Ce mémoire s'était fixé pour objectif, après la réalisation d'un stage de trois mois au sein de l'équipe de Jours de guerre de la RTBF-Charleroi, de définir une pratique professionnelle, celle des journalistes de télévision travaillant pour une émission historique.
Un premier chapitre a permis d'identifier les différents genres d'émissions historiques existants et, dans un second temps, la pratique de quelques professionnels. Parmi ceux-ci, nous avons distingué les historiens et les journalistes afin de déterminer l'apport et le type de travail de chacun. Nous avons pu ainsi rendre compte d'une part de la méfiance des historiens vis-à-vis de l'audiovisuel, de l'application qu'ils ont faites de leur méthodes propres aux sources audiovisuelles et de l'utilité qu'elle représente pour les hommes de télévision qui travaillent sur des sujets du passé. Nous avons pu également situer le point de vue d'historiens concrètement engagés dans l'écriture d'émissions télévisées, et l'émergence, en France notamment, d'une genre historique qu'à la suite de Pierre Nora, nous avons appelé "histoire médiatique".
Approchant ensuite la pratique professionnelle de quelques journalistes et réalisateurs de télévision qui ont réalisé des émissions sur des sujets historiques, nous avons abordé la façon dont ils définissent leur tâche et leurs motivations.
Dans un second chapitre, nous avons voulu cerner de façon plus précise les dimensions propres du métier d'historien et de journaliste. En faisant référence aux travaux de Paul Ricoeur, nous avons tenté de définir la façon dont les historiens rendent compte des faits du passé, c'est-à-dire par le récit. Puis, nous avons étendu cette analyse au travail des journalistes.et nous en avons conclu que, sur ce point, la pratique des discipline était homologue.
A partir de cette base, nous avons cherché, dans un troisième chapitre, à définir la spécificité des récits des magazines d'information télévisés. Avec Jérôme Bourdon, nous avons relevé les composants de ces émissions, leurs interractions et leurs différentes temporalités. Puis, nous avons dégagé les particularités de Jours de guerre.
Restait à aborder, dans un 4ème chapitre, l'usage de la fiction au sein d'une émission historique et plus spécifiquement dans le cas des séquences ersatz auxquelles nous avions collaboré. Après avoir examiné, du point de vue de l'historien et du journaliste, l'opportunité de l'usage de la fiction dans les disciplines respectives, nous avons eu à nouveau recours à Paul Ricoeur pour définir les homologies du récit historique ou journalistique et du récit de fiction. Nous avons vu leur complémentarité et pu asseoir leur légitimité. Nous avons pu enfin porter un regard évaluatif sur les séquences ersatz.
En fin de ce travail, nos remerciements vont à Monsieur Jean-Marie Delmée, qui a eu l'idée de ce stage-mémoire et a accepté d'en être le promoteur, à Monsieur Arts, directeur du centre RTBF de Charleroi, qui en a accepté le principe et à l'ensemble de l'équipe de Jours de guerre qui, grâce à son accueil, a permis d'en faire une expérience enrichissante et fructueuse.