GRC | Les Fondamentaux : Les phases d'intervention
Les actions développées par la Croix-Rouge française, visant à prévenir, préparer, anticiper et répondre aux catastrophes, sont structurées selon un modèle axé sur les différentes étapes ou phases de la Gestion des Risques de Catastrophes.
Ce modèle se présente comme un outil stratégique et opérationnel, offrant un cadre structuré pour planifier, coordonner et exécuter des actions efficaces face aux situations de catastrophes. L'approche en phases propose une méthodologie séquentielle qui guide les acteurs à travers des étapes clés telles que la prévention, la préparation, l'adaptation, la réponse et le relèvement.
La définition officielle de UNDRR est la suivante: Les activités et mesures permettant de prévenir de nouvelles catastrophes et de réduire les risques existants.
Commentaire additionnel de l'UNDRR : la prévention (des catastrophes) désigne la volonté d’éviter complètement les éventuelles conséquences négatives des événements dangereux. Elle vise à réduire la vulnérabilité et l’exposition dans des contextes où le risque peut être éliminé (ce qui n’est pas toujours le cas), notamment au moyen de mesures telles que la construction de barrages ou de digues pour prévenir les risques d’inondation, de plans d’occupation des sols interdisant toute installation humaine dans les zones à haut risque, d’une conception parasismique des bâtiments pour assurer la préservation et le bon fonctionnement des édifices importants en cas de tremblement de terre et de campagnes de vaccination contre les maladies évitables. Des mesures de prévention peuvent également être prises pendant ou après un événement dangereux ou une catastrophe afin de prévenir les aléas secondaires ou leurs conséquences, par exemple la contamination de l’eau.
Pour la CRf, la phase de prévention en gestion des risques de catastrophes consiste en des actions et des stratégies mises en œuvre pour réduire ou éviter les impacts négatifs potentiels des aléas identifiés. L'objectif principal de cette phase est d'atténuer, voire d'éliminer les risques avant qu'une catastrophe ne se produise.
ATTENTION: en plus des exemples fournis par l'UNDRR, la CRf aussi inclue les activités d'éducation et de sensibilisation dans cette phase.
Cette phase, qui peut être appelée atténuation ou mitigation selon la perspective, est définie ainsi par UNDRR: La réduction ou la limitation des conséquences négatives d’un événement dangereux.
Commentaire additionnel de UNDRR: il est rare que les conséquences négatives des aléas, en particulier des aléas naturels, puissent être entièrement évitées (ici il est question de "prévention"). Toutefois, différentes stratégies et mesures peuvent permettre de réduire considérablement leur ampleur ou leur gravité. Les mesures d’atténuation (ou mitigation selon la perspective) se caractérisent notamment par l’utilisation de techniques d’ingénierie, la construction de structures résistantes, l’amélioration des politiques environnementales et sociales et la sensibilisation du public. Il convient de noter que dans les changements climatiques, le terme « atténuation » est utilisé pour décrire les mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre qui sont à l’origine des changements climatiques.
ATTENTION: L'UNDRR inclue la sensibilisation du grand public dans cette phase et non dans la phase de prévention
L'adaptation est définie par le GIEC comme une démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences. Pour les systèmes humains, il s’agit d’atténuer les effets préjudiciables et d’exploiter les effets bénéfiques. Pour les systèmes naturels, l’intervention humaine peut faciliter l’adaptation au climat attendu ainsi qu’à ses conséquences.
ATTENTION: cela correspond avec les phases de Prevention et Mitigation/atténuation quand on parle de GRC.
La préparation est définie par l'UNDRR comme les connaissances et capacités développées par les gouvernements, les organisations spécialisées dans l’intervention et le redressement, les communautés et les personnes afin de prendre les mesures de prévention, d’intervention et de redressement qui s’imposent face aux conséquences de catastrophes probables, imminentes ou en cours.
Commentaire additionnel de l'UNDRR: les mesures de préparation sont mises en œuvre dans le cadre de la gestion des risques de catastrophe et visent à renforcer les capacités nécessaires pour gérer efficacement tous types de situations d’urgence et permettre une transition harmonieuse entre intervention et redressement durable. La préparation s’appuie sur une solide analyse des risques de catastrophe, une articulation appropriée avec les dispositifs d’alerte rapide et des activités telles que la planification des interventions d’urgence, le stockage de matériel et de fournitures, la mise en place de mécanismes de coordination, d’évacuation et d’information et l’organisation des activités de formation et des exercices d’entraînement sur le terrain correspondants. Ces activités doivent être soutenues par des capacités institutionnelles, juridiques et budgétaires clairement établies. L’expression « capacité d’intervention », qui revêt un sens voisin, désigne l’aptitude à réagir rapidement et de façon appropriée. Un plan de préparation est élaboré pour établir à l’avance les mécanismes qui permettront, le moment venu, d’apporter une réponse rapide, efficace et adaptée face à certains événements potentiellement dangereux ou à l’émergence de nouvelles catastrophes qui pourraient constituer une menace pour la société ou l’environnement.
