Sous les canaux les fleuves
Cette frise est une coupe longitudinale, dans un cours d’eau fictif. Elle retrace l’évolution des rapports de domination entre les Hommes et les cours d’eau, qui impliquent des modifications paysagères et un appauvrissement de la biodiversité.
Fleuve
(du latin fluvius dérivé de fluere) : signifie couler.
Un fleuve est un long cours d’eau aux affluents nombreux et au débit variable.
Il possède une source et, le plus souvent, se jette dans une mer ou dans un océan.
Canal
(du latin canalis, dérivé de canna) : définie un roseau ou un tuyau.
Au XIIe siècle, le mot canal était plus employé pour définir le lit d’une rivière, d’un ruisseau ou d’un fleuve tandis qu’XVe siècle, comme un terme d’anatomie.
Selon le dictionnaire de l’académie française, le mot canal a plusieurs définitions :
1. Conduit naturel par lequel l’eau, la vapeur, les gaz circulent dans la terre.
2. Voie navigable creusée de la main de l’Homme, destinée au transport par bateau.
3. Tranchée permettant la circulation de l’eau.
4. Tout conduit permettant l’écoulement d’un liquide, d’un fluide.
5. Support matériel assurant la transmission d’un message.
6. Voie, moyen, entremise dont on se sert pour une fin déterminée.
7. Refouillement ; moulure creuse, généralement curviligne.
En Europe, les cours d’eau ont été condamnés à voir leur état modifié par l’empreinte humaine. Exploités pour transporter les humains et leurs marchandises, sectionnés par des écluses, corsetés par des structures maçonnées, franchis par des ponts, les fleuves ont été modifiés pour assouvir les désirs des Hommes.
Aujourd’hui les fleuves ne sont pas tels que l’on pourraient les projeter dans notre imaginaire : naturels et en bonne santé. Bien au contraire, ils ont subis des siècles de productivisme.
Plusieurs caractéristiques sont à prendre en compte pour observer les dysfonctionnements d’un fleuve canalisé : tout d’abord, l’espace où l’eau circule, le lit ; puis le débit, qui doit varier pour assurer le développement ou le non-développement de certaines espèces, et enfin la composition chimique. Ces éléments sont donc altérés à cause des nombreuses transformations que ces fleuves ont connu.
Depuis plus de vingt ans, de nombreux projets en Europe s’inscrivent dans une démarche d’assainissement et de préservation écologique et cherchent à « renaturer » les cours d’eau.
En regardant de plus près ces transformations d’un état canalisé à un état dit « renaturé », plusieurs critiques sont à mettre en avant.
D’une part, ces projets se déploient, pour la plupart des cas, sur quelques centaines de mètres seulement, soit une infime partie du cours d’eau concerné. Or, une intervention localisée a un impact minime sur les pollutions et les dysfonctionnements que créer un canal.
D’autre part, ces aménagements ne cherchent pas à changer l’ordre établi. Les rapports entre Hommes - Fleuves - êtres vivants / non-humains restent hiérarchisés en faveur des humains.
Derrière ses projets de « renaturation » se cachent finalement l’ajout de nouveaux usages à but lucratifs.
Si la nature est réduite encore un objet, toute tentative de la « restaurer » dans le système actuel ne peut que s’inscrire dans la continuité de l’ère anthropocène.