Aujourd’hui il pourrait pleuvoir. C’est pourquoi je ne veux prendre aucun risque et propose une activité qui nous permet d’être à l’abri : la découverte de la grotte de Choranche. A cette date, la première visite (obligatoirement guidée) a lieu à 11 h 30 mais nous décidons de nous y rendre un peu plus tôt afin d’explorer les alentours.
Le trajet routier est déjà un spectacle à lui tout seul puisqu’il emprunte les gorges de la Bourne, un itinéraire grandiose et vertigineux reliant Villard-de-Lans à Pont-en-Royans, taillé dans la falaise, ouvert en 1872 après onze ans de travaux titanesques. C’est l’une des routes mythiques du Vercors.
Depuis le parking de la grotte, on peut déjà se faire une petite idée du site, un magnifique cirque rocheux d’où l’on voit jaillir une cascade dont nous découvrirons, en nous en approchant, la gangue de tuf calcaire qui l’encadre.
Cascade...
... Gournier
Si l’on avait anticipé davantage, on aurait pu poursuivre jusqu’à un lac souterrain mais c’est déjà l’heure de la visite.
La grotte a été découverte en 1871 par des habitants de Choranche. A la suite d’une période de sécheresse, les villageois étaient à la recherche d’une nouvelle source d’eau pour alimenter leur commune. Au pied des falaises de Presles, ils ont pénétré dans une étroite cavité d’où sortait de l’eau. Après avoir écarté quelques rochers, ils ont trouvé une immense salle et un grand lac. Ce n’est que plus de vingt ans plus tard, à partir de 1897, que la grotte a véritablement commencé à être explorée.
Il n’y a plus qu’à aller voir à notre tour les merveilles qu’elle recèle.
En compagnie d’une guide et d’une dizaine de visiteurs, nous pénétrons alors dans un univers féérique de rivières et de lacs, de galeries et de concrétions, où d’étranges stalagmites côtoient des stalactites tout aussi étonnantes. L’ensemble est mis en valeur par un éclairage subtil et bien dosé, activé bien à propos, au fil de notre déambulation.
La véritable particularité de cette grotte, ce sont cependant ses stalactites fistuleuses, des milliers de paille de calcite d’une blancheur cristalline, très fragiles, suspendues au plafond dont certaines peuvent mesurer plus de trois mètres de long.
Autre spécificité de Choranche : la grotte abrite, dans des aquariums et dans un but de sauvegarde de l’espèce, le plus ancien prédateur du monde souterrain : le protée. Ces spécimens (qui n’ont jamais été présents dans la région) sont originaires de Slovénie.
Mesurant au maximum 35 centimètres, aveugle, dépigmenté, capable de jeûner plusieurs mois consécutifs, cet animal cavernicole peut aussi vivre près de 80 ans.
Protées dans un aquarium
Pour finir, nous rejoignons la salle de la Cathédrale (25 mètres de hauteur, 40 mètres de diamètre) pour le bouquet final, un spectacle son et lumière haut en couleurs qui clôt en beauté la visite d’une grotte originale, cristalline et étincelante dont nous ressortons conquis. Une très chouette expérience !
A l’issue de la visite, il est déjà 13 heures et l’heure de déjeuner. J’ai ma petite idée. Dans les années 2000, en visitant le musée de l’Eau à Pont-en-Royans, j’avais noté qu’il comprenait aussi un hôtel-restaurant, c’est là que nous nous rendons. L’adresse est un excellent choix à la fois pour le cadre (vue sur la "cascade monumentale") et le contenu de nos assiettes (tartine de chèvre chaud, ravioles et filet de truite du Vercors suivis d’une crème brûlée aux châtaignes).
Après le déjeuner, nous allons faire un petit tour au bord de la rivière Bourne sans oublier d’immortaliser les fameuses maisons suspendues au-dessus du cours d’eau.
La météo n’a pas été aussi mauvaise qu’attendue. Il y a eu tout au plus quelques gouttes qui n’ont pas impacté nos activités, ce qui nous a permis de passer une nouvelle fois une très belle journée.