Altered-Stratégie
5 - les différents types de joueur
5 - les différents types de joueur
Lorsque je lis de nombreux Discord, je suis toujours surpris de voir une animosité envers tel ou tel deck, ou tel ou tel type de joueur.
Il ne faudrait pas s’inspirer de decks issus de 39 Card ou jouer des jeux prison, sous peine de frustrer vos adversaires.
À noter : Au moment où j’écris ces lignes, ce sont les decks prisons (et/ou Bravos contenant Petit Djinn et Séringar) qui cristallisent les critiques. Avant, c’était Treyst Botfix, Sigismar ou encore Afanas. Ceux qui ont connu le set 1 pourraient évoquer Waru pré-ban, et d’autres ne font que maudire les decks Festival.
Cependant, cela n’en dit rien sur votre « horrible adversaire » osant jouer ce deck « infâme ». Cela ne parle, au final, que de vous et du type de joueur que vous êtes. C’est ce qui m’amène à aborder le sujet du jour : les types de joueurs et leurs attentes.
Ah, et point important (que nous avons développé dans l’article sur le choix d’un deck méta) : Je ne comprends pas en quoi c’est un problème d’avoir des joueurs souhaitant augmenter leurs probabilités de victoire et qui décident donc de jouer les decks ayant les meilleures performances dans les grands tournois. Après tout, c’est la réaction logique si l’on souhaite gagner.
Je termine cette longue introduction pour aborder les différentes classifications possibles.
Ceux qui connaissent déjà ces archétypes devineront aisément que j’ai commencé par le premier des TCG : Magic: The Gathering.
Il s’agit d’une nomenclature imaginée par les développeurs pour qualifier les grandes familles de joueurs et leurs attentes distinctes.
Timmy : Le joueur qui aime les sorts puissants et impactants. Typiquement, ce type de joueur a un aspect social marqué ; il joue pour le plaisir de résoudre une carte comme Kaibara ou Hydracaena. Si je devais citer un héros typique, ce serait probablement Atsadi.
Johnny : Le joueur qui adore les combos tordus. Vous en connaissez tous, et ils jouent probablement Axiom à Altered ou un deck combo Lyra-Ravitaillement. Ce type de joueur apprécie les mécaniques synergiques et éprouve une satisfaction particulière à gagner grâce à son combo.
Spike : Le joueur compétitif par excellence. Ce type de joueur est là pour jouer le meilleur deck et explorer toutes les options possibles, revoir ces parties pour r&éfléchir sur ces choix. Je ne veux pas mettre en avant tel ou tel héros dans ce cas, car le Spike peut justement changer de héros en fonction de la méta.
Vorthos : Cette catégorie est apparue plus récemment que les trois premières. Il s’agit d’un joueur qui va connaître le lore par cœur, aimer jouer des decks cohérents avec l’histoire et sortir des decks à thème. Un joueur a suggéré de faire un deck à thème Noël (avec Père Noël et Traîneau) pour le dernier tournoi de l’année. C’est dans ce type de tournoi fun que les Vorthos s’éclatent.
Attention : Les humains ne peuvent pas être catégorisés dans une seule case. Il s’agit de différents aspects qui s’expriment plus ou moins selon les individus. Personnellement, j’oscille entre Johnny et Spike.
Et vous, quelle est votre dominante ?
En effectuant des recherches sur les types de joueurs, je suis également tombé sur la typologie de Bartle, qui, d’après Wikipédia, est un universitaire et écrivain anglais. Il a proposé une description des différents objectifs des joueurs de jeux vidéo, classant les joueurs en 4 catégories principales, selon leurs motivations et leur rapport au jeu.
Les Conquérants (Killers) : Leur but ? Gagner. Ils cherchent la compétition, la victoire, et souvent, l’affrontement direct. En TCG, c’est le joueur qui optimise son deck. Pour moi, cela se rapproche de la catégorie Spike précédemment évoquée.
Les Explorateurs (Explorers) : Ils veulent découvrir, tester, innover. Leur plaisir vient de l’inconnu, des mécaniques originales, des interactions improbables. En TCG, c’est le joueur qui construit des decks hors-méta, qui adore les synergies inattendues.
Les Socialisateurs (Socializers) : Ils jouent pour le fun, les discussions, l’ambiance. En TCG, c’est le joueur qui préfère les parties amicales, les drafts entre potes, et qui adore expliquer les règles aux nouveaux.
Les Collectionneurs (Achievers) : Ils aiment les collections complètes, les decks parfaits (complètement foil, par exemple), les illustrations alternatives. En TCG, vous en connaissez tous, mais chacun avec ses objectifs propres : avoir tous les héros full art, ou des exemplaires uniques avec le minimum de texte pour profiter des illustrations…
Je trouve cette catégorisation assez complémentaire à la première, car elle décrit également d’autres aspirations des joueurs de TCG. J’avoue avoir eu plus de mal à me situer précisément, et mon positionnement évolue selon les circonstances :
J’ai clairement un volet socialisateur qui m’incite à préférer les parties en physique plutôt que sur BGA.
Lorsque je joue dans des tournois qualificatifs, je bascule (ou j’essaie) vers le volet conquérant.
En tournoi hebdomadaire, j’aime prendre un héros pour tester (typiquement, plus proche de l’Explorateur).
Un très bon copain adore, sur Magic: The Gathering, les grosses créatures et ne peut s’empêcher, en draft, d’en choisir trop. Systématiquement (ou presque), il se retrouve en difficulté en début de partie. Si on ne gagne pas en allant plus vite que lui, on perd à la fin.
Il est intéressant de prendre du recul sur le type de joueur que l’on est, pour mieux jouer avec nos biais et nos attentes.
De plus, il faut avoir conscience que, selon les types d’événements, cela attire différents types de public. De manière caricaturale, je ne peux pas être surpris de tomber contre les meilleurs decks possibles dans des tournois à enjeux. Si j’aime faire des parties avec des decks fun, il est probable que je doive privilégier les parties non classées sur BGA.
Je l’ai dit en introduction, mais je ne conçois pas qu’il soit possible, dans un jeu (quel qu’il soit), d’émettre un jugement sur son adversaire. Après tout, un Spike fait un choix logique, dans un grand tournoi, en choisissant le meilleur deck, et ce malgré la frustration que cela peut générer.
Un Johnny a le droit de s’attrister de la suspension de Botfix ou d’apprécier réfléchir au meilleur timing pour gagner avec Festival. Et, de manière générale, prendre conscience de ses propres biais permet :
De mieux vivre les situations générées par nos choix (plus ou moins conscients).
De s’améliorer en cherchant à mieux composer avec nos biais.
Flo-FR