par Didier Carsin
1/ Enregistrement de la séance du 03 février 2026
Pour accéder à l'enregistrement audio, cliquer sur le lien ci-après:
enregistrement séance du 03.02.2026
Pour accéder à l'enregistrement vidéo, cliquer sur le lien ci-après:
enregistrement séance du 03.02.2026
2/ Plan du cours de la séance du 03 février 2026
C'est notre 5ème séance consacrée à la lecture du Traité théologico-politique (traduction Appuhn, collection G/F). Nous abordons le chapitre 6 qui traite des miracles.
1- Présentation générale de la question des miracles
a- Un double aspect qui mène à une double interrogation : le miracle comme fait exceptionnel qui déroge aux lois de la nature (une interrogation sur le statut de ces lois et les limites de la rationalité) ; le miracle comme signe du divin (une interrogation sur son authenticité et son sens)
b- Le "scandale" Spinoza : le seul penseur de son temps à nier la possibilité du miracle. L'accusation d'athéisme portée contre lui.
2- Les préjugés du "vulgaire" sur le miracle (pages 117 et 118)
a- Le miracle, "ouvrage divin" qui témoigne de l'existence de Dieu et de sa providence
b- La croyance aux miracles présuppose la distinction et l'opposition entre deux puissances: la puissance divine (surnaturelle) et la puissance de la nature (créée par Dieu) qui opèrent alternativement
c- La représentation de Dieu comme une "majesté royale" qui domine la nature par ses miracles produits en faveur de quelques hommes, suscite la dévotion et engendre une haine de la raison et des savants
d- La croyance aux miracles est une croyance intéressée qui trouve son origine chez les premiers Hébreux et se propage à toute l'humanité. Elle donne lieu à une instrumentalisation politique.
3- L'impossibilité du miracle (pages 119 et 120)
a- Le miracle présuppose qu'on se représente Dieu comme un législateur ou un prince qui peut s'écarter des lois qu'il a prescrites (page 90), et par lesquelles il a ordonné la nature. Représentation qui distingue en lui sa volonté et son entendement et résulte de la projection anthropomorphique de celle que l'homme se fait de lui-même.
b- En Dieu volonté et entendement sont une seule et même chose (page 119). Dieu veut nécessairement ce qu'il conçoit. Les lois de la nature sont des décrets divins qui découlent de la nécessité de sa nature. La puissance de Dieu et la puissance de la nature sont identiques. Il est impossible qu'un événement puisse se produire en violation des lois de la nature.
c- Le miracle doit être considéré seulement comme un événement dont l'explication est inconnue (page 120)
4- Le miracle ne permet pas de connaître l'existence et la providence de Dieu (pages 121 et 122)
a- Imaginer le miracle comme une interruption du cours naturel des choses interdit de considérer la nature comme un "ordre fixe et immuable" et aboutit à nier la puissance infinie de Dieu. "La foi aux miracles nous ferait douter de tout et nous conduirait à l'athéisme" (page 123)
b- L'Ecriture confirme que le miracle ne nous fait pas connaître Dieu (pages 124 et 125 ; l'épisode du veau d'or)
5- L'Ecriture montre que les "décrets et commandements de Dieu ne sont rien en réalité que l'ordre de la nature" (pages 125 à 128)
"Il n'est pas douteux que tout ce qui est raconté dans l'Ecriture, ne soit arrivé naturellement". Exemples des sauterelles qui s'abattirent sur l'Egypte, de l'ouverture de la mer au passage des Hébreux...
6- Comment interpréter les miracles rapportés dans la Bible? Quel rôle leur récit joue-t-il dans l'imagination des hommes ? (pages 128 à 133)
"Exciter le plus possible l'admiration et imprimer en conséquence la dévotion dans l'âme du vulgaire" (pages 126 et 127)