Ce premier module constitue le socle de la formation EIFISS. Il a pour objectif de poser un cadre commun de travail, tant sur le plan perceptif que méthodologique, afin d’améliorer la qualité de l’observation clinique et la fiabilité de la prise de décision thérapeutique.
L’enjeu n’est pas l’apprentissage d’une technique supplémentaire, mais l’affinage de la posture du praticien, de sa qualité de présence et de ses repères perceptifs, dans une perspective de réduction des biais cliniques.
La première étape du module consiste à vous évaluer vous-même en tant que praticien.
Cette évaluation porte sur :
votre posture corporelle et attentionnelle
votre capacité de présence et de disponibilité perceptive
la stabilité de vos repères lors de l’examen clinique
Pour certains participants, ce travail introduit explicitement la distinction entre palpation tissulaire et perception liquidienne, distinction rarement formalisée dans les cursus initiaux.
Les concepts issus de l’ostéopathie biodynamique sont introduits dans ce module en tant que cadres de lecture clinique et outils pédagogiques.
Il ne s’agit pas d’un enseignement de l’ostéopathie biodynamique en tant que discipline autonome, mais d’une présentation de repères permettant :
d’enrichir l’observation clinique
de structurer certaines perceptions fines
d’ouvrir un champ de réflexion complémentaire aux approches tissulaires et liquidiennes
Ces modèles sont abordés avec une posture critique et non dogmatique, sans prétention à une description mécanistique validée expérimentalement.
Un axe central du module concerne la notion de neutre, tant du côté du praticien que du patient.
Le travail porte sur :
l’amélioration de votre propre état de neutre
l’ajustement de la posture corporelle et attentionnelle
la reconnaissance d’indicateurs cliniques permettant de vérifier la qualité de présence
Ce travail vise à améliorer la précision des tests cliniques, qu’ils soient structurels, tissulaires ou liquidiens.
Une attention particulière est portée au fait que certains tests peuvent être biaisés par un état de neutre insuffisant du patient. Différents tests et ajustements sont donc abordés afin de limiter ces biais diagnostiques.
Le module introduit et met en pratique des tests de balances tissulaires et des tests de balances hydro-fluidiques.
Ces outils cliniques, inspirés de différentes influences ostéopathiques, visent à :
faciliter la lecture globale de l’état du patient
orienter les premiers axes de prise en charge
affiner et accélérer le raisonnement clinique
Les balances hydro-fluidiques sont présentées comme une méthode originale, issue d’une transmission clinique, utilisée ici comme outil d’orientation et non comme vérité explicative.
Afin de limiter la part de subjectivité inhérente au toucher, à la palpation et à l’intéroception, une part importante du module est consacrée :
au travail à quatre mains
à la confrontation des perceptions
à l’étalonnage progressif des repères cliniques
Cette démarche vise à renforcer la cohérence intersubjective et la fiabilité des observations, sans prétendre à une objectivité instrumentale.
Le concept de vitalité est abordé de manière transversale, à travers différents courants thérapeutiques et cadres philosophiques.
Il est présenté comme un repère clinique opérant, permettant d’orienter l’observation et la prise de décision, sans être réduit à une définition biologique unique.
Ce module, comme l’ensemble de la formation, s’inscrit dans une posture épistémologique claire :
les modèles proposés sont des cadres de lecture clinique
ils visent à orienter l’observation et la décision thérapeutique
ils ne constituent pas des descriptions mécanistiques validées expérimentalement
La formation encourage le maintien d’un esprit critique, l’intégration des connaissances en physiologie, physiopathologie et méthodologie de recherche, ainsi que le dialogue entre les différentes approches ostéopathiques.
Aucune pratique ostéopathique n’est considérée comme plus noble qu’une autre.
Un praticien compétent devrait pouvoir s’appuyer, selon les situations cliniques, sur :
la physiologie et la physiopathologie
les tests différentiels
le structurel (HVBA, myotensif, fascial)
les techniques viscérales
le concept crânien historique
les approches biodynamiques
Le choix d’une technique relève avant tout de la pertinence clinique du moment, de la sensibilité du praticien et de la réponse du patient.
L’intention de ce module est de sortir des logiques de chapelles afin de développer une pratique plus ajustée, cohérente et respectueuse du patient comme du praticien.