Pour cela, Terre-en-Commun renverse plusieurs facteurs en défaveur de la paysannerie actuelle :
Accès à la terre
Avec l'envolée des prix du foncier, devenir paysan coûte de plus en plus cher. Acheter un lopin de terre, surtout si elle est fertile, encore plus si elle a de l'eau, demande des investissements que très peu de personnes peuvent se payer.
L'utilisation d'un terrain communal permet la gratuité de l'accès à la terre, voire un soutien financier dans le développement d'infrastructures agricoles (puits, enclos, serre, etc...)
Pénibilité du travail
La concurrence internationale pèse sur tous les secteurs économiques, et tout particulièrement sur le secteur agricole. Vivre d'une production agricole exige souvent de passer de longues heures à effectuer des tâches pénibles.
Une production partagée permet la répartition des tâches entre les travailleurs, la dimension publique permettant d'assurer le respect des droits des travailleurs
Isolement social
L'agriculture est devenue une activité plus isolée que jamais.
La dimension de travail collectif de Terre-en-Commun remédie à cela.
Asservissement durable au terrain
Devenir paysan asservit le plus souvent à la terre. Vacances rares, voyages exceptionnels... Pour de longues années, des décennies, voire toute une vie...
Terre-en-Commun rend possible d'allier l'agriculture avec le mouvement, sans perdre la capacité de construire dans la durée, en intégrant un réseau de chantiers participatifs, et une rotation de travailleurs pour une œuvre publique
Ressources financières
La concurrence d'un marché mondial tire sans cesse vers le bas la rétribution des agriculteurs. Le métier permet rarement d'avoir des revenus corrects.
L'utilisation de la réforme du RSA pourrait renverser cette donne. Être rétribué d'un RSA pour 15h d'activité par semaine, tout en bénéficiant des produits des chantiers partagés, serait l'équivalent d'une garantie d'un Smic à mi-temps, avec une majoration selon les résultats du travail.
Comme un salaire plancher, accompagné d'un intéressement aux résultats.
Qui dit mieux pour un modèle agricole ?
Transmission de génération en génération
Le modèle des fermes privées porte plusieurs freins à la transmissibilité : il y a des droits de succession, et la génération suivante n'a pas forcément envie de reprendre l’œuvre de ses parents.
Terre-en-Commun, personne morale, ne meurt pas, et n'a donc pas de droits de succession à régler. Quant à la reprise, elle ne pèse pas brutalement d'une génération sur l'autre après plusieurs décennies de travail parental, mais elle se fait régulièrement avec la rotation des travailleurs.