« Comment expliquer le succès de la méthode des expérimentations aléatoires ? Une sociographie du J-PAL », SociologieS, 2018.
J’ai constitué une base de données prosopographiques exhaustive sur les chercheurs du J-PAL, constituée à partir d’un recueil systématique de leur CV, de leur activité au sein du laboratoire, de leur position au sein de revues de la profession, etc. Je montre que le caractère extrêmement élitiste des membres du laboratoire, si l’on en juge par leur cursus scolaire comme par leur position professionnelle et institutionnelle, est à même d’expliquer son impressionnant succès ces dernières années. Au-delà, cette forte concentration de capital scolaire et académique contribue à la légitimation de la méthode de l’évaluation par assignation aléatoire.
« The case for pluralism: what French undergraduate economics teaching is all about and how it can be improved », avec le collectif PEPS-Économie, International Journal of Pluralism and Economics Education, 2014, vol. 5, no 4, p. 385‑400.
Cet article est la traduction, revue et corrigée, de « L’enseignement de l’économie dans le supérieur : bilan critique et perspectives » (voir ci-après). Des considérations concernant l’enseignement de l’économie à l’international y sont ajoutées, en soulignant que les limites (notamment le faible pluralisme) se retrouvent dans un certain nombre de pays.
« Expérimenter le développement ? Des économistes et leur terrain », Genèses, 2013, vol. 4, no 93, p. 8‑28.
Dans cet article, je reviens sur le rapport au terrain qu’entretiennent les économistes pratiquant des expérimentations aléatoires. J’y décris tout d’abord l’émergence des expérimentations aléatoires dans le monde du développement. J’interroge ensuite le rôle du J-PAL (Poverty Action Lab), le laboratoire d’Esther Duflo, qui semble osciller entre celui d’un organisme de recherche et d’une ONG de lutte contre la pauvreté. Dans un second temps, je me penche plus particulièrement sur l’usage de la méthode. Je montre à quel point la pression à la publication a des effets très concrets sur la façon dont sont construites ces expérimentations, notamment au niveau du « traitement » dont on cherche à mesurer l’impact. Je souligne le rapport complexe qu’entretiennent ces économistes avec le terrain. Paradoxalement, alors que les promoteurs de cette méthode la présentent comme étant « de terrain », ils le tiennent à distance, en limitant l’usage de méthodes qualitatives.
« Mauvaise foi et courte vue », Contretemps, 2016.
Cet article vise à discuter la notion d’expérimentation, au regard du débat autour de l’ouvrage de Pierre Cahuc et d’André Zylberberg (Le négationnisme économique et comment s’en débarrasser). Il est repris et prolongé dans le chapitre que je signe de l’ouvrage Misère du scientisme en économie (voir ci-dessus).
« L’enseignement de l’économie dans le supérieur : bilan critique et perspectives », avec le collectif PEPS-Économie, L’Économie politique, 2013, vol. 2, no 58, p. 6‑23.
Cet article, ainsi que les matériaux nécessaires à son élaboration, sont le fait du collectif PEPS-Économie, duquel j’ai été un membre actif, notamment dans l’écriture de cet article. Nous avons constitué une base de données de la quasi-totalité des Licences d’économie en France, afin de dresser une cartographie de l’enseignement de l’économie dans le supérieur. Nos résultats montrent la très forte domination des enseignements quantitatifs ainsi que de la macroéconomie et de la microéconomie. Les approches réflexives (épistémologie, histoire de la pensée) ou historiques sont marginalisées, tout comme les cours d’ouverture aux autres sciences sociales.
« Pour un pluralisme dans l’enseignement de l’économie », avec le collectif PEPS-Économie, L’Économie politique, 2011, no 50, p. 49‑58.
Cet article, dont j’ai directement participé à l’écriture, émane du collectif PEPS-Économie, au sein duquel j’ai été un membre actif. Il discute de l’état actuel de l’enseignement de l’économie dans le supérieur et souligne la nécessité d’introduire un pluralisme en son sein. Ce pluralisme doit s’entendre selon plusieurs points de vue : disciplinaire et méthodologique (plusieurs disciplines doivent être enseignées conjointement), théorique (les différentes théories doivent être présentées équitablement) et conceptuel (des approches de l’économie comme l’épistémologie ou l’histoire de la pensée doivent être reconsidérées).