Là où aucun mot, aucun verbe, aucune parole
Ne peuvent plus être écrits ni prononcés,
Sans que tout se transforme en sentence destructrice,
Où tout devient âpreté et méchanceté,
Là où la fleur, même arrosée, se dessèche,
Là, où même un regard d'amour
Est pris pour une arrogante sûreté,
Seule la modeste toile peinte,
Porteuse de tout l'amour et de toute la tendresse
De toutes les souffrances pouvant enfin s'exprimer,
Seule la modeste toile est révélatrice,
Et seul son message dessiné, moulé, révélateur,
Est durable dans le temps, au-delà de la vie.
Peinture, o peinture, refuge de l'artiste blessé,
Mieux que la musique éphémère et le texte morcelé,
Dans un ensemble, une vision première, pure et unique,
Tu peux révéler en un éclair et pour l'éternité,
Dans la contemplation de ton harmonie,
Tous les sentiments conçus dans la communion amoureuse,
Oh toi, voyeur et visionnaire, combien tu as raison,
Emplis-toi l'oeil, le cerveau et le coeur par la même occasion,
Tu ne verras jamais plus d'autre amour aussi grand.