Axe 1 : Construction d'un écosystème de formation
Communication scientifique
Salle IC 101
Espaces alternatifs et expérientiels de formation
1-A
Ingénierie coopérative, espace de formation et de conception de dispositifs d'enseignement-apprentissage
Contributrices : JOFFREDO-LE BRUN Sophie / FRAPPIER JEGO Carine
LIRFE -CREAD
Dans cette communication qui s’inscrit dans l’Axe 1 du colloque : La construction d'un écosystème de formation professionnel, interterritorial et inter-organismes, nous présentons une recherche coopérative en cours financée par l’UNISFEC en didactique des mathématiques regroupant des chercheures et des professeur.e.s du 1er et du 2d degré également formateur.trice.s dans différents ISFEC. Cette recherche se constitue en ingénierie coopérative (CDpE, 2024 ; Joffredo-Le Brun et al., 2018). Après avoir conçu un problème commun, l’enseignement des fractions aux cycles 3 et 4, à partir d’un processus d’enquête collectif (Joffredo-Le Brun et Frappier-Jego, à paraître), nous examinons comment les professeur.e.s/formateur.trice.s s’approprient une proposition didactique d’introduction de l’enseignement des fractions (Margolinas, 2020) pour construire et mettre en œuvre une formation pour les futur.e.s professeur.e.s utilisant le guide-âne pour approfondir et consolider le concept de fraction.
Pour cela nous mobilisons des outils de la Théorie de l’Action Conjointe en Didactique (TACD) pour analyser d’une part la conception du problème commun et d’autre part les mises en œuvre successives de l’usage du guide-âne en formation par les membres du collectif.
Deux questions de recherche s’articulent donc entre elles :
- Comment se construit dans un collectif chercheures/professeur.e.s/formateur.trice.s un problème commun à partir d’un arrière-plan partagé ?
- Comment la double dialectique contrat/milieu, réticence/expression s’exprime dans la transposition interne de chacune des mises en œuvre de la situation didactique lors de formation auprès d’étudiant.e.s en Master MEEF et quels effets sur leurs apprentissages ?
Pour répondre à notre première question de recherche, nous avons analysé les échanges au sein de ce collectif à partir de l’ensemble des transcriptions des réunions du collectif sur deux années pour montrer progressivement la construction du problème commun. Puis à partir des films d’étude réalisés lors de deux formations auprès de stagiaires 1er et 2d, nous réalisons des synopsis et des transcriptions que nous analysons pour répondre à notre deuxième question de recherche.
1-A
De la contenance à la résonance : le conte immersif comme tiers-lieu capacitant entre université, recherche et territoires
Contributeur : Mamfoumbi Chyc Polhit
Laboratoire interuniversitaire des sciences de l’éducation et de la communication (LISEC), UR 231
La diversification contemporaine des espaces de formation – tiers-lieux, environnements hybrides et dispositifs immersifs – invite à repenser les conditions spatiales, relationnelles et attentionnelles de l’apprentissage. Dans un contexte d’hypermodernité marqué par l’accélération, la saturation attentionnelle et la fragmentation de l’expérience (Rosa, 2010, 2016), se pose la question des médiations capables de soutenir une relation signifiante au savoir. Cette communication interroge la capacité de dispositifs narratifs immersifs à constituer de véritables écosystèmes capacitants (Sen, 2010 ; Fernagu-Oudet, 2012), en particulier lorsqu’ils sont conçus comme espaces de contenance éducative (Hétier, 2020, 2021) favorisant une attention partagée et un pouvoir d’agir.
Les questions de recherche
1. Comment des environnements immersifs peuvent-ils devenir des espaces capacitants favorisant une relation résonante au monde ?
2. En quoi le conte immersif peut-il fonctionner comme un espace de contenance éducative, rendant possible l’émergence d’une attention collective au sein d’écosystèmes de formation en recomposition, notamment dans des contextes territoriaux socialement contrastés ?
Le cadre disciplinaire et théorique mobilisé
La recherche s’inscrit en sciences de l’éducation et de la formation et mobilise un cadre théorique pluridisciplinaire articulant :
• la sociologie de la résonance (Rosa, 2016),
• la phénoménologie de l’expérience incarnée (Merleau-Ponty, 1945/2013),
• la notion d’espace de contenance éducative (Hétier, 2020, 2021),
• les apports de la cognition incarnée, située, énactive et étendue (cognition 4E) (Varela, Thompson & Rosch, 1991 ; Gallagher, 2020).
