les quatre jours d'occupation) fut accusée par la rumeur publique de complaisance avec l'ennemi et d'avoir tenu ultérieurement des propos désobligeants tant envers l'armée française qu'à l'égard de la France. Avec l'accord de l'autorité militaire, le parquet de Coulommiers diligenta une enquête sur place, qui déboucha sur l'arrestation celle que l'on surnommait désormais « la Prussienne » et sur sa traduction devant le Conseil de guerre. Acquittée du chef d'accusation d'espionnage grâce à un témoignage à décharge, elle fut toutefois internée dans un camp de concentration, à la grande satisfaction des Sablonniérois. (1)
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(1) Il s'agit vraisemblablement d'Yvonne Marguerite Groc, couturière née à Paris 18e le 27 octobre 1881, divorcée à Rethel le 10 décembre 1913 de Louis Constant Calendre qu'elle avait épousé dans la même commune le 22 avril 1907 et décédée à Paris 10e le 26 septembre 1951.Le souci d’apporter de l’aide aux soldats français, à leurs familles ou encore aux réfugiés, a suscité un grand nombre d’œuvres charitables. Dès le 15 novembre 1914, la municipalité votait une somme de 50 francs pour l'achat de vêtements chauds aux soldats des 76e, 276e et 36e régiments d'infanterie territoriale formés à Coulommiers et qui participèrent aux combats de l'Ourcq et de la Marne ; le 2 novembre 1915, la municipalité décidait d'envoyer un mandat-carte de 5 francs à chacun des 67 mobilisés de la commune. Le maire était aussi contacté par les organisateurs des secours - souvent relayés par les autorités préfectorales qui donnaient un caractère officiel à ces opérations - pour assurer le recrutement de quêteuses ou de quêteurs chargés de vendre des cartes postales, des insignes ou des bijoux, et assurer le succès des opérations. De telles ventes furent réalisées en 1914 (une vente du « drapeau belge » organisée le 20 décembre par le Comité Franco-Belge au profit des réfugiés belges rapporta 83,65 francs), en 1915 (une vente d’insignes dits « canon 75 » lors de la « journée du 75 » organisée par le Touring-Club de France le 7 février 1915 au profit de l’œuvre du soldat du front rapporta 109,25 francs dans la commune ; une autre vente d’insignes à l’occasion de la « journée française du secours national » organisée les 23 et 24 mai par le Comité du Secours National pour aider les femmes, enfants et vieillards dans le besoin rapporta 80 francs ; une autre vente fut organisée par l’Orphelinat des Armées le dimanche 20 juin ; en décembre, une « Journée du Poilu » organisée par le gouvernement au profit des permissionnaires du front nécessiteux et sans famille donna lieu à la vente de cartes et de bijoux (1) et en 1917. (2)
L'autorité préfectorale, de son côté, organisa des loteries (3) et incita les administrés à faire des dons. Ainsi en 1915, le sous-préfet de l’arrondissement de Coulommiers s’adressa solennellement à la population. Après avoir rappelé que « la victoire appartiendra à celui des deux adversaires qui tiendra le plus longtemps, par conséquent au plus riche », il lança cet appel : « Depuis plus d’un an, nos soldats luttent victorieusement au front. Ils sont « héroïques à se mettre à genoux » disent leurs chefs, et leurs adversaires sont obligés de reconnaître leur valeur et leur courage. Pendant ce temps, nous, à l’intérieur, avons aussi lutté et vaincu, non sans peine, de grosses difficultés. Mais nous pouvons faire mieux. Ne laissons échapper aucune occasion de servir notre Patrie et de l’aider selon nos moyens… Donnons notre or ! » Il fut entendu à Sablonnières où un versement d’or eut lieu. (4)
On sait aussi qu'en 1916, le maire de Coulommiers informa celui de Sablonnières d’un projet de contribution de chaque commune, sous la forme de colis mensuels, pour le secours d’autant de prisonniers qu’elle comptait de fois cent-cinquante habitants. (5)
Les dons et subventions furent également recherchés par divers organismes caritatifs : appel aux dons de légumes frais ou secs par la Société de Secours aux Blessés (comité de Coulommiers) le 18 novembre 1915 ; souscription pour l'envoi de vêtements chauds aux soldats du front (6), demande de subvention par l’Union des Femmes de France s’occupant de finances les hôpitaux auxiliaires, le 10 avril 1916 ; demande d’appel aux dons par la Cocarde du Souvenir pour la reconnaissance des tombes des militaires morts pour la Patrie, le 30 avril 1916 ; demande de subvention par l’œuvre des Pupilles de l’Ecole publique pour assister les orphelins de guerre scolarisés, le 15 mai 1916 ; demande de subvention ou autres œuvres patriotiques par le Touring-Club de France, au mois de mai 1917...
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(1) Appel du Comité le 20 juin, lettres du sous-préfet au maire des 18 et 27 décembre.(2) Le 21 mai 1917, le préfet écrivait au maire à propos d’une vente d’épingles de cravate, de médailles et de coiffures.(3) Le préfet adressa au maire, le 26 septembre 1915, un télégramme concernant la vente de pochettes de billets dans le cadre de la « journée des épreuves de guerre » ; des loteries de bienfaisance furent organisées au mois de juin 1917 par les autorités préfectorales dans le cadre d’une journée départementale de bienfaisance.(4) Réponse du maire du 27 octobre à une lettre du sous-préfet du 11 octobre 1915.(5) Lettre du 24 janvier.(6) On sait qu’en 1915, le maire refusa la proposition de l’Oeuvre des sous-vêtements chauds de Coulommiers d’ouvrir à Sablonnières un dépôt, en raison des difficultés et des frais de transport qui en auraient découlé pour la commune.Parmi les militaires, de nombreux hommes des deux camps furent blessés au cours des combats et plusieurs périrent.
Chez les Britanniques
Dix-neuf militaires trouvèrent la mort à Sablonnières le 8 septembre 1914 :
le Capitaine John Norwood (du régiment de cavalerie 5th Dragoon Guards) âgé de 38 ans ;
le Capitaine Charles Antoine De Guerry Dalglish (1er bataillon du régiment d'infanterie écossais Black Watch) âgé de 31 ans et qui succomba à ses blessures ; (1)
le Capitaine Robert Charles Partridge (5th Dragoon Guards) âgé de 32 ans ;
le Lieutenant Ewen Holmes Humphrey James Wilson (1er bataillon du Black Watch) âgé de 22 ans et décédé « par suite des blessures reçues sur le Champ de Bataille, le 8 septembre 1914 » ; (2)
le lance-caporal William Anderson (1er bataillon du Black Watch) âgé de 19 ans ;
le soldat William Clement (1er bataillon du Black Watch) âgé de 28 ans ;
le soldat John Davidson (1er bataillon du régiment d'infanterie Queen's Own Cameron Highlanders) ;
le soldat Oliver James Fishlock (5th Dragoon Guards) âgé de 19 ans ;
le soldat Robert Ford (1er bataillon du Queen's Own Cameron Highlanders) ;
le soldat James Forrester (1er bataillon du Black Watch) ;
le soldat George Moore Forsyth (1er bataillon du Black Watch) âgé de 24 ans ;
le soldat Archibald William Foster (19th Royal Hussars) âgé de 22 ans ;
le soldat George F. Glover (1er bataillon du Black Watch) âgé de 27 ans ;
le soldat Frank Cyril Gurr (19th Royal Hussars, Escadron B) âgé de 21 ans ;
le soldat Walter Mcleod Johnstone (1er bataillon du Black Watch) âgé de 34 ans ;
le soldat Peter McDonald (1er bataillon du Black Watch) âgé de 28 ans ;
le soldat John McEwan (1er bataillon du Queen's Own Cameron Highlanders) ;
le soldat Alexander Morrice (1er bataillon du Black Watch) âgé de 21 ans ;
le soldat Bert Wisdom (5th Dragoon Guards) âgé de 27 ans.
La plupart d'entre eux sont tombés dans la rue du Not, alors qu'ils descendaient du Vautron vers Sablonnières.
Si on en croit le Démocrate du 16 septembre 1914, les cadavres furent d'abord enterrés à fleur de sol par leurs compatriotes et ce fut le garde-champêtre Verdier qui dut les exhumer et les transporter au cimetière où ils reçurent une sépulture décente. On sait que, dans un premier temps, les corps d'au moins 18 de ces hommes furent inhumés ensemble au cimetière des Chaillots, dans une fosse commune marquée par une croix en fer provenant de l'ancien cimetière. Rapidement, plusieurs familles firent connaître leur volonté de donner une sépulture à leur parent. Dès le 29 septembre 1914, le maire fut informé de l'intention de la famille du capitaine Dalglish d'acquérir le terrain où son fils reposait (3). La mère du lieutenant Wilson se manifesta également et le 20 février 1915, l'entrepreneur de pompes funèbres parisien Jeanmonod qu'elle avait mandaté vint procéder, en présence du maire et du garde-champêtre, à l'ouverture de la fosse commune afin de rechercher les officiers qui pouvaient s'y trouver. Après exhumation, ils identifièrent le corps de Wilson qui fut immédiatement mis en bière et ré-inhumé dans un terrain concédé à titre gracieux par la commune, ainsi que ceux de Norwood et Partridge qui furent également mis en bière et ré-inhumés individuellement. Il fut ensuite procédé à la fermeture de la fosse commune où restaient quinze corps (4). Enfin, le 28 février, la commune accorda des concessions à perpétuité pour les tombes individuelles des officiers et pour le carré des quinze autres soldats.
Le 12 juillet de la même année, un relevé dressé par le service de repérage des tombes militaires dénombra dix-neuf Britanniques inhumés dans le cimetière, à savoir quatre dans des sépultures individuelles (Wilson, Dalglish, Partridge, Norwood) et quinze dans une sépulture commune. Parmi ces derniers, seuls Fishlock et Wisdom étaient déjà identifiés.
