Le Quartier

LE QUARTIER 
Le livre
  " Il y a des gens qui te disent où t’habite ?
     - Aux Beaux Arts...
     - Où c'est ça les Beaux Arts ?
     - ...
     - Ah ! si tu m'avais dit l'abattoir ...Oui !...    
       Mais les Beaux Arts, je le vois pas ! "


Il en est ainsi de ce quartier au nom hybride "Abattoirs-Beaux-Arts". Pour aller aux origines du quartier des Abattoirs, penchons-nous sur un espace quasiment vide de bâti entre deux faubourgs celui de Villefranche et du Pila Saint Gély. C’était un espace hors les murs de la ville, le Merdanson venant accentuer cette séparation d’avec la ville. Le faubourg du Pila Saint-Gély était principalement occupé par les couvents et les nombreuses hôtelleries.  Les activités nuisibles en raison des risques d’incendies telles que les ateliers de potiers ou insalubres et nauséabondes telles les tanneries  furent volontiers reléguées extra-muros, au grand dam des riverains qui pétitionnent contre ces établissements. Au XIXe siècle, la ville à l’étroit dans ses remparts, s’étendit hors les murs. Les congrégations religieuses s’installèrent alors dans ces faubourgs nord de la ville  et eurent une importante emprise foncière qui allait perdurer  jusqu’à aujourd’hui.
Mais revenons à nos moutons, nos vaches et nos cochons ! L’autre signe de l’urbanisation des faubourgs fut l’implantation du  nouvel Abattoir. La Boucherie, située faubourg Saint Gély, à l’emplacement du Corum, jugée trop près de la ville, fut déplacé en 1851, de l’autre côté du Merdanson au lieu dit  "Clos du Macle", clos du mâle en occitan. C’était alors la campagne avec ses vignes, ses terres labourables, ses jardins et ses bâtiments ruraux. Les ingrédients étaient  là pour donner naissance à un quartier aux allures de village : une fonction dominante celle de l’Abattoir qui allait être le ferment de toute une vie économique, sociale et culturelle et autour duquel allait se forger durant plus d’un siècle l’identité du quartier. Les tripières avaient le verbe haut. Les chevillards, qui avaient su allier dur labeur et sens du commerce, étaient riches, ne dit-on pas qu’ils n’hésitaient pas à sortir leur liasse de billets pour acheter un tube d’aspirine ! C’est au bar des Marchands, actuel Art Café qu’ils prenaient leur pause et petit-déjeunaient  copieusement. Les garçons bouchers, tradition oblige, avaient des surnoms. Et c’est ainsi que Pique, Nique, Gros bras, Joue de veau,  vedettes  du monde des abattoirs, prenaient leur pause déjeuner sous le regard bienveillant de Marie et Henri Doumergue les patrons du bar des super Vedettes. La place de l’Abattoir était animée : bergeries, ateliers de bouchers, va et vient des transports de viande rythmaient la vie de la place. Il arrivait que les vaches sentant la mort prochaine, s’échappassent  et c’était alors le grand branle bas de combat dans le quartier. Si le quartier des Abattoirs était riche de vie, de relations sociales et d’esprit de solidarité sa réputation  n’était pas fameuse. Le quartier était pauvre, très pauvre, peu côté très peu côté.
Les Abattoirs sont démolis en 1985.  Composée de logements sociaux, la résidence des Beaux-Arts construite sur l’emplacement même des Abattoirs, fut garante de la mixité sociale  du futur quartier. Alors que l’activité des abattoirs déclinait, l’école des Beaux- arts commençait ses pérégrinations dans le quartier dès 1981 et,  en 1987, la place de l’Abattoir devint la place des Beaux-Arts (à la demande de riverains mais au grand regret des anciens du quartier). Rien ne subsiste de la période des Abattoirs si ce n’est le nom de la rue du Marché aux Bestiaux. Animations, festival des fanfares, (1er festival sur la place des Beaux-Arts en 1996) vide-greniers, fête des Lumières, terrasses de la place où les "Bozartiens" aiment se retrouver : le quartier est hautement attractif. On aime le quartier pour son côté "village". Si un quartier est une succession de strates, n’oublions pas que la strate Abattoir a largement contribué à forger le quartier tel qu’il est aujourd’hui. Le quartier mal famé des abattoirs est devenu le très prisé quartier des Beaux-Arts. La strate "bozartienne" est en train de se façonner.  Mais ceci est une autre Histoire…


L'entrée des abattoirs


Moutons venant de la gare pour les abattoirs, devant l'actuel musée fabre


Inondation place Emile Combes





DES BEAUX ARTS AUX ABATTOIRS
ARCHIVES SONORES
Documentaire réalisé par l'association de quartier Beaux-Arts Pierre Rouge,
avec la participation d'Archives du Monde.

    "   
- Il y a des gens qui te disent où t’habite ?
        - Aux Beaux Arts...
        - Où c'est ça les Beaux Arts ?
        - ...
        - Ah ! si tu m'avais dit l'abattoir ...Oui !...    
          Mais les Beaux Arts, je ne vois pas !   "


Ambiance autour des abattoirs
Le quartier des abattoirs : les rues, les places y sont un terrain de jeux de rencontres et de festivités.  Un quartier où les animations sont largement générées par la présence des abattoirs.

Les commerces et les artisans
C'est toujours avec beaucoup de nostalgie que les anciens évoquent les ces petits commerces et artisans qui faisaient battre le cœur de ce quartier aux allures de village.

Le maraîchage

Le quartier des abattoirs c’était aussi la campagne, des vignes, des jardins. La famille Dainat est porteuse de cet autre pan de l'histoire du quartier, celle des activités maraichères.

Travailler aux abattoirs
Établissement insalubre l'abattoir de Montpellier est repoussé en 1851, loin des murs de la ville, au delà du Verdanson, dans ce qui était alors la campagne. Y travaillent chevillards, garçons bouchers, tripiers, tripières. Avec nos témoins ouvrons les grilles de l'abattoir.