Journées du GDR ReSoDiv (Réseaux, Sociétés, Diversité)
15-16 octobre 2024
Salle 006-Panathénée, St Charles 2, Place Albert 1er – Montpellier
Programme :
· 15 Octobre : Journée de capitalisation (membres du GDR)
· 10h-12h30 : Atelier en vue de la préparation d’un ouvrage méthodologique capitalisant les travaux du GDR (animation : S. Caillon et M.Thomas)
· 12h30-14h : Pause déjeuner (Restaurant Broc Café)
· 14h-16h00 : Atelier en vue de la préparation d’un ouvrage méthodologique capitalisant les travaux du GDR (animation : S. Caillon et M.Thomas)
· 16h30-17h30 : Point sur le fonctionnement du GDR
· 16 Octobre : Journée de séminaires (ouverte)
Session 1 : Alimentation et dynamiques de la diversité cultivée
· 9h30-10h15 : Vincent Porcher – Caractériser les trajectoires de la diversité cultivée dans les systèmes agricoles des Suds, et explorer leurs conséquences sur les systèmes alimentaires.
· 10h15-11h00 : Océane Cobelli - L’agrobiodiversité au menu : quel est le rôle des préférences alimentaires dans la dynamique des plantes cultivées et quelle influence du genre sur les motivations liées à leur culture et à leur consommation ?
· 11h15-12h00 : Anne Marie Mabouloum - Qui commande la cuisine commande le champ : conserver l’agrobiodiversité par les usages en milieu rural soudano-sahélien ?
· 12h00-13h30 : Pause déjeuner (Traiteur, jardin d’hiver à St Charles 2)
Perspectives théoriques pour l’étude des dynamiques de l’agrobiodiversité
· 13h30-14h30 : Cedric Gaucherel - A single changing hypernetwork to represent (social-)ecological dynamics
Session 2 : Circulation(s) de l’agrobiodiversité, du local au global
· 14h30-15h15 : Gwendoline Lemaitre - Esquisse réflexive sur l’utilisation des SIG pour une étude de contexte interactionnel entre des lieux, des humains, et des animaux domestiques en Géorgie (Caucase)
· 15h45-16h45 : Alex Greene - La circulation des plantes dans la diaspora hmong comme pratique de résilience bioculturelle. Suivi d’une brève présentation du projet ANR DiaspoRes (Diasporas et Réseaux transnationaux de circulations de plantes) par Guillaume Odonne
Résumés et détails :
· Vincent Porcher
Post-Doctorant au CEFE, COSAV IRD systèmes alimentaires durables.
Caractériser les trajectoires de la diversité cultivée dans les systèmes agricoles des Suds, et explorer leurs conséquences sur les systèmes alimentaires.
L’érosion de l’agrobiodiversité, du champ à l’assiette, est un enjeu majeur de la durabilité des systèmes alimentaires, en particulier aux Suds. Le projet de postdoctorat vise à décrire les dynamiques de l’agrobiodiversité induites par les choix des agriculteurs et à mieux comprendre les multiples déterminants de tels choix (climatiques, économiques, sociaux). Cette analyse permettra ensuite de discuter de la conséquence de ces trajectoires sur la diversité nutritionnelle. Pour cela, je procéderai à une analyse de données déjà récoltées dans le cadre du projet ERC LICCI (Local Indicators of Climate Change Impacts) concernant les observations des agriculteurs relatifs aux adoptions et abandons d’espèces cultivées, ainsi que leurs déterminants. Cette base de données couvre une vingtaine de sites d’étude dans 14 pays en Amérique Latine, Afrique, Asie et en Océanie. Dans un second temps, ces données seront mises en relation avec des données relatives aux politiques publiques et aux dynamiques des marchés pour compléter la compréhension de ces trajectoires de diversité, ainsi qu’avec des bases de données existantes pour évaluer les conséquences de ces trajectoires en termes de nutrition.
· Océane Cobelli
Doctorante à l’UMR SENS, Montpellier.
L’agrobiodiversité au menu : quel est le rôle des préférences alimentaires dans la dynamique des plantes cultivées et quelle influence du genre sur les motivations liées à leur culture et à leur consommation ?
Actuellement dans le monde, nous assistons à une déconnexion croissante entre alimentation et agriculture, due aux stratégies agricoles productivistes qui privilégient une poignée de cultures de rente au détriment d’une agriculture vivrière diversifiée. Ce faisant, elles favorisent une agriculture majoritairement masculine et marginalisent d’autant plus la place des femmes au sein des systèmes agricoles. Pourtant, plusieurs études démontrent que ces dernières jouent un rôle crucial dans le maintien de l’agrobiodiversité à travers l’alimentation de leurs foyers. Alors même que plusieurs études soulignent la prédominance des motivations culinaires dans le maintien des plantes cultivées, la cuisine reste le lieu le plus sous-estimé de la conservation in situ de l’agrobiodiversité. Par le biais d’analyses qualitatives et quantitatives sur une cinquantaine d’entretiens réalisés auprès d’hommes et de femmes de deux zones rurales de la province de Larache au Nord du Maroc, je cherche à déterminer d’une part, quel est le rôle des préférences alimentaires dans la dynamique des plantes cultivées et quelles sont leurs interactions avec les autres motivations et contraintes de culture et, d’autre part, quel est le rôle du genre dans les motivations et les usages liés à cette diversité cultivée.
· Anne-Marie MABOULOUM
Enseignante-Chercheure, Département de Géographie, Université de N’Gaoundéré (Cameroun), amabouloum@gmail.com
Qui commande la cuisine commande le champ : conserver l’agrobiodiversité par les usages en milieu rural soudano-sahélien ?