Les quinze corps furent exhumés aux fins d'identification le 22 novembre 1921, en présence de l'officier chargé de l'état civil anglais (5). Nous n'avons pas trouvé de trace des conclusions de cette intervention mais il est probable que Forrester, dont le nom a été gravé sur le monument inauguré en 1921, ait été reconnu à cette occasion. (6)
L'identification aurait été définitive vers 1923. Toujours est-il que les tombes furent définitivement aménagées par le jardinier de l'Imperial War Graves Commission en décembre 1925 : quatre sépultures individuelles dont une à l'entrée du cimetière (Wilson qui fut le premier à être inhumé à part) et trois autres alignées côte à côte (les trois capitaines), ainsi qu'un carré comprenant neuf stèles individuelles ou doubles.
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(1) Lettre du maire de Courpalay à son collègue de Sablonnières, 29 sept. 1914 (Archives communales).(2) Document émanant des pompes funèbres Jeanmonod, Paris, 22 févr. 1915 ; Demande d'autorisation d'exhumer et d'inhumer, 20 févr. 1915 (Archives communales).(3) Lettres du maire de Courpalay, 29 sept. 1914, 15 janv. 1915 et 9 févr. 1915 (Archives communales).(4) Procès-verbal du maire, 20 févr. 1915 (Archives communales).(5) Avis au maire, 18 nov. 1921 (Archives communales).(6) Étrangement, une liste non datée des Britanniques inhumés à Sablonnières mentionne bien 7 militaires identifiés et 12 inconnus mais il y est question de W. Foster et non de Forrester (Archives communales).Chez les Allemands
De nombreux Allemands périrent à Sablonnières le 8 septembre 1914. Un article de presse publié quelques jours après précise : « Dans un seul enclos, un témoin a compté 24 ennemis qu’ils [les Écossais] avaient embrochés. Mais tous ces cadavres, à la faveur d’une diversion, ont pu être emportés par les Allemands. A la Noue, on en a vu passer plus d’une centaine entassés sur des prolonges d’artillerie. Treize d’entre eux cependant ont été abandonnés. Dans un petit bosquet, près du bois des Savards, on en a notamment découvert sept déchiquetés par la mitraille. » (1)
Au lendemain de la bataille du Petit-Morin, douze hommes de la 1ste Kompagnie du Garde-Jäger-Bataillon (2) furent portés disparus à Sablonnières le 8 septembre 1914. D'après la Vermisstenliste (liste des disparus), il s'agissait du Leutnant Wilfried von Krosigk né à Rathmannsdorf le 21 avril 1882, de l'Oberjäger de réserve Wilhelm Mertz né à Potsdam le 24 janvier 1892 et mort le 8 septembre 1914, du Gefreiter Paul Thurm né à Blankenheim le 1er septembre 1892 et des Jäger Oskar Bahr né à Berlin le 10 mars 1886, Wilhelm Bayer né à Wilhelminenwalde le 15 janvier 1893, Willi Erdmann né à Berlin le 5 mai 1891, Carl Hentschel né à Kemberg le 3 avril 1888, Paul Kireik né à Alexanderhütte le 21 janvier 1894, Robert Koch né à Boberow le 18 octobre 1891, Franz Rausch né à Mellenthin le 16 septembre 1892, Hans Wendenburg né à Dorthaus ou Forsthaus le 11 août 1891 et Hermann Wilke né à Metz le 25 mai 1893. Si cette liste s'est ultérieurement rallongée et s'il est établi que de nombreuses victimes de la bataille de la Marne n'ont pas pu être identifiées, la plupart des ces hommes ont probablement été retrouvés puisqu'ils ne figurent pas parmi les hommes tombés au combat recensés dans les Verlustenlisten.
Officiellement, treize militaires allemands ont perdu la vie à Sablonnières lors des combats du 8 septembre. L'ennemi ayant emporté leurs plaques (qui, du reste, n'indiquaient pas les noms mais seulement le corps et la compagnie d'appartenance ainsi que le numéro de matricule), il fut impossible de les identifier dans un premier temps, à l'exception vraisemblablement d'un nommé Herms sur qui on trouva une inscription. D'après un relevé de sépultures établi le 12 juillet 1915 à partir de renseignements fournis par l'instituteur, l'un d'eux, présumé officier, avait été inhumé dans le cimetière à proximité des Britanniques (3), un autre dans un terrain privatif au Bois de la Tuilerie et les onze autres dans une fosse commune creusée dans autre un terrain privé, lieudit la Pièce des Pommiers. Selon la tradition orale, un veau tué pendant les combats aurait été enseveli dans la même fosse (4). C'est dire le peu de considération que l'on avait alors dans nos villages pour les « Fritz » ou les « Boches ».
Pour autant, toutes les informations ne sont pas concordantes, déjà en ce qui concerne le nombre de corps enterrés dans la fosse commune. En effet, le 26 novembre 1914, le maire répondait à une demande de recherche de corps, que « les douze soldats tombés ont tous été inhumés dans une seule fosse aux abords du pays », nombre qui ne correspond pas à celui qui a été relevé en 1915.
Ensuite, le relevé de 1915 indique que les onze corps de la fosse étaient ceux de soldats de la 1re compagnie des Chasseurs de la Garde nommés Bleyer, Ruanicke, Falck, Petzenbürger, Langhagel, Woss, Grage, Brühn, Rakr, Seifer et Herms. Ils semble donc qu'ils avaient pu être identifiés entre temps. Or, une lettre du Président du Volksbund Deutsche Kriegsgräber Fürsorge e.V. - organisme allemand chargé de l'entretien des sépultures militaires - en date du 14 mars 1922 indique que le soldat Erich Petzenbürger faisait partie de la 2e compagnie des Garde Jäger et que le curé avait déterminé qu'il « se trouve comme premier de la tombe commune, à sa suite reposent des Anglais », ce qui signifie qu'il aurait été inhumé dans le cimetière.
Au moins deux initiatives ont été prises au lendemain de la guerre pour tenter d'honorer ces morts. Dès le 18 août 1919, Oskar Petzenbürger (parent du soldat dont nous venons de parler) écrivit au maire pour connaître l'identité des corps afin d'en informer leurs proches et d'élever une sépulture lorsque les autorités françaises l'autoriseraient. En 1922, c'est le Volksbund Deutsche Kriegsgräber Fürsorge e.V. qui demanda quel pourrait être le coût des travaux en vue de le communiquer aux familles. Ces volontés n'aboutirent pas, du moins à Sablonnières. En effet, Maurice Couteau indiquait plus tard dans ses notes que les corps de la Pièce des Pommiers furent exhumés en 1921 et transférés en un lieu qu'il ignorait, tandis que l'inconnu du cimetière fut exhumé le 7 juin 1934 (sans préciser si le corps fut lui aussi transféré).
Nous nous sommes penché sur l'identité de ces soldats, dont les noms, rappelés des années durant lors de la commémoration de l'Armistice, ont été pour certains altérés. D'une part, la liste dont il était annuellement donné lecture mentionne Ruanicho et Rahr au lieu de Ruanicke et Rakr. (5)
D'autre part, les recherches effectuées dans les listes officielles de soldats allemands portés disparus (Vermißtenlisten) et des pertes (Verlustlisten) dressées de 1914 à 1919, mais aussi dans les relevés des monuments aux morts érigés en Allemagne, dans des bases familiales et au cimetière militaire de Chambry où ont été transférés les corps des soldats morts dans les environs de Coulommiers, nous ont permis d'identifier avec plus de précisions huit de ces hommes morts à Sablonnières le 8 septembre 1914 :
Leutnant Wilfried von Krosigk, né le 21 avril 1882 à Rathmannsdorf, certainement l'officier dont il a été parlé plus haut et dont l'exhumation plus tardive expliquerait que ses restes aient été mis dans l'ossuaire de Chambry ;
Oberjäger Carl Reinicke, né à Falkenhagen le 30 juin 1894 (sépulture définitive à Chambry, n° 47) (6) ;
Gefreiter Max Langhagel, né à Graudenz-Rothhof (Grudziąd) le 31 mai 1892 (sépulture définitive à Chambry, tombe n° 57) (7) ;
Gefreiter Erich Petzenbürger venant de Spandau (sépulture définitive à Chambry, tombe n° 51) (8) ;
Jäger Wilhelm Falk (ou Falch), de Berlin (sépulture définitive à Chambry, tombe n° 60) ;
Jäger Georg Herms (sépulture définitive à Chambry, tombe n° 53) ;
Jäger Max Jänichen, de Potsdam, né le 21 octobre 1892, mort dans notre commune le 9 septembre 1914. (9)
Jäger Friedrich Seyfert, de Gniest (sépulture définitive à Chambry, tombe n° 61).
On ne trouve aucune trace d'un nommé Rakr. Des incertitudes demeurent sur l'identité de Bleyer (peut-être Hermann Belyer, Gefreiter à la 1re Kompagnie du Garde-Jäger-Bataillon et venant de Seefeld (Przodkòwò) figurant dans une Verlustliste, distinct de l'homonyme enterré à Chambry, tombe n° 47 mort le 6 septembre 1914 à Congy et Musketier au 92st Infanterie-Regiment), de Grage (le seul soldat de ce nom répertorié dans le Garde-Jäger-Bataillon étant Eduard Grage, de Wankendorf, inhumé à Chambry mais décédé le 27 juillet 1915), de Woss (aucun soldat de ce nom, mais un Jäger de la 1re compagnie porté disparu s'appelait Otto Voss) et de Brühn est introuvable (il existe en revanche plusieurs Brühm dont August Brühm, porté disparu de de la 1re compagnie).
