Sportez-vous bien
Sujet : Qu'écrire ? Quelque chose en rapport avec le sport et tout ce qui s'y rattache, des souvenirs d'enfance, une mésaventure sportive, les règles d'un nouveau sport, le match entre le voisin et la voisine se disputant, etc... On pensera également au style « sportif » des résumés, et on élargira à « sport » tout ce que l'on voudra.
Allez les petits !
Prenez un maillot, manches longues pour l’hiver et manches courtes pour l’été ou éventuellement un marcel, et un short de bonne qualité (un bermuda peut être envisagé).
Vous ajouterez des couleurs selon votre choix mais le bleu, le blanc et le rouge sont recommandés dans les proportions qui vous conviendront le mieux ; vous éviterez une quatrième couleur qui pourrait faire quatre tiers comme chez Pagnol où c’est la grandeur des tiers qui est importante. Vous aurez le choix des chaussettes, de la paire de baskets et de la casquette. Vous éviterez les entraineurs trop entreprenants car ce n’est pas le but du jeu. Il faudra laisser macérer le tout. Mais c’est là que résident la difficulté et toute la délicatesse que l’on doit apporter à cette recette.
Ø Pour faire un sportif approximatif il faut environ un jour à un mois et votre sportif sera prêt pour quelques exercices qui risquent très vite de le lasser.
Ø Pour faire un sportif moyen une macération régulière est recommandée sous peine de prendre du poids et de perdre tous les bienfaits
Ø Pour faire un bon sportif, la macération est plus longue un an environ et par la suite le rythme étant pris il suffira de rajouter un petit écusson sur le maillot pour entretenir la forme.
Ø Pour faire un sportif de haut niveau il faut des entraînements longs, réguliers et fréquents. Il faut ajouter une grosse pincée de courage, une cuillère de poudre de perlinpinpin et une dose de vitamine aussi diverses que variées. Il faut aussi quelques contrats publicitaires et le tour est joué.
Pour faire un supporter de base pas d’imprégnation préalable, juste prévoir un bon canapé bien solide pour recevoir les fesses des futurs occupants qui danseront à chaque moment important… Quelques « grignoteries » sont également à mettre à portée de main. La bière n’est pas indispensable seulement conseillée. Evitez les olives au risque de retrouver les noyaux sur votre carrelage ou pire sur la moquette.
Ø Pour faire un supporter de très grande qualité certains accessoires seront indispensables : une corne dernier cri genre vuvuzéla,
Ø une perruque frisée et colorée,
Ø une écharpe (attention le vert n’est plus à la mode)
Ø une palette de maquillage et des pastilles pour la gorge.
Et maintenant pour tous les parents (j’en étais il y a quelques années)et grands-parents qui sont les premiers soutiens de leur chérubins qui tapent dans les balles, qui crient au bord des tatamis, qui courent jusqu’à épuisement, qui nagent des longueurs de bassins (en mettant la tête dans l’eau, en somme qui « sportivent » tous les week-end, je vous tire mon chapeau car contrairement aux dernières apparences, j’ai un grand respect pour ces gamins qui pratiquent une activité sportive en n’en retirant que la substantifique mœlle.
Frédérique
Avec les mots: croûton, pétrir, compagnon, enzyme, fléau, fermentation, meule, pâton, fournil, farine
Gertrude pestait, verte de rage. Depuis une semaine, elle était seule dans le fournil ; pourtant elle était au four et au moulin. Paulo, son cher et tendre (enfin tendre c’est vite dit) avait pris la poudre d’escampette avec la Josy, la vendeuse, enfin vendeuse du genre à faire sauter les croissants en balançant ses fesses de droite à gauche comme une meule de foin. Son énergie ne dépassait pas trois sur l’échelle de Richter. Mais que diable avait-elle trouvé à mon vieux croûton ; il ne donnait plus dans la jeunesse, la fraicheur l’avait déserté depuis déjà pas mal de temps.
Ah zut, fit Gertrude en ramassant le pain d’enzymes qu’elle venait de lâcher. Faudra pas s’étonner si la fermentation n’est pas parfaite ; pas de mie aérée et de croûte bien dorée. Et de surcroît, elle allait devoir refaire le pâton des pizzas.
