Jusqu'à la Révolution de 1789, les seules fêtes régulières étaient religieuses. Leurs dates étaient définies par le calendrier liturgique chrétien et elles consistaient généralement en messes et processions. C'était toujours le cas à la fin du XIXe siècle, où par exemple avait lieu, chaque dimanche après Pâques à l'issue des vêpres, une procession aux différentes croix du village. (1)
Outre les grandes fêtes (Noël, Pâques, l'Ascension...) celles des saints-patrons locaux constituèrent des moments fort de la vie collective jusqu'à la fin du XIXe siècle. A cette époque, on célébrait encore les deux patrons de la paroisse à savoir, d'une part, Saint Antoine par une grande messe patronale le 17 janvier et, d'autre part, Saint Martin par un pèlerinage à la fontaine du même nom le 11 novembre (St Martin d'hiver) ainsi qu'une fête patronale le 4 juillet (St Martin d'été). (2)
Autre expression de la célébration de certains saints, les fêtes corporatives se sont perpétuées grâce à la ferveur puis à l'esprit de tradition des membres de confréries ou de corps professionnels.
La plus ancienne fête corporative célébrée à Sablonnières est celle de saint Hubert, patron des chasseurs. S'il est établi qu'une confrérie de Saint-Hubert existait depuis 1755 (3), on ignore tout des pratiques et célébrations auxquelles cette fête donnait lieu avant la fin du XIXe siècle. Les procès-verbaux des séances de la Confrérie de Saint Hubert contenus dans un registre conservé à la mairie indique que, de 1840 à 1882, la tradition du pain bénit était respectée lors de la messe annuelle : du pain était apporté à l'église pour être béni, coupé et distribué aux fidèles, le « chanteau » (morceau un peu plus gros que les autres) étant offert à celui qui serait chargé de présenter le pain bénit lors de la fête de l'année suivante. Par cette pratique ancestrale, l'Église demandait à Dieu de préserver ceux qui mangeraient de ce pain des morsures de chiens enragés, de la peste et d'autres maladies.
L'office était suivi d'une procession. On sait que la confrérie avait sa bannière et que, après la construction de la grotte des Hacots en 1862, le reliquaire de saint Hubert offert à la paroisse par l'évêque de Meaux y était conduit (4). Là, selon l'usage dit de « l'offrande du lièvre de Saint Hubert », les chasseurs offraient leur plus belle prise au curé (5). Un article de presse publié en 1874 précise que tout au long de la dernière procession, les jeunes filles avaient chanté des cantiques et que les fidèles s'étaient retrouvés l'après-midi dans l'église pour les vêpres. (6)
Malgré le déclin de la confrérie qui, forte d'environ 500 membres en 1870, n'en rassemblait plus que 200 en 1898 (7), la fête patronale du 3 novembre gardait une grande notoriété dans la région. En 1897, on pouvait lire que « la salle de danse de Monsieur Bonneau, décorée avec goût, a été des plus particulièrement fréquentée par la jeunesse (...) les jeunes dansaient encore la matin avec un entrain endiablé et ce n'est que fort tard, ou plutôt fort tôt qu'eut lieu la séparation aux cris de : " Vive la Saint-Hubert ! " ». (8)
L'ancien conseiller municipal Maurice Couteau décrivait ce qu'elle était vers 1900 : « Je me souviens encore (…) d’une assistance nombreuse, venue de toutes les paroisses environnantes, soit à pied, en voiture à cheval ou par le train, assister à la messe de Saint-Hubert et ensuite à la procession à la grotte des Hacots. Chaque paroissien emportant une ou plusieurs bouteilles d’eau de la source dans le bassin de la grotte. Après la cérémonie, tous les curés des paroisses voisines (20 à 25) se réunissaient dans la salle à manger du presbytère, où le curé de l’époque, M. Lelongt, leur offrait un repas copieux, arrosé de plusieurs sortes de vins (…) L’après-midi, grande fête foraine, toute la place publique ainsi que le devant de la mairie, dans la cour commune faisant face à celle-ci étaient garnis de forains ». (9)
Maurice Couteau, ancien conseiller municipal qui a laissé d'importantes notes historiques sur la commune, témoignait :
« Je me souviens encore, vers l’année 1900 alors âgé de 11 ans et étant, enfant de chœur, d’une assistance nombreuse, venue de toutes les paroisses environnantes, soit à pied, en voiture ou à cheval, ou par le train, assister à la messe de St Hubert et ensuite à la procession à la grotte des Hacots. Chaque paroissien, emportant une ou plusieurs bouteilles d’eau de la source, puisée dans le bassin de la grotte. Après la cérémonie, tous les curés des paroisses voisines (20 à 25) se réunissaient dans la salle à manger du presbytère, où le curé de l’époque, l’abbé Lelongt, leur offrait un repas copieux arrosé de plusieurs sortes de vins. L’abbé Lelongt était un fin gourmet, ne dédaignant ni les bons repas, ni les vins fins. Mme Couteau, ma mère qui exerçait la profession de cuisinière, leur préparait le repas. L’après-midi, grande fête foraine, toute la place publique ainsi que devant la mairie, dans la cour commune faisant face à celle-ci, étaient garnies de forains, un grand bal terminait la fête. A cette époque, la messe, la procession et fête avait lieu le 3 novembre, jour du Saint. »
En 1905, la statue qui ornait la fontaine avait disparu et le pèlerinage n'existait plus en 1914 (10), ayant été interdit par la municipalité en 1908.
