LA POESIE est un jeu de langage, réel ou imaginaire . C'est ce que vous en faites et ce que vous y ajoutez, c'est un art ! La poésie est dans ce qui n'est pas. Dans ce qui nous manque. Dans ce que nous voudrions qui fût. Elle est en nous à cause de ce que nous ne sommes pas. C'est le lien entre nous et le réel absent. C'est l'absence qui fait naître les poèmes.
13/7/2015 © Dewaele Anne-Marie/ Osemaude.
Tous mes cris, mes SOS resteront- ils vains ?
Où en bulles se dissiperont -ils un beau matin ?
Magiques, seront-ils encore partagés le festin,
De ce jour qui se lève, de la beauté d'un matin.
Oublieront-ils les promesses faites au souci d'un chagrin?
Chaque défaite est-elle faite d'un regain de refrain.
Arriverais-je encore longtemps à porter le fardeau ?
D'un chagrin devenu au fil des ans, bien trop gros.
Comme le roseau, je plie mais ne rompt pas.
Mais cela perdure depuis longtemps déjà !
La joie revient au bonheur des autres en ce monde.
Ma chanson entonne le refrain faite d'ondes.
Le bout d'un tunnel s'entrouvre, je m'engouffre.
L’espoir à chaque fois revient, me souffle.
Que le bonheur est fait de petites joies.
Je sais cela ! L’ombre est-ce qu’elle croît?
Ressentiments de besoin d’eux ou d’elles.
Impossible de vivre sans cet élan maternel.
Les vrais tourments sont faits de serments.
Les vraies peurs d’un moment d’égarement.
La confiance fait partie du lot des saisons
Qui vire parfois les cœurs en déraison.
La mienne, la tienne, celle que l’on veut
Pourvue qu’elle tienne au vent peureux.
Qu’est-ce donc que le bonheur ?
Sinon des petits riens qui font chanter nos heures et bercent le quotidien. Se satisfaire de peu, pour être riche de soi, et sourire aux envieux qui ne sentent plus la joie. Le plaisir est partout, mais ose tendre ta main, vis les heures sans tabous, ni penser à demain. À parfois trop vouloir, on peut trouver le moins, on oublie les regards qui chassent le chagrin. Intègre la nature, et prends soin de ton être, dépose ton armure, tu te sentiras naître. Mets l’amour en ton âme, qu’il éclaire ta voie, le malheur se désarme, face au bien qui est là. Jean-Claude Neunerpère
Liberté, libre Texte de Claude Marcel Breault
On a écrit des bouquins, des chansons, on en parle souvent, de toutes les façons. Ce mot auquel on est tous attachés est pourtant le mot le plus galvaudé.
Etre libre pour moi, c'est d'abord exister. M’affirmer, me respecter, aussi m’aimer. C’est me donner une chance de choisir, faire aussi tout ce qui me fait plaisir Oui être libre, c’est rire quand je veux. C’est aussi crier quand je suis heureux. Même pleurer, le jour où tout va mal. Ou encore décider de conserver mon moral. Ça peut être aussi, de pouvoir être ému devant un bon ami qui n’en peut plus, ou être pour moi-même, un bon ami qui se pardonne ses mauvais choix de vie. C’est souvent, prendre le temps de respirer, se trouver du temps pour s’amuser. Être libre pour moi, c’est tellement important que je dis...oui c’est être, tout simplement.
Le signe incontestable du grand poète, c'est l'inconscience prophétique. la troublante faculté de proférer par-dessus les hommes et le temps, des paroles inouïes dont il ignore lui-même la portée. Bloy Léon
Ecrire, c'est renouer avec soi. Ecrire, c'est transformer une parcelle de vie. Ecrire, c'est se retrouver à travers les autres.
Ecrire, reste l'ESSENTIEL dans sa vraie spontanéité. Osemaude/Anne-Marie Dewaele
L'espérance. Andrée Chedid
J’ai ancré l’espérance aux racines de la vie. Face aux ténèbres, j’ai dressé des clartés, planté des flambeaux à la lisière des nuits. Des clartés qui persistent. Des flambeaux qui se glissent entre ombres et barbaries. Des clartés qui renaissent. Des flambeaux qui se dressent sans jamais dépérir. J’enracine l’espérance dans le terreau du cœur. J’adopte toute l’espérance en son esprit frondeur.
Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004
Le temps de vivre Anna de Noailles.
Déjà la vie ardente incline vers le soir, respire ta jeunesse, le temps est court qui va de la vigne au pressoir, de l'aube au jour qui baisse. Garde ton âme ouverte aux parfums d'alentour, aux mouvements de l'onde, aime l'effort, l'espoir, l'orgueil, aime l'amour, c'est la chose profonde. Combien s'en sont allés de tous les coeurs vivants au séjour solitaire, sans avoir bu le miel ni respiré le vent des matins de la terre. Combien s'en sont allés qui ce soir sont pareils aux racines des ronces, et qui n'ont pas goûté la vie où le soleil se déploie et s'enfonce ! Ils n'ont pas répandu les essences et l'or dont leurs mains étaient pleines, les voici maintenant dans cette ombre où l'on dort sans rêve et sans haleine. - Toi, vis, sois innombrable à force de désirs, de frissons et d'extase, penche sur les chemins, où l'homme doit servir, ton âme comme un vase. Mêlée aux jeux des jours, presse contre ton sein la vie âpre et farouche. Que la joie et l'amour chantent comme un essaim d'abeilles sur ta bouche. Et puis regarde fuir, sans regret ni tourment, les rives infidèles, ayant donné ton coeur et ton consentement à la nuit éternelle.
