AG 2017
AG 2017
Compte-rendu de l’assemblée générale
de l’A.P.E.S.S. – 2017
L’assemblée générale de l’association a eu lieu jeudi 27 juillet 2017.
L’A.P.E.S.S. compte à ce jour 89 adhérents : 32 sont présents et 29 représentés.
(L’Assemblée Générale est précédée par un exposé de M. Nicolas Clément, docteur en histoire et en archéologie médiévale que nous remercions vivement pour son exposé passionnant : voir le compte-rendu en page 3).
(Affiche réalisée par Gilles Bergère)
Mot du Président
M. Jean-Paul Rostagni, Président, fait le point : c’est notre 8e assemblée générale depuis la création de l’A.P.E.S.S. Il remercie le conseil d’administration (Gilles Bergère, Gérard Sordet et Pierre Court) ainsi que les adhérents présents. Il évoque la mémoire d’André Meyssonnier, membre très actif de l’association, qui vient malheureusement de décéder.
Compte-rendu d’activité
Le Président et Jean-Noël Leurent, secrétaire, présentent les différentes actions de l’année en cours :
· Site hydrométrique de Sauze : il s’intègre très bien dans le paysage et nous avons constaté avec plaisir qu’il n’a fait l’objet d’aucun tag. Par contre l’ancien limmigraphe continue à enlaidir le paysage malgré nos demandes à la CNR.
· Le rond-point de Sauze : Deux oliviers sont venus l’agrémenter et nous remercions la mairie de cet aménagement.
· Nettoyage des berges : comme les années précédentes, les jeunes, salariés de la Mairie continuent le ramassage des déchets de Saint-Martin jusqu’à Sauze (2 en juillet et 2 en août). Tous les lundis, deux personnes de l’APESS se joignent à eux pour remonter plus loin dans les gorges de l’Ardèche. Entre trois et cinq sacs de déchets sont ramassés tous les jours. On constate que le tour du débarcadère est encombré de nombreux déchets. Les loueurs ne pourraient-ils pas s’en occuper ? Quelques bénévoles supplémentaires seraient les bienvenus. L’APESS est disposée à les dédommager de leur ticket de parking si nécessaire.
· Trois cendriers et 3 trois affiches ont été disposés à Sauze sur les rochers. Les cendriers sont malheureusement trop souvent utilisés aussi comme poubelle.
· Arrachage de l’ambroisie : sur demande du Syndicat de Gestion des Gorges de l’Ardèche (SGGA), plusieurs membres de l’APESS ont participé à cette opération qui a fait l’objet d’un article dans le Midi libre du 22 juillet.
· Une assurance responsabilité civile a été prise par l’Association pour tous les adhérents en cas d’accident dans le cadre de nos activités.
Compte-rendu financier année 2016
Mme Mijo Leurent, trésorière présente les comptes.
Comme les autres années et à l’exclusion de toute subvention, les recettes proviennent des cotisations des adhérents.
L’ensemble des cotisations pour 2016 et les intérêts du livret bancaire représentent une recette totale de : 979,89 euros.
Les dépenses se répartissent en trois rubriques :
· Affranchissements et divers : 93,59 euros
· Organisation de l’Assemblée Générale : 64,82 euros
· Actions engagées : 79,98 euros
· Assurance : 116 euros
· Soit un total de : 354,39 euros
Montant des avoirs au 31 décembre 2016 : compte rémunéré : 4 229,02 euros, et compte courant : 190,98 euros
Le compte-rendu financier est adopté à l’unanimité.
Réélection du Président
Suivant les statuts, M. Jean-Paul Rostagni, Président de l’association démissionne et se présente à nouveau. Il est réélu à l’unanimité.
Questions diverses et perspectives
· L’implantation des plaques de rue sur Sauze n’est pas terminée : quand le sera-t-elle ?
Une première tranche d’enfouissement des réseaux électriques et téléphoniques a été réalisée et a contribué à protéger le paysage. Quand la deuxième tranche sera-t-elle effectuée ?
· Il est proposé pour ceux qui le souhaiteraient l’installation sur les boîtes aux lettres d’une affichette intitulée : « Voisins vigilants ». Ce réseau sur Internet servirait à alerter les voisins en cas d’évènement insolite.
· Il a été constaté que les toilettes de Sauze sont peu visibles. Nous savons qu’il existe un projet de rénovation de ces toilettes, ce qui pourrait être l’occasion de mettre une signalisation plus visible.
· La descente de Sauze est défigurée par les poubelles, cependant très utiles qui y ont été installées. Ne pourrait-on imaginer de végétaliser cet emplacement de façon à les rendre moins visible ?
