J'ai commencé l'athlétisme à 14 ans grâce à des enseignants d'EPS extraordinaires. Albert Leroux au collège puis Gustave Ménigé au Lycée.
A 16 ans, en cadet, je courais le 100 m en 10'90, le 200 m en 22'59 et je sautais 6'40 m en longueur sans vraiment de préparation spécifique. Outre ces performances, il me reste surtout de bons souvenirs avec les membres de mon équipe d'athlétisme aux différents championnats de France. Ils m'ont donné la passion du sport et de l'entraînement que je partage à mon tour aujourd'hui depuis plus de 25 ans.
N'ayant pas de prédisposition pour les épreuves longues, je me suis mis à la course sur route que beaucoup plus tard. Je réalisais un 12 km en 1 h complètement exténué mais agréablement surpris par l'ambiance et l'esprit bon enfant. J'ai dû tout réapprendre de la course.
Aujourd'hui, j'enchaîne trail (65 km max), triathlon (sur les distances du M ou du half-ironman), ou swimrun avec des performances qui me classent dans le premier quart des résultats au scratch.
Mon expérience dans le domaine de la course à pied est donc large et variée puisqu'elle va du sprint au long.
C’est cette expertise que je vais partager avec vous.
De façon schématique et simplifiée, je vais différencier 3 types de coureurs et 3 axes de progression communs pour chaque type de coureur :
Son but est de s'entretenir physiquement sans objectif de compétition.
Il aime et ressent le besoin de courir comme un élément important de son équilibre. Il se fixe des objectifs et participe à différentes courses dans l'année.
Il vise un classement ou une reconnaissance sociale.
C'est seulement la répartition des charges de travail dans ces axes qui variera selon vos objectifs (SANTE, PLAISIR ou COMPETITION). Aussi, selon votre profil, je vous conseille de répartir votre entraînement intelligemment selon ces 3 axes et votre objectif.
Par exemple, le temps d'entraînement d'un "coureur PLAISIR" pourra être réparti comme suit :
20 % de son temps sur l'axe 1
20 % de son temps sur l'axe 2
60 % de son temps sur l'axe 3
Les habitudes conditionnent souvent la pratique sportive, elles rassurent mais sont aussi un facteur limitant. Il faut constamment élargir ses références et les faire évoluer pour entretenir sa motivation. Pour cela, le coureur devra apprendre à gérer et à adapter son effort en repérant des allures de course favorables au développement, à la récupération, au confort et au plaisir. Il établira ensuite des liens entre ses sensations et ses performances, entre les causes et les effets de ses entraînements. Le coureur se concentrera sur son ressenti, ses émotions, ce qui facilitera un retour d'informations plus juste pour se corriger. Il repèrera les déficiences avant qu'elles n'arrivent et repoussera ses limites par son expérience qui deviendront synonymes de performance.
La course à pied est une activité extrêmement technique qui demande un long apprentissage.
Une bonne technique représente généralement le meilleur compromis entre deux points essentiels :
la fréquence gestuelle
l'amplitude de la foulée.
Même s'il y a des principes biomécaniques à respecter, il n'est pas souhaitable de vouloir recopier le haut niveau, il est préférable de tenir compte de ses propres caractéristiques et développer ses qualités d'équilibre, de coordination et de synchronisation musculaire.
L'aspect physiologique est naturellement important mais généralement la majorité des coureurs fait l'erreur de ne privilégier que cette composante, en se concentrant seulement sur le chrono ou la fréquence cardiaque. La course devient mécanique dans un soucis de rentabilisation et de production de performance. Le risque est de faire disparaître l'essence même de la course qui est le plaisir. La progressivité sera le guide et le garant de l'évolution.
Exemples
Mesurer ses progrès sur un carnet d'entraînement pour entretenir sa motivation
Définir des allures de course en fonction de son ressenti respiratoire. Par exemple, maintenir une allure de course en étant capable de ne respirer que par le nez
Variation et alternance d'allure en fonction du milieu (bois, route, sentiers...) et du dénivelé, je ralentis en descendant et je maintiens le rythme dans la montée par exemple
Courir avec d'autres coureurs d'un niveau similaire et partager avec eux leurs expériences
Anticiper et se mettre dans les conditions de l'épreuve (repérer le terrain, construire une routine sur la préparation, travailler les transitions pour un triathlète) afin de générer le minimum de stress
Définir un calendrier et des séances cibles pour tester ses progrès.
Exemples
Courir avec des balles en mousse dans les mains pour juger de la qualité de la tension sur le haut du corps
Courir pied nus à des intensités très basses
Exercices avec des plots ou les lattes pour jouer sur la fréquence et l'amplitude
Courir en musique en se calant sur le rythme moyen (180 pas à la minute) puis sur du lent et/ou du rapide
Se faire filmer pour constater les déséquilibres ou les rotations exagérées des membres. Par exemple, un genou qui part vers l'intérieur peut être la cause d'une sur-utilisation du semi-tendineux. Je vous renvoie ici à la rubrique sur l'équilibre contre les blessures.
Exemples de séances
Le "coureur SANTE" souhaitant développer les qualités de son système cardio-vasculaire :
Après un échauffement de 20 minutes, réaliser 3 séries de 5 répétitions de 1 minute avec une récupération active. La minute de l'exercice est décomposée comme suit : 30 secondes de marche (la respiration est calme et régulière), 20 secondes de footing en étant relâché et 10 secondes de course assez rapide, en se concentrant sur la pose du pied à la réception, la phase d'appui et la poussée. Entre chaque série, le coureur pourra réaliser des gammes pendant 3 minutes (talon fesse, montée de genoux, pas d'écolier,..) puis recommencera une autre série.
Le "coureur LOISIR" avec une VMA de 13,5 km/h préparant un 12 km et qui est dans sa période spécifique à 4 semaines de son échéance avec un objectif de 1 h :
Après un échauffement de 20 minutes, réaliser 2 boucles de 5 km avec un peu de dénivelé (50 à 60 m) en maintenant un rythme régulier de 5 minutes au kilo. Malgré le dénivelé, la vitesse devra être constante entre la première boucle et la deuxième. Entre les 2 boucles, la récupération est semi-active avec marche et course de récupération sur 5 minutes.
Le "coureur COMPETITEUR" avec une VMA de 16 km/h préparant un 12 km et qui est dans sa période spécifique à 4 semaines de son échéance avec un objectif de 50 minutes :
Après un échauffement de 20 minutes, réaliser 3 séries de 3 km en 3'50 minutes/km avec 1km en 5'45 minutes entre chaque série.
Contact : lemetayer.ch@gmail.com