Le long des ruines et des villages
Le long des ruines et des villages
La modification du monde par les humains a profondément transformé les écosystèmes. Beaucoup d’entre eux ont été dégradés, au point de fragiliser, voire de faire disparaître, les espèces qui y vivaient. Pourtant, certaines ont su tirer parti des infrastructures que nous avons bâties, au point d’y être parfois étroitement associées.
Une grande partie des photos qui suivent ont été réalisées dans les champs de vigne du sud de la France. Dans cette région subsistent quelques anciennes bâtisses en pierre laissées à l’abandon. Ces ruines constituent aujourd’hui un habitat précieux pour de nombreuses espèces observées, telles que la chouette chevêche, la huppe fasciée, le rollier d’Europe ou encore le faucon crécerelle.
Les habitants des ruines
La Boule de plumes aux milles mimiques
La chouette chevêche d'Athéna (Athene noctua) est un symbole de sagesse dans la mythologie grecque. C'est un oiseau discret qu'on retrouve fréquemment dans les maisons en ruine, les églises ou les granges. Elle a la particularité d'avoir des expressions faciales assez caractéristiques selon la situation à laquelle elle fait face. Lorsque quelque chose la dérange dans son environnement, elle se dresse, le corps tendu et scrute attentivement l'horizon, cette posture raide traduit généralement un état d’alerte.
Au petit matin, du haut de sa demeure, la petite chouette fait une dernière ronde.
Camouflage et habitats
La couleur de son plumage la rend particulièrement bien adaptée à ce genre d'environnement.
De plus, la dégradation d'anciennes maisons en pierre favorise la mise en place de cavité qu'utilise la chouette pour nicher. Dans le cas où celle-ci ne s'installerait pas dans une construction humaine, elle utilise fréquemment des arbres présentant des cavités naturelles.
Elle s’installe principalement dans les milieux semi-ouverts, qui lui offrent à la fois des abris pour se dissimuler et de petites prairies où chasser insectes et mulots.
Plus coloré, le rollier d'Europe
Dans la même maison en ruine qui abritait la chouette chevêche, se trouvait également un nid de rollier d'Europe (Coracias garrulus), qui appartient au même genre que le rollier à longs brins. Cependant, à l'inverse de ce dernier, le rollier d'Europe est un oiseau migrateur qui fait chaque année l'aller-retour entre l'Afrique subsaharienne et l'Europe méridionale. Le soir, il était fréquent d'assister à de petits affrontements entre les deux habitant de cette ruine.
Autre migratrice colorée, la huppe fasciée
Lors d'un affût auprès d'un muret, espérant voir se poser la petite chouette, est apparue une huppe fasciée (Upupa epops). Il s'avère qu'elle avait également pris place dans cette demeure tant convoitée. Cette année, le rollier n'était cependant pas présent.
Durant la période de séduction, il est difficile de confondre l'appelle de la huppe avec celui d'un autre oiseau, son chant "Hoop, Hoop, Hoop", est unique dans nos régions. Par contre, une fois le nid en place, celle-ci devient extrêmement discrète et il est donc difficile de trouver son logis.
En attendant les oiseaux stars, il y a toujours les moineaux domestiques pour animer le spectacle
La dame blanche
La chouette effraies des clochers
Autrefois clouée aux portes pour avoir été associée à un spectre, l’effraie des clochers (Tyto alba) a longtemps été persécutée et liée à la mort. C’est un rapace nocturne qui se nourrit principalement de mulots et de campagnols.
Malheureusement, bien que son image ait évolué, son cri dérange encore de nombreuses personnes, ce qui conduit souvent à l’installation de grillages au niveau des trous des églises.
Agile hirondelle
Il est très courant de retrouver des colonies d'hirondelles rustiques (Hirundo rustica) aux abords des maisons. Nombreuses d'entre elles fabriquent leurs nids sous nos toits ou dans des granges qui offrent un abri sûr et sec. Cependant, comme souvent, dû à la combinaison de la diminution des populations d'insectes constituant le régime de ces oiseaux et de la réduction des habitats propices à la nidification, les hirondelles sont en danger. De plus, le changement climatique impacte grandement la réussite de leur migration. Heureusement, il est de plus en plus fréquent de trouver des nids artificiels qui aident les hirondelles à faire face aux changements de leur écosystème.