Elle fredonna une chanson tandis qu’elle déversait la farine dans le pétrin. Soudain, elle vit arriver le Dédé, compagnon de la Josy. Il marchait d’un pas décidé ! Quel fléau ce type, beau garçon mais le crâne vide. Bon je ne vais quand même pas lui dire que sa Josy s’est barrée, partie à l’aventure avec mon mec ; il serait bien capable de jouer avec ses muscles et transformer le magasin en ring de catch. Je vais lui conseiller de mettre sa force à pétrir au moins je gagnerais du temps ;
Mais non le bellâtre, clope au bec, me lança un sourire narquois aux lèvres et passa son chemin. Vraiment les mecs on ne peut pas compter sur eux.
Frédérique
Il était une fois ...
Toutes les histoires commencent comme cela pour endormir les petits enfants. Donc c'est l'histoire d'un vieux monsieur qui vivait dans les bois, dans les montagnes suisses. Il y tenait une auberge pour voyageurs et montagnards. Il avait pour compagnon son fidèle Loulou, un brave toutou trouvé un soir de promenade abandonné et attaché à un arbre.
Depuis ce jour, l'animal reconnaissant, ne quittait pas le vieux monsieur. La vie était bien réglé. Le matin un petit peu de nettoyage et la préparation du repas. C'est qu'ils avaient faim, ces montagnards. L'après midi, une petite sieste et de nouveau préparation du repas du soir. Il y avait aussi possibilités de plusieurs couchages. Le brave toutou attendait avec impatience la fin du repas afin de terminer les restes dans les assiettes.
il savait qu'ensuite c'était la promenade du soir avec la lanterne rouge. Il la connaissait bien cette lanterne. Le vieillard lachait son chien afin qu'il puisse se dépenser et courir un peu, après avoir passé la journée couché, à dormir près de la cheminée!
Au bout d'un quart d'heure passé, l'homme rappelait son loulou en agitant la lanterne rouge. C'était le point de repère pour le retour.
Odile Fischer
La journée se termine. Après avoir avalé la dernière bouchée du repas du soir, je me pose sur le canapé du salon pour me plonger dans mon film favori. J'ai pour habitude de croquer une pomme. C'est un bon remède paraît-il pour éliminer les graisses et faire baisser le taux de cholestérol sanguin. Comme beaucoup de personnes, il m'arrive de m'endormir et se mélange alors rêve et réalité.
Une fois grignotée, je dépose la pomme sur le rebord de la table et je me mets à rêvasser. Mon esprit vagabonde. Dimanche prochain, la fête de la pomme sera célébrée au village voisin. Il me vient en tête toutes les variétés de pommes, avec leur palette de couleurs, les golden couleur de l'or, les granny, les reinettes, etc... Pomme de Reinette et Pomme d'Api...
Le lendemain, je dois me faire belle. Miroir, mon beau miroir... Je me réveille et le trognon qui se reflète dans le miroir s'est transformé en une belle pomme bien lisse. Si seulement on pouvait faire de même pour voir disparaître nos rides!
(miroir reformant et non pas déformant)
Papa et Maman ont croqué la pomme
Il leur est arrivé un pépin
C'est moi le petit trognon...
Trop mignon
Odile Fischer
Dans le cabinet d’un psychanalyste renommé que je ne nommerai pas souci de discrétion, un huit insolent danse et trône fièrement sur le divan, défiant toute logique et exigeant que monsieur Freud vienne faire son office. Le thérapeute, visiblement contrarié, tente en vain de convaincre son patient de s’allonger. Celui-ci, depuis plus de huit heures, lui oppose une résistance déterminée.
- Non je ne m’allongerai pas ! Nous n’en finirons jamais !
De guerre lasse le psy sort de ses gonds :
- "Écoutez, mon cher huit, je comprends que vous cherchiez l'infini dans vos pensées, mais vraiment, le divan n'est pas extensible à l'infini lui-même !" s'exclame-t-il, les mains agitées dans un geste d'impuissance. Vous allez griller les ressorts !
Le patient Huit, un sourire malicieux aux lèvres, semble déterminé à le contredire :
- "Docteur, ne voyez-vous pas ? inutile de couper les cheveux en huit ! C'est la nature de l'infinité que je recherche. Même ce divan, dans son refus obstiné, tente de m'enseigner quelque chose sur les limites de la perception humaine !"
Entre infini et pragmatisme que choisiriez-vous ? Voilà un dialogue ! Improbable ! Entre humour et réflexion sur la nature de l'infini, Moi, simple huit je défie les lois de la gravité et de la psychanalyse.