Ce dialogue théorique permet de dépasser une approche descriptive de la résonance pour l’inscrire dans une praxis éducative attentive aux médiations concrètes, aux dynamiques attentionnelles et aux conditions relationnelles de l’apprentissage.
La méthodologie
La recherche repose sur une méthodologie qualitative et compréhensive, combinant observation participante, analyse de situations de formation et démarche autoethnographique (Ellis, Adams & Bochner, 2011). Elle s’inscrit dans une posture de chercheur-praticien, croisant les figures du conteur, du chercheur et du concepteur de dispositifs immersifs (Mamfoumbi, 2024).
Le terrain principal est Gniak Mambi, l’œuf qui ne voulait pas naître, un conte immersif présenté en dôme de planétarium. Ce terrain s’inscrit plus largement dans le cadre du projet du P’tit Faron, conçu comme un tiers-lieu de formation à la résonance, développé en consortium interdisciplinaire et interterritorial associant un laboratoire de recherche (LISEC), un laboratoire en informatique appliqué (LORIA), le campus ARTEM de l’Université de Lorraine, ainsi que des acteurs éducatifs, culturels et associatifs implantés dans un Quartier Politique de la Ville. Ce tiers-lieu vise à articuler recherche, formation universitaire, pratiques professionnelles et médiation culturelle, en favorisant la rencontre entre savoirs académiques et expériences vécues des publics.
Les éléments saillants des résultats
Les analyses montrent que l’espace immersif agit comme une double contenance – celle du conteur et celle de l’environnement dôme – favorisant la co-présence, la circulation de l’attention et la construction d’une expérience partagée (Hétier, 2020). Le conte apparaît comme un opérateur de continuité symbolique reliant espace, temps et relation, contribuant à la capacitation individuelle et collective, y compris dans des contextes de formation marqués par des inégalités territoriales et sociales.
Axe 1 : Construction d'un écosystème de formation
Communication scientifique
Salle IC 102
Écosystèmes apprenants et dynamiques interterritoriales
Quand le réseau fait capacité : le LearningLab Network, un collectif apprenant
Contributrice : GARNIER Caroline / NOLLAND Julie
UCO
Quand le réseau fait capacité : le LearningLab Network, un collectif apprenant
Axe thématique : Constitution de collectifs apprenants et d’espaces capacitants
Cette communication propose un retour d’expérience réflexif de praticiens sur le rôle d’un réseau dans la transformation des environnements d’apprentissage, principalement de l’enseignement supérieur, à partir du cas du LearningLab Network (LLN). Créé en 2014, ce réseau international francophone réunit aujourd’hui plus de soixante établissements et partenaires engagés dans la conception, l’appropriation et la valorisation d’espaces d’apprentissage favorisant les pédagogies actives.
S’inscrivant dans une perspective réflexive de capitalisation de pratiques, la contribution analyse comment le LLN fonctionne comme une communauté de pratiques favorisant l’agentivité de ses membres, produisant des effets concrets de développement professionnel, de transformation des postures d’accompagnement pédagogique et de structuration de projets institutionnels autour des espaces. Le réseau agit comme une maison commune (Le Mauff, Nolland & Vangrunderbeeck, 2024) permettant la mise en dialogue d’expériences hétérogènes, la co-construction de ressources et l’émergence de référentiels partagés.
Le cadre théorique mobilisé articule l’approche des environnements capacitants (Fernagu, 2022), entendus comme des environnements permettant aux acteurs de saisir de réelles opportunités de développement et d’action, avec les travaux sur les communautés de pratique et la professionnalisation par l’échange de savoirs expérientiels (Bourassa et al., 2007 ; Wenger, 1998), ainsi que les recherches sur l’accompagnement pédagogique et la réussite étudiante (Kozanitis & Chouinard, 2009). Les espaces d’apprentissage sont ainsi envisagés non comme de simples dispositifs matériels, mais comme des médiateurs de transformations pédagogiques, organisationnelles et professionnelles.