La fête du propre aura lieu le jeudi 17 août : l’objectif est de nettoyer les berges de l’Ardèche sur les deux rives jusqu’au Louby avec l’aide du Syndicat de Gestion des Gorges de l’Ardèche (S.G.G.A.). Rendez-vous à partir de 9 h sur le parking de Sauze. Comme les autres années, nous terminerons par un pique-nique sorti du sac (boissons offertes par l’A.P.E.S.S.).
L’Assemblée se termine par un pot amical.
Quelques notes prises pendant l’intervention de M. Nicolas Clément,
docteur en histoire et archéologie médiévale lors de l’Assemblée Générale de l’APESS
Le site de la maladrerie occupe une position privilégiée dans l’avant-dernier méandre de l’Ardèche et il a été occupé par l’homme depuis l’Antiquité. Mais ce site avait été oublié jusqu’à la prise de conscience de son importance en 1995 par le SIGARN, ancêtre du SGGA. Depuis 1990, le site a été dégagé et la lutte contre certaines espèces invasives (robiniers ou faux acacias…) et dangereuses pour le chêne vert a été entreprise.
Il y a très peu de documents écrits : pas de mention trouvée dans les archives médiévales. En 1679, la première mention écrite parle d’une église de la Madeleine. Au XIXe siècle la « révolution mythologique » fait état d’une maladrerie des Templiers, appellation reprise par Albin Mazon. La tradition locale veut que le site de la Madeleine ait servi de refuge aux templiers.
De plus, le site est difficilement accessible. Il a fallu utiliser des 4x4 et le travail de fouilles se fait à la pioche car on ne peut faire venir des engins mécaniques. Le travail a été réalisé dans le cadre d’un chantier école réunissant des étudiants en archéologie et en anthropologie. Quatre campagnes de fouilles, soit 16 semaines d’investigation soutenues par la Réserve, le SGGA, les communes du Garn, d’Aiguèze et de Saint Martin d’Ardèche (hébergement des chercheurs) ont permis de sortir la maladrerie de son épais brouillard.
On a pu dégager une citerne dans une cour centrale entourée de bâtiments datant du XIe au XIIIe siècle. Le contexte est ecclésial : on a repéré deux églises accolées et un cimetière. Le problème est qu’elles sont construites directement sur le rocher. Le docteur Paul Raymond a fouillé en vain pour trouver des ossements marqués par la lèpre. Il a seulement trouvé des ossements qu’il a pensé atteints de syphillis. Mais cette observation est controversée à l’heure actuelle. Sur la butte, un bâtiment de dimensions importantes (7m40 sur 4m) est dégagé. Le manque de fondations est très gênant pour les archéologues.
Plusieurs objets intéressants ont été découverts : des céramiques datant du XIIe siècle, une plaquette en émail venant du Limousin provenant sans doute d’une croix reliquaire, des cruches, des boutons en argent, des ustensiles agricoles, des monnaies des XIIIe et XIVe, etc. Une stèle (ou un couvercle de sarcophage) a été déplacée dans les locaux de la mairie du Garn, propriétaire du site. A l’époque médiévale, les ossements ont peu d’importance ; ici certains squelettes ont été décapités ou entassés pour gagner de la place. On a trouvé très peu de mobilier.
Un troisième bâtiment (9 à 9,50 mètres) a été dégagé avec des traces de toiture en lauze, beaucoup de traces de charbon de bois… Les charbonniers ont occupé le site au XVIIe siècle, laissant des tessons de céramique vernissée.
Mais il reste beaucoup d’énigmes :
A quoi servait ce site ? S’agit-il d’un ermitage comme à Saint-Montan ? S’agit-il d’un établissement monastique très fréquenté ? Les éléments retrouvés restent difficilement interprétables.
Conclusion
Contrairement à ce qui a été dit, il n’y a pas eu de passage des Templiers ni de maladrerie sur le site de la Madeleine. Ces fouilles ont révélé que le site n’a pas été fondé par les Templiers, et l’appellation Maladrerie des Templiers n’apparaît qu’au XIXe siècle (cf plus haut) « Jusqu’à présent, des chercheurs se sont épuisés à chercher des documents sur les Templiers et les Hospitaliers. Personne n’a rien trouvé »
On peut penser qu’il s’agissait au XIIe siècle d’un établissement monastique possédant des reliques et accueillant les malades. C’était sans doute un pèlerinage important. Les recherches continuent. La rivière Ardèche n’est pas une séparation mais un axe de circulation des biens et des hommes.
Le site est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et un projet de mise en valeur globale du site est à l’étude. Mais pour l’instant, le mystère de son origine reste entier.