Derrière le cadre élégamment ornementé se tenait l'inconnue du portrait, une toile datant du XIXème siècle représentant une jeune femme au teint pâle et aux yeux noirs perçants. Son expression neutre et lointaine contrastait fortement avec la riche broderie de sa robe sombre, qui soulignait sa taille fine et son buste opulent. Malgré son isolement apparent dans ce tableau ancestral, elle semblait posséder une force vitale intense
Hippolyte, propriétaire actuel du domaine où résidait cette mystérieuse figure féminine avait toujours été frappé par la présence singulière qui émanait de ce portrait. Il avait acquis ce manoir victorien en ruines, accompagné de son lot de secrets et d'histoires oubliées, afin de redonner vie à ce lieu chargé d'histoire. Depuis lors, il développait une véritable obsession pour l'inconnue du portrait, tentant de percer les mystères qui l'entouraient. En secret, il la baptisa Jane.
Originaire d'une lignée aristocratique anglaise, cette jeune femme avait probablement vécu une existence privilégiée, mais également rigide et codifiée. Pourtant, son regard semblait suggérer un soif d'absolu et de passion, difficilement compatible avec les conventions sociales de son époque. Parfois, le soir, quand le silence régnait dans le manoir, il jurait entendre un soupir venir du tableau, comme si l'inconnue était lasse de sa condition immobile et muette.
Un matin d'hiver particulièrement glacial, alors que la gelée blanche recouvrait les pelouses et les arbres du parc, une sensation de chaleur intense se propagea dans la pièce où trônait le portrait. Stupéfait, Hyppolite constata que la glace fondait miraculeusement sur les rebords des fenêtres, libérant progressivement une vue imprenable sur le paysage enneigé. Dans le même temps, l'expression de l'inconnue changea radicalement : son visage s'illuminait d'un sourire radieux et ses yeux brillaient d'une allée inattendue.
Intrigué, il s’approcha respectueusement du tableau, espérant comprendre ce qui avait bien pu provoquer un tel changement. Alors qu'il contemplait intensément l'inconnue du portrait, celle-ci fixa soudain son regard sur lui, comme si Jane cherchait à établir un contact direct, il ressentit comme une bouffée de bonheur indicible et intense, qui naquit du froid ambiant et s'insinua délicatement dans son être tout entier.
Depuis lors, chaque hiver, lorsque la température descend en dessous de zéro et que le givre recouvre le manoir, le bonheur arrive du froid et investit les lieux, transformant la triste inconnue du portrait en une source de joie pure et absolue. Le propriétaire a appris à accepter et à embrasser cette transformation annuelle, caractéristique qu'il s'agit là d'un miracle discret mais tangible, né de l'alchimie complexe entre l'art, l'histoire et les caprices climatiques.
Il pleut depuis des jours et des jours ! Noémie s’ennuie, elle ne sait plus quoi faire. Elle a fait le tour de la pâte à modeler, des cubes avec des images du Petit Chaperon rouge, De la Belle au bois dormant et des trois petits cochons, de la maison forestière que son frère dans sa grande bonté lui a prêtée. Maintenant elle regarde la pluie qui ruisselle sur les vitres. Elle a bien dessiné des bonshommes sur les carreaux ainsi que des souris et des chats ; tant pis si elle se fait gourmander ! Elle a épuisé tous les livres documentaires celui des orchidées et des loups lui a bien plu ; elle les connait par cœur. Elle n’ignore plus rien des orobanches et les oryctéropes d’Afrique.
Soudain une idée germe. Et si elle allait au grenier. Il y a de la poussière qui la fait un peu tousser, ddes toiles d’araignée ; d’ailleurs elle contemple une petite velue noire qui tisse des rayons tenus de filament brillants. Noémie explore des cartons, des livres. Un bouquin bien épais lui tend soudain les bras, enfin ses pages. La voilà assise par terre feuilletant ce lourd machin. Un feuillet s’échappe puis deux puis trois… Des planches légèrement cartonnées sont répandues sur le sol. En gros titre en lettres majuscules :
HABILLE LISETTE
Lisette en jupon blanc à petits froufrous l’invite à jouer. C’est bien plus rigolo que ses poupées habituelles et que cette idiote de Barbie qui pleurniche après son Ken.