La communication interroge plusieurs questions issues de la pratique : comment l’inscription dans un réseau tel que le LLN soutient-elle la montée en compétence des accompagnateurs pédagogiques et des équipes enseignantes ? En quoi la dynamique communautaire favorise-t-elle le transfert, l’adaptation et l’essaimage de pratiques pédagogiques liées aux espaces ? Comment ces collectifs contribuent-ils à rendre les environnements d’apprentissage effectivement capacitants à l’échelle des établissements ?
La méthodologie repose sur une analyse qualitative de retours d’expérience issus de plusieurs établissements membres du réseau, croisant témoignages de praticiens, analyse de ressources co-construites (fiches pédagogiques, outils d’aide à la conception), et étude de la démarche de labellisation du LLN. Cette approche met en lumière les conditions organisationnelles, relationnelles et professionnelles nécessaires au développement durable de collectifs apprenants et d’espaces d’apprentissage capacitants.
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L’écosystème Formaform : une dynamique inter-organisationnelle et inter-territoriale au service de la professionnalisation des formateurs
Contributrice : BERTRAND Annick
Formaform
L’évolution de la formation professionnelle en Belgique francophone témoigne du passage d’une gestion cloisonnée à une approche écosystémique plus intégrée. Au cœur de cette transformation, Formaform, créé il y a treize ans, s’est imposé comme un consortium unique. Né d’une volonté de mutualiser les ressources et les parcours de formation initiale et continue entre les grands opérateurs publics (Le Forem, Bruxelles Formation, IFAPME et SFPME), il a progressivement transformé une coopération pédagogique en un véritable projet de professionnalisation inter-organisationnel et inter-territorial.
La problématique de cette communication interroge la capacité d’un consortium à stabiliser une identité professionnelle commune malgré la diversité des cadres institutionnels et géographiques. Le cadre théorique s’appuie sur deux références majeures : pour Étienne Bourgeois, la professionnalisation repose sur la reconnaissance sociale, une formation spécifique et l’appartenance à une communauté de référence ; pour Guy Le Boterf, la compétence est un processus de mobilisation de ressources en situation, soutenu par des outils partagés garants de la cohérence des pratiques.
La méthodologie adoptée s’appuie sur une analyse diachronique du développement de Formaform, combinant étude documentaire et observation participante. Une étape clé fut la Conférence de consensus de 2018, processus collaboratif ayant abouti au Livre blanc de la professionnalisation des formateurs d’adultes. Ce moment fondateur a permis d’établir un consensus sur les enjeux du métier et de poser les bases d’un référentiel commun (2023), conçu comme outil d’harmonisation et de reconnaissance.
Les résultats de cette dynamique se concrétisent en 2025 par l’agrément de Formaform en tant que Centre de Validation des Compétences (VDC). Ce passage du rôle d’opérateur à celui d’organisme certificateur marque un tournant : le référentiel ne sert plus seulement de guide, mais devient le socle légal d’une certification officielle. En intégrant le Consortium de validation des compétences, Formaform permet aux formateurs de valoriser leur expérience par des Titres de compétence reconnus.
L’expérience montre ainsi que l’inter-territorialité (Wallonie–Bruxelles) et l’inter-organisationnalité, loin d’être des contraintes, constituent désormais les moteurs d’un écosystème apprenant. En articulant formation, référentiel et certification, Formaform contribue à l’unité et à la reconnaissance sociale du métier de formateur, tout en préfigurant un modèle durable de gouvernance partagée.
Le séminaire GOCE (Gouvernance des Organisations catholiques d’éducation) , un écosystème d’organisations apprenantes
Contributrice : Isabelle DES BOURBOUX
ICT
Dans le cadre du Projet de recherche Goce, nous accompagnons depuis 4 ans la transformation d’organisations catholiques d’éducation.
Problématique : Le Séminaire Goce, un écosystème d’organisations apprenantes ?
1. Objectifs et modalités de travail du GOCE :
- Organisations observées : Ce sont essentiellement des organisations catholiques, tant scolaires que d’enseignement supérieur (15 terrains).
- Objectifs des travaux :
. Accompagner les transformations en cours dans ces organisations
. pour accroître, si possible, leurs effets qualitatifs
.Accompagner ainsi le développement professionnel des acteurs et des membres du Goce,
. Et produire des observations à la fois, sur les conditions favorables à une transition éducative réussie, et sur les moyens de l’accompagner.