En 1951, le père Franciscus Albertus Verbist (1899-1962), curé de Bellot et desservant de Sablonnières, instaura une procession avec les enfants et quelques fidèles, qui eut lieu le 4 novembre. L'année suivante, une association composée essentiellement de chasseurs fut créée et obtint du conseil municipal l'abrogation de l'arrêté interdisant la procession. Ainsi rétablie, la fête de saint Hubert devait consister non seulement dans une messe et une procession à la grotte-fontaine de Saint Hubert, spécialement restaurée (11), mais aussi, à la suite, dans une fête foraine et un grand bal.
A la fois religieuse et folklorique, cette fête devint une manifestation remarquée, mêlant la religion et le folklore. Un journal religieux relatait : « Le P. Verbist ayant ressuscité depuis plusieurs années l'antique pèlerinage à saint Hubert, en sa paroisse de Sablonnières, voudrait lui rendre son faste d'autrefois, surtout celui de l'époque napoléonienne. Aussi le dimanche 17 novembre 1957, Sablonnières était-il en fête. La grande foule s'y retrouve comme chaque année pour le pèlerinage de saint Hubert, présidé par l'évêque de Meaux, Mgr Evrard. Le clergé précédait le Débuché de Paris aux tenues rutilantes, les chasseurs de Sablonnières et des environs pour se rendre à l'église où fut célébrée la messe de Saint-Hubert par le P. Verbist. Les édiles des communes comme les sonneurs de trompes du Débuché de Paris qui ont reçu le prix du disque 1954, apportaient leur concours à la cérémonie religieuse (...) Après la messe, les pèlerins en procession se dirigèrent vers la grotte de St-Hubert sur les Hacots. Les chasseurs portaient la statue du saint, les cors de chasse retentirent de salves nourries sur les pentes du Hacot » (12). Un autre article consacré à la célébration de 1958 mentionne la procession à la grotte, la présence des enfants de chœur et des écoliers, des chasseurs, des cavaliers de plusieurs formations équestres de la région et l'organisation d'un concours de tir à l'arc (13). Dans les années 1960, elle tait organisée par le Groupement Amical de Saint-Hubert. Celle du dimanche 12 novembre 1967 se déroula sous la présidence de l'évêque de Meaux. Après un rassemblement à 9 heures, la célébration commença par une messe sonnée par le Débuché de Paris accompagné de l'accordéoniste Victor Marceau, suivie du traditionnel pèlerinage jusqu'aux Hacots, où eurent lieu une allocution, l'audition du Débuché, la salve des chasseurs et un défilé de cavaliers. Au retour, un vin d'honneur fut offert par la société de chasse et le Groupement Amical de Saint-Hubert.
La fête cessa en 1975 avec la mise en veille du Groupement Amical de Saint Hubert qui l'organisait depuis 1951. Pour autant, la célébration ne disparut pas car le flambeau fut repris par le secteur pastoral.
Définitivement rétablie en 1998 et organisée par l'Amicale Saint-Hubert, la fête s'est longtemps déroulée le troisième dimanche d’octobre. De manière immuable, elle débute par une messe célébrée dans l’église Saint-Martin, dont les murs sont parés de branchages et le sol jonché de feuilles mortes. Au commencement de la cérémonie, les sonneurs de trompe, portant livrée de chasse, annoncent l’arrivée des chasseurs armés de leur fusil. Après l’entrée du prêtre, des chasseurs et des sonneurs, la messe peut débuter dans le décor de sous-bois automnal. Plusieurs sonneries ponctuent la cérémonie. Après l'office, si le temps le permet, un cortège se forme et part en procession - soit par l'abrupte et souvent boueuse rue des Hacots, soit par la route de La Noue plus longue - jusqu’à la grotte où sont bénis les chiens et les chevaux dont, il ne faut pas l'oublier, saint Hubert est également le protecteur. De retour au bourg, les pèlerins se retrouvent dans la salle communale pour un vin d’honneur.