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(1) Le Démocrate, 16 déc. 1914, p. 1 et 2.(2) Le Garde-Jäger-Bataillon était un bataillon d’infanterie basé à Potsdam. Intégré au corps de la garde royale prussienne, il participa du 6 au 9 septembre 1914 à la bataille du Petit Morin avec la 2e division de la Garde.(3) Selon l'ancien conseiller municipal Maurice Couteau, deux Allemands auraient été enterrés au cimetière dans la même fosse que les Britanniques (Commune de Sablonnières, tapuscrit. Toutefois, une note manuscrite au dos d'un courrier du ministère des Pensions relatif à l'entretien des tombes des militaires inhumés dans la commune, du 5 juillet 1920, mentionne bien « un boche » au cimetière et « 2 boches » à la Pièce des Pommiers (Archives communales).(4) COUTEAU (Maurice), op. cit. Le relevé des tombes militaires de 1915 fait quant à lui état, d'après les renseignements fournis par le garde-champêtre, de vingt chevaux enfouis : un au lieudit Les Cinq Chênes, un aux Fontenys, six aux Prés des Iles et douze au Grand Gordet (Archives communales). La Pièce des Pommiers correspond vraisemblablement à la sablière près la route de Villeneuve où, selon le Démocrate du 16 décembre 1914, divers Allemands dont les cadavres commençaient à empester en raison de la chaleur furent réunis. (5) Cette liste a été manifestement empruntée au tapuscrit de Maurice Couteau qui contient les mêmes erreur, plutôt qu'au relevé de 1915.(6) Grade, date et lieu de naissance d'après http://www.denkmalprojekt.org/2020/falkenhagen_stadt-falkensee_lk-havelland_wk1_brb.html.(7) Fils de Karl Langhagel (né en 1855) et d’Emilie Marie Phillipine Spalding (1858-1926) selon le Deutsches Geschlechter Buch (Nr 68, p. 335 XVII f 4 148) 5). - confirmé par https://wbt.warius.info/tree/Warius/individual/I3579/Max-Langhagel#tab-personal_facts. (8) http://www.denkmalprojekt.org/2012/berlin-spandau_wk1_n-q_berlin.html (9) Naissance indiquée par le Gedenkbuch der Stadt Potsdam für die Gefallenen des 1. Weltkriegs (http://www.denkmalprojekt.org/2013/potsdam_gedenkbuch_wk1_hi-le_brb.html). D'après la même source, Jänichen exerçait le métier d'électromonteur.Morts sous les drapeaux
Si aucun de nos soldats ne combattit à Sablonnières, le monument aux morts et une plaque apposée dans l'église rappellent que vingt-neuf hommes de la commune - au moins seize y étaient nés - ont péri à l'occasion de cette guerre, sous l’uniforme du Piou-piou (capote gris de fer bleuté et pantalon garance) ou, à partir de 1915, dans la tenue bleu horizon. La liste de ces hommes est cependant incomplète puisque d'autres autres soldats natifs de Sablonnières mais résidant dans d'autres communes connurent le même sort. Au total, c'est donc trente-six hommes, Sablonniérois de naissance ou d'adoption, qui moururent sous les drapeaux, dont trente-quatre ont reçu la mention Mort pour la France :
Henri Baudoin (bûcheron né à Sablonnières le 1er juin 1887, marié), mobilisé avec la classe de 1907 (matricule n° 1080 au recrutement à Coulommiers et 2083 au corps), soldat de 2e classe au 294e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi le 8 octobre 1915 au nord de Souain (Marne) (1). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Paul Albert Baudoin (né à Sablonnières le 8 septembre 1891), mobilisé avec la classe de 1911 (matricule n° 1002 au recrutement à Coulommiers et n° 5475 au corps), soldat de 2e classe, mitrailleur au 94e Régiment d'Infanterie, mort de ses blessures le 18 février 1915 à l'hôpital complémentaire Dominique Larrey à Sainte-Ménehould (Marne) (2). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Charles Louis Bauduin (vannier né à Tracy-sur-Loire le 7 juin 1885), mobilisé avec la classe de 1905 (matricule n° 155 au recrutement à Coulommiers), caporal au 276e Régiment d'Infanterie, disparu le 12 janvier 1915 à la Montagne-Neuve (Crouy, Aisne) et supposé prisonnier : « Gradé courageux et dévoué, tombé glorieusement à son poste de combat en faisant vaillamment son devoir ». Déclaré décédé par jugement du 2 septembre 1920. Décoré de la Croix de Guerre, puis à titre posthume de la Médaille militaire (1924) (3). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Alfred Gaston Boquet (ouvrier vannier né à Rebais le 30 août 1891, domicilié au bourg), mobilisé avec la classe de 1911 (matricule n° 799 au recrutement à Coulommiers et n° 6616 au corps), soldat de 2e classe au 76e Régiment d'Infanterie, mort à l'ennemi le 9 janvier 1915 à La Chalade (Meuse) : « Brave soldat. Blessé mortellement à son poste de combat ». Décoré de la Croix de guerre, puis à titre posthume de la Médaille militaire (1922) (4). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Eugène Anatole Bourguignon (charretier né à Sablonnières le 21 septembre 1891), mobilisé avec la classe de 1911 (matricule n° 1009 au recrutement à Coulommiers et n° 7530 au corps), soldat de 2e classe au 146e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi entre le 12 et le 20 janvier 1915 à Langemark (Belgique) (5). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Jean Alexis Bourguignon (né à Sablonnières le 7 septembre 1880, charretier), mobilisé avec la classe de 1900 (matricule n° 198 au recrutement à Coulommiers et n° 9746 au corps), soldat de 2e classe au 76e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi le 15 décembre 1914 à Courte-Chausse (La Chalade, Meuse) : « Brave soldat... est mort glorieusement pour la France en accomplissant son devoir ». Décoré de la Croix de guerre, puis à titre posthume de la Médaille militaire (1920) (6). Inhumé à la nécropole nationale de Florent-en-Argonne, tombe 586 et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Raoul Désiré Bourguignon (charretier né à Sablonnières le 8 mai 1896, habitant le bourg), mobilisé avec la classe de 1916 (matricule n° 10 au recrutement à Coulommiers et n° 11492 au corps), soldat au 100e Régiment d'Infanterie, mort de ses blessures le 1er juin 1918 à l'ambulance 223 dans la forêt de la Montagne de Reims (Marne). Cité à l'ordre du jour du régiment le 14 juillet 1917 comme « très bon soldat sur lequel on peut entièrement compter. A toujours été pour ses camarades un modèle de courage et de dévouement » (7). Inhumé au cimetière de La Chenée et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Vincent Gildas Bourguignon (né à Sablonnières le 22 janvier 1880, vannier habitant au bourg, marié), mobilisé avec la classe de 1900 (matricule n° 251 au recrutement à Coulommiers et n° 9795 au corps), soldat de 2e classe à la 7e Compagnie du 76e Régiment d'Infanterie, mort à l'ambulance de Vaux-Varennes (Marne), des suites de blessures de guerre reçues le 10 avril 1917 alors qu'il se rendait au ravitaillement de sa compagnie : « Au front depuis le début de la campagne, a toujours montré les plus belles qualités de courage et de dévouement ». Décoré de la Croix de guerre avec palme (1917) et de la Médaille militaire (8). Inhumé au cimetière militaire de Vaux-Varennes (un avis du 4 avril 1922 informa le maire du transfert du corps à la gare de Sablonnières par train du 8 avril) et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Fernand Ludivin Charzat (menuisier né à Sablonnières le 26 octobre 1897, célibataire demeurant à Provins), mobilisé avec la classe de 1917, soldat de 2e classe au 25e Régiment d'Infanterie (matricule n° 918 au recrutement à Fontainebleau et n° 15995 au corps), cité comme « jeune grenadier audacieux, remarquable par son sang-froid toujours volontaire pour les missions périlleuses, s'est distingué particulièrement par sa bravoure au cours de la contre-attaque du 17 avril 1918 » et décoré de la Croix de Guerre (9). Disparu le 23 octobre 1918 à Lusse (Vosges) lors d'une corvée de ravitaillement et reconnu décédé par jugement rendu à Provins le 28 juillet 1920. Inscrit sur le monument aux morts de Provins. Mort pour la France.
Eugène Alexandre Coquillard (né à Villeneuve-sur-Bellot le 19 avril 1887, ouvrier agricole résidant à La Noue), mobilisé avec la classe de 1907 (matricule n° 1072 au recrutement à Coulommiers et n° 1393 au corps), soldat de 2e classe au 76e Régiment d'Infanterie, disparu le 13 juillet 1915 au Bois de Bolante (La Chalade, Meuse) et déclaré décédé par jugement du 26 juin 1921 (10). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Aristide Octave Couteau (charretier habitant de La Tuilerie, né à Boitron le 9 janvier 1896), mobilisé avec la classe de 1916 (matricule n° 19 au recrutement à Coulommiers - n° 16682 au corps), soldat de 2e classe à la 9e Compagnie du 37e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi le 17 mai 1918 à Saint-Jans-Cappel (Nord) (11). Transféré et inhumé en 1922 au cimetière militaire de Méteren, tombe n° 40 ; inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Edouard Alexis Deneufchatel (cultivateur habitant au Jariel, né à Sablonnières le 23 avril 1893), mobilisé avec la classe de 1913 (matricule n° 976 au recrutement à Coulommiers et n° 2418 au corps), soldat de 2e classe au 9e Régiment de Dragons (escadron à pied), tué le 9 mars 1915 au combat de tranchées de Ransart (Pas-de-Calais) par un éclat d'obus reçu à la tête (12). Ramené par train le 12 juin 1922 (avis au maire du 9 juin) et inhumé au cimetière de La Chenée ; inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Victor Albert Gabriel Desgranges (charretier habitant au Rousset, né à Sablonnières le 22 juin 1880, marié), mobilisé avec la classe de 1900 (matricule n° 253 au recrutement à Coulommiers et n° 9787 au corps), soldat de 2e classe à la 19e Compagnie du 276e Régiment d'Infanterie, mort le 15 avril 1917 à l'hôpital de Vadelaincourt (Meuse) des suites de blessures reçues le 10 à Louvemont-lès-Chambrettes. Cité à l'ordre du jour du régiment pour sa bravoure : « Soldat brave et dévoué, grièvement blessé le 10 avril 1917 à son poste de combat pendant un bombardement ennemi ». Décoré de la Médaille militaire à titre posthume (1920) (13). Inhumé probablement à la Nécropole Nationale de Vadelaincourt, tombe n° 487 et inscrit également sur les monuments aux morts de Sablonnières et de Chelles. Mort pour la France.