Pour la CRf et le mouvement, c'est une phase critique pour minimiser les pertes en vies humaines, à réduire les dommages matériels et à faciliter une réponse rapide et coordonnée. Elle inclue notamment tout le travail autour des Systèmes d'Alerte Précoce (SAP) et des Actions Anticipatoires (AA).
L'UNDRR définie la Réponse (qu il traduit par "Réaction" en Français) comme les mesures prises avant, pendant ou immédiatement après une catastrophe en vue de sauver des vies, d’atténuer les effets de la catastrophe sur la santé, d’assurer la sécurité publique et de répondre aux besoins fondamentaux des personnes touchées.
Commentaire additionnel de l'UNDRR: les interventions en cas de catastrophe (ou « secours en cas de catastrophe ») sont principalement axées sur les besoins immédiats et à court terme. Pour que la réaction soit effective, efficace et rapide, elle doit s’appuyer sur des mesures de préparation tenant compte des risques de catastrophe et visant notamment à renforcer les capacités d’intervention des personnes, des communautés, des organisations, des pays et de la communauté internationale. La réaction institutionnelle en cas de catastrophe s’articule généralement autour de la fourniture de services d’urgence et d’assistance par les secteurs public, privé et communautaire et de la participation des bénévoles et des populations locales. Les services d’urgence sont un ensemble essentiel d’institutions spécialisées exerçant des responsabilités précises au service de la protection des personnes et des biens dans des situations d’urgence et de catastrophe. Il s’agit notamment des services de protection civile, de la police et des pompiers, pour ne citer que quelques exemples. La limite entre la phase de réaction (ici comprendre réponse) et la phase de redressement subséquente n’est pas clairement établie : certaines mesures relevant de la réaction, telles que la fourniture d’un logement temporaire et l’approvisionnement en eau, peuvent se prolonger longtemps après le lancement de la phase de redressement.
ATTENTION: dans beaucoup de cas, les termes suivants sont utilisés de manière interchangeable: redressement, relèvement, reconstruction.
Pour l'UNDRR le redressement est le rétablissement ou l’amélioration des moyens de subsistance et des services de santé ainsi que des systèmes, activités et biens économiques, physiques, sociaux, culturels et environnementaux d’une communauté ou d’une société touchée par une catastrophe, dans le respect des principes de développement durable et en veillant à « reconstruire en mieux » afin de prévenir ou de réduire les futurs risques de catastrophe.
La reconstruction est le rétablissement et la rénovation durable à moyen et long termes des infrastructures essentielles, des services, des logements, des installations et des moyens de subsistance indispensables au bon fonctionnement d’une communauté ou d’une société touchée par une catastrophe, dans le respect des principes de développement durable et en veillant à améliorer leur résilience et à « reconstruire en mieux » afin de prévenir ou de réduire les futurs risques de catastrophe.
et le relèvement est le rétablissement des services de base et des installations nécessaires au fonctionnement d’une communauté ou d’une société touchée par une catastrophe.
Voici les principaux aspects de la phase "après la catastrophe" pour le mouvement CRCR:
(1) Évaluation des Dommages et Besoins : Avant de commencer le processus de redressement, il est essentiel de réaliser une évaluation détaillée des dommages causés par la catastrophe. Cela permet de comprendre l'ampleur des pertes et de déterminer les besoins prioritaires.
(2) Planification Stratégique : Sur la base des résultats de l'évaluation, des plans stratégiques sont élaborés pour guider le redressement. Ces plans prennent en compte les aspects financiers, logistiques, sociaux et environnementaux.
(3) Rétablissement des Services Essentiels : La restauration rapide des services essentiels tels que l'eau potable, l'électricité, les soins de santé et l'éducation est une priorité pour permettre aux communautés de reprendre une vie normale.
(4) Reconstruction des Infrastructures : La reconstruction des infrastructures endommagées, qu'il s'agisse de routes, de ponts, d'écoles ou d'hôpitaux, est une composante majeure du redressement. Cela vise à renforcer la résilience face aux futurs événements catastrophiques.
(5) Soutien Psychosocial : La phase de redressement reconnaît l'impact émotionnel et psychologique des catastrophes. Des programmes de soutien psychosocial sont souvent mis en place pour aider les individus et les communautés à surmonter le traumatisme.
(6) Rétablissement Économique : Le redressement inclut également des initiatives visant à relancer l'économie locale. Cela peut impliquer la restauration d'entreprises, le soutien aux agriculteurs et la création d'emplois pour stimuler la reprise économique.
(7) Renforcement de la Résilience : La phase de redressement offre l'opportunité de mettre en œuvre des mesures visant à renforcer la résilience des communautés face aux risques futurs, intégrant ainsi des leçons apprises.
Note: les définitions ci-dessus sont celles issues du rapport du groupe de travail intergouvernemental
d’experts à composition non limitée chargé de la terminologie relatifs à la réduction des risques de catastrophe commandite par l assemblée générale des Nations Unis (UNGA) en 2016. Pour en savoir plus voir : https://www.preventionweb.net/files/50683_oiewgreportfrench.pdf?startDownload=true
Dans certains cas spécifiés, les définitions de IFRC ou d'autres groupes sont mentionnées.
Voici un schéma représentant les différentes phases d'interventions (prévention, préparation, réponse) en GRC.