L'édition 2021 de la fête patronale s'est déroulée dans le respect des contraintes sanitaires qui s'imposaient (port du masque dans l'église et présentation du passeport sanitaire à l'entrée de la Ferme du Domaine où était servi le vin d'honneur) avec néanmoins une nombreuse assistance. La messe était célébrée par le père François Labbé, curé du pôle missionnaire de Coulommiers, assisté d'un diacre. Les sonneurs des Trompes de Chasse du Guesclin, de La Rochette, étaient fidèles au rendez-vous. La tradition du pain bénit, longtemps tombée en désuétude, a été rétablie et les pains ronds, que l'on pouvait voir empilés dans le chœur durant l'office, ont été consommés durant le vin d'honneur. Bien que la météo fût clémente ce jour-là, le terrain était trop détrempé pour que la procession puisse avoir lieu. C'est donc sur la place de l'Église que la bénédiction a été donnée à une dizaine de chevaux des Écuries de la Noue montés de leurs cavaliers.
L'église ayant été fermée au public à la suite des inondations du mois d'août 2024, la Saint-Hubert ne peut être fêtée en octobre suivant. En 2025, elle fit son retour l'année suivante avec une messe célébrée sous un barnum décoré de branchages, dressé dans la cour de la ferme du Domaine. La procession à la grotte n'eut pas lieu mais les sonneurs de cor furent bien entendu au rendez-vous.
Sur la fête de la Saint Hubert, voir aussi le site http://pagesperso-orange.fr/joel.picot/Sablonnieres/St_Hubert/princ.htm d'où sont issues la plupart des photos ci-dessus (avec l'aimable autorisation de M. Picot).
La deuxième fête corporative signalée à Sablonnières, qui avait lieu début décembre, était celle des pompiers (14). Nous n'avons trouvé aucune description des manifestations auxquelles elle donnait lieu, si ce n'est un banquet organisé par la Société des Sapeurs-pompiers qui en confiait la préparation à un restaurateur local.
Par exemple, pour la fête du 1er décembre 1928, il y avait au menu : potage, bœuf sauce madère, veau marengo, gigot aux haricots, salade, fromage, dessert, vin blanc et rouge, café et liqueurs. En 1936, ce fut un banquet et un bal avec orchestre qui furent annoncés par la presse locale. (15)
Plusieurs fêtes annuelles sont célébrées depuis longtemps à Sablonnières. Les plus anciennes sont la fête nationale et la fête communale, qui étaient les principales occasions pour les villageois de se réunir et de se divertir. La commémoration du 11 novembre 1918 et celle du 8 mai 1945 se sont ajoutées au XXe siècle, à la suite des deux conflits mondiaux.
La première mention de la fête nationale dans les archives de la commune date de 1800 : il s'agit d'une ligne de budgétaire figurant dans l'état des dépenses de l'an IX soumis au conseil municipal, qui nous apprend que les frais s'élevaient à 24 francs. Quelques délibérations donnent une idée de la célébration de cette fête à la fin du XIXe siècle. On sait, par exemple, que le 14 juillet 1880 fut fêté par une salve des sapeurs-pompiers, la décoration des écoles avec des drapeaux, l’illumination des bâtiments communaux et des rues avec des chandelles vénitiennes ou des bougies. L’année suivante, la commune acheta des ballons pour la décoration et organisa un bal gratuit. En 1885, des illuminations, un feu d'artifice et un bal champêtre étaient au programme. La célébration était ponctuée de chants patriotiques entonnés par les jeunes gens sous la direction de l'instituteur et le feu d'artifice était tiré sur le Petit Morin par les sapeurs-pompiers. (16)
A la fin du siècle, le bal avait lieu sous une tente louée par la commune à un entrepreneur de spectacles pour la période des fêtes de juillet.
Au début du siècle suivant, les délibérations de la commission des fêtes fournissent le programme détaillé des festivités. La fête commençait le 13 au soir avec une retraite aux flambeaux. Le matin du 14, après réveil en fanfare, des secours étaient distribués aux indigents. L'après-midi, la municipalité passait les pompiers en revue et le défilé pouvait commencer. A 15 heures 30, les réjouissances populaires débutaient, notamment des jeux pour les enfants et les plus grands qui ne manquaient pas de déclencher l’hilarité générale (17). A 18 heures, avait lieu de goûter des pompiers et à 21 heures, sous une tente louée par la commune, un grand bal gratuit était animé par quelques musiciens (ils ne furent longtemps qu'au nombre de deux : un violon et un piston). La population était invitée à pavoiser et à illuminer les maisons tandis que les bâtiments communaux étaient éclairés par des bougies et des lampions.
