La frontière russo-lituanienne (280 km), le long de l’enclave de Kaliningrad, est l’une des plus sensibles dans le contexte de confrontation Est-Ouest. La militarisation de Kaliningrad, où la Russie a déployé des missiles Iskander à capacité nucléaire, inquiète Vilnius et l’OTAN.
Pour rappel, l’enclave de Kaliningrad est l’une des régions de la fédération de Russie mais s’en trouve isolée géographiquement depuis la disparition de l’URSS. Les échanges entre le Kaliningrad et le reste de la Russie se font soit par voie maritime, soit par voie terrestre à travers le territoire de la Lituanie avec laquelle un accord a été conclu au début des années 2000. Cependant, les regards de l’Alliance atlantique sont braqués sur un corridor stratégique : le corridor de Suwałki qui sépare le Belarus de Kaliningrad – et dont le contrôle permettrait de rompre la continuité terrestre entre les États baltes et le reste de l’Alliance.
Problèmes de transit
Kaliningrad dépend des routes ferroviaires et routières traversant la Lituanie pour ses approvisionnements. Depuis 2022, les restrictions imposées par Vilnius sur certains biens stratégiques (métaux, carburants) ont exacerbé les tensions. La Russie accuse la Lituanie de pratiquer un « blocus » économique.
Coopération militaire
La Lituanie, membre de l’OTAN, a renforcé ses infrastructures militaires près de Kaliningrad et participe activement aux exercices de dissuasion de l’Alliance. En janvier 2025, le président lituanien a annoncé son intention de porter les dépenses militaires de 2,85% a « 5 ou 6% » du PIB. Dans la même année, un détachement allemand a pris ses fonctions au sein du déploiement permanent de l'OTAN en Lituanie: c'est la première fois que l'armée allemande se déploie en dehors de ses frontières depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale.