« Faire preuve par le chiffre ? Une approche par le bas des expérimentations aléatoires ». Article écrit pour le GDR Economie & Sociologie en vue d’une soumission à la Revue Française de Socio-Economie.
Cet article se penche sur la question de la preuve telle que produite par les expérimentations aléatoires. Alors qu’elle est présentée par les promoteurs de cette méthode d’évaluation comme étant du plus haut niveau, je discute cette affirmation. J’interroge la pertinence et la qualité de la preuve que les expérimentations aléatoires produisent. La démarche que j’adopte consiste à les analyser en train de se faire et non telles qu’elles sont censées se faire. Je montre qu’avec une production de chiffres largement décontextualisée et une réflexivité réduite, la validité interne de cette méthode doit être fortement nuancée.
« Geometrical Data Analysis of the RCTs field leader: The Poverty Action Lab (J-PAL) ». Article en préparation pour un numéro spécial de la revue Historical Social Research à paraître fin 2017.
À l’aide des outils propres à l’Analyse Géométrique des Données (AGD), je mène une étude du J-PAL, le laboratoire d’Esther Duflo, qui est leader dans le champ des expérimentations aléatoires. En mobilisant une Analyse en Correspondances Multiples (ACM) ainsi qu’une Classification Ascendante Hiérarchique (CAH), je montre l’importance de l’expérience et de l’insertion professionnelle dans la structure de ce laboratoire, plus encore que le cursus académique. La CAH me permet d’affiner l’analyse en mettant en avant différents groupes de chercheurs affiliés au J-PAL.
« Randomized controlled trials (RCTs): A network analysis ». Article en préparation pour un numéro special de la revue Science in Context à paraître fin 2017.
Je mobilise l’analyse de réseau pour étudier les économistes qui ont recours à la méthode de l’expérimentation aléatoire. J’ai constitué deux bases de données : l’une qui contient les articles relatant une expérimentation aléatoire (base de co-auteurs), l’autre qui concerne les différentes expérimentations aléatoires lancées (base de co-expérimentateurs). En étudiant les réseaux des co-auteurs et des co-expérimentateurs, que j’affine en fonction des thèmes et des zones géographiques, je montre l’existence d’acteurs centraux. L’hypothèse que je formule est que ces leaders permettent de maintenir et de structurer le champ de la randomisation. En contrôlant la stabilité de la méthode, ils permettent d’en faciliter la diffusion.
« La révolution des RCTs en économie du développement a-t-elle eu lieu ? Un bilan des expérimentations aléatoires », Document de travail.
Une vingtaine d’années après l’apparition des expérimentations aléatoires dans le champ du développement, où en est-on ? Qu’est-ce qu’ont fait et qu’est-ce que n’ont pas fait les expérimentations aléatoires ? Ont-elles « révolutionné » le développement, pour reprendre le terme d’Esther Duflo ? Si on peut parler de succès académique, tant l’extension de cette méthode a été fulgurante, force est de constater qu’elle n’a pas modifié le paysage du développement autant que ses promoteurs l’espéraient. Les raisons sont variées : décalage temporel entre les décideurs et les chercheurs, manque d’opérationnalité des évaluations menées, complexité de la lecture des résultats…
« L’histoire oubliée de l’évaluation par assignation aléatoire », Document de travail.
Il existe une histoire officielle des expérimentations aléatoires : elles viendraient des essais cliniques randomisés, puisque c’est en médecine que serait née cette méthode. De plus, leur première utilisation en économie daterait des années 1960 aux États-Unis. Dans cet article, je m’attache à démonter cette histoire. La randomisation n’est pas née en médecine, mais relève d’une pluralité de disciplines (agronomie, psychologie, sciences de l’éducation, mais également médecine). De plus, cette méthode a été utilisée dès l’entre-deux guerres pour des questions de politiques publiques. Rétablir cette histoire des expérimentations aléatoires permet également d’en mieux saisir les limites qui ont émaillé à ces différentes époques.