Certaines années, des bonbons furent distribués aux jeunes enfants, des bons pour de la viande à pot-au-feu furent offerts aux nécessiteux et une tombola fut parfois organisée. (18)
Ce n'est que plus tard (apparemment dans les années 1950), qu'une gerbe fut déposée au monument aux morts le 14 juillet. La fête nationale était aussi devenue l'occasion des remises de décorations qui avaient lieu à la mairie, suivies d'un vin d'honneur.
Dans les années cinquante, le programme n'avait quasiment pas changé : retraite aux flambeaux la veille au soir, réveil en fanfare à 7 heures, revue des pompiers par la municipalité en début d'après-midi, vin d'honneur le soir, puis bal gratuit. En 1968, la retraite aux flambeaux était toujours au programme pour le 13 juillet. Le 14, il n'y avait semble-t-il plus de réveil en fanfare mais un dépôt de gerbe au monument aux morts à 15 heures avec la participation des sapeurs-pompiers.
Héritage de la fête patronale de la Saint-Martin d'été, la fête du village avait lieu le premier dimanche de juillet avant d’être déplacée, à partir de 1927, au troisième dimanche (19). Pour l’occasion de nombreux forains s’installaient sur la place de l’église et proposaient diverses attractions : chevaux de bois, vente de confiseries, loterie, tir, jeu de fléchettes, etc. L’après-midi, une fanfare (la Société musicale de Rebais le plus souvent) donnait un concert et un bal avec orchestre était organisé le soir, sous une tente louée par la commune. (20)
Les festivités se poursuivaient le lendemain avec des tours de chevaux de bois gratuits offerts par la coopérative scolaire aux enfants des écoles, des jeux pour enfants et jeunes gens (mat de cocagne, jeu de ciseaux, ficelle, ballon, course, concours de grimaces, jeu de chapeaux...) et un bal sous tente l’après-midi et le soir (seulement le soir à partir des années 1930). D'autres divertissements étaient parfois aussi organisés à cette occasion (tombola gratuite pour dames et jeunes filles de la commune en 1929 et en 1930, concours organisé par la société de tir La Fraternelle en 1929, tombola gratuite pour les porteurs de tickets de bal en 1932, épreuves de marche organisées par le Groupement des marcheurs de Sablonnières en 1936, défilé, concert de fûtes par l'orchestre scolaire, course de relais, concours de bicyclettes fleuries, mat de cocagne et autres jeux en 1939, ou séances de télévision en 1952) ; un casse-croûte et une buvette était généralement proposés. Les gagnants des tombolas et des divers jeux ou épreuves remportaient des prix généralement offerts par les commerçants et les habitants, que la commission des fêtes n'hésitais pas à solliciter. Il s'agissait par exemple de paquets de cigarettes, de bouteilles de vin, de boîtes de sardines, de paquets de petit beurre ou encore de stylos.
Un jeu très en vogue était la course au trésor. Il consistait, pour les participants, à se présenter munis d'un nombre d'objets bien précis et de partir à la recherche d'un autre objet dont la nature était divulguée au départ. Ainsi, le 20 juillet 1952, les concurrents étaient invités, au départ de la mairie à 17 heures, à se présenter en pyjama, maquillés et coiffés d'un chapeau de paille, avec une chanson dont ils devraient chanter le refrain, une grenouille vivante dans une épuisette, un sabot de bois au pied droit et une espadrille à l'autre pied, un poisson vivant dans une cage à oiseaux, un poireau, une carotte et deux oignons pendus à la ceinture, un journal « Pays Briard » du mois de mai 1952. Le 15 juillet 1956, ils devaient porter un chapeau melon garni de fleurs, une paire de lunettes et une fausse moustache, une perche de 2 mètres avec un hareng-saur au bout, une lanterne à bougie allumée, une chemise de nuit portée par-dessus les habits, un sabot de bois à un pied et une botte à l'autre pied, un fer à cheval pendu au cou avec un ruban, jaune de préférence.
Un programme de 1955 montre que la fête du village avait peu changé : réveil en fanfare le dimanche à 6 heures, concert par la fanfare de Villeneuve-sur-Bellot à 16 heures, grand bal sous tente en matinée et en soirée, manèges, auto-scooters, tir, confiseries. Toutefois, les festivités se poursuivaient le lundi avec une matinée dansante et des jeux pour les enfants.