- Mode de travail
Avec une méthodologie de recherche-action (outils d’observation, d’enquête et d’entretien, des ressources théoriques et des échanges entre équipes terrain..),
. accompagner des transformations des pratiques pédagogiques, éducatives ou managériales en cours,
. avec des équipes : multi acteurs, - internes, directeurs ou membres d’équipes de direction – enseignants -, et externes, - acteurs d’autres terrains ou chercheurs dans divers champs disciplinaires -.
2. A quelles conditions les OCE peuvent-elles devenir des organisations apprenantes ?
- l’apprentissage organisationnel : (C. Argyris et D. Schön, 2002) et le développement d’une pensée systémique (P. Senge,2005) ;
- le travail en équipe : équipes pédagogiques, communautés éducatives (PY. Gomez, 2022) ou communautés de pratiques (E. Wenger-Trayner, 2020) ;
- la gouvernance : bureaucratique ou partenariale, associant les parties prenantes (R.E Freeman, 1984), l’apport de la Pensée sociale chrétienne ; une gouvernance plus ou moins favorable à une organisation apprenante (C. Argyris et D. Schön, M Gather-Thurler 2000, A Bouvier 2001) ;
- le GOCE, un accompagnement pour des organisations d’éducation apprenantes
3. A quelles conditions le GOCE est-il un écosystème apprenant ?
- la recherche intervention (C. Argyris et D Schön)
- un espace d’apprentissage social (E Wenger)
- un écosystème apprenant (F Taddei, 2018)
Conclusion : Comment promouvoir la méthodologie d’accompagnement du GOCE, écosystème apprenant d’organisations d’éducation ?
Axe 2 : La transformation du métier de formateur en lien avec les nouveaux espaces de formation
IC 103
Recomposition de la professionnalité du formateur
COMMUNICATIONS A DISTANCE
1-C
Contributeurs : LAHLOU Mohammed / LAAMIRI Karima
Ecole Normale Supérieure, Université Abdelmalek Essaadi
Dans un contexte marqué par l’évolution rapide des métiers et des compétences, la formation professionnelle est appelée à dépasser la simple transmission de savoirs techniques pour intégrer le développement des soft skills, devenues essentielles à l’employabilité et à l’adaptation des stagiaires. Dans cette perspective, le rôle du formateur accompagnateur apparaît central, notamment à travers les gestes professionnels qu’il mobilise au quotidien dans les situations de formation.
Cette communication vise à analyser les gestes professionnels du formateur accompagnateur et leur contribution au développement des soft skills chez les stagiaires en formation professionnelle. La problématique qui guide cette recherche est la suivante : comment les gestes professionnels du formateur accompagnateur participent-ils au développement des soft skills des stagiaires en formation professionnelle ? Elle se décline en plusieurs questions de recherche : quels gestes professionnels sont privilégiés par le formateur accompagnateur ? Quelles soft skills sont principalement développées à travers ces gestes ? Comment les stagiaires perçoivent-ils l’impact de ces pratiques sur leur parcours de formation ?
Cette recherche s’inscrit dans une approche pluridisciplinaire relevant des sciences de l’éducation, de la psychologie de l’éducation et de la didactique professionnelle. L’analyse des gestes professionnels du formateur accompagnateur s’appuie principalement sur les travaux de (Bucheton & Soulé, 2009), qui conçoit les gestes professionnels comme des actions intentionnelles, ajustées aux situations d’enseignement-apprentissage et révélatrices de la posture professionnelle de l’enseignant. (Altet, 2019) souligne également que les gestes professionnels constituent un indicateur central de la professionnalité enseignante, en ce qu’ils articulent savoirs théoriques, savoirs d’expérience et régulation de l’activité pédagogique.
Le cadre théorique mobilise également les apports de la didactique professionnelle, notamment les travaux de (Pastré et al., 2006), pour qui l’analyse de l’activité permet de comprendre les compétences mobilisées par les acteurs en situation de travail et les processus de développement professionnel qui en découlent. Cette approche est complétée par les contributions de (Perrenoud, 2001), qui met en évidence l’importance de la posture réflexive du formateur dans la construction des compétences et dans l’accompagnement des apprenants vers l’autonomie. Par ailleurs, la notion de compétence est appréhendée à partir des travaux de (Le Boterf, 2008), qui définit le développement des compétences comme la capacité à mobiliser et à combiner des ressources dans des situations professionnelles complexes.