- Mets mon chapeau à fleurs Noémie
- Ah non je préfère la petite charlotte à pois
- Cela ne me va pas bien ! Pense à bien refermer la languette sinon je serai toute nue.
- Tu es rousse le jaune ne me va pas bien
- Tu veux que je t’habille avec la robe de mamie et le tablier blanc celui des gâteaux au chocolat.
- Non je préfère la robe écossaise bleu et vert. Attention mon col se décroche tu n’as pas bien découpé la silhouette.
Combien de temps s’est écoulé. Noémie n’en sait rien. Sa mère l’appelle. C’est l’heure du goûter et la pluie a cessé momentanément. Aller patauger dans les flaques ! Mais demain, elle reviendra !
Contraintes : utiliser les mots : chapitre – page – phrase - point – virgules - parenthèse – mot – lettre – minuscule – lexique
Le page du Seigneur Godefroi cheminait auprès de son maître vers un but qu’il ignorait. Jacquot se sentait minuscule à côté du grand cheval isabelle.
Tous deux venaient de quitter le chapître du monastère voisin. Jacquot demanda à son seigneur dans quel château ils étaient attendus mais ses phrases se perdirent dans le bruit du galop. Le chemin n’était point commode et les arbres penchés par le vent prenaient la forme de virgules étranges et inquiétantes.
Ils arrivèrent devant les murailles du château de Perceval. Ils y étaient attendus et Godefroi prononça quelques mots aux gardes, qui abaissèrent le pont levis. Le petit page se sentit libre de courir le long des remparts, dans la basse et dans la haute-cour.
Au-dessus d’une porte ouverte étaient gravés des signes bizarres qui ressemblaient à des lettres et Jacquot regretta de ne savoir pas lire. Il entra. Une gente dame était plongée dans la lecture de son livre d’heures, illustré d’enluminures colorées.
Jacquot ouvrait de grands yeux et s’approcha, mettant sa timidité entre parenthèses. La dame lui sourit. Le petit page aurait donné dix ans de sa vie pour rester éternellement dans cet enchantement. Mais les appels du seigneur Godefroi se firent pressants…
Geneviève Ferrandi
Une tasse
Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une tasse
du café, du thé, du chocolat ?
On y voit des couleurs irisées
On y voit des fleurs des champs
Les êtres aimés ou détesté
Une tasse
Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une tasse
Quand elle est toute chaude
On y voit mille soleils, des oiseaux bleus
On y voit des éclairs quand nos yeux papillottent encore
Quand les robes volent sous la brise
On y voit les enfants se préparent pour l’école
Pas encore des bruits incongrus de voiture
Les colères pas encore apaisées
Une tasse
Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une tasse
quand le filtre a disparu
Plus rien parce qu’elle but
Et bonsoir !
Le titre du livre de Fabienne Verdier
La passagère du silence - on utilise le titre ou les mots du titre dans un texte
C’est toujours un crève-cœur lorsque l’on découvre que son enfant, celui que l’on voudrait chérir de toute son âme n’est pas tout à fait comme les autres. Quand il naît il est parfait et le restera malgré un handicap. Milly est une jolie petite fille aux cheveux de miel qui voltigent autour de sa queue de cheval, au yeux pétillants de malice et de bonheur mais voilà elle n’entend pas. Ses oreilles restent insensibles au moindre bruit. Alors que faire de cette gamine ?
Sa mère la rejette ! On ne fera rien avec elle. Elle aurait voulu qu’elle soit musicienne, concertiste violon ou paino ; mais là c’est le désespoir. Son père attendri, lui garde son amour et pourtant , se révèle incapable de s’en occuper. Aucune démarche ne sera faite pour que Milly puisse se développer harmonieusement.
Très vite elle est confiée à Nounou qui apprend à communiquer avec elle par signe par le mouvement des lèvres. Sa mère, elle ne la verra pratiquement plus juste un petit présent à Noël sous le sapin ou une carte postale pour son anniversaire !
Pourtant Milly a un secret. Elle lit, elle dessine et adore « faire de la peinture ». C’est avoir bonheur de la voir s’accomplir. Nounou lui installe un chevalet dans un coin de sa cuisine. Chaque jour Milly, sur la pointes des pieds se cramponne à ses pinceaux et fait naître des volutes des arabesques puis à force travail car c’est du travail, elle réalise des petites fresques sur des grandes feuilles de papier, un peu à la manière du Douanier Rousseau ; Nounou lui a montré des albums de peinture. Milly connait Mary Cassat, Renoir, Monet, Morisot…
Elle ira aux Beaux-Arts, deviendra un très grand peintre connu et reconnu. Sa surdité ? Elle en a fait un atout. Tout dans son œuvre respire la paix et le silence, des couleurs douces aux coups de pinceaux légers, effleurant la toile. Elle sera surnommée plus tard dans le monde artisitique la « passagère du silence » !