Norbert Henri Dubois (vannier né à Saint-Denis-lès-Rebais le 1er février 1895 et demeurant à Sablonnières), mobilisé avec la classe 1915 (matricule n° 27 au recrutement à Coulommiers et n° 10681 au corps) et soldat au 156e RI, tué à l’ennemi le 1er août 1916 à Maricourt (Somme) (14) - décès transcrit le 13 mars 1947 à La Ferté-Gaucher. Mort pour la France.
Jules Théodore Foucher (boucher à Sablonnières, né à Grisy-Suisnes le 31 mai 1880), mobilisé avec la classe de 1900 (matricule n° 635 au recrutement à Coulommiers et n° 9206 au corps), soldat de 2e classe au 346e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi le 23 juin 1915 à Bois-le-Prêtre (Montauville, Meurthe-et-Moselle) (15). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Émile Adrien Gauthier (né à Sablonnières le 31 décembre 1886, terrassier demeurant à Pavant), conscrit de 1906 (matricule n° 256 au recrutement à Soissons), soldat de 2e classe au 267e Régiment d'Infanterie, porté disparu le 29 août 1914 à Urvilliers (décès fixé par jugement au 28 par jugement du tribunal de Château-Thierry 25 février 1920) (16) et inhumé dans la Nécropole nationale de Saint-Quentin, ossuaire B1. Inscrit sur le monument aux morts de Charly-sur-Marne. Mort pour la France.
Émile Gautré (aucune information), inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières.
Émile Louis Ferdinand Gontier (ouvrier vannier à Bellot et habitant au Plessier, né à Sablonnières le 27 juillet 1885), mobilisé avec la classe de 1905 (matricule n° 239 au recrutement à Coulommiers et n° 13676 au corps), canonnier de 2e classe à la 9e Batterie du 46e Régiment d'Artillerie de Campagne, mort de la fièvre typhoïde le 3 décembre 1914 à l'hôpital de Bar-le-Duc (Meuse) (17). Inhumé à la nécropole nationale de Bar-le-Duc, tombe n° 658 et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières). Mort pour la France.
Jules Augustin Gontier (ouvrier agricole chez son père au Plessier, né à Sablonnières le 28 août 1889, frère du précédent), mobilisé avec la classe de 1909 (matricule n° 1057 au recrutement à Coulommiers et n° 14123 au corps), soldat de 2e classe à la 4e Compagnie du 294e Régiment d'Infanterie, fait prisonnier le 25 mai 1917 aux Bovettes (Aisne), détenu à Dulmen (Allemagne) et mort en captivité de la tuberculose pulmonaire le 30 juillet 1918 au lazaret de Limburg an der Lahn (18). Inhumé à la Nécropole Nationale des Prisonniers de Guerre de Sarrebourg, tombe n° 3526 et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Charles Albert Griffaut (charretier habitant aux Brodards, né à Sablonnières le 9 février 1892), mobilisé avec la classe de 1912 (matricule n° 1028 au recrutement à Coulommiers et n° 7139 au corps), soldat de 2e classe à la 6e Compagnie du 106e Régiment d'Infanterie, disparu au combat le 24 août 1914 à Arrancy-sur-Crusne (Meuthe-et-Moselle) (19). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Octave Lucien Hennequin (manouvrier né à Sablonnières le 7 juillet 1896 et demeurant à Jouarre), mobilisé avec la classe de 1916, soldat à la 10e Compagnie du 134e Régiment d'Infanterie (matricule n° 523 au recrutement à Coulommiers et n° 11197 au corps), blessé au poumon droit par un éclat d'obus le 9 mai 1916 dans la forêt d'Apremont et mort le 14 à l'hôpital militaire de Commercy (Meuse) des suites de ses blessures (20). Inscrit sur le monument aux morts de Jouarre. Mort pour la France.
Henri-Georges Henriet (né à Ury le 13 août 1887, ouvrier vannier au bourg), mobilisé avec la classe de 1907 (matricule n° 1090 au recrutement à Coulommiers et n° 12724 au corps), caporal au 367e Régiment d'Infanterie, disparu le 1er juin 1918 à Bonnes (Bonnesvalyn, Aisne) et déclaré décédé le 1er juin 1918 par jugement du tribunal de Coulommiers du 17 août 1921 (21). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Lucien Eugène Jolly (né à Sablonnières le 7 janvier 1888), mobilisé avec la classe de 1908 (matricule n° 206 au recrutement à Coulommiers et n° 6378bis au corps), soldat de 2e classe au 8e Régiment de Dragons, au 1er Régiment léger (17e Régiment de Chasseurs) puis au 5e Régiment de Cuirassiers, blessé à la cuisse gauche par un éclat d'obus le 31 mai 1918 à Chavigny (Aisne), disparu le lendemain et déclaré décédé par jugement du 17 août 1921. Inhumé dans un premier temps à Juvigny, près de la grotte (22), puis transféré le 14 décembre 1920 au cimetière militaire provisoire de Nouvron, tombe n° 606 (avis de transfert du 15 septembre 1922) il repose à la Nécropole Nationale Bois-Roger à Ambleny dans l'Aisne, carré C, tombe n° 225 ; inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Noël Alfred Lebon (ouvrier sabotier, né à Sablonnières le 24 décembre 1886, marié et travaillant chez son père à La Chenée), mobilisé avec la classe de 1906 (matricule n° 152 au recrutement à Coulommiers et n° 18766 au corps), soldat de 2e classe au 360e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi le 29 août 1914 au champ de bataille d'Hoéville ou Courbesseaux (Meurthe-et-Moselle) (23). Inhumé à la Nécropole Nationale de Courbesseaux, tombe n° 315 et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Noël Alexandre Lefort (botteleur au Jariel, né à Sablonnières le 20 décembre 1888), mobilisé avec la classe de 1908 (matricule n° 284 au recrutement à Coulommiers et n° 1977 au corps), soldat de 2e classe au 76e Régiment d'Infanterie, fait prisonnier le 12 janvier 1915 à la Montagne-Neuve (Crouy, Aisne) et mort de blessures reçues en captivité le 26 janvier 1915 à l'hôpital Saint-Charles de Chauny (Aisne) : « Bon et brave soldat mort pour la France... des suites de glorieuses blessures reçues au champ d'honneur en faisant courageusement son devoir ». Décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze, puis à titre posthume de la Médaille militaire (1919) (24). Inhumé à la Nécropole Nationale de Chauny, carré 11, tombe n° 63 et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Charles Léon Leroy (charretier né à Sablonnières le 5 janvier 1880 et demeurant à Saint-Barthélémy), mobilisé avec la classe de 1900, soldat de 2e classe à la 3e Compagnie du 76e Régiment d'Infanterie (matricule n° 186 au recrutement à Coulommiers et n° 9341 au corps), mort le 14 décembre 1914 de la fièvre thyphoïde à l'hôpital Exelmans de Bar-le-Duc. Inhumé au cimetière militaire de Bar-le-Duc, tombe n° 48 (25) (un avis du 7 avril 1921 informa le maire du transfert du corps à la gare de Sablonnières par train du 11 avril) et inscrit sur le monument aux morts de Saint-Barthélémy. Mort pour la France.
Pierre Isidore Leroy (charretier, né à Marolle-en-Brie le 18 septembre 1880), mobilisé avec la classe de 1900 (matricule n° 1031 au recrutement à Coulommiers et n° 1430 au corps), soldat de 2e classe à la 14e Compagnie du 369e Régiment d'Infanterie, décoré de la Croix de Guerre, mort à l'ennemi au combat de Mélicocq (Oise), le 15 juin 1918. Cité à l'ordre du jour du régiment le 11 novembre 1917 pour avoir entraîné sa compagnie en se précipitant à l'attaque au cri de « En avant, en avant ». Décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze (26). Inhumé au cimetière militaire de la Briquetterie à Longueil-Annel, fosse n° 15 et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Paul Eugène Lourdin (manouvrier à La Chenée, né à Sablonnières le 18 novembre 1889), mobilisé avec la classe de 1909 (matricule n° 1078 au recrutement à Coulommiers et n° 541 au corps), chasseur de 1re classe au 106e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi le 28 décembre 1914 au combat de Saint-Georges (Belgique) (27). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Louis Alexandre Manuel (né à Réveillon le 12 juin 1892, fils d'un fermier de la Noue), mobilisé avec la classe de 1912 (matricule n° 1047 au recrutement à Coulommiers), conducteur de 2e classe au 5e Escadron du train des équipages, troupes d'occupation du Maroc, mort à Rebais chez son père le 13 février 1917 au cours d'une permission. Médaille coloniale (1915) (28). Inhumé à La Chenée, où la commune fit déposer une couronne sur sa tombe ; inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières.