En 1972, il est seulement question dans le programme officiel d'un bal avec orchestre de trois musiciens le samedi 15 juillet au soir puis de la présence des majorettes du Réveil Fertois le dimanche 16 au matin (21). Chacun sait, toutefois, que la traditionnelle fête foraine s'est perpétuée.
En 2015, la fête a commencé le samedi 4 juillet à partir de 21h avec attractions foraines sur la place (structure gonflable, stand de confiseries et pêche aux canards) et distribution de tickets gratuits aux enfants, retraite aux flambeaux dans les rues du village, feu d'artifice sur le terrain des Aulnettes, buvette et vente de crêpes, musique et bal. Le lendemain, les habitants et les visiteurs ont pu découvrir les stands du marché campagnard et assister, dans la matinée, à un concours de vélos décorés. Un apéritif gratuit a été offert par le comité d'animation et une restauration était proposée à la buvette. Le marché s'est prolongé jusqu'en fin d'après-midi. Un stand de maquillage gratuit était proposé aux enfants et aux plus grands.
Chaque année, les meilleurs élèves de la commune étaient solennellement récompensés. Une cérémonie organisée par la municipalité se déroulait un dimanche après-midi de juillet. Elle était généralement placée sous la présidence d’une personnalité du département - par exemple le sous-préfet, un conseiller général ou l'inspecteur primaire - et avait lieu en présence du Conseil municipal. Elle était suivie, le soir, d’un bal avec orchestre. Certaines années, les enfants des écoles bénéficièrent d’une distribution de petits pains au lait (1929) ou de brioches (1931).
Au début du XXe siècle, la distribution des prix avait lieu le jour de la Fête Nationale. C'est ainsi que, le 14 juillet 1914, furent remis, pour l'école des garçons, un prix d'honneur et de mérite en 1re division (cours élémentaire), trois prix de mérite en 1re division, treize prix de mérite en 2e division (cours moyen), neuf prix de mérite en 3e division (cours préparatoire) et six prix d'assiduité. Parmi les filles, les lauréates furent récompensées par trois prix de certificat d'études, un prix d'honneur et sept autres prix de mérite en cours moyen, quatorze prix de mérite en cours élémentaire, dix prix de mérite en cours préparatoire, cinq prix de mérite en section enfantine et sept prix d'assiduité.
A la fin des années 1920, les prix étaient remis le lendemain de la fête patronale, également sous la tente. Généralement, les prix étaient offerts par les habitants ou achetés grâce à leurs dons. Plus tard, sauf exception, la remise des prix eut lieu le lendemain de la fête nationale.
Le 14 juillet 1936 fut encore l’occasion pour l’inspecteur de l’Enseignement primaire, après une partie récréative, de louer les qualités du paysan briard et de conseiller aux enfants de bien employer leurs vacances. Les prix et des brioches furent ensuite distribuées. (22)
A la fin des années 1960, la remise des prix fut détachée des festivités communales et la commune se désengagea : en 1968, les prix furent remis à la rentrée de septembre (23) et en 1969, elle était effectuée par les instituteurs.
Après la fin de la Grande Guerre, des festivités ont été organisées pour commémorer l'armistice du 11 novembre 1918. Dès l'origine, le programme était précis. Les archives de la commission des fêtes en donnent la chronologie exacte : retraite aux flambeaux le 10 à 20 heures, réveil en fanfare le 11 au matin, rassemblement sur la place en début d'après-midi (à 13 heures 45, 14 heures ou 14 heures 45 selon les années) et formation du cortège, départ pour le monument en ordre de marche (enfants des écoles, musique lorsqu'une formation était présente, conseil municipal, parents des soldats morts ou disparus, mutilés, anciens combattants, pompiers, sociétés locales), discours du maire, chant par les enfants puis, au retour, distribution aux enfants de croissants fournis par le boulanger local, vin d'honneur (généralement avec vin rouge, vin blanc et gâteaux) offert aux démobilisés et anciens combattants à la mairie ou chez un restaurateur (dans la salle Baudoin en 1927), assemblée générale des anciens combattants vers 16 heures à la mairie, banquet des anciens combattants à 18 heures, puis grand bal gratuit à 20 heures ou à 21 heures. Le banquet et le bal avaient lieu dans des salles privées mises à disposition par les aubergistes locaux (Delcros en 1927, Gallois et Gosselet en 1953), parfois sous une tente comme en 1952.
Le programme ne variant quasiment pas d'une année sur l'autre, le déroulement de cette journée a été immuable jusqu'à la fin des années 1950. A cette époque, les pompiers s'étaient joints aux anciens combattants pour le vin d'honneur.