Frédérique
Je rêve d'une petite escapade dépaysante avec mes copines. Après avoir bien cherché pour trouver quelque chose qui sort de l'ordinaire destiné à enterrer ma vie de jeune fille, nous nous sommes dirigées vers une forteresse espagnole. Il s'agit d'une compétition de planche à roulettes autrement dit skate board programmée à la tombée de la nuit à cause de la chaleur estivale et entendez-vous bien en robe du soir longue et chapeau. C'est original, non! La condition était de prendre au passage notre sac que l'organisateur avait déposé le long de notre parcours. Il faut bien fixer le chapeau sur la tête. Je ne vous parle pas du côté sécuritaire. Nous en France nous sommes quand même plus stricts: à savoir protection du poignet, genou, cheville... Et même une minerve afin d'éviter les fractures des vertèbres cervicales. Et bien sûr le casque afin d'éviter la fracture du rocher qui pourrait même être fatale. Quelle inconscience, si nos mères nous voyaient! On peut s'amuser mais tout 'est pas permis. Bref, oublions tout cela. Il faisait bon, la vitesse de la planche à roulettes nous procurait un petit vent de fraîcheur. Nous étions heureuses. J'avais tenu ce séjour secret mais devinez qui était venu m'attendre à l'arrivée!... Mon futur époux! Il est très fort quand même. Il me surveille déjà avant le mariage. Cela promet! Je ne vous dit pas la suite.
Odile Fischer
Cette toile de Richard Tuschman me fait penser à Hopper.
Racontez une histoire qui commencerait par
« Vous habitez près d’ici ? Lui avais-je demandé. »
Et qui finirait par « Mais cet épisode était de peu d’importance dans le monde si dur et si incompréhensible où nous vivions depuis quelque temps. ».
Elle avait répondu que son studio était à un jet de pierre de ce bar où elle venait pour la première fois. Il faisait chaud dans sa turne et un verre lui ferait du bien. Elle était mignonne dans sa robe rouge à bretelle. Elle ressemblait à la dame en rouge à sa fenêtre de Hopper. Ses cheveux roux auburn soyeux, me conquirent indubitablement et me firent oublier un instant Iris qui m’avait lâchement abandonné pour une espèce d’oie blanche ! Et largué pour une femme mais où va-t –on ? Oui souvent les femmes varient ! Nous partîmes bras dessus bras dessous. Après nos ébats que je jugeais flamboyants mais sans amour, juste la passion des corps, je suis allé me rafraîchir laissant la porte de la salle de bain ouverte et c’est là qu’Elle a vu. Elle venait de rajuster ses effets et s’était assise au bord du lit encore en bataille, pensive, le menton posé négligemment sur sa main à la manière de Rodin. Elle a vu que mon maillot de corps, mon marcel à fines côtes n’avait rien de sexy, il faut dire que j’avais essayé de le blanchir mais l’eau de javel avait accentué le jaune pipi. Elle a vu que la ceinture de mon pantalon mal coupé, était desserrée et laissait entrevoir poignées d’amour et un début de bidou grassouillet qui au fil du temps allait encore s’amollir. Mes ablutions lui parurent désespérantes : un tue-l ’amour ! Peu de poésie dans cette soirée. Si j’avais pensé un temps remplacer Iris c’était raté. Elle faisait la bobe comme on dit chez moi à Lyon pour ne pas dire la gueule. Lentement je me retourne, rien à faire ! Elle me fait comprendre que dégager serait la meilleure solution. Pas de remise de couvert !
Je me retrouve dans la rue et je tourne le dos au bar de la Mouette, lieu sinistre de notre rencontre ! L’âme en peine non pas du tout, un râteau est un râteau et pas si râteau finalement.
« Mais cet épisode était de peu d’importance dans le monde si dur et si incompréhensible où nous vivions depuis quelque temps ».
