C’est à John Biggs (1996)② qu’on doit l’expression « alignement constructif » dans la recherche en éducation. C'est une méthode de conception et d’évaluation d’un apprentissage « profond » (deep learning). Il s’agit de définir les notions et concepts au préalable (qu’est-ce que l’étudiant apprend) puis de réfléchir comment valider la maîtrise de l’apprentissage (qu’est-ce qui valide que l’étudiant a réussi) et enfin d’organiser les activités d’apprentissage (comment l’étudiant apprend)
objectifs ou indicateurs explicites, observables et mesurables
critères d’évaluation authentiques, transparents et équitables
consignes d’activité claires et précises
Selon Grant Wiggins et & Jay McTighe, cette approche exige « (1) que les activités de dispositifs d’apprentissage (“learning outcomes”) et (2) que les dispositifs d’évaluation permettent effectivement de mesurer jusqu’à quel point les objectifs d’apprentissage sont atteints » ⑯. Il faut donc viser la cohérence entre ces trois éléments.
Si l’alignement constructif n’est pas respecté, cela peut entraîner des obstacles au niveau des évaluations (notes en deçà des attentes, difficultés à évaluer l’atteinte des indicateurs) ou encore un désintérêt ou un manque de mobilisation de la part des étudiants.
Exemple : l’indicateur cible une analyse, les activités en classe tournent autour d’échanges et de débats à propos d’études de cas et l’examen est un QCM. Il y a donc un déséquilibre. Suggestion : aligner l’évaluation avec le niveau des activités et l’objectif cible.
L’alignement constructif est tout à fait adapté à une entrée par compétences telle que La Cité a choisi de mettre en place ④. Si dans une approche plus traditionnelle, l’enseignant part du contenu à enseigner pour bâtir son cours, avec l’alignement constructif il cible en priorité les résultats attendus, puis les dispositifs d’évaluation et enfin la construction des activités d’apprentissage.
Varier les méthodes pédagogiques pour cibler un savoir agir complexe (savoir, savoir faire, savoir être).
Cibler la cohérence des indicateurs, des modalités d’évaluation et des modalités pédagogiques.
Placer l’étudiant dans un contexte professionnel.
Clarifier les nouveaux concepts.
Donner du sens aux activités.
Cibler la transparence.
Créer des liens logiques entre l’activité et le cours, le cours suivant ou précédent, le programme.
Est-ce que les activités préparent l’étudiant à ses évaluations, puis à la pratique du domaine ?
Est-ce que les évaluations sont suivies d’une rétroaction pour guider l’étudiant ?
Est-ce que l’évaluation porte sur l’indicateur ou l’objectif d’apprentissage ?
À chacune de ces questions, l’enseignant doit pouvoir répondre OUI sans hésiter.
Selon Piaget (1969-1974), on favorise l’apprentissage par l’activation des connaissances antérieures. D’ailleurs, il affirme qu’il faut réussir pour apprendre et non apprendre pour réussir ⑪.
L’apprentissage commence par l’assimilation. Il s’agit pour l’étudiant de faire des liens entre ce qu’il étudie et ce qu’il connaît déjà. Dans cette démarche d’activation, l’enseignant va le guider et l’amener à prendre conscience de ses acquis et de ses réussites antérieures. Ensuite, l'accommodation permet d’appliquer ces connaissances, de les transformer et d’intégrer les nouveaux apprentissages.
En termes simples, assimiler des connaissances, c’est les rendre semblables à celles que l’on possède ; accommoder des connaissances, c’est transformer celles que l’on possède en nouvelles connaissances.
C’est à Edward Deci et Richard Rian (1985-2002) qu’on doit les recherches sur l’amotivation, la motivation intrinsèque et la motivation extrinsèque. Dans la première, l’individu n’est pas motivé à agir ; dans la deuxième, il agit sans attente de récompense externe, par intérêt personnel ou par plaisir ; dans la troisième il agit poussé par un facteur externe (gratification , pénalisation , approbation). En favorisant la motivation, on favorise l’apprentissage.
L’engagement de l’étudiant est un signe de sa motivation intrinsèque. Il s’engage plus volontiers s’il trouve de l’intérêt ou même du plaisir à l’activité proposée. « [L]a motivation intrinsèque est une forme de curiosité qui pousse à vouloir apprendre parce que l’objet de l’apprentissage suscite un intérêt. » (F. Guillemette et al., 2004) ⑩.
Selon Vallerand (1997), on peut diviser la motivation intrinsèque en trois catégories :
motivation intrinsèque à la connaissance : l’étudiant qui participe parce qu’il aime apprendre
motivation intrinsèque à la stimulation : l’étudiant qui participe parce qu’il aime les sensations que les activités lui apportent (découverte, amusement, goût de l’esthétique, etc.)
motivation intrinsèque à l’accomplissement : l’étudiant qui participe parce qu’il aime relever des défis
Ce n’est pas la note qui doit motiver l’étudiant. Si on fait appel à la motivation intrinsèque, l’engagement pour les évaluations formatives est acquis !
Attention, il est important de ne pas oublier les TIC ! Les ressources ne sont pas uniquement les lectures ou visionnements que le professeur propose aux étudiants.
Les échanges avec les autres profs du programme, l’intervention d’un conférencier, la visite d’un milieu de travail sont autant de ressources possibles pour préparer une séance de cours.