Au cours des décennies suivantes, le côté festif s'est estompé pour mettre l'accent sur la commémoration. En 1967, le programme prévoyait un rassemblement au monument aux morts à 15 heures et une distribution de croissants aux enfants des écoles (24), même si la tradition du vin d'honneur s'est maintenue. (25)
Depuis plusieurs années, la commémoration se déroule en fin de matinée, dans un premier temps au cimetière de La Chenée. En présence des sapeurs-pompiers et des Anciens combattants, le discours du maire est suivi de l'énoncé des enfants du pays morts durant le conflit et des militaires étrangers tombés à Sablonnières. L'Alliance Musicale de Villeneuve-sur-Bellot ouvre et ferme le ban, joue l'hymne britannique et la Marseillaise. Le Bagad Melen Ha Gwenn fait sonner ses cornemuses et bombardes au début de la cérémonie et durant le fleurissement des tombes. L'assistance se rend ensuite devant le monument aux morts où une gerbe est déposée. Un vin d'honneur est enfin servi à la mairie.
Ce jour de commémoration instauré en 1953, supprimé en 1975 et rétabli en 1981, donne lieu chaque année à un dépôt de gerbe au monument aux morts, en présence des Anciens Combattants, de pompiers et des enfants.
Depuis plusieurs années, le comité d'animation organise, le 1er mai, un repas dansant. Placé sous le signe de la convivialité, cette manifestation qui se poursuit jusqu'en fin d'après-midi permet aux habitants de toutes générations de se rencontrer. Les séniors ont pu y participer gratuitement puis, à partir de 2015, moyennant une participation modique.
Certaines fêtes, officielles ou non, furent organisées de manière plus ponctuelle. On trouve par exemple, dans les archives de la commune, la trace d'une Fête des Combattants et journée des mères françaises qui eut lieu le 18 juillet 1926, sous la présidence du député. Elle donna lieu à la remise solennelle d'un fanion à la société des Combattants à 15 heures, à un défilé des Combattants et de la fanfare de Rebais à 15 heures 30, à la remise de décorations aux mères françaises à 15 heures 30, à un concert par la fanfare à 16 heures, à des attractions foraines (chevaux de bois, tirs, confiseries) et à un grand bal sous tente à 21 heures.
A cette époque, les villageois de tous âges aimaient danser et la moindre occasion était prétexte de l'organisation d'un bal dans la salle de l'un des cafés. Sablonnières avait ainsi son bal des jeunes gens (26), son bal annuel des jeunes filles (27), son bal des ménages (28). Un document conservé dans les archives de la commune mentionne aussi un bal des hommes mariés et vieux garçons donné le 28 janvier 1928.
Le 20 février 1937, un bal populaire présidé par le maire et son épouse, pour lequel la presse annonçait des danses anciennes et nouvelles, eut lieu dans la salle Gosselet. (29)
Les bals organisés dans les années 30 étaient animés parfois par un orchestre, par un accordéon, un saxo ou par la formation Jazz Étienne (Étienne Mireaux). A ces occasions, des quêtes étaient faites au profit d’œuvres locales (entretien du monument aux morts, corps des sapeurs pompiers, coopérative scolaire…).
C'est également dans les années 1920-1930 qu'avait lieu, au mois de mai, la Fête du Vautron. Il s'agissait d'une fête annuelle de tir, avec attractions, manège, matinée dansante sous tente avec orchestre, grand bal le soir et buvette. (30)
Noël fut aussi l'occasion de danser à différentes époques. Ce fut le cas par exemple en 1913 (31) et bien plus tard, en 1959, avec un bal de nuit payant.
On sait aussi qu'une Fête de la jeunesse fut célébrée en 1934 et en 1936, moins officielle certainement que la Fête nationale de Jeanne d'Arc instituée par une loi du 10 juillet 1920 à des fins patriotiques et fixée au deuxième dimanche de mai, à l'occasion de laquelle, rappela le préfet en 1939, les monuments publics devaient être pavoisés et illuminés.
D'autres manifestations ont été organisées plus tard par les écoles (kermesses) ou par la coopérative scolaire qui fut par exemple à l'origine d'un bal nocturne le 1er janvier 1955 :
De 1980 à la fin de la décennie suivante, la Saint-Jean était célébrée sur la place de l'église, par un feu et des danses pour enfants.
Depuis plusieurs années, diverses manifestations sont organisées par la municipalité ou le comité d'animation en faveur des habitants (vœux de la municipalité, repas communal, brocante au mois de juin) et plus particulièrement des jeunes enfants : course ou chasse aux œufs sur le terrain de l'espace Boutillier, arbre de Noël avec spectacle dans la salle Raymond Claret puis dans la salle de la ferme du Domaine.