André Marsanne (né à Villeneuve-sur-Bellot le 12 mai 1893 et demeurant à Sablonnières), mobilisé avec la classe 1913 (matricule n° 930 au recrutement à Coulommiers et n° 14019 au corps), soldat de 2e classe au 143e Régiment d'infanterie, tué à l’ennemi le 13 mai 1917 à Avocourt (Meuse) (29) - Décès transcrit à La Ferté-Gaucher. Mort pour la France.
René Jules Perrin (habitant de la Belle-Étoile, né à Verdelot le 29 mai 1890), mobilisé avec la classe de 1910 (matricule n° 984 au recrutement à Coulommiers et n° 15472 au corps), soldat de 1re classe au 294e Régiment d'Infanterie, disparu entre Biaches et Argicourt (Somme), présumé prisonnier et déclaré décédé le 30 mars 1918 par jugement du tribunal de Coulommiers du 2 juillet 1920. Il fut inhumé par les Allemands sur le champ de bataille où il est mort des suites de ses blessures (30). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Adrien Louis Rayer (manouvrier, né à Sablonnières le 6 décembre 1883), mobilisé avec la classe de 1903 (matricule n° 1019 au recrutement à Coulommiers et n° 13949 au corps), soldat de 2e classe au 276e Régiment d'Infanterie, tué à l'ennemi à Vémars le 4 septembre 1914 (31). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières.
Fernand Eugène Servais (botteleur demeurant à Bois-Frémy, né à Sablonnières le 7 décembre 1890), mobilisé avec la classe de 1910 (matricule n° 1023 au recrutement à Coulommiers et n° 12416 au corps), soldat à la 8e Compagnie du 23e Régiment d'Infanterie colonial, disparu au combat à Massiges (Marne) le 25 septembre 1915 (décès constaté le 19 octobre) (32). Inhumé à la Nécropole Nationale Pont-de-Marson à Minaucourt-le Mesnil-les Hurlus (Marne), tombe n° 2991 et inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Robert Thébault (né à Paris le 17 novembre 1894), mobilisé avec la classe de 1914 (matricule n° 902 au recrutement au 6e bureau de la Seine et n° 1623 au corps), caporal au 176e Régiment d'Infanterie venant du 76e, tué à l'ennemi le 18 ou le 21 juin 1915 à Seddul-Barh (Dardanelles, Turquie) (33). Inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France. En remerciement pour l'inscription du nom de son fils sur le monument, la veuve Clémence Thébault institua la commune pour légataire universelle avant de mourir en 1955. En 1957, la municipalité décida de lui ériger un caveau en signe de reconnaissance et le legs servit essentiellement à financer la réfection des trottoirs dans le bourg.
Albert Verret (ouvrier agricole né à Sablonnières le 3 septembre 1877 et demeurant à Chailly-en-Brie), mobilisé avec la classe de 1897, soldat de 2e classe à la 5e Section d'Infirmiers Militaires (matricule n° 543 au recrutement à Coulommiers et n° 4391 au corps), mort à l'hôpital complémentaire de Jouarre le 1er avril 1916 de la fièvre typhoïde contractée en service (34). Inhumé à la nécropole nationale de Chambry, tombe n° 250 et inscrit sur le monument aux morts de Bussières (où résidaient ses parents). Mort pour la France.
Albert Victor Verrier (ouvrier vannier habitant au bourg, né le 19 mai 1881 à Marolles-en-Brie, marié et père d'un jeune fils), mobilisé avec la classe de 1901 (matricule n° 595 au recrutement à Melun et n° 10989 au corps), soldat de 1re classe au 346e Régiment d'Infanterie, mortellement blessé le 25 novembre 1915 au combat de Bois-le-Prêtre (Meurthe-et-Moselle) (35). D'abord inhumé à Montauville, son corps fut transféré au cimetière de La Chenée en 1920 et son nom inscrit sur le monument aux morts de Sablonnières. Mort pour la France.
Louis Zonca (manouvrier né à Sablonnières le 10 mars 1887, marié), mobilisé avec la classe de 1907, canonnier servant à la 23e Batterie du 3e Régiment d'Artillerie à Pied (matricule n° 4605 au recrutement au 2e bureau de la Seine et au corps), prisonnier au camp de l'Hauspital Munster (36), rapatrié et mort à Issy-les-Moulineaux le 23 octobre 1916 des suites de maladie contractée en captivité. Inhumé au carré militaire du cimetière communal d'Issy-les-Moulineaux. Mort pour le France.
Chaque fois qu'il en était avisé par l'autorité militaire, le maire avait la lourde et délicate charge d'aller annoncer à la famille la mort d'un fils, d'un époux ou d'un frère. Cependant, le décès des soldats disparus et dont les corps n'ont jamais été retrouvés a été prononcé par jugement, parfois plusieurs années après la fin du conflit.
Le 26 février 1921, la municipalité décida d'accorder gratuitement des concessions à perpétuité pour inhumer les soldats morts pour le France. Plusieurs corps furent rapatriés à la demande des familles, aux frais de l'État. Au cimetière des Chaillots, se trouve aussi la tombe de François Georges Thouvenin (tapissier demeurant à Paris 6e où il était né le 22 juillet 1884), soldat de 2e classe au 109e RI, décoré de la Croix de Guerre et mort au champ d'honneur le 26 octobre 1914 au Rutoire, dans le Pas-de-Calais. Ce soldat, dont le nom ne figure pas sur le monument ni sur la plaque apposée dans l'église était fils d'un habitant de Sablonnières (Georges Louis Thouvenin, né en 1855 à Paris et recensé dans notre commune en 1921).
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(1) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1330.(2) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1373.(3) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307.(4) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1372.(5) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1373.(6) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1254.(7) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1448.(8) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1254.(9) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1459.(10) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1330.(11) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1448.(12) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1397.(13) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1254.(14) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1435.(15) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1255.(16) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R2_0745.(17) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307.(18) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352.(19) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307.(20) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1449.(21) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1330.(22) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1339.(23) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1318.(24) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1339.(25) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1254.(26) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1256.(27) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352.(28) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1384.(29) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1397.(30) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1362.(31) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1288.(32) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1363.(33) Archives départementales de Seine-et-Marne - D4R1 1824.(34) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1225.(35) Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1273.(36) Archives départementales de Seine-et-Marne - D4R1 1425.Blessés de guerre
Parmi les enfants de la commune engagés dans les combats, certains furent blessés, parfois grièvement. Ce fut le cas de :
César Alexandre Baudoin (né à Sablonnières le 19 octobre 1889 et résidant à Hondevilliers), soldat aux 5e puis 42e Régiments d’infanterie coloniale (1915) blessé au combat de Navarin le 25 septembre 1915 puis à l’Éclusier le 23 mai 1916 par éclat d’obus à l’abdomen. (1)
Ernest Gustave Baudoin (vannier né à Sablonnières le 7 novembre 1893), fut blessé par balle à la jambe gauche, à Arrancy le 24 août 1914. (2)
Paul Georges Bonnot (bourrelier et fils du débitant de boissons, né à Sablonnières le 25 août 1880), soldat au 169e Régiment d'Infanterie, fut gravement blessé à la tête, au bras et à l'avant-bras droits, aux deux mains, aux cuisses et aux jambes par de multiples éclats de grenade reçus le 14 mai 1915 au Bois-le-Prêtre. Il fut soigné à l'hôpital de Toul et détaché comme sellier-bâtier aux Établissements Lefebvre à Paris le 23 novembre 1915 avant de passer au 4e Zouaves le 1er juillet 1917. (3)
André François Colau (né à Sablonnières le 11 novembre 1894 et résidant dans la Marne), soldat au 46e Régiment d'Artillerie en 1914, fut blessé le 28 octobre 1916 à la ferme Le Priez par éclat d’obus à la main droite et à la poitrine. Il passa en 1918 au 115e Régiment d'Artillerie Lourde puis au 5e Détachement français de la Division d’Infanterie russe. (4)
Pierre Élie Coquillard (Villeneuve-sur-Bellot 21 janv. 1894-Rebais 31 oct. 1923), charretier demeurant à Sablonnières incorporé au 413e Régiment d'Infanterie, fut contusionné le 27 septembre 1916 par l’éclatement d’une torpille. (5)
Maurice Louis Couteau (né à Sablonnières le 23 mars 1889), soldat au 156e Régiment d'Infanterie Blessé le 9 avril 1915 au Bois-le-Prêtre à la jambe gauche par schrapnell. Il reçut la médaille interalliée. (6)
Mikael Pierre Couteau, cantonnier né à Sablonnières le 30 octobre 1897, affecté au 168e Régiment d'Infanterie (1914), au 113e Régiment d'Infanterie (1916) et au 339e Régiment d'Infanterie (1917), fut blessé le 29 août 1918 par éclats d’obus à la base du thorax. (7)
Pierre Prosper Couteau (né à Sablonnières le 19 décembre 1893) fut blessé par balle au poumon droit le 24 août 1914 à Rouvroy. (8)
Édouard Jules Dardard (né à Bellot le 3 avril 1891 et demeurant à Sablonnières), soldat au 175e Régiment d'Artillerie, fut blessé à la tête par éclats d’obus le 1er juin 1918. Citation (1918) : « Blessé en installant des pièces dans un endroit particulièrement battu le 2 juin a fait preuve de courage et de sang-froid ». (9)
Gaston Georges Delaitre (maçon, Sablonnières 19 juillet 1894-Coulommiers 2 sept. 1979), soldat au 19e Bataillon de chasseurs à pied blessé par balle à la tête et au genou à la Ferme de Navarin le 7 septembre 1915. (10)
Victor Albert Desgranges (né à Sablonnières le 4 mai 1886, élève ecclésiastique), engagé volontaire au 76e Régiment d'Infanterie né à Sablonnières le 4 mai 1886, fut blessé par balle à l’avant-bras gauche le 16 juin 1916 à Vaux. (11)
Raymond Georges Fernand Dutillet (cultivateur né à Saint-Léger le 1er septembre 1897 et résidant à Sablonnières), soldat aux 168e et 31e Régiments d'Infanterie puis au 105e Régiment d'Artillerie Lourde, reçut un éclat d'obus à la cuisse gauche. (12)
