L'HISTOIRE
Yoyita, un ancienne chanteuse de 67 ans, retourne à Guantanamo pour rendre visite à sa nièce Gina et rencontrer Candido, un ancien amour de jeunesse.
La mort soudaine de Yoyita provoque le voyage de Candido, Gina et son mari Adolfo, fonctionnaire et bureaucrate borné, pour transporter le corps de Yoyita suivant un nouveau plan pilote conçu par Adolfo pour économiser de l’argent sur le transport des morts.
Au cours de ce voyage, de nombreuses situations dont l’aspect comique vient souvent de l’application de décisions bureaucratiques absurdes compliquent le succès de l’entreprise.
Les membres de l’expédition rencontrent Mariano et Ramón, deux amis camionneurs avec qui ils partageront presque chaque arrêt. Mariano est un ancien élève de Gina qui était amoureux d’elle. La rencontre inattendue des deux promet, sans doute, émotions et aventures.
Ce road-movie permet aussi d’aborder plusieurs des problèmes auxquels la population de l’île doit faire face.
LES ACTEURS
Carlos Cruz (Adolfo), Mirtha Ibarra (Gina), Jorge Perugorría (Mariano), Raúl Eguren (Candido), Pedro Fernández (Ramón), Luis Alberto García (Tony), Conchita Brando (Yoyita) et José Antonio Espinosa (Justo).
LES RÉALISATEURS
Tomás Gutiérrez Alea
Ce réalisateur cubain, né le 11 décembre 1928 à La Havane, est l'un des précurseurs et fondateurs de l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie Cinématographiques (ICAIC).
Il obtient un Doctorat de Droit à l'Université de La Havane en 1951.
Il part ensuite vivre trois ans à Rome où il étudie la réalisation.
En 1955, de retour à Cuba, il coréalise avec Julio Garcia Espinosa un moyen-métrage documentaire sur la vie des charbonniers des marécages de la Cienaga de Zapata, « El Megano ». On pourra le voir dans la partie « Histoire du cinéma cubain » de notre site.
Après la Révolution et toujours avec Julio Garcia Espinosa, il organise en 1959 le Département Cinéma du Ministère de la Culture du nouveau gouvernement.
La même année, il tourne « Cette terre qui est à nous » (Esta tierra nuestra), premier court-métrage de fiction réalisé depuis la victoire de la Révolution, consacré à la vie dans la campagne avant la réforme agraire.
En 1960, il tourne son premier long-métrage « Histoires de la Révolution » (Historias de la Révolucion).
En 1966, il tourne « La mort d’un bureaucrate » (Muerte de un burócrata) qui tourne en dérision la bureaucratie de son pays.
En 1968 sort « Mémoires du sous-développement » (Memorias del subdesarollo) un des films les plus remarquables du cinéma cubain.
« La dernière cène » (La Ultima Cena) sort en 1976 et «Les Survivants » (Los sobrevivientes) en 1978.
A la fin des années 70 des rétrospectives de son œuvre sont organisées à Mexico et à New York et il participe, dans les années 80 aux Festivals de Berlin et de Cannes.
En 1984, son film « Jusqu’à un certain point » (Hasta cierto punto) est présenté aux Festivals de Berlin et de San Francisco
Il réalise une adaptation de Gabriel Garcia Marquez « Lettres du parc » en 1988 et en 1991, il tourne un court-métrage, tiré des écrits de Garcia Marquez « Avec toi malgré la distance » (Contigo en la distancia).
En 1993, il réalise Fraise et Chocolat (Fresa y Chocolate) avec Juan Carlos Tabio qui recevra de nombreux prix et sera nominé aux Oscars en 1995, dans la catégorie meilleur film étranger.
Son dernier film « Guantanamera » sort en 1995.
La maladie aura raison de lui le 16 avril 1996 à La Havane.
Juan Carlos Tabío
Ce scénariste, écrivain et réalisateur de cinéma cubain est né à La Havane, en 1943.
Il a commencé à travailler à l’Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographique (ICAIC) en 1961, comme assistant de réalisation.
Il réalise son premier documentaire en 1962 et commence à participer à l’écriture des scénarios plusieurs films importants de la cinématographie cubaine.
Il réalise plus de trente documentaires entre 1963 et 1980.
Juan Carlos Tabío dirige son premier long-métrage “Echange appartements” (Se permuta) en 1983.
Il devient ensuite professeur de d’écriture de scénario et de réalisation cinématographique à l’Ecole Internationale de Cinéma et Télévision de San Antonio de los Baños. Il animera aussi des ateliers d’écriture de scénario, de réalisation et de dramaturgie dans plusieurs pays (Mexique, Costa Rica et Panama).
En 1993, il réalise le fameux « Fraise et Chocolat » avec Tomás Gutiérrez Alea.
En 2012, il participe, avec le français Laurent Cantet et cinq autres auteurs, à la réalisation du film « Sept Jours à La Havane ».
Sa filmographie est imposante. En plus de nombreux documentaires il a réalisé « Dolly Back » en 1986, « Plaffo ou Trop de peur devant la vie » (Plaffo o Demasiado miedo a la vida) en 1988, « Fraise et Chocolat » avec Tomás Gutiérrez Alea en 1993, « L’éléphant et la bicyclette » (El elefante y la bicicleta) en 1994, « Guantanamera » avec Tomás Gutiérrez Alea en 1995, « Liste d’attente » (Lista de espera » en 1999, « Bien que tu sois loin » (Aunque estés lejos) en 2003 et « La corne d’abondance » (El cuerno de la abundancia) en 2009.
Son œuvre a été couronnée par de nombreux prix nationaux et internationaux. « Liste d’attente » a reçu deux prix au Festival de Cannes en 2000.
Il disparaît le 18 janvier 2021 à La Havane.