Sur le plan méthodologique, cette recherche adopte une approche qualitative. Le recueil des données repose sur des observations de situations de formation, des entretiens semi-directifs menés auprès de formateurs accompagnateurs et des questionnaires administrés aux apprenants. Le terrain de l’étude concerne des dispositifs de formation professionnelle initiale et continue. L’analyse des données s’appuie sur une analyse thématique visant à identifier et à catégoriser les gestes professionnels du formateur accompagnateur et à examiner leur potentiel contribution au développement des soft skills.
1-C
De la transformation à la reconversion ? Reconfigurations de la professionnalité des formateurs à l’ère des espaces hybrides
Contributrice : Estournet Marie
Chercheuse associée Univ. Lyon 2 ; Chercheuse collaboratrice CRIFA² – Univ. de Liège
L’hybridation des dispositifs de formation, entendue comme la combinaison de modalités synchrones et asynchrones en présentiel et à distance, articulant sphères académique et professionnelle, transforme profondément le métier de formateur. Cette évolution ne se limite pas à un ajustement technique puisqu’elle ouvre une réflexion qui dépasse l’outillage pédagogique. Elle conduit à une recomposition des pratiques et des rôles, interroge l’identité professionnelle et brouille la frontière entre montée en compétences, transformation identitaire et reconversion professionnelle.
Alors, à quelles conditions, des écosystèmes capacitants, soutiennent-ils des trajectoires d’évolution ou de reconversion professionnelle ?
Nous faisons l’hypothèse que l’évolution des environnements d’apprentissage vers des dispositifs hybrides constitue un levier majeur de transition professionnelle pour les formateurs, à condition que cette transition soit accompagnée, soutenue et inscrite dans un parcours de formation structuré.
Dans ce cadre, nous proposons un cadre théorique fondé sur trois dynamiques articulées. En premier lieu, l’idée de montée en compétences dont Perrenoud (1997, p. 7) rappelle qu’elle ne peut être réduite à l’acquisition de savoirs isolés mais suppose une articulation entre compétences disciplinaires et transversales pour favoriser autonomie et polyvalence. En second lieu, la transformation identitaire nous renvoie à une redéfinition profonde de l’identité professionnelle (Olry, 2019) sous l’effet des environnements hybrides et des temporalités multiples. Elle conduit le formateur à se concevoir simultanément comme dépositaire des savoirs, médiateur entre savoirs académiques et situations professionnelles, et régulateur des apprentissages (Estournet, 2024). Enfin, la reconversion professionnelle, abordée par Aventur (RUMEF, 2025), désigne un passage vers un métier non connexe impliquant une rupture des collectifs et une redistribution des savoirs d’action. Elle ne se limite pas à un simple changement de poste, comme passer d’infirmier à formateur ; elle suppose une reconfiguration des trajectoires et des identités, souvent liée à des contextes de mutation rapide et à des injonctions de flexibilité. Ces trois dynamiques se croisent et se nourrissent mutuellement. Cette réflexion fait sens dans une périmètre qui impose une approche systémique capable de relier les dimensions pédagogiques, épistémologiques et organisationnelles des apprentissages.
L’étude adopte une approche qualitative et compréhensive, reposant sur des observations de séquences hybrides en IFSI, des entretiens avec des formateurs (n≈30) et des analyses de gestes situés, inspirées de la didactique professionnelle. Une revue narrative complète l’analyse.
La recherche vise à concevoir un modèle qui offre des repères pour accompagner les transitions professionnelles et développer les compétences des formateurs dans des environnements hybrides.