Les contributions de la diversité cultivée sont désormais bien démontrées pour la fourniture de produits, leur fonction dans l’agrosystème et comme support de valeurs identitaires et culturelles. Si les analyses s’affinent sur les normes liées aux semences (Raimond et al., 2023), l’origine des semences (Violon et al., 2016 ; Porcuna-Ferrer et al., 2024) et les motivations de choix des espèces et des variétés au sein des exploitations (Labeyrie et al., 2023), les contributions économiques de cette diversité au budget des ménages n’a pas encore fait l’objet d’une analyse détaillée. Des enquêtes, réalisées dans le cadre du programme de recherche « Plantadiv » ont permis de collecter un important jeu de données, donc une partie a été valorisée dans le cadre d’une thèse de Doctorat en Géographie, celle sur l’inventaire de l’agrobiodiversité. Et les données à l’échelle des ménages sont inexploitées, alors qu’elles ont été collectées pour évaluer les contributions de l’agrobiodiversité aux budgets des ménages et celles des choix des cuisiniers à la préparation des repas. Ce jeu de données a été obtenu par la mise en place d’un protocole bi-mensuel de suivi de la consommation alimentaire pendant une année dans 47 ménages, répartis dans 3 villages donc 2 au Cameroun (18 ménages à Gadas et 15 ménages à Garey Sud) et 1 au Tchad (14 ménages à Sokoye).
· Cédric Gaucherel
UMR AMAP – INRAE, University of Montpellier, CNRS, CIRAD, IRD, Montpellier, France
A single changing hypernetwork to represent (social-)ecological dynamics
To understand and manage (social-)ecological systems, we need an intuitive and rigorous wayto represent them. Recent ecological studies propose to represent interaction networks into modular graphs, multiplexes and higher-order interactions. Along these lines, we argue here that non-dyadic (non-pairwise) interactions are common in ecology and environmental
sciences, necessitating fresh concepts and tools for handling them. In addition, such interaction networks often change sharply, due to appearing and disappearing species and
components. We illustrate in a simple example that any ecosystem can be represented by a
single hypergraph, here called the ecosystem hypernetwork. Moreover, we highlight that any ecosystem hypernetwork exhibits a changing topology summarizing its long term dynamics (e.g., species extinction/invasion, pollutant or human arrival/migration). Qualitative and discrete-event models developed in computer science appear suitable for modeling hypergraph (topological) dynamics. Hypernetworks thus also provide a conceptual foundation for theoretical as well as more applied studies in ecology (at large), as they form the qualitative backbone of ever-changing ecosystems.
· Gwendoline Lemaitre
Doctorante LESC CNRS
Esquisse réflexive sur l’utilisation des SIG pour une étude de contexte interactionnel entre des lieux, des humains, et des animaux domestiques en Géorgie (Caucase).
Ma thèse de doctorat s’inscrit dans une dynamique actuelle des sciences humaines et sociales valorisant des études prenant en compte l’agentivité de tous les êtres coprésents et collaborant potentiellement à une situation. Ma propre problématique de recherche sur la mobilisation de lieux et les savoirs qui y sont associées par une population de pasteurs transhumants déplacée entre les montagnes et les plaines dans le courant du XXe siècle. Dans ce cadre de recherche, je me suis interrogée sur la possibilité d’observer matériellement les conditions d’élaboration d’un lieu en contexte pastoral. Pour ce faire, je me suis orientée vers l’étude des synergies, déambulations et déplacements d’humains, d’animaux auxiliaires de l’élevage (les chiens de protection notamment) et des animaux des troupeaux (ovins, caprins et bovins). Quatre ans plus tard, je propose un retour critique sur cette recherche toujours en cours en présentant quelques résultats de ma collaboration avec Gustave Fardin docteur en écologie (CEFE). Je présenterai trois exemples d’analyses géographiques différentes et leurs intérêts pour ma recherche : l’analyse de domaines vitaux humains, ovins et canins sur les pâturages d’hiver en période d’agnelage ; l’observation de types de déplacement (classifiés par vitesse) de plusieurs espèces en contexte de transhumance et donc de grande mobilité ; et la visualisation d’une organisation pastorale estivale reposant essentiellement sur la spatialisation et l’étagement des êtres (groupes d’espèces, d’âge et sexués).
· Alex Greene
Doctorant au LEEISA (Laboratoire Ecologie, Evolution, Interactions des Systèmes amazoniens), CNRS.
La circulation des plantes dans la diaspora hmong comme pratique de résilience bioculturelle
Parmi l’exode des réfugiés fuyant le Laos à la fin des guerres d’Indochine en 1975 se trouvait un nombre important de Hmong, qui ont été accueillis principalement par les Etats Unis, la France, la Guyane française et l’Australie. Malgré leur dislocation spatiale et culturelle, les communautés de cette diaspora globale ont maintenu des liens forts avec les Hmong du Laos et de la Thaïlande, qui leur ont permis de mettre en place des réseaux de circulation informelle de plantes à l’échelle globale. Cette circulation a aidé des individus, des familles et des communautés hmong à reproduire des aspects de leur culture agricole, culinaire, médicinale et spirituelle tout en facilitant l’adaptation des pratiques face aux nouvelles conditions de vie dans les pays d’accueil. A travers des inventaires de plantes dans des jardins et des fermes hmong en Guyane, en France, aux Etats Unis et en Thaïlande ainsi que des entretiens avec les cultivateurs, cette étude vise à cartographier les flux des plantes entre les communautés et à comprendre comment ils contribuent à leur résilience bioculturelle.