Publier en autoédition est toujours un défi et une prise de risques.
Au départ, c’est la longue patience de la recherche et le plaisir de la découverte. Il faut ensuite trier, classer une masse importante d’informations avant la phase d’écriture proprement dite. Puis il faut choisir les illustrations et peaufiner la mise en page. C'est ensuite la recherche d' un imprimeur et la remise de la maquette du livre sur CD ; c’est l'imprimeur qui réalise la couverture en suivant mes indications : choix des couleurs et de l’illustration principale notamment.
Vous passez alors commande et vous payez la facture sans savoir si le livre aura du succès. Et c’est au bout de plusieurs années de travail que vient le temps du partage avec les lecteurs.
Ce premier livre est consacré au destin de la seigneurie de Solre-le-Château. Après avoir mis en place les cadres géographique et historique, les sources (historiques, littéraires, iconographiques et archéologiques), j'ai suivi l'évolution du château depuis la fondation (un premier castrum) jusqu'à sa disparition au cours de la période révolutionnaire, en passant par divers stades : le fortin du XII ème siècle, la forteresse des XIII ème et XIV ème siècles, le château-fort des XV ème et XVI ème siècles, la cense du château aux XVII ème et XVIII ème siècles.
Philippe Tabary (le "parrain" ), Christian Binoit, l'auteur et Philippe Lety, Maire de Solre-le-Château, lors de la présentation en juin 2006.
Château, un mot magique dans l’imaginaire des pays et des hommes, un mot qui voisine avec abbaye et église pour désigner les premières institutions de nos sociétés organisées. Château, en Hainaut, terre de contrastes et de contacts, de passage et de saccage, chaque localité, le moindre hameau, la plus petite bourgade , avait le sien, en comptait parfois plusieurs, lieux de refuge, promesse de sécurité, point d’ancrage des hiérarchies et des stratégies, amorce de l’activité économique, cristallisation d’une ébauche de vie culturelle avant la lettre, berceau de familles dont le nom, souvent issu du cru, conjugué dans des alliances multiples, croisées et vite inextricables au non initié, tisse une généalogie des lignages et des apanages, des hyménées et des épopées, des gémonies et des hégémonies. Château …
De ce haut lieu du quotidien le plus ordinaire autant que de l’épopée parfois la plus héroïque, bien des communes sont aujourd’hui orphelines tout en conservant nombre de souvenirs qui sont comme le deuil de leur bravoure de jadis. Glageon, Anor, Berlaimont, Aymeries, Landrecies, Villers, Avesnes sont ainsi parmi les pupilles de la passion évanouie, de la gloire évanescente de jadis. Et Solre, dans un contexte jamais comparable et toujours imparable, s’inscrit dans ce martyrologue des temps passés et des rêves cassés. Ici, le château n’est plus nulle part, et en même temps il est partout, dans le souvenir de ses hauts faits, dans les titres de gloire de ses occupants, dans la pompe des dignités qu’ils se sont méritées : seigneurie d’abord, comté ensuite, principauté enfin. Dans les tourments et les méandres de l’histoire, la petite localité s’est hissée au rang des grandes, s’est acquis un prestige que la disparition de la bâtisse elle-même ne suffit pas à mettre plus bas que terre. Château …
Un château, c’est toujours la rencontre entre une géographie, une histoire, des techniques et des circonstances. A Solre comme ailleurs, ce mélange intime, éphémère dans les proportions de son contenu, éternel dans ses relations avec son environnement, a trouvé son ancrage avant d’aller vers son étiage. Et c’est le grand mérite de Nicole Binoit, passionnée de Solre où elle a tout appris d’elle-même et tant appris aux autres, que de retracer pour nous, avec le souci de la précision et le scrupule de la lisibilité, cette épopée née aux temps les plus reculés et à la fois les plus avancés de notre passé. Grâce à elle, le moindre détail prend sens, le moindre événement revit et nous fait revivre les heurs et malheurs de nos terres et de nos pères. Grâce à elle, la citadelle disparue redevient omniprésente, reprend vie, retrouve sens, nous restitue notre petite partie d’un formidable patrimoine collectif. Car de ces robustes constructions de jadis, nous sommes tout à la fois propriétaires et locataires, nous qui sommes à la fois les lointains descendants des manants de jadis et les témoins inconscients de l’immanent de tout temps. Château …