Axe 2 : La transformation du métier de formateur en lien avec les nouveaux espaces de formation
Salle IC 201
IA générative et transformation des pratiques formatives
1-D
Contributeurs : COSTA CORNEJO Paola / CHEVET Clotilde /SALAZAR Marco / LOUVET Sophie
Sorbonne Université, CAPSULE / SCAI
Cette communication rend compte de l’accompagnement d’une enseignante-chercheure confrontée à l’usage croissant des intelligences artificielles génératives (IAgen) dans les productions écrites des personnes étudiantes de Master 2 en Biotechnologies de la mention Biologie moléculaire et cellulaire à Sorbonne Université, dans le cadre de l’UE « Analyse scientifique ». Ce constat l’a conduite à interroger la pertinence et l’adaptation des modalités d’évaluation, ainsi que les enjeux éthiques, cognitifs et épistémologiques associés à ces usages.
Dans cette perspective, un atelier a été conçu et animé auprès de 40 personnes étudiantes afin de co-construire une charte d’usage de l’IAgen spécifiquement contextualisée à leur discipline. Cette expérience s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre le Centre d’Accompagnement pour la Pédagogie et le Support à l’Expérimentation (CAPSULE) et le Pôle Éducation du Sorbonne Cluster for Artificial Intelligence (SCAI).
Cette démarche de transformation pédagogique repose sur des principes théoriques considérant l’évaluation comme un levier de facilitation des apprentissages, centré sur le processus plutôt que sur le seul produit final (de Vecchi, 2014; Wolterinck et al., 2024). L’objectif n’était donc pas uniquement de prévenir le plagiat, mais de repenser la pédagogie afin de favoriser le développement de compétences authentiques, critiques et réflexives. Inspirées du design thinking (Li & Zhan, 2022), les activités proposées ont encouragé l’explicitation des représentations, la discussion collective et la formalisation de principes partagés. Elles ont conduit à l’élaboration collaborative de stratégies de réduction des risques, à la formalisation d’un carnet de bord réflexif et à la co-construction d’une charte éthique d’usage de l’IAgen.
Afin de préparer l’atelier et d’envisager son amélioration, deux questionnaires ont été adressés aux personnes étudiantes : un questionnaire préalable (40 réponses) visant à identifier les usages et représentations de l’IAgen, puis un questionnaire post-atelier (28 réponses) destiné à évaluer l’expérience et à dégager des pistes d’amélioration. L’analyse des réponses et des échanges a permis de documenter des pratiques émergentes et de réfléchir à la réplicabilité du dispositif dans d’autres contextes pédagogiques, notamment en formation continue des personnes enseignantes.
Les résultats montrent que l’IAgen est perçue à la fois comme un levier d’efficacité et comme un risque cognitif et épistémologique, associé à un affaiblissement de l’esprit critique, à une illusion de maîtrise et à une dilution de la responsabilité scientifique. Du point de vue de l’enseignante-chercheure, cette expérimentation a révélé une transformation des pratiques professionnelles, marquée par le passage d’une posture (Deschryver & Lameul, 2016) de contrôle à une posture d’accompagnement éthique, tout en favorisant la réflexivité et la co-construction de normes d’usage avec les personnes étudiantes.
1-D
Intelligence artificielle générative et sentiment d’efficacité personnelle des formateurs
Contributrice : BOUCHUT Anne-Lise
ISFEC Notre Dame - Institut de l'Oratoire
L’intégration des intelligences artificielles génératives dans les pratiques professionnelles des formateurs ne constitue pas uniquement une évolution des outils de travail, mais engage une transformation plus globale du fonctionnement sociocognitif de l’activité professionnelle. En tant que facteur environnemental nouveau, l’IA modifie les conditions dans lesquelles les tâches sont réalisées, transformant l’expérience émotionnelle et cognitive associée à l’activité de formation.
Si l’usage de l’IA peut soutenir l’action et faciliter la réalisation de tâches complexes, plusieurs travaux mettent en évidence des effets ambivalents, notamment une augmentation de l’anxiété et de la charge cognitive en contexte éducatif (Khan et al., 2025 ; Akhtar, 2024). Ces effets sont liés, entre autres, à la nature des feedbacks algorithmiques, au sentiment d’évaluation permanente et aux exigences d’adaptation aux environnements numériques. D’autres recherches soulignent que les systèmes d’apprentissage intégrant l’IA peuvent également transformer le vécu émotionnel des utilisateurs en modulant leur sentiment de contrôle et leur effort cognitif (Sargazi Moghadam et al., 2024).