Frédérique
Je vais choisir la facilité. Combien de fois lorsque je travaillais, le lundi il faisait beau quand commençait une nouvelle semaine donc "le lundi au soleil, c'est une chose qu'on aura jamais, chaque fois, c'est pareil etc..." Mais c'est une façon de parler puisque lorsque je me suis installée à domicile en 1970; les cabinets d'infirmiers n'existaient pas et pas d'infirmières remplaçantes. Donc le travailétait suivi et les arrêts pas possibles. Alors je me rythmais sur l'environnement de la maison, le mari au travail et la progéniture à l'école pour commencer cette nouvelle semaine.
Un petit air quand il vous trotte dans la tête ne vous lâche pas,allez savoir pourquoi? Imaginez un jour, j'arrive chez une patiente, qu'est ce que j'entends, la mélodie programmée sur les ondes. Claude François, Patrick Juvet, toute ma jeunesse. Les idoles de la tournée âge tendre. Alors j'ai repris la chanson et figurez-vous, la patiente également m'accompagnait. Ainsi; l'espace d'un instant, elle avait oublié sa douleur.
Alors, la chanson fait-elle aussi partie des outils thérapeutiques?
Merci Patrick!
Odile FISCHER
Contrainte: utiliser les différentes images
Blanche-Neige s’ennuyait. Elle avait trouvé amusante, au début, la vie au milieu des sept nains mais elle avait vite déchanté. Ils n’étaient pas déconstruits, mais alors pas du tout. Sous leur air souriant et bienveillant, ils avaient tous les traits de purs produits du patriarcat.
Blanche-Neige s’occupait de tout, ménage, repas, tandis qu’ils partaient gaiement, haches et scies sur l’épaule et disparaissaient toute la journée sous prétexte de faire provision de bois. Elle les avait suivis discrètement et la vision des sept petits hommes ronflotant dans une clairière au soleil l’avait renseignée sur l’essentiel de leur activité.
Elle, de son côté, rangeait. Les nains étaient incroyablement désordonnés, et laissaient tout traîner. Quatorze chaussures au minimum à remettre par paires chaque jour ! Elle rangeait aussi leurs petits objets personnels, qui jonchaient le sol. Elle ramassa la dernière trouvaille de Grincheux, une petite figurine de la panthère rose qui semblait vouloir s’échapper de son cadre.
Blanche-Neige était songeuse. Elle avait cueilli des roses pour égayer la table. Elle tricotait un petit pull pour Simplet. Elle contemplait la photo accrochée au mur devant elle, un joli renard enroulé sur lui-même dans la neige, qui ne regardait que d’un œil, semblant lui dire : « Je ne veux plus voir ça ! » Elle regarda par la fenêtre et vit que sa folle de belle-mère lui avait encore tendu un piège, une belle pomme rouge au milieu de la route.
Blanche-Neige se rendit compte qu’elle n’en pouvait plus ! Elle devait changer de vie, et comme la panthère rose, s’échapper de sa mini-prison. Elle écrivit une longue lettre à Grimm, qu’elle ferma d’un joli cachet de cire rouge et la glissa dans la boîte aux lettres. Elle lui expliquait que ses contes à dormir debout étaient dépassés, qu’il lui fallait de l’action, des horizons lointains et qu’il était prié de lui faire traverser l’océan et de lui laisser la chance d’avoir un destin plus enviable que celui d’attendre un prince charmant en faisant la soupe de sept gentils ivrognes!
Agnès Delaplace
La brume avait envahi le quai de la gare. Elle s’était encore épaissi sur le trottoir ou une petite foule piétinait. Les uns attendant le train prochain, les autres scrutant les voyageurs qui débarquaient. Iris avait le cœur serré. Elle attendant depuis si longtemps le moment où enfin elle la rencontrerait ; sa mère. Elle avait donc une mère ! Pas celles d’accueil. Il y en avait eu tant. Dès qu’elle s’attachait aux femmes que l’on s’obstinait à dénommer Nounou ou mieux Tata, hop, elle partait dans une nouvelle famille et le cycle infernal recommençait. Pourtant une fois, une fois seulement une tata avait laissé échapper une phrase : » je ne comprends pas pourquoi cette petite n’est pas adoptable. Nous pourrions la garder au moins elle retrouverait le sourire ».