Octave Frédéric Fauvet (Sablonnières 5 sept. 1892-Héry le 28 déc. 1976), appelé avec la classe 1912 (subdivision d'Auxerre), soldat de 2e classe au 69e Régiment d'Infanterie, fut blessé à la jambe droite le 6 septembre 1914, en service commandé à Limoncourt, et évacué le 14 novembre de Saint-Éloi (Belgique) en raison de complications dues à sa blessure. (13)
Paul Victor Fauvet (né à Sablonnières le 17 juin 1889), fut blessé au visage et au bras gauche par un éclat d’obus, le 3 février 1915 à Massiges. (14)
Robert Albert Fauvet (né à Sablonnières le 5 avril 1885), blessé par balle au pied gauche le 25 septembre 1914 à Soissons, puis par éclat d’obus à la main gauche le 15 juillet 1915 au Fer-à-Cheval. (15)
Paul Étienne Ferrand (né à Sablonnières le 24 mai 1882 et demeurant à Paris), fut blessé à la tête par éclat d’obus le 11 janvier 1916 au Claon (Meuse). (16)
Gabriel Alfred Foucard (né à Sablonnières le 16 août 1885 et demeurant à Viels-Maisons), soldat au 2e Régiment de Zouaves, fut blessé par éclats d’obus au genou droit le 17 mai 1915 devant Ablain-Saint-Nazaire, au coude droit le 21 septembre 1915 à Souchez et au crâne le 7 juin 1916 à Vaux. Citation (1919) « Zouave très dévoué et consciencieux a été blessé grièvement le 7 juin 1916 à Vaux, en se portant à l’attaque des positions ennemies ». Croix de guerre, Médaille militaire (1934). (17)
Ernest Alexandre Griffaut (manouvrier habitant aux Brodards, né à Sablonnières le 20 décembre 1885), soldat de 2e classe au 91e Régiment d'Infanterie, fut blessé au bras gauche par un éclat d'obus à la bataille de Crouy le 12 janvier 1915 et fut soigné à l'hôpital temporaire de Biarritz. (18)
Georges Hennequin (né à Sablonnières le 18 février 1895) fut blessé par balle au pied gauche le 9 mai 1915 à la Targette. (19)
Alexandre Horneck (né à Sablonnières le 4 janvier 1877 et résidant à Sézanne en 1906), soldat au 48e Régiment territorial d’infanterie, blessé par éclat d’obus à la fesse gauche le 14 juillet 1915 à Brenelle (Aisne). (20)
Ernest Joseph Honoré Labiesse (né à Sablonnières le 20 novembre 1881 et habitant à Saint-Germain-lès-Arpajon en 1910), soldat au 346e Régiment d'Infanterie, fut blessé au tibia par schrapnells le 5 janvier 1915 à Bois-le-Prêtre. (21)
Gustave Lucien Laurent (né à Paris le 3 octobre 1885, vannier à Sablonnières), avait été promu sergent trois mois auparavant lorsqu’il fut Blessé au visage par éclats d’obus avec perte de la vision de l’œil droit le 15 mai 1915 à Catenoy (Oise). Croix de Guerre (1918). Médaille militaire (1915). (22)
Jules Louis Lebon (Sablonnières 13 sept. 1895-Jouarre 7 août 1980) fut blessé au genou et au coude gauches par un éclat d'obus devant Verdun le 4 septembre 1916, réformé le 29 novembre 1917, pensionné de guerre et décoré de la Croix de Guerre avec palme puis de la Médaille militaire en 1932. Citation « A été très grièvement blessé le 4 septembre 1916 devant Verdun, Bois du Chesnoy » Croix de Guerre avec palme. Médaille militaire (1932). (23)
Octave Adrien Lebon (né à Sablonnières le 25 avril 1885), blessé par éclat de bombe à l’œil gauche le 13 juillet 1915, reçut une citation l'année suivante : « Soldat brave et zélé. A été grièvement blessé le 13 juillet 1915 au cours d’une violente attaque. Perte de la vision de l’œil gauche ». Médaille militaire et Croix de Guerre avec palme. (24)
Victor Alexandre Lefort (né à Sablonnières le 10 janvier 1888), blessé au coude gauche par éclat d’obus le 24 septembre 1914 à Lacroix. (25)
Constant Émile Lourdin (cultivateur né à Sablonnières le 21 février 1876), soldat au 78e Régiment d'Infanterie, blessé par schrapnell au bras gauche le 10 janvier 1915 dans le combat de la Montagne-Neuve et brûlé par gaz caustique le 3 novembre 1917 à la cote 344 (Meuse). (26)
André Jacques Perrin (né à Verdelot le 14 août 1886, frère de René Jules ci-dessus et habitant à la ferme de la Belle Étoile), soldat au 169e Régiment d’Infanterie, eut les pieds gelés le 24 décembre 1916 à la Côte du Poivre (Verdun) et fut blessé au Bois des Caurières (Meuse) le 13 septembre 1917 : « ... Blessé le 14 septembre alors que sous un violent bombardement, il était à son poste de guetteur » Croix de Guerre, 2 étoiles de bronze. Médaille militaire (1926). (27)
Edmond Jules Perrin (cultivateur né à Verdelot le 2 février 1892 et résidant à Sablonnières), caporal au 154e RI, fut grièvement atteint dans la région lombaire par éclats d’obus le 27 mai 1918 : « Bon caporal très courageux et très dévoué a été blessé à son poste de combat et n’a quitté son commandement qu’après en avoir reçu l’ordre » (26 juin 1918). Empêché de porter le sac et l'équipement du fantassin, il fut transféré au 61e Régiment d'Artillerie. (28)
Jules Perrin (Bellot 7 mai 1894- Billère le 23 févr. 1971, autre frère des précédents et charretier) fut incorporé le 1er septembre 1914. Soldat de 2e classe au 106e Régiment d'Infanterie, il passa successivement au 25e (Bataillon de marche) le 3 février 1915, au 143e le 24 mars et au 268e le 18 mai 1916. Blessé le 7 novembre 1916 à Sailly-Saillisel (Somme) à la main droite avec arrachement du médius et de l'annulaire, il dut être amputé d'une partie des métacarpiens. Pensionné de guerre, il fut aussi décoré de la Médaille Militaire (1931). (29)
Louis Joseph Rayer (ouvrier opticien né à Sablonnières le 20 décembre 1891), blessé par balle à la main gauche le 21 septembre 1914 à Cheppy, puis superficiellement aux jambes, dos et bras par éclats de grenade le 15 juillet 1915 au Four-de-Paris. (30)
Paul Eugène Rémy (cultivateur né à Sablonnières le 9 octobre 1874), soldat au 82e Régiment d'Infanterie blessé par éclat d’obus à la fesse gauche le 10 janvier 1915 dans le combat de la Montagne-Neuve. (31)
Achille André Roch (cultivateur né à Sablonnières le 26 janvier 1897), soldat au 412e puis au 57e Régiments d'Infanterie, blessé par balle à l’abdomen le 20 août 1917 à la côte 344 (Meuse), puis par éclats d’obus à la fesse et à la jambe droites le 31 mai 1918 à Saconin. Citation (1917) « Fusilier très brave le 20 août 1917 s’est élancé à l’assaut en avant de ses camarades a été blessé au cours d’une mission ». Croix de Guerre étoile de bronze. Médaille militaire (1956). (32)
Georges Émile Alexandre Rousselet (Sablonnières le 14 nov. 1895-Coulommiers 21 août 1981), ayant rejoint l'Infanterie comme soldat de 2e classe le 19 décembre 1914, se retrouva sur le front de la forêt de l'Argonne avec le 4e Régiment d'Infanterie, fort de trois mois d'instruction. Là, il découvrit l'enfer des tranchées : « On vivait dans les tranchées qui étaient creusées en zigzag avec des protections pare-balles. Pour se rendre dans les tranchées, on empruntait des boyaux creusés jusqu'à 3 mètres de profondeur sur 300 à 400 mètres de long, assez larges pour croiser ceux qui prenaient la relève. Pour manger, un de l'escouade partait à l'arrière chercher le café et la soupe dans des bouteillons. Il revenait quand il n'y avait pas de bombardements et c'était le caporal qui distribuait dans chaque gamelle notre part. On dormait sur des banquettes de terre, dans des sacs avec une couverture. S'il y avait un orage on était plein de boue » (33). Il n'y resta pourtant pas longtemps car le 13 juillet, à la côte 263, il fut blessé par un éclat de grenade à la jambe droite à 5 heures du matin puis par une balle au pied gauche deux heures plus tard (34). Abandonné sur le champ de bataille avec un mouchoir noué autour de la jambe par un camarade en guise de garrot, il fut trouvé sur place au soir du 14 par des brancardiers allemands, qui le conduisirent vers une poste de secours pour y être soigné. Le lendemain matin, il fut évacué à l'arrière. Le 16, il se retrouva à Trier, dans une caserne allemande transformée en hôpital pour les blessés des deux camps. Tombé un temps dans le coma et infecté par la gangrène, il dut être amputé d'une jambe. Il quitta l'hôpital le 23 janvier 1916 pour la forteresse de Cologne où il resta 4 jours avant d'être conduit en train à Constance pour un échange de prisonniers. Récupéré le 30 par un train sanitaire suisse avec d'autres prisonniers français, sous les honneurs rendus par les militaires allemands, il gagna Lyon puis Paris. Après une nouvelle hospitalisation, il put enfin revenir à Sablonnières, rue de la Noue, où il travailla comme vannier à domicile. Il fut écoré de la Médaille militaire en 1916, de la Médaille de la Victoire, fut nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1930 puis officier en 1939. (35)
Félix Eugène Adrien Servais (né à Sablonnières le 17 décembre 1888), sergent au 76e puis au 142e Régiments d'Infanterie, fut blessé à la cuisse gauche par chute dans une tranchée le 4 mai 1915 à Vauquois, puis par éclat d’obus à la main droite le 4 avril 1918 devant Moreuil. (36)
Gustave Alexandre Thoral (manouvrier né à Sablonnières 30 décembre 1881 et décédé à Torcy le 26 décembre 1969), soldat au 12e Régiment d'Infanterie, fut blessé à la jambe droite, le 12 octobre 1918 au combat d'Aisonville (Aisne), par un éclat d'obus et dut être amputé au tiers moyen de la cuisse. Déjà cité pour sa bravoure (37), sa blessure lui valut s'être décoré de la Médaille militaire le 28 et son infirmité lui permit, après l'armistice, de trouver un emploi de garde-champêtre à Saint-Ouen-sur-Morin, qu'il occupa durant treize ans. Sur proposition au titre des mutilés de guerre, il fut nommé chevalier de la Légion d'Honneur le 13 décembre 1938 et décoré à Saint-Ouen le 26 février suivant par le commandant de réserve de Neufville, président de l'association locale des anciens combattants. (38)
Léon Constant Thoral (né à Sablonnières le 6 décembre 1876), soldat au 267e Régiment d'Infanterie blessé à l’avant-bras gauche le 26 juillet 1916 au Bois des Buttes. Il passa ensuite au 13e Régiment d’Artillerie-auto puis au 13e Escadron du Train. (39)
Victor Honoré Thoral (né à Sablonnières le 17 février 1885 et demeurant à Bussières en 1913), caporal au 122e Régiment d'Infanterie, blessé au cuir chevelu par éclat de mine le 5 janvier 1915 au Four-de-Paris. (40)
Gabriel Marie Étienne Vizard (né à Sablonnières le 20 août 1895), soldat au 168e Régiment d'infanterie fut blessé par éclat d’obus à la cuisse droite et aux deux fesses le 9 septembre 1918 à Nanteuil la Fosse. (41)