Lire, c’est dire, écrire c’est recréer : passée des Beaumont aux Berlaymont encore proches des Floyon, puis aux Lannoy et aux Croÿ, la place de Solre a valu à ses seigneurs honneurs et considération, mais aussi assauts et menaces. Chose singulière en ces terres si profondément charcutées par les aléas du combat, ici au contraire, c’est l’excès d’honneurs échus à ses seigneurs qui valut au château le début de son déclin ! Entraîné dans un sillage de responsabilités, de gloire et de charges, son ultime et plus illustre prince, Emmanuel de Croÿ l’abandonne au profit de l’Hermitage à Condé-sur-Escaut, où il passe le plus clair du temps que lui laissent ses obligations à la Cour et ses fonctions à Calais. Las, ce dédain apparent de son seigneur vaudra progressivement au château celui de la population : alors que partout dans les environs, les nobles vivent en étroite entente avec les paysans, ici la tourmente révolutionnaire trouvera à se singulariser à peu de frais et se polarisera sur la « belle endormie », ce château à l’abandon, qui n’est plus, faute de liens humains, que le symbole abstrait d’un régime en déshérence. Entre 1794 et 1800, comme le note scrupuleusement Nicole Binoit, en étayant d’arguments concrets ces dates précises, Solre expulsera son passé pour se réveiller orphelin de son identité : depuis lors, sa grand-place est une cicatrice, sa mémoire le moignon d’une amputation qui pour être volontaire n’en est pas moins cruelle. Château …
Complexe d’Œdipe en même temps que querelle de régime, la fière bâtisse n’est plus, mais grâce à la minutieuse étude de Nicole Binoit, grâce à ses recherches pénétrantes, à ses commentaires pertinents – et quand il le faut impertinents aussi – grâce à son zèle pointilleux qui a permis de retrouver, outre la célèbre miniature d’Adrien de Montigny, un tableau du Roeulx et divers autres documents, études et croquis, son ombre n’a pas fini d’être la lumière de notre long sevrage. Le passé qui renaît n’est pas celui des opérettes ni des récits de cape et d’épée ; il est celui du quotidien de nos ancêtres, de nos terres, de nos contrées, pour devenir ce qu’elles sont, malgré elles parfois, et pour le demeurer résolument, malgré les circonstances là encore, sans en rester captives pernicieusement. Car par-delà tout ce qui n’est plus resplendit ce qui a été, et renaissent ceux qui l’ont permis, encouragement aux manants d’aujourd’hui à voir plus loin que leur horizon immédiat et en apparence, mais en apparence seulement bouché à tout renouveau. Ainsi l’histoire relativise-t-elle les difficultés du présent et les doutes du passé ; ainsi Solre continue-t-il à porter fort et loin la fierté simple et la force discrète, mais résolue, de sa région et de sa population. Les souvenirs éclairent les devenirs, hier est l’école de demain, la nostalgie cède le pas à une philosophie de l’histoire et à une sagesse du quotidien. Château …
Mesdames, Messieurs,
Je veux tout d’abord remercier la Municipalité de Solre-le-Château qui nous accueille dans son salon d’honneur.
Je m’associe à M. le Maire pour remercier toutes les personnalités réunies ce soir, et qui représentent les domaines politiques, culturels, éducatifs et associatifs du Solrézis. Votre présence témoigne de votre intérêt pour notre région et son patrimoine. Voilà une chose que nous avons en commun !
Bien que n’étant pas née à Solre-le-Château, j’y suis arrivée très jeune puisque j’ ai fréquenté son école maternelle de la rue de Beaumont. Au fil des années je me suis rendue compte de la richesse de l’histoire locale. La curiosité est devenue une véritable passion. Depuis environ 40 ans je collectionne les documents, les cartes postales anciennes, les photographies ; je classe tous ces éléments par thèmes afin de reconstituer le puzzle de l’histoire locale. Cette passion, j’ai souhaité la partager avec des amis au sein de l’Association culturelle du Solrézis en organisant des conférences, des expositions …. Puis en tant que professeur j’ai transmis ce virus à mes élèves au moyen de nombreux projets pédagogiques : création d’un mini roman historique « Les affûts de Sor », une exposition et un vidéogramme sur les industries solréziennes ou encore le concours de la résistance et de la déportation à travers l’Avesnois …. Pour n’en citer que quelques uns. Mais après 38 ans d’enseignement au collège du Solrézis l’heure de la retraite est venue, c’était mon appel du 18 juin 2004 ; cela fait donc à quelques jours près, deux ans !
Que faire de ce temps libre retrouvé ? J’avais consacré deux ans à préparer un mémoire de maîtrise soutenu en 1991. J’ai décidé de le remanier ! En particulier la mise en page et les illustrations ont été « rajeunies ». Solre-le-Château a un passé prestigieux qui n’est pas encore assez connu ; un livre pourrait contribuer à le mettre en valeur ; et puis ce passé est lié à de nombreuses communes voisines qui formaient autrefois le « pays de Sor », nous parlons aujourd’hui de Solrézis ! Voici donc au terme de ces deux années de retraite active le but atteint !
Je remercie Philippe Tabary qui vous a présenté mon livre. Je l’avais sollicité pour écrire la préface parce que c’est un ami, c’est un homme de talent comme vous avez pu en juger précédemment mais c’est surtout un connaisseur de châteaux. Vous n’ignorez pas que chaque été il anime les visites dans deux châteaux de l’Avesnois ; il participe avec générosité à l’opération Art et Histoire qui vient en aide à l’Association des Paralysés de France. Je le remercie d’avoir su mettre en valeur l’intérêt de mes recherches sur le château de Solre et ses seigneurs.
