CARNET DE BORD
CARNET DE BORD
Nous ne parlons pas ici du genre de carnet qui est manifestement destiné à la consommation publique, une conception structurelle pour lier ensemble une série de pensées gracieuses ; nous parlons de quelque chose de privé, de bouts ficelle de l’esprit trop courts pour être utilisés, un assemblage indiscriminé et erratique qui n’a de sens que pour son créateur. Et parfois, même le créateur a des difficultés avec le sens.
Joan Didion, On Keeping a Notebook, 1968.
Le carnet de bord est une composante centrale de l’épreuve synthèse. Il accompagne l’ensemble du projet et permet d’évaluer la capacité de la personne étudiante à structurer une démarche artistique, documenter son processus et réfléchir de manière critique à sa pratique.
Le carnet doit témoigner :
de l’exploration des idées et des intentions ;
des essais, tests et expérimentations (formes, images, matières, volumes, dispositifs) ;
des ajustements et décisions prises en cours de création ;
de la progression du projet, de l’intention initiale à la réalisation finale.
Le croquis et la prise de notes visuelles y sont utilisés comme outils d’observation, d’analyse et de recherche. Le carnet constitue un espace de laboratoire, où l’erreur, l’essai et l’imperfection sont reconnus comme des éléments essentiels du processus créatif.
La personne étudiante doit adopter une approche régulière, disciplinée et autonome, et démontrer une posture expérimentale soutenue. Le carnet n’est pas un objet fini ou esthétique, mais un outil de travail rigoureux, révélant la maturation de la pensée et du projet.
Le carnet de bord est obligatoire et doit être rempli en entier à la fin de la session. Toute production rétroactive ou complétée uniquement en fin de parcours est considérée comme non conforme.
Eva Hesse, Sans titre, 1964.
Simone Fattal, Looking Forward (I), 2004.
Robert Frank, HOLD STILL—keep going, 1989.
Richard Serra, Corbusier, Notre Dame du Haut; Ronchamp, France, 1991