Dans la théorie socio-cognitive de Bandura, les états émotionnels constituent l’une des sources du sentiment d’efficacité personnelle (SEP). Ce dernier joue un rôle déterminant dans la motivation, la persévérance, l’engagement et la capacité à faire face aux situations professionnelles complexes (Bandura, 2007). Dès lors, l’IA n’influence pas directement les croyances d’efficacité des formateurs, mais agit en transformant l’expérience vécue de l’activité. Cette expérience émotionnelle et cognitive reconfigure le sentiment d’efficacité personnelle.
Cette communication propose d’examiner comment l’usage de l’IA générative par des formateurs influence leur sentiment d’efficacité personnelle et leur estime de soi professionnelle, en s’appuyant sur une distinction entre *sentiment d’efficacité personnelle avec IA* (capacité perçue à réussir une tâche avec l’appui de l’outil) et *sentiment d’efficacité personnelle sans IA* (capacité perçue à accomplir la même tâche de manière autonome). Elle analyse également en quoi ces effets varient selon l’expérience professionnelle des formateurs et leurs représentations de l’IA.
L’étude repose sur une approche mixte combinant un questionnaire et des entretiens semi-directifs menés auprès de formateurs. L’objectif est de mieux comprendre les mécanismes sociocognitifs par lesquels l’IA peut, selon les situations, soutenir ou fragiliser le sentiment d’efficacité personnelle et contribuer à la reconfiguration du rapport au travail dans les métiers de la formation.
Axe 2 : La transformation du métier de formateur en lien avec les nouveaux espaces de formation
Salle IC 202
Dispositifs innovants en formation : réalité virtuelle, IA et ingénierie évaluative
1-E Partage de pratiques
Contributeurs : COUVRAT Cédric / LECHAT Maggy
IH2EF
Depuis sa création, l’IH2EF enrichit ses formations en intégrant des innovations numériques et technologiques. La conception d’une formation est toujours l’occasion d’envisager de nouvelles techniques ou de nouveaux outils, en interrogeant l’impact sur les apprenants, les espaces de formation et le métier de formateur. Aussi nous proposons de nous arrêter sur l’un de nos derniers projets, ayant pour objectif de travailler la conduite d’entretiens managériaux en s’appuyant sur la réalité virtuelle et l’IA
La genèse du dispositif de formation – Présentation-
Dans le cadre d’une collaboration entre l’IH2EF et le campus NumérIA, tiers-lieu numérique de l’académie de Poitiers, nous travaillons depuis plusieurs mois à l’élaboration d’un dispositif de formation qui utilise l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle pour accompagner les personnels d’encadrement de l’éducation nationale à se former à la conduite d’entretiens. La construction de cette formation, proposée en juin 2026, mobilise différents personnels et experts associés de l’institut, de l’académie de Poitiers ainsi que des partenaires experts de la réalité virtuelle.
L’impact sur nos métiers d’ingénieurs de formation et de formateurs
Un tel projet implique un travail de conception particulier qui doit être pensé et organisé en tenant compte de nombreux paramètres qui diffèrent de ceux d’un dispositif plus classique.
Le recours à l’intelligence artificielle et à la VR conditionne et contraint l’ensemble des activités de la formation mais n’en guide pas les objectifs. Ressources, apports scientifiques, méthodologiques et de terrain doivent prendre en compte la dimension technologique de la formation, pour une parfaite cohérence pédagogique, tout en restant alignés avec les objectifs de formation.
Aussi, l’organisation même de la session de formation doit prendre en compte des spécificités nouvelle. Une attention particulière est accordée au déroulement du programme de formation :
- Contrainte des espaces, bien sûr, mais aussi celle du temps, des moyens techniques et humains
- Nécessité de personnaliser le parcours et d’acculturer aux nouveaux médiums d’apprentissage, en explicitant leurs atouts et limites.
Les nouveaux espaces de formation
Si les nouveaux outils demandent de repenser les espaces de la formation et l’ingénierie pédagogique qui en découle c’est pour permettre des échanges et une implication différente, devant être accompagnée, observée et évaluée.
C’est aussi l’occasion d’une réflexion plus globale, au sein de notre institut et avec nos partenaires, qui débouche sur des espaces partagés et des écosystèmes plus globaux.