Louis Alexandre Voirin (né à Sablonnières le 15 février 1889), soldat aux 1er puis 4e Régiments de Zouaves blessé par balle à la cuisse gauche le 30 mars 1918 à Montdidier, puis par balle au flanc et au bras droits le 21 juillet 1918. Quatre citations : « Bon soldat, s’est fait remarquer par sa bravoure le 28 octobre 1916 sous … en exécutant quoique blessé et fortement contusionné, une mission périlleuse... » . Croix de Guerre, 4 étoiles de bronze. Médaille militaire (1927). (42)
Parmi les blessés, il convient de signaler ceux qui furent gazés :
Lucien Octave Dardard (maçon né à Bellot le 11 juillet 1892 et résidant à Sablonnières), alors soldat au 30 Régiment d'artillerie, fut intoxiqué par gaz ypérite le 27 juillet 1917 à (Strendatte) et évacué à l’hôpital d’Abbeville. (43)
Henri Eugène Lefort (botteleur né à Sablonnières le 15 juillet 1897), était soldat au 31e Régiment d'infanterie lorsqu’il fut intoxiqué par gaz en 1917. (44)
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(1) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1909, n° 1068 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352).(2) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1913, n° 957 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1397)(3) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1900, n° 203 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1354) ; Le Démocrate de Seine-et-Marne, 16 juin 1915.(4) Registre matricules, Bureau de Châlons-sur-Marne, classe 1914, n° 587 (Archives départementales de la Marne - 1R1396).(5) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1914, n° 1142 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1412).(6) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1909, n° 1028 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352).(7) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1917, n° 103 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1464).(8) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1913, n° 972 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1397).(9) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1911, n° 1018 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1373).(10) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1914, n° 1145 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1412).(11) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1906, n° 104 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1318).(12) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1917, n° 114 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1464).(13) Registre matricules, Bureau d'Auxerre, classe 1912, n° 94 (Archives départementales de l'Yonne - 1R731)(14) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1909, n° 1044 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352).(15) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 215 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(16) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1902, n° 982 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1276).(17) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 245 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(18) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 276 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307) ; Le Démocrate de Seine-et-Marne, 13 févr. 1915.(19) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1915, n° 980 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1436).(20) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1897, n° 983 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1227).(21) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1901, n° 613 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1273).(22) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 258 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(23) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1915, n° 226 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1435).(24) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 220 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(25) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1918, n° 207 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1339).(26) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1896, n° 193 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1213).(27) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1906, n° 128 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1318).(28) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1912, n° 1057 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1384).(29) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1914, n° 1193 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1412).(30) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1911, n° 1071 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1373).(31) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1894, n° 997 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1192).(32) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1917, n° 1063 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1460).(33) Témoignage recueilli vers 1975 par les élèves de la classe de Dominique Lefebvre et publié dans le journal local Sablonnières et ses Hameaux (numéros de juin 2005, décembre 2005 et juin 2006).(34) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1915, n° 250 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1435).(35) Le Matin, 16 mars 1939, p. 7.(36) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1908, n° 283 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1339).(37) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1901, n° 267 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1265).(38) Dossier Légion d'Honneur n° 19800035/1014/17149.(39) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1896, n° 1117 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1215).(40) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1905, n° 203 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1307).(41) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1915, n° 259 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1435).(42) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1909, n° 1017 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1352).(43) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1912, n° 1018 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1384).(44) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1917, n° 141 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1464).Sur ce sujet, les archives communales sont très laconiques. Seul un document mentionne les noms de cinq mobilisés de Sablonnières captifs en Allemagne : Bonnot, Couteau, Désobeau, Rayer et Thomas.
Les registres matricules permettent d'identifier ces hommes et fournissent des renseignements sur leur sort :
Auguste Louis Bonnot (né à Sablonnières le 19 février 1878, employé au café de ses parents), soldat au 342e Régiment d'Infanterie, tomba aux mains de l'ennemi à Tahure (Marne) le 30 octobre 1915 et fut interné en Allemagne au camp de Giessen (Hesse) d'où il fut rapatrié le 14 janvier 1919. (1)
Le soldat de 2e classe Pierre Prosper Couteau (né à Sablonnières le 19 décembre 1893), disparu à Cons-la-Granville (Meurthe-et-Moselle) le 22 août 1914, fut détenu en Bavière à Hammelburg puis à Würzburg jusqu'à son rapatriement le 7 février 1919. ll fut décoré de la Croix de Guerre et de la Médaille militaire, puis nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1964. ll décéda à Meaux le 24 janvier 1966. (2)
Le caporal Louis Joseph Rayer, dont nous avons déjà parlé, fut fait prisonnier à l'Étoile-Brisée, interné successivement dans le camp d'Ohrdruf (Saxe-Gotha) et celui de Kassel (Hesse-Nassau) que l'on surnomma le « camp de la mort » à la suite de deux épidémies de typhus qui sévirent en 1915. Il fut rapatrié le 4 janvier 1919 et hospitalisé avant d'être démobilisé et de se retirer à Paris. (3)
Henri Alexandre Thomas (manouvrier né à Sablonnières le 25 mars 1879), soldat au 35e Régiment d'Infanterie Territorial, fut blessé à Crouy (Aisne) le 9 janvier 1915 et interné au camp de Meschede (Ruhr) jusqu'au 22 décembre 1918. (4)
Le dernier était peut être le soldat de 1re classe Georges Émile Désobeaux (maçon né à La Chapelle-sous-Chézy le 15 novembre 1887) qui fut fait prisonnier le 12 janvier 1915 à Crouy (Aisne), interné au camp de Langensalza (Saxe) puis à Schneidemühl (Posnanie), rapatrié le 19 janvier 1919 et établi à Marlande.
Le dépouillement des registres du bureau de recrutement de Coulommiers a permis d'identifier de nombreux autres prisonniers de guerre :
Léon Henri Beaudoin, chauffeur de camion né à Sablonnières le 27 octobre 1894 et soldat au 21e Régiment d'infanterie, fut porté disparu au combat le 28 mai 1918 à Breuil-sur-Vesle (Marne) et rapatrié le 07 décembre 1918. (5)
Abel Alexandre Fauvet, né à Sablonnières le 12 avril 1879 et demeurant à Villeneuve-sur-Bellot, était soldat au 156e Régiment d'infanterie lorsqu’il fut signalé prisonnier dans l’Aisne le 28/05/1918. Interné au camp de Limé (Aisne), il fut rapatrié le 22 décembre 1918 (6)
Robert Albert Fauvet, né à Sablonnières le 5 avril 1885, disparu le 9 juin 1918 à Riquebourg, interné à Soltau (Basse-Saxe) et rapatrié le 27 novembre 1918. (7)
Paul Étienne Ferrand, né à Sablonnières le 24 mai 1882 et demeurant à Paris, capturé le 9 juin 1918 à Gury (Oise), rapatrié le 21 novembre 1918. (8)
Alfred Appolinaire Gautier, né à Sablonnières le 30 septembre 1881 (demeurant en 1912 à Hondevilliers), partit au front le 25 août 1914 et fut porté disparu à Villeroy le 5 septembre de la même année. Interné à Langelsalza (Thuringe) et à Puchheim (Bavière), il fut rapatrié le 29 décembre 1918. (9)
Émile Louis Guillard, né à Sablonnières le 18 mars 1883, disparut le 12/01/1915 à la Montagne-Neuve (Aisne), fut interné à Schneidemühl (Postnanie) et rapatrié le 12/01/1919. Il se retira à Bellot. (10)
Gaston Théodule Legouge, cultivateur né le 16 juin 1884 à Le Gault-Soigny et résidant à Sablonnières, fut fait prisonnier le 10 mars 1916 à La Ville-aux-Bois (Aisne) et interné à Friedrichsfeld (Rhénanie du Nord) jusqu’à son rapatriement le 6 décembre 1918. Durant sa captivité, il fut blessé à la hanche droite. (11)
Édouard François Manrot, né à Sablonnières le 29 septembre 1874 (il demeurait à Asnières en 1913), porté disparu le 12 janvier 1915 à la Montagne-Neuve, fut interné à Langelsalza, et rapatrié le 4 janvier 1919. (12)
Arthur Paul Pietrement, cultivateur né à Sablonnières le 28 décembre 1882, était soldat au 276e Régiment d'infanterie lorsqu’il tomba aux mains de l’ennemi le 10 mars 1916 à la Ville-aux-Bois. Interné au camp de prisonniers de Friedrichsfeld, il fut rapatrié le 15 décembre 1918. (13) .
