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Bien Manger pour Mieux Bouger !

[28 Décembre 2010]

Bien manger pour mieux bouger !

[28 Décembre 2010]

« L’hygiène de vie peut favoriser ou anéantir la carrière d'un joueur de haut niveau. Une bonne alimentation constitue 30% de la performance » soutient Arsène Wenger. Cette citation, Bénédicte Cianfarani-Tharreau en a fait sa devise. Elle la répète aux joueurs de l’ACA lorsqu’elle dirige une réunion d’information. Cette jeune femme de 29 ans, diététicienne diplômée d’Etat depuis 9 ans, s’est spécialisée dans la nutrition du sport. Formée à la faculté de médecine de la Pitié-Salpêtrière, elle a réalisé un mémoire sur le football.

Depuis cette année, elle intervient au Centre de Formation de l’AC Ajaccio, afin d’informer et encadrer les jeunes joueurs amateurs. Elle réalise des entretiens individuels avec ceux-ci de mieux cibler les habitudes alimentaires de chacun et les mettre en adéquation avec la pratique intensive du football. La nutritionniste a aussi invité les parents des adolescents à une réunion d’information. Le tout sous l’œil attentif des coachs, qui lui font part des interrogations des sportifs.

En cette période de fêtes, équilibre alimentaire doit rester le maître-mot :

« J’explique aux joueurs ce qu’il faut manger avant et après un match. L’alimentation, c’est très important pour les performances sportives. Si on mange mal, on est moins bon sur le terrain. On peut développer des carences, comme les crampes, la fatigue, la mauvaise récupération, les douleurs musculaires et ça peut aller jusqu’à la tendinite » explique Bénédicte Cianfarani-Tharreau. « Celui qui mange mal est moins performant, moins puissant, et sera plus facilement KO pendant l’effort ».

Bénédicte Cianfarani-Tharreau est diététicienne diplômée d'Etat spécialisée dans la nutrition  du sport. (Photo: Toussaint Canazzi).

Bénédicte Cianfarani-Tharreau est diététicienne diplômée d'Etat spécialisée dans la nutrition du sport.

(Photo: Toussaint Canazzi)

Mais selon le profil de chacun, les besoins alimentaires sont différents. C’est pourquoi notre diététicienne a distribué un questionnaire à chaque joueur de la catégorie U19, afin de mieux cerner les attentes. Chacun devait y exprimer ses habitudes, ses petits soucis de santé comme les allergies et détailler ses repas. Elle réalise ensuite un profil pour cibler son intervention. Ainsi, chacun a pu bénéficier de conseils pratiques.

Bien s’hydrater est la règle numéro 1 : « toute pathologie vient d’une déshydratation » insiste la diététicienne. Elle ajoute : « comme pour tout le monde, l’alimentation doit être équilibrée et variée, mais les quantités vont être différentes pour les footballeurs. Par exemple, les sucres lents doivent davantage être consommés, ainsi que les protéines : ce sont elles qui font le muscle. Mais trop de protéines est aussi néfaste. On calcule la quantité nécessaire à chacun par rapport au poids corporel, chaque individu est différent ».

« Les joueurs font souvent l’impasse sur les fruits et légumes. Or ils sont essentiels. Notre corps produit naturellement des radicaux libres, surtout quand on consomme beaucoup d’oxygène comme un sportif. Or il faut des antioxydants car trop d’oxygène est toxique. Ce sont dans les fruits et légumes que l’on va trouver ces antioxydants, à savoir la vitamine C, E, le cuivre, le zinc, le sélénium ».

Bien sûr, il ne s’agit pas de se priver de plaisir. On peut manger sainement et apprécier ce qu’il y a dans l’assiette. Le tout est de ne pas abuser. « Le joueur peut faire quelques extras, comme la charcuterie, le fromage ou les pâtisseries, mais jamais le jour qui précède la compétition ni après. Il doit savoir être rigoureux et adopter des règles de base. Après on peut adapter les menus, car chaque cas est particulier ».

On a souvent en tête le cliché des diététicien un peu austères, qui prônent des régimes très stricts sans aucun écart à s’accorder, en guerre contre la malbouffe et parfois ennemis de la bonne chère. Bénédicte, c’est tout le contraire. Elle adore manger et cuisiner : « je suis bonne vivante et je ne suis pas pour les produits allégés. On peut manger de tout sans que ce soit nocif pour l’organisme. La diététique et la gastronomie ne sont pas contradictoires » conclut-elle.

Référence : Athélic Club Aiacciu