Dans les années 1930, la commune était aussi un lieu incontournable pour les membres du groupe canoéiste du Touring-Club, qui effectuaient la descente du Petit-Morin. Plusieurs numéros de leur bulletin mensuel L'Escargot renferment le programme ou le récit de ces parcours. On peut y lire, par exemple, que les kayakistes partis la veille de Montmirail et ayant campé à Montdauphin arrivèrent le 6 juin 1937 à Sablonnières qui marquait la fin de la première étape d'une descente qui devait s'achever à La Ferté-sous-Jouarre. Les participants visitèrent l'église Saint-Martin avant de repartir. Les canoës restèrent garés à Sablonnières où les pagayeurs se retrouvèrent le 12 pour camper et poursuivre leur périple le lendemain (32). Les 9 et 10 octobre de la même année eut lieu une nouvelle descente de Montmirail à Sablonnières avec une étape à Verdelot (33). D'autres descentes furent organisées, comme en 1939 où, partis le 25 mars de Montmirail pour La Celle-sous-Montmirail, les participants rejoignirent Sablonnières le lendemain (34) d'où l'aventure reprit son cours le 1er avril pour Orly-sur-Morin puis La Ferté-sous-Jouarre. (35)
Sablonnières était encore l'arrivée de rallyes de canoë-kayak dans les années 1970.
De par sa situation au cœur de la vallée du Petit-Morin, son relief et son paysage bucolique, notre commune est depuis longtemps prisée par les organisateurs de courses pédestres. Dans les années 1930 déjà, un « groupe populaire » y organisait les « marches du Pont-Bleu et du Vautron ». (36)
A partir de 1984, la municipalité et le comité d'animation ont organisé au mois de juillet un cross de 4 ou 10 kilomètres sur une boucle de 2 kilomètres à parcourir plusieurs fois : les Foulées de Sablonnières. Cette manifestation, qui se déroulait lors de la fête communale, s'est poursuivie jusqu'en 2013.
De son côté, la JSFG CO (association Jeunesse Sportive de La Ferté-Gaucher, section course d'orientation) a organisé à partir de 2011 le Trail du Tacot Briard, course nature empruntant une partie du tracé de l'ancienne voie ferrée. Les deux parcours de 15 et 30 kilomètres avaient leur départ et leur arrivée à Sablonnières.
Depuis 2014, cette épreuve se déroule en parallèle de l'Ultra trail de la Brie des Morin (UTBM) organisé par la JSFG CO avec le concours de la communauté de communes de la Brie des Morin et des communes traversées, et qui comprend plusieurs parcours.
En 2014, trois courses étaient prévues : l’Ultra-Trail de 87 kilomètres empruntant de nombreux sentiers PR et GR, le Trail du Tacot Briard de 30 kilomètres et la Course des Têtards de 10 kilomètres.
En 2015, sur cinq parcours, deux parcours – le Grand trail du sonneur de 66 kilomètres et l'Ultra trail de 87 kilomètres – passent par Sablonnières.
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(1) Bibl. diocésaine de Meaux, 8. 4131.(2) LECOTTE (Roger), Recherches sur les cultes populaires dans l'actuel diocèse de Meaux, Paris, Mémoires de la Fédération Folklorique d'Ile-de-France, IV, 1953, p. 79.(3) BAZIN, Notice historique sur Sablonnières-en-Brie, Melun, Legrand, 1898, p. 71.(4) En 1863, les habitants et le conseil municipal accordèrent un droit de passage sur la pâture des Hacots pour permettre à la procession de se rendre à la grotte.(5) La Semaine Religieuse du diocèse de Meaux, 1874, p. 558 ; LECOTTE, Op. et loc. cit.(6) La Semaine Religieuse du diocèse de Meaux, 1874, p. 558.(7) BAZIN, Op. cit., p. 69 ; LECOTTE, Op. et loc. cit.(8) L'Éclaireur de Seine-et-Marne, 11 nov. 1897, p. 2.(9) Le Pays Briard, 23 sept. 1975.(10) LECOTTE, Op. et loc. cit.(11) La Croix de Seine-et-Marne, II-II-51 ; Bulletin de la Société d'Histoire et d'Art du diocèse de Meaux, 1952, n° 3, p. 84.(12) Paris-Assomption, déc. 1957, n° 58, p. 7-9.(13) BARRAULT (André), La Saint-Hubert à Sablonnières, in Revue folklorique d'Ile-de-France, vol. 22, Paris, 1959, p. 196.(14) LECOTTE, Op. et loc. cit.(15) Le Démocrate, 3 déc. 1932, p. 1.