Georges Émile Alexandre Rousselet, charron né à Sablonnières le 14 novembre 1895, prisonnier le 13 juillet 1915. (14)
Gaston Eugène Serevais, né à Sablonnières le 14 juillet 1880, soldat au 30e Régiment d'infanterie, fut capturé à Cheppy (Meuse) le 22 septembre 1914, interné à Dillingen (Sarre) et rapatrié le 29 décembre 1918. (15)
Maurice Anatole Servais, né à Chelles le 9 mars 1888 et demeurant à Sablonnières, soldat au 15 Bataillon de chasseurs à pied, disparut le 31 mars 1918 à Grivesnes (Somme), fut interné à Soltau (Basse-Saxe) et rapatrié le 9 décembre 1918. (16)
Ernest Eugène Thibault, né à Sablonnières le 28 novembre 1878 et résidant à Chaumes en 1914, servait au 36e Régiment d'infanterie. Il disparut le 12/01/1915, fut captif à Wesel, Festungs Lazarett, rapatrié le 04/12/1918. (17)
Si certains survécurent à la captivité, ce ne fut pas le cas de tous :
Jules Augustin Gontier, cultivateur né à Sablonnières le 28 juillet 1889 et soldat au 294e Régiment d'infanterie, fait prisonnier le 25 mai 1917 aux Bovettes (Aisne), fut détenu à Dulmen (Westphalie) puis à Limburg (Hesse-Nassau) où il mourut le 30 juillet 1918 (inhumé au cimetière de Dietkirchen, tombe 452). (18)
Noël Alexandre Lefort, né à Sablonnières le 20 décembre 1888, fut fait prisonnier le 12 janvier 1915 à la Montagne-Neuve et mourut en captivité le 26 à l’hôpital Saint-Charles à Chauny (inhumé au cimetière communal de Chauny, tombe 128). (19)
Louis Zonca, manouvrier né à Sablonnières le 10 mars 1887, canonnier servant à la 23e Batterie du 3e Régiment d'Artillerie à Pied, prisonnier au camp de l'Hauspital Munster, fut rapatrié mais décéda à Issy-les-Moulineaux le 23 octobre 1916 des suites de maladie contractée en captivité. Inhumé au carré militaire du cimetière communal d'Issy-les-Moulineaux. Mort pour le France. (20)
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Le Démocrate de Seine-et-Marne du 15 janvier 1916 rapporte la désertion d'Alexandre-Louis Fauvet, charretier né à Sablonnières le 25 juillet 1874, mobilisé depuis le 13 août 1914. Ayant quitté son corps le 10 décembre 1915, cet homme marié âgé de 41 ans manquait à l'appel le 17. Déclaré déserteur le 19, il fut recherché et arrêté par des gendarmes alors qu'il se rendait à la Ferté-sous-Jouarre. Il déclara qu'étant sans nouvelle de son épouse et sachant son régiment au repos, il s'ennuyait. Après son départ, il s'était rendu à Montménard où se trouvait sa femme et avait ensuite travaillé à Grand-Bilbartault sur une machine à battre. On apprend par sa fiche matricule qu'il fut condamné par le conseil de guerre à deux ans de travaux publics. Toutefois, sa peine fut suspendue et il passa au 112e Régiment d'Infanterie le 11 novembre 1915. A nouveau déserteur, il fut condamné à trois ans de travaux publics le 29 janvier 1916 mais passa au 97e Régiment d'Infanterie. Encore déserteur en juin 1916 à l'arrivée de son régiment devant Verdun, il fut ramené au corps le 28 août et fut condamné le 12 octobre à cinq ans de travaux publics. Ecroué cette fois, le 5 janvier 1917, au pénitencier de Douéra en Algérie, il mourut à l'hôpital-hospice du même lieu le 18 novembre suivant. (1)
Alexandre Horneck, né à Sablonnières le 4 janvier 1877 et résidant dans la Marne, avait été condamné pour meurtre en 1916 par la justice militaire. Sa peine de prison ait été suspendue, cet exclu métropolitain s’engagea le 30 juillet 1917 à la mairie de Melun pour le 1er Bataillon de marche d’infanterie légère d’Afrique. Le 23 octobre, peu plus de deux mois après son arrivée au corps, il fut déclaré déserteur et fut condamné le 17 décembre à deux ans de travaux publics. Le 29 juin 1918, il fut transféré sur la maison d’arrêt d’Alençon et affecté au dépôt d’exclus du Kreider. (2) 1R1227_983
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(1) Registre matricules, Bureau de Coulommiers, classe 1894, n° 372 (Archives départementales de Seine-et-Marne - 1R1191).(2) Registre matricules, Bureau de Châlons-sur-Marne, classe 1894, n° 983 (Archives départementales de la Marne - 1R1227).Lorsqu'ils étaient de repos, que ce soit dans une tranchée, durant un cantonnement ou à l'hôpital, les hommes s'efforçaient de donner de leurs nouvelles à leur famille et à leurs amis. Même lorsqu'ils n'étaient pas versés dans l'écriture, remplis de banalités mais aussi d'amertume envers la guerre et de haine à l'égard de l'ennemi, rassuraient ceux qui les recevaient et permettaient certainement à ceux qui les envoyaient de se rassurer eux-mêmes.
Albert Edmond Lepâtre (Cerneux 31 mai 1873-Sablonnières 8 nov. 1952) qui s'était installé dans la commune durant l’été 1910 à la suite de son mariage avec une Sablonniéroise et y avait trouvé un emploi de garde-champêtre, avait rejoint en 1914 le 4e Régiment d'Infanterie Coloniale dans sa composante de réserve, le 34e RIC. Se trouvant à Pierreffitte, il écrivait le 27 janvier 1915 à son épouse :
Quelques jours plus tard, il écrivait de nouveau à sa famille, cette fois de Grenoble où il était à l'Hôpital :
**Hôpital auxiliaire n° 62 (Grenoble) salle Georges V lit 69
« Grenoble le 1er Fevrier 1915
« Chere Femme et chers Enfants
« Je vous dirait que je suis en bonne sante et que je suis entraint de prendre un repos bien merite.
« Bien des compliments chez tes Parents pour moi ainssi qu’a tout ceux qui te parle de moi.
« Embrasse bien nos Enfants pour moi ainssi que tes Parents. J’espere que chez vous tout le monde est en bonne santé et rien de nouveau dans le pays dureste assez de veuves et d’orphelins comme cela. c’est assez triste ne te fait pas de mauvais sang sur mon sort je suis en bonne mains en ce moments.
« Je vous embrasse tous. celui qui vous aime et ne vous oubli pas.
ALepatre »
Lepâtre fut réformé pour sénilité le 3 mars 1915 par la commission de réforme de Toulon et probablement renvoyé dans ses foyers dans l'attente d'une nouvelle évaluation (la commission de réforme de Coulommiers décidera au mois de septembre suivant de l'affecter au Service auxiliaire mais fin 1917, après un détachement aux travaux agricoles, il passera au 31e Régiment d'Infanterie).
Un de ses amis, Léon Eusèbe Picot (Verdelot 18 août 1876-Sablonnières 20 févr. 1945) lui-même mobilisé lui écrivit à cette époque :
« Le 21 mars 1915
« Cher camarade
« Je fait réponse a votre lettre que je vient de reçevoir qui ma fait bien plaisir d’avoir de vos nouvelles, et de penser que loingt de nous il y a des amis qui pense a nous et nous suivent des yeux
« depuis quelques temps nous sommes au repos mais je crois que ces jours ci nous allons remettre cela, nous avons encore un petit compte a regler avec ces fumiers là, et espérons bien que d’ici peu nous aurons le bonheur de leur faire un pas de conduite dans leur pays de sauvage et en vitesse. Je suis en bonne santé et souhaite que vous soyez tous de même. Bien des compliments de ma part a votre petite famille et aux camarades. Les quelques rares camarades restant avec moi vous souhaite bien le bonjour. Fontaine, Thoral, Degrange. Votre camarade et ami L. Picot. 276e 17e comp…. »
A l'issue de ces quatre années de guerre, c'est une population meurtrie dans ses biens et dans sa chair qui reprenait vie. Le 11 novembre 1918, l'armistice était signé puis les hommes furent démobilisés et les prisonniers de guerre qui avaient survécu revinrent d'Allemagne. L'incertitude du retour d'un fils ou d'un frère demeurait pourtant dans les familles des disparus dont le décès ne devait être déclaré qu'ultérieurement par le tribunal de Coulommiers, dans certains cas en 1921 seulement. Dans l'ensemble, cependant, la commune pouvait commencer à se remettre lentement de ses blessures, avant de voir à nouveau arriver l'envahisseur germanique en 1940.
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