Cet hiver fut long et rude, alors ce 1er mai 2013, sera-t-il là près de la fenêtre ?
Premier mai de Narcisse Sellier : J'eus voulu ce matin t'apporter du muguet, ne fut-ce qu'un seul brin, une seule clochette. Mais Avril fut si froid, son soleil si discret, qu'aujourd'hui le muguet est absent de la fête !
LE BEL AUTOMNE EST REVENU Raymond RICHARD
Le bel automne est revenu
À pas menus, menus,
Le bel automne est revenu
Dans le brouillard, sans qu'on s'en doute,
Il est venu par la grand'route
Habillé d'or et de carmin.
Et tout le long de son chemin,
Le vent bondit, les pommes roulent,
Il pleut des noix, les feuilles croulent.
Ne l'avez-vous pas reconnu ?
Le bel automne est revenu.
L'ÂME SOLITAIRE (extraits) Albert Loizeau
J'attends. Le vent gémit. Le soir vient. L'heure sonne.
Mon cœur impatient s'émeut. Rien ni personne.
J'attends, les yeux fermés pour ne pas voir le temps
Passer en déployant les ténèbres. J'attends.
Cédant au sommeil dont la quiétude tente,
J'ai passé cette nuit en un rêve d'attente.
Le jour est apparu baigné d'or pourpre et vif,
Comme hier, comme avant, mon cœur bat attentif.
Et je suis énervé d'attendre, sans comprendre,
Comme hier et demain, ce que je puis attendre.
J'interroge mon cœur, qui ne répond pas bien...
Ah ! qu'il est douloureux d'attendre toujours — rien !
Dernière gerbe Victor Hugo
Voici que la saison décline, l’ombre grandit, l’azur décroît, le vent fraîchit sur la colline, l’oiseau frissonne, l’herbe a froid.
Août contre septembre lutte ; l’océan n’a plus d’alcyon ; chaque jour perd une minute, chaque aurore pleure un rayon.
La mouche, comme prise au piège, est immobile à mon plafond ; et comme un blanc flocon de neige, petit à petit, l’été fond.
Photo Anne-Marie Dewaele
" Le poète est un four à brûler le réel " C'est pourquoi les mots ont tant d'importance pour lui - et tant de valeur - les rapports des mots entre eux, le rythme et les assonances de la phrase. Il ne dispose de rien d'autre que ça." Pierre Reverdy
L'envol d'une colombe
Une colombe vole dans le ciel, où n'y règne que la paix, elle s'envole vers la liberté, aux couleurs d'un arc-en-ciel. Munie de ses belles blanches ailes, elle se mélange aux tendres nuages, s'esquiver, pour elle est essentiel, ces endroits où existent les ombrages ! Une colombe, pleine de bonté que l'on ne peut attraper, que l'on ne peut encager, vivante, d'amour, de bonheur et de paix. S'envoler vers des horizons lointains, dessinés dans des bulles d'airs; le chant d'un oiseau, de ses lendemains; voyager et siffler, dans ses sphères. Une colombe, et son blanc plumage, se dissipe en direction des étoiles, cette voûte céleste, où demeurent les sages; suivez cette voie, nul n'a besoin d'un voile.
L'été de Charles Cros
En été les lis et les roses
Jalousaient ses tons et ses poses,
La nuit, par l'odeur des tilleuls
Nous nous en sommes allés seuls.
L'odeur de son corps, sur la mousse,
Est plus enivrante et plus douce.
En revenant le long des blés,
Nous étions tous deux bien troublés.
Comme les blés que le vent frôle,
Elle ployait sur mon épaule.
Les chemins de tendresse de Simone Conduché
Prends ma main. Ne la lâche pas. J'écouterai ce que tu veux me dire. Si tu préfères te taire, j'entendrai ton silence. Si tu ris, je rirai avec toi, mais jamais de toi… Si tu es triste, j'essayerai de te consoler. Je ferai pour toi des bouquets de soleil. J'allumerai des feux de joie là où chacun ne voyait plus que des cendres. Si je n'ai qu'une rose, je te la donnerai. Si je n'ai qu'un chardon, je le garderai pour moi. Je te donnerai ce qui te plaît, ce qui te rassure le plus si je le possède. Si je ne le possède pas, j'essayerai de l'acquérir.
Donne-moi la main. Nous irons où tu voudras. Je te ferai entendre la musique que j'aime. Si tu ne l'aimes pas, j'écouterai la tienne… J'essaierai de l'aimer ! Je t'apprendrai ce que je sais. C'est peu. Tu m'apprendras ce que tu sais. C'est beaucoup. Ne dis pas que tu ne sais rien : cela n'existe pas, quelqu'un qui ne sait rien… ou alors, si cela existe, tant mieux car ce serait quelqu'un comme un jardin sauvage, un jardin à naître où l'on peut rêver mille jardins… Comme… comme un enfant à venir, un enfant espéré : ce serait la vie devant soi, ronde, inattaquée, comme une boule de Noël. Prends ma main. Cinq doigts refermés autour des nôtres, c'est le plus beau cadeau du monde. Cela nous préserve de la peur, de l'abandon, du doute. Une main offerte, c'est un monde nouveau. Tu es toi. Je suis ce que je suis. Je ne troublerai pas ta musique intérieure. Je ne me blesserai pas de tes silences. Tu respecteras les miens. Je ne t'assassinerai pas de “pourquoi ?”. Tu ne diras pas que je fais des fausses notes si je ne pense pas comme toi…Donne-moi la main. Nous irons avec la vie, comme le sable, le temps et l'eau : entre source et delta. Différents et si proches à la fois…
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