Elle avait quinze ans et dans sa tête l’idée germa ; peut-être pouvait-elle retrouver ses origines. Elle s’inscrivit dans les clubs de généalogie, fit les démarches dans les services sociaux mais on lui opposa un refus. Elle était mineure ! Finalement se disait-elle, est-ce que j’existe pour quelqu’un, ne suis – je qu’un dossier avec un numéro rouge de non adoptable ! Si je retrouve ma mère comment l’aborder ? comment la recevra-t-elle ?
Toutes les recherches entreprises à sa majorité aboutirent ; il lui a fallu dix ans ! Plus encore deux avant d’oser prendre contact.
Aujourd’hui c’est le grand jour ; elle a pris ce train, encore deux heures de voyage à ruminer sa peur, passant de la phase euphorique, à la phase dépressive. Pourtant elle a accepté la rencontre. Et si elle n’était pas là. Elle scrute à travers la brume et ses larmes. Au bout du quai alors que le brouillard se déchire une silhouette se détache.
Contraintes :
Terminer le texte par les deux derniers vers de «L’Albatros » de Baudelaire.
Utiliser les mots : Pinocchio, marin, cabane de pêcheur, bleu, blanc, perroquet, jeune, coloré, trottiner, sursauter.
Sur la plage écrasée par le soleil, Pinocchio réparait son filet. Il était assis devant sa cabane de pêcheur, la sueur coulait sur son front et lui brûlait les yeux. Ses cheveux gris en bataille, collés par le sel, sa barbe hirsute lui donnaient un air farouche. La mer était calme, d’un bleu profond, légèrement ourlée de blanc près du phare. Pinocchio sursauta et sortit de ses rêveries. Un jeune homme portant des vêtements colorés, jaune et vert fluo, trottinait et s’approchait de lui. « Encore un blanc-bec déguisé en perroquet ! », pensa Pinocchio. D’autres coureurs apparurent. Un trail était organisé par la municipalité et passait par la plage. Pinocchio regarda ces coureurs bronzés et légers, qui ne voyaient ni la dureté de la mer ni sa beauté, mais seulement un joli décor où exercer leur sport favori. Le vieux marin se sentit rejeté par ces gens à la vie facile, et amer, il se récita le poème qu’il murmurait souvent face aux vagues et sa voix tremblait lorsqu’il prononça les derniers vers,
« Exilé sur le sol, au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.»
Agnès Delaplace
La brume avait envahi le quai de la gare. Elle s’était encore épaissi sur le trottoir ou une petite foule piétinait. Les uns attendant le train prochain, les autres scrutant les voyageurs qui débarquaient. Iris avait le cœur serré. Elle attendant depuis si longtemps le moment où enfin elle la rencontrerait ; sa mère. Elle avait donc une mère ! Pas celles d’accueil. Il y en avait eu tant. Dès qu’elle s’attachait aux femmes que l’on s’obstinait à dénommer Nounou ou mieux Tata, hop, elle partait dans une nouvelle famille et le cycle infernal recommençait. Pourtant une fois, une fois seulement une tata avait laissé échapper une phrase : » je ne comprends pas pourquoi cette petite n’est pas adoptable. Nous pourrions la garder au moins elle retrouverait le sourire ».
Elle avait quinze ans et dans sa tête l’idée germa ; peut-être pouvait-elle retrouver ses origines. Elle s’inscrivit dans les clubs de généalogie, fit les démarches dans les services sociaux mais on lui opposa un refus. Elle était mineure ! Finalement se disait-elle, est-ce que j’existe pour quelqu’un, ne suis – je qu’un dossier avec un numéro rouge de non adoptable ! Si je retrouve ma mère comment l’aborder ? comment la recevra-t-elle ?
Toutes les recherches entreprises à sa majorité aboutirent ; il lui a fallu dix ans ! Plus encore deux avant d’oser prendre contact.
Aujourd’hui c’est le grand jour ; elle a pris ce train, encore deux heures de voyage à ruminer sa peur, passant de la phase euphorique, à la phase dépressive. Pourtant elle a accepté la rencontre. Et si elle n’était pas là. Elle scrute à travers la brume et ses larmes. Au bout du quai alors que le brouillard se déchire une silhouette se détache.
Le marché est à feu et à sang. Plus un petit morceau de foie gras ! Comment faire Noël sans foie gras. Je vous le demande un peu ! Chuuut écoutons les oies qui manifestent. Elles sont parties trois du Capitole et maintenant elles sont mille cinq cents à cacarder leurs revendications.
