Les collections du lycée P. Corneille ont toujours été assez fournies. Cependant, on peut constater qu'au fil des époques, peu d'inventaires ont vu le jour. Il est vrai que la richesse des collections rend la tâche complexe. Il semble qu'il n'y ait jamais vraiment eu de procédure officielle permettant de valider de façon régulière l'entrée d'une pièce dans la collection.
Au delà des entrées majeures établies par les historiens, la collection Bacheley, la donation de C.A Lesueur, le travail de F.A Pouchet, traduites par l'élaboration d'inventaires assez stricts et exhaustifs, jamais ces travaux n'ont initié ensuite une volonté de continuer à inventorier de façon régulière.
C'est particulièrement vrai dans la collection de pétrographie. De nombreux échantillons sont arrivés sans véritables précisions sur le lieu de récolte ou sur ce que l'échantillon est sensé représenter.
Comme nous l'avons vu précédemment, Bacheley fut le premier donateur officiel du lycée Pierre Corneille.
C'est à sa mort, lorsque la donation a été officialisée, qu'un inventaire, établi un peu comme un leg testamentaire, a pu être réalisé.
Ce moment figé dans le temps peut permettre de se faire une petite idée de ce à quoi pouvait ressembler une partie de la collection du lycée à ce moment précis.
En effet, on peut imaginer que ces pièces se sont ajoutées à d'autres déjà existantes.
Pour voir, l'ensemble des pages scannées de l'inventaire de 1795 constituant la donation de l'abbé Bacheley, cliquez sur le lien :
La restructuration de l'établissement aura eu l'avantage d'une prise de conscience collective concernant plusieurs points :
1) le lycée, établi depuis plus de 400 ans, a accumulé un patrimoine culturel et historique conséquent.
2) l'ensemble des personnels travaillant durant ces quatre siècles a été conscient de la richesse et de la valeur de ce patrimoine.
3) toutes les générations, de la création du lycée jusqu'à maintenant, bien que conscientes de la nécessité de préserver le patrimoine, n'ont jamais pu agir véritablement faute de moyens. Elles n'ont pu que les préserver dans l'état dans lequel elles se trouvaient sur le moment.
4) la nécessité d'inventaire qui s'est imposée dans le cadre de la modernisation de l'établissement, a permis à tous de constater la vétusté et la dégradation évidente de toutes ces collections. Qu'il s'agisse des naturalias ou des livres de la bibliothèque du fond ancien, le constat restait le même: une intervention pour stopper les affres du temps était indispensable.
Une prise de conscience collective de l'urgence et de l'opportunité à saisir est apparue comme évidente aux yeux de tous.