Le voyage aux terres australes devait être, à l'origine : un tour du monde. C'était le projet de Nicolas Baudin.(1754-1803)
Le projet du voyage était le suivant :
"Projet de voyage à exécuter par ordre du gouvernement français et dont le but est de rectifier la position de différentes Isles & écueils connus dans l'étendue des mers du sud; approfondir le caractère & les meurs des Peuples répandus sur cette partie du Globe; leur donner une idée de nos Arts & Manufactures, faire naître parmi eux le besoin de nos productions; connoitre celles de leurs sols & enfin en rapporter pour l'instruction publique & l'utilité économique de la France, les quadrupèdes, Oiseaux, Végétaux & Minéraux, utiles aux progrès des sciences & avantageux au commerce national."
Cette expédition avait donc des missions ethnologiques, géographiques, géologiques, de recensement de la biodiversité, mais aussi économiques.
C'est à l'âge de 22 ans qu'il embarque sur le géographe pour une expédition de quatre ans dans les mers australes. Il n'est pas recruté en qualité de dessinateur car tous les postes sont déjà pourvus. Il intègre donc la flotte sous la profession d'aide canonnier. Les circonstances lui permettront rapidement de revenir à ses premières amours.
Ce genre d'expédition au long cours est encore mal maîtrisé. Le voyage s'avère difficile. Dès les premières semaines, de nombreux malades sont à déplorer. La première escale aux Canaries ne permet pas le ravitaillement espéré. Ainsi, dans les mois qui suivent on constate de nombreux décès par dysenterie sur le géographe. De plus le capitaine n'a pas pu se ravitailler en vin. Il faudra donc attendre d'arriver à l'ile de France (actuellement ile Maurice). On sait qu'à l'époque il est difficile de conserver sa potabilité à l'eau.
Très vite, on reconnait les capacités de Lesueur à bien dessiner. Il devient donc le dessinateur du journal de bord du capitaine.
Ensuite, à l'arrivée à Maurice, c'est la désertion. Beaucoup des scientifiques engagés décident de ne pas donner suite au voyage. Cela donnera une véritable opportunité à C.A Lesueur. C'est l'occasion pour lui de devenir dessinateur officiel dans cette aventure. Sur le géographe, il fait la connaissance de F. Peron qui est engagé en qualité de zoologiste. Les deux hommes vont très vite devenir amis. Cette amitié permettra aux deux hommes de travailler ensemble tout au long du voyage et même ensuite de retour sur terre à la rédaction des ouvrages qui les rendront célèbres pour toute la communauté scientifique de l'époque.
d'après Charles Alexandre Lesueur peintre voyageur, un trésor oublié de Gabrielle Baglionne, Cédric Crémière. Muséum d'histoire naturelle de Havre.édition Conti.
Il grandit dans une famille modeste entre sa mère et ses deux sœurs car son père, sellier de son état, meurt alors qu’il n’a que sept ans. Il entre très jeune au collège de Cérilly où il bénéficie de la protection du directeur, stupéfait par ses qualités intellectuelles.
Ces capacités lui permettent d'entrer au séminaire. C'est là qu'il va commencer à se forger une culture scientifique grâce à la bibliothèque mise à sa disposition.
Puis survient la révolution. F. Peron se voit recruté dans le deuxième bataillon de volontaires de l'allier. Il est libéré puis réformé en 1794, après la perte de son oeil droit.
En 1795, il devient secrétaire de mairie et rencontre un notaire nommé Pierre Petitjean. Le notaire, impressionné par sa culture décide de l'encourager à poursuivre ses études et les finance. Peron décide donc de se lancer dans des études de médecine.
En 1797, il arrive à Paris, les cours à l'école de médecine et les visites au muséum d'histoire naturelle de Paris lui font rencontrer des personnes illustres comme Jussieu, Lamarck ou encore Cuvier. Ces professeurs renommés sont en train de redonner leurs lettres de noblesses aux sciences naturelles, à l'anatomie comparée, à l'étude des plans d'organisation du vivant. La prise de conscience d'une lente évolution fait naître des doutes sur les théories fixistes de l'époque. F. Peron, aux côtés de ses professeurs, s'imprègne de ces nouvelles évolutions de la matière.
C'est un peu avant 1800 que F. Peron entend parler des préparatifs de l'expédition de Nicolas Gauguin pour les terres Australes. Sa candidature est appuyée par Jussieu et Lacépède. Cela lui permet donc de rentrer dans cette expédition en qualité de zoologiste. Il partira donc sur le géographe. C'est là qu'il fera la rencontre de C. A. Lesueur. De cette rencontre naîtra une belle amitié qui s'arrêtera en 1810 à la mort de F. Peron.
d'après Charles Alexandre Lesueur peintre voyageur, un trésor oublié de Gabrielle Baglionne, Cédric Crémière. Muséum d'histoire naturelle de Havre.édition Conti.
l'inventaire de 1843 indique que le laboratoire du lycée compte cinq hérons cendrés. Pourquoi ce spécimen ne viendrait-il pas de la collection de C.A Lesueur ?
Voici, ici un dessin de Lesueur décrivant un héron de Ténériffe.
d'après : Lesueur peintre, voyageur un trésor oublié deGabrielle Gabione, Cédric Crémière muséum de Havre.Edition Conti.