Marre que l’on nous prenne pour des dindes. Nous nous avons de la grâce nous ne sommes pas n’importe qu’elle oies. Pas des oies blanches qui tortille du croupion ! non ! non et non ! Nous sommes les majestueuses du Périgord. Et Qu’avons-nous ouï pour attiser notre colère ? Et bien nous allons être traitées comme des simple canard, gavées au maïs !
Ah mais faut pas prendre les oies du Périgord pour des canards sauvages. Il y a tant de mauvaise foi ! Nous avons brien compris que notre foie, ma foi, intéressait les cuisiniers et pas qu’une fois. Après le foie, ils se font une joie de nous farcir le croupion de marron et de chair à saucisse et nous font rôtir comme des cochons de lait ; et même que dans leur grandeur il ajouter parfois beurre persil ail des ours sana oublier d’arroser le tout de champagne.
La moutarde nous est montée au nez et après réunion nous voici devant vos étals pour vous faire part de notre décision. Notre foie sera en grève pour la durée des fêtes. Plus de dodus dindons de la farce. Nous pensons rejoindre nos cousines les bernaches sauvages.
Joyeux noël
PS: Après d'âpres négociations une solution transitoire a été trouvée ce qui a permis au Noël 2023 de se dérouler dans des conditions à peu près normales. Mais qu'en sera-t-il en 2024, je vous le demande? Affaire à suivre avec la plus grande vigilance.
La femme à sa fenêtre, Edward Hopper
Elle a mis sa robe rouge carmin à fines bretelles, celle qu’elle portait quand elle chantait encore le « temps des cerises ». Elle a retrouvé son bibi en feutre assorti dans le fond du placard. Elle a longuement ajusté les plis de sa jupe, les a longuement lissés pour qu’ils tombent en godets avec des reflets garance et coquelicot. Elle a soigneusement manucuré ses ongles et posé un vernis vermillon brillant. Elle a débarrassé la table du petit déjeuner. Elle a nettoyé les dernières miettes de croissant et l’auréole de la tasse de café. Elle s’est installée derrière la fenêtre et refermé la vitre à guillotine. On n’est jamais trop prudent lui disait toujours Jules. Elle a scruté la fenêtre de la voisine d’en face pour s’assurer qu’elle était à son poste de surveillance. Elle est restée debout derrière la vitre, les mains posées sur les carreaux immaculés.
Elle s’est décalée légèrement sur la droite pour voir sans être vue. Ménager la surprise ! Et maintenant elle attend. Elle est sereine. Elle est certaine que Jules va arriver avec un bouquet de marguerites qu’elle affectionne tant.
Elle a juste oublié que c’est la Toussaint et que Jules est parti l’an dernier.
Sujet : vous voilà au pied du mur ; il vous faut prendre une décision, seulement voilà vous êtes dans l’indécision.
Aie aie aie ! bons sang de bonsoir, il est presque minuit ! Va falloir y aller. Pas envie du tout. Ou mais ils ont m’attendent ; et comme c’est comme cela depuis un siècle de demi plus exactement depuis 1860 ! Toujours pareil, ils m’attendent. Chaque année, ils m’attendent. Que diable ! tous les ans c’est la même chose, je tergiverse ; je trépigne, je piaffe, je barguigne, j’atermoie, je temporise, je finasse, je louvoie, bref en un mot j’hésite ! j’y vais j’y vais pas ? !
Oui mais ils m’attendant. Pourtant j’en ai plein le dos de cette hotte, et puis les rennes m’agacent, ils n’en font qu’à leur tête, toujours à vouloir des carottes ; là ils sont sages mais les carottes en hiver ça coûte bonbon ! Non c’est décidé, cette année ils se passeront de mes services. Je ne comblerai pas leurs désirs. D’ailleurs il y en a trop et lire leur liste me fatigue. Qui paie les lunettes !
Bon c’est la dernière fois. Mais vraiment la dernière. Ils me trouveront bien un remplaçant pour l’année prochaine que diable avec tout ce chômage ! Ils ont encore toute l’année pour y réfléchir ! Moi j’ai cent cinquante ans de service l’heure de la retraite à sonner, je DEMISSIONNE na !
Ah je ne peux pas démissionner… Bob j’y vais ; et si je n’y allais pas, ils feraient quoi ? Tiens j’essaye, Il n’y vais pas ; juste pour voir … et puis non j’y vais pas ! Frédérique