Je remercie très vivement aussi l’Association Culturelle du Solrézis qui par son soutien financier a grandement facilité la publication de ce livre. Merci à Annette, Ginette, Jacqueline, Michel et Jacky !
Merci enfin à toutes celles et à tous ceux qui m’ont manifesté ce soir leur sympathie en répondant à notre invitation.
A gauche, une vue des Albums de Croÿ intitulée "Le village de Solre le Chastiau" au tout début du XVII ème siècle et ci-dessus le château de Solre vers 1608 d'après une autre vue des Albums de Croÿ, intitulée "Le chastiau de Solre le Chastiau", oeuvre d'Adrien de Montigny.
Le château de Solre au début du XVII ème siècle d’après le tableau dit de «La chasse à courre » vers 1630 (château du Roeulx en Belgique)
Partie centrale du plan de Masse de Plaisance : les rabats (ou retombes) des toitures sont soulevés et dévoilent le plan intérieur du rez-de-chaussée.
Plan levé en 1732 par Claude Félix Masse de Plaisance, ingénieur géographe au service du roi de France Louis XV.
Les premiers seigneurs de Solre sont des châtelains de Beaumont issus de la Maison de Barbençon jusqu'en 1417. La seigneurie passe ensuite dans la Maison de Berlaymont jusqu'à la mort d'Adrienne en 1493. La Maison de Lannoy est ensuite présente à Solre jusqu'à la mort de Marie de Lannoy en 1580. Finalement la seigneurie revient à la Maison de Croÿ et y reste de 1580 jusqu'à la Révolution française de 1789.
Armes de Barbençon
Armes de Berlaymont
Armes de Bauduin de Lannoy
Armes de Croÿ
Philippe II de Croÿ (1562-1612) : fils aîné du troisième lit était seigneur de Molembaix, Solre-le-Château, Tourcoing, Cauroy, Pair de Cambrésis, Chevalier de la Toison d’Or, gouverneur et grand-bailli de Tournai et du Tournaisis (1591-1612), conseiller d’Etat d’Epée, capitaine des archers-gardes-du-corps du Roi aux Pays-Bas en 1588, grand Ecuyer des archiducs Albert et Isabelle, grand veneur héréditaire du Hainaut. Il mourut en Bohême le 4 février 1612. Il eut trois épouses : 1) en 1582 : Anne de Beauffort dont il eut un fils Jean de Croÿ ; 2) en 1593 : Anne de Croÿ et 3) Guillemette de Coucy-Vervins
Portrait d’Emmanuel de Croÿ en Maréchal de France (château du Roeulx en Belgique). Emmanuel de Croÿ-Solre, 7ème duc de Croÿ, Grand d'Espagne de 1ère classe, prince de Meurs et de Solre, prince du Saint-Empire, baron de Condé. Né à Condé-sur-Escaut le 23 juin 1718. Maréchal de France le 13 juin 1783. Il avait épousé à Paris le 18 février 1741 Angélique-Adélaïde d'Harcourt-Beuvron (fille d'un maréchal) ; elle mourut à l'âge de 27 ans. Le duc de Croÿ resta toujours fidèle au souvenir de sa femme et ne se remaria jamais. Il décéda en 1784.
Une partie des anciennes douves
L'ancien corps de bâtiment (autrefois casernes)
Le contrepoids du pont-levis
« J’ai trop tardé à vous remercier de l’envoi de votre bel ouvrage sur le château de Solre-le-Château. Votre envoi m’a fait un réel plaisir … je vous félicite aussi pour votre courage … » Monsieur Jacques THIEBAUT , Professeur émérite des Universités - Lille III - Histoire de l’Art du Moyen-Age
« J’ai acquis votre livre bien récemment. Je l’ai connu par l’intermédiaire de la Société Historique et Archéologique de l’Arrondissement d’Avesnes dont je suis membre. Je tenais tout simplement à vous dire combien je l’ai apprécié. Son organisation, sa structure, la méthode retenue pour décrire suite au peu de sources existantes l’évolution, la confrontation des données, tout cela m’a paru très solide et digne d’éloge. J’ai beaucoup aimé la clarté de votre écriture et votre honnêteté intellectuelle.
Veuillez croire Madame à ma très sincère considération pour un tel ouvrage. » Monsieur CARION 13 290 LES MILLES
« Permettez-moi de saisir cette occasion pour vous remercier de nous avoir fourni un ouvrage d’histoire locale digne de ce nom, ouvrage que nous avons particulièrement apprécié personnellement, imités en cela par nos clients qui l’ont acquis et nous ont fait connaître leur satisfaction. »
M. et Mme ROUSSELLE Librairie du Nord à Jeumont
« Ce livre ne manquera pas d’intéresser tous les passionnés de l’histoire de notre région. » M. HANNECART Conservateur en chef à la Bibliothèque Multimédia de Valenciennes
« J’ai découvert avec plaisir votre ouvrage sur la ville de Solre-le-Château : « Le château de Solre et ses seigneurs» dont les mérites et le sérieux de la recherche avaient été vantés dans un numéro du COURRIER DE FOURMIES. » M. NOËL - Paris