Michel Morange est nommé Assistant en octobre 1973 puis Maître-Assistant en octobre 1977, enfin Professeur en 1985, àParis 6 puis transféré plus tard sur un poste Paris VI-ENS.
Il assurera des enseignements en Magistère de Biologie-Biochimie puis en Licence et Master de Biologie, en Biochimie des Protéines, en Biologie Moléculaire, en Biologie du Développement, en Histoire des Sciences et en Épistémologie.
Il fut responsable du DEA de Structure, Fonction et Ingénierie des Protéines des Universités Paris VI, Paris VII et Paris IX, de l’ENS, de l’École Polytechnique et du CEA de 1994 à 1999.
Il a donc enseigné presque toutes les matières formant la Biochimie, la Biologie Moléculaire y compris le métabolisme.
Pour Michel Morange, c’est un atout d’avoir ainsi enseigné ces diverses disciplines alors qu’il poursuivait ses recherches sur l’étude des protéines de choc thermique, ce qui exigeait d’avoir accès à une littérature empruntée à divers domaines de la Biologie.
Progressivement, il a consacré plus de la moitié de son temps d’enseignement à l’histoire et à la philosophie des sciences, afin, de répondre à la forte demande dans les cursus scientifiques.
M.T
Mes enseignements
La liste des enseignements que j’ai donnés présentée ci-dessus paraîtra peut-être incohérente aux lecteurs et aux lectrices. Elle est en réalité le résultat de plusieurs objectifs différents, et ce sur plus de 40 années de carrière. Quand on est enseignant-chercheur, la première motivation est de faire bénéficier les étudiants et les étudiantes des connaissances que l’on a acquises par son travail de recherche. En résulte un enseignement «à la page », ce qui motive les enseignants et rend les auditoires plus attentifs. Tel est le cas de mes enseignements de biochimie (enzymologie et structure des protéines) que j’ai d’abord donnés à Paris VII, puis à Paris VI. Les connaissances que j’avais acquises durant ma thèse se sont transformées et enrichies mais sans rompre avec leur passé. Je les suivis avec intérêt, ce qui m’a permis de continuer à les enseigner jusqu’à la fin de ma carrière.
Il y a aussi des enseignements que l’on vous propose comme un honneur, par exemple pour devenir membre de l’équipe pédagogique du magistère de biologie de l’École normale ; même si tout le monde sait très bien que vous n’êtes pas un spécialiste du domaine. Ce sont souvent des matières fondamentales, comme le métabolisme que l’on me proposa. Je l’avais appris pendant mes études de biochimie ; mais je travaillais néanmoins beaucoup pour préparer mes cours. Je n’ai jamais regretté d’avoir fait cet effort : le métabolisme est une matière passionnante, le point de convergence de la chimie structurale, de la chimie organique et de la thermodynamique. Cet enseignement m’a beaucoup apporté.
Mon travail de recherche a évolué : je me suis de plus en plus intéressé aux cellules et à la signalisation cellulaire, et aux techniques de la biologie moléculaire. De même, mes travaux en biologie du développement m’ont conduit à enseigner les aspects moléculaires et cellulaires du développement.
Enfin, depuis mes débuts en enseignement, je souhaitais faire découvrir aux étudiants l’histoire des sciences et l’épistémologie, la première décrivant l’accroissement des connaissances et la seconde les méthodes qui l’avaient rendu possible. Il est toujours possible d’introduire quelques éléments historiques dans n’importe quel cours de science, mais je souhaitais faire plus : montrer, dans des modules courts d’enseignement, toute l’importance de ces disciplines pour la recherche. Ces enseignements ont pris des noms et des contenus différents, suivant qu’ils étaient destinés à des étudiants entrant à l’Université ou en fin d’études, issus de la seule biologie ou de plusieurs disciplines différentes et en respectant leurs désirs : travailler sur des textes d’historiens et de philosophes des sciences, ou écouter des conférenciers extérieurs. J’ai, dans les dernières années, ajouté des enseignements d’éthique car cette discipline est devenue indispensable, en particulier dans les sciences du vivant.
J’ai également enseigné l’histoire et la philosophie des sciences à des étudiants et des étudiantes qui étaient déjà décidés à travailler dans ces domaines.
Michel Morange