Et les apprenants…
Enfin, en nous appuyant sur d’autres dispositifs innovants mis en place récemment, nous proposons de conclure cette présentation sur l’impact de ces nouvelles technologies pour les apprenants : leur implication, leur ressenti, le réinvestissement des connaissances et l’influence sur leur quotidien professionnel.
1-E Communication scientifique
Analyser un dispositif de formation hybride pour améliorer les pratiques pédagogiques et soutenir le développement professionnel des enseignants
Contributrices : SELVA Charlène / JOFFO Clara/COSTA CORNEJO Paola
Sorbonne Université, CAPSULE
Cette communication présente l’analyse d’outils d’ingénierie pédagogique créés dans le cadre d’un accompagnement au développement d’un dispositif de formation hybride (DFH) destiné à des personnes étudiantes de première année universitaire (L1) à la Faculté des Sciences et Ingénierie de Sorbonne Université. La conception du DFH a mobilisé une équipe pluridisciplinaire d’enseignants-chercheurs, accompagnée dès le début par le Centre d’Accompagnement pour la Pédagogie et Support à l’Expérimentation (CAPSULE), notamment par deux ingénieures pédagogiques et une ingénieure de recherche.
L’étude poursuit trois objectifs complémentaires :
(1) analyser l’accompagnement des ingénieures pédagogiques, dans une logique d’amélioration continue;
(2) identifier les besoins de développement professionnel liés à la conception, l’animation et l’évaluation de dispositifs hybrides, dans une perspective d’adaptation de l’offre de formation continue ;
(3) Tester et croiser différents instruments de collecte de données, combinant les observations des ingénieures pédagogiques avec les perceptions des acteurs, pour envisager la transférabilité du cadre méthodologique à d’autres contextes d’enseignement.
Le cadre théorique pour l’élaboration d’instruments de collecte des données et l’accompagnement des ingénieures pédagogiques mobilise les cinq dimensions des DFH identifiées dans le projet Hy-Sup : articulation présence-distance, médiation, médiatisation, accompagnement, degré d’ouverture (Deschryver & Charlier, 2012) enrichies par l’intégration de la dimension «évaluation des apprentissages » (Charlier & Peltier, 2024; Massou et al., 2025) et pour une adaptation des dimensions « accompagnement » et « degré d’ouverture », mettant l’accent sur les activités et gestes susceptibles de favoriser le sentiment de « présence à distance » (Jézégou, 2010, 2022).
La collecte de données combine une grille d’analyse des DFH, utilisée pour formuler des recommandations pédagogiques auprès des enseignants concepteurs (fin de la première
version de l’UE, juin 2024) et de questionnaires en ligne, appliqués en fin d’UE version 2024-2025 (mai 2025) à 15 enseignants concepteurs, 12 enseignants en formation à l’animation de l’UE et 39 étudiantes et étudiants (sur 50) ayant suivi l’UE en 2024-2025. Ce travail rend compte également d’une métaréflexion sur les gestes professionnels de l’ingénierie et de la recherche en pédagogie.
Les résultats mettent en évidence la nécessité de développer des nouvelles compétences et de transformer les gestes professionnels pour concevoir, animer et évaluer des DFH, en soulignant : l’importance d’articuler les activités en présence et distance ; d’accompagner le développement de l’autonomie et des compétences d’autorégulation chez les personnes étudiantes de première année ; de concevoir des activités favorisant le sentiment de présence à distance ; et de réévaluer la pertinence de la médiatisation des ressources numériques, en fonction des critères d’ergonomie (utilité, utilisabilité et acceptabilité Nielsen, 1993), et de principes liés à la charge cognitive (Mayer, 2024).
RETOUR SUR LE PROJET EFFATA
Salle IC 203
Sobriété et souveraineté numérique
Contributeurs : BUCAILLE Rachel - ISFEC Bourgogne Franche Comté / BARNADES Samuel - ISFEC Saint Joseph Montpellier
Cet atelier interactif vous invite à explorer les enjeux de la sobriété et de la souveraineté numérique à travers une approche de pédagogie active. Après un diagnostic initial et des activités collaboratives (mur virtuel, positionnement par gommettes), vous poursuivrez la session par une immersion ludique autour des jeux Numéville, PhoneImpact et Hexagon Game et vous clôturerez par la minute EFFATA