Jetez l’amour par la fenêtre
Jetez l’amour par la fenêtre,
Il reviendra comme un fantôme,
Le cœur saignant de ses blessures.
Il renaîtra de ses racines,
Comme un rhizome qui a souffert
D’une sécheresse à l’infini.
Il retombera entre vos mains,
Comme un fruit mûr, dans le souffle
Du vent d’un grand retour.
Quand la pluie tombe
Ses camps, ses bidonvilles.
Tout le monde est à genou
Pour demander pardon
Aux dieux frères des cyclones,
Les ravines en colère,
Les fatras à coeur joie dans les yeux,
Et les dépouilles par terre !
Pas besoin de requiem
Pas besoin de requiem,
Pas besoin de prières,
Pas besoin d’épitaphe.
Je veux être anonyme, à ma mort,
Comme les grains de poussières,
Qui consacrent le retour à la vraie origine,
Comme les cendres que l’on sème
Dans les bouches d’un fleuve
Qui se perd dans le bleu de la mer.
A plat dans les enfers,
Quand la pluie tombe,
Dans une rage endiablée,
C'est Port-au-Prince qui tombe,