(16) L’Éclaireur de l’arrondissement de Coulommiers, 18 juillet 1885.(17) A la fin des années 1920 et au début de la décennie suivante, les jeux traditionnels étaient pour les jeunes gens la traction à la corde (deux équipes tenant chacune le bout d’une corde essayait de tirer l’autre à soi et de lui faire franchir une marque tracée au sol, à moitié de la longueur), la course à pied (parfois avec déguisements), le concours de marche au pas suivant un itinéraire déterminé, le mât de cocagne (le but était de grimper à un mât lisse pour récupérer des lots suspendus à son sommet ; ce divertissement fut pratiqué pendant de nombreuses années : en 1936, la municipalité chargeait le menuisier Delambre de confectionner un nouveau mât avec un poteau électrique qu'il rabota et duquel il retira les boulons), la course en sac, la course en brouette ou la course à la valise (cette course opposait deux équipes munies chacune d’une valise contenant quelques habits ; au signal de départ, le chef de file ouvrait la valise, enfilait tous les vêtements, accomplissait un parcours déterminé, revenait au point de départ, remettait les habits dans la valise, la refermait et la donnait à l’équipier suivant : la première équipe dont tous les joueurs avaient parcouru l’itinéraire l’emportait). Les plus jeunes garçons s’exerçaient également à la course à pied, au jeu de la bougie, au jeu de la poêle (incontournable lors des fêtes publiques d’antan, ce jeu consistait à attraper avec les dents un sou collé au centre d’une poêle bien noircie par le feu et suspendue à une corde), au jeu de la farine (qui consistait à retrouver avec sa bouche un comestible disposé dans une assiette et recouvert de farine), ou s’affrontaient dans un concours de grimaces. Pour les filles, étaient organisés un concours de coiffes en papier, le jeu des ciseaux (les participantes devaient, les yeux bandés, gagner de petits paquets en coupant avec des ciseaux la ficelle qui les retenait suspendus à une corde tendue horizontalement), le jonglage à deux balles, un jeu de chapeaux pour les plus petites. Les hommes (plus de 21 ans) se mesuraient à la course à pied ou jouaient à la quille. (18) En 1926, la tombola du 14 juillet mettait en jeu un stylomine plaqué, un encrier en bronze, une lampe à pétrole, un vaporisateur, un carafon à liqueur, une pince à sucre, une bonbonnière et un service à salade. En 1929, eut lieu une tombola des dames et jeunes filles dont les lots, offerts par des habitants, étaient deux poules et un lapin.(19) Délibération de la commission des fêtes des 8 juillet 1926 et délibération du conseil municipal du 3 août 1926 (Archives communales).(20) Déjà en 1898 : jeux variés, magasin de jouets et de friandises, tir à la carabine, grand bal Ambroise sous une tente décorée et illuminée (L'Eclaireur de Seine-et-Marne, 10 juil. 1898) .(21) Délibération du conseil municipal du 28 février 1972 (Archives communales).(22) Le Démocrate, 5 août 1936, p. 3.(23) Délibération du conseil municipal du 17 juin 1968 (Archives communales). (24) Délibération du 27 octobre 1967 (Archives communales).(25) Ainsi en 1971, un vin d'honneur était toujours offert par les anciens combattants : délibération du 18 octobre (Archives communales).(26) Le Démocrate, 19 janv. 1924, p. 2 ; 8 mars 1933, p. 2 ; 16 déc. 1936, p. 2 ; 19 déc. 1936, p. 2 ; 26 déc. 1936, p. 2 ; 13 janv. 1937, p. 2.(27) Le Démocrate, 19 janv. 1924, p. 2 ; 16 janv. 1937, p. 3 ; 3 févr. 1937, p. 2.(28) Le Démocrate, 9 janv. 1937, p. 3 ; 30 janv. 1937, p. 2.(29) Le Démocrate, 13 févr. 1937, p. 3.(30) Le Démocrate, 27 et 30 avr. 1927, p. 2 ; 4 mai 1929, p. 2 ; 6 juin 1936, p. 3.(31) Le Démocrate, 20 déc. 1913, p. 2.(32) N° 18, mai 1937, p. 102 ; n° 21, août 1937, p. 157.(33) N° 24, déc. 1937, p. 229-231.(34) N° 38, mars 1939, p. 79.(35) N° 36, janv. 1939, p. 27 ; n° 38, mars 1939, p. 80.(36) Le Démocrate, 10 juin 1936, p. 3 ; 6 juin 1936, p. 3.