Rostre de poisson scie
Unique vestige de la présence des collections de l'abbé Bacheley au lycée Pierre Corneille en 2025.
Il embrassa la carrière ecclésiastique et rentra au prieuré de Saint-Hymer, proche de sa
commune natale. A côte de cela, il se trouve une véritable passion pour l'archéologie.
il s'intéressait en particulier à la formation des roches et aux "pétrifications". Bacheley correspond régulièrement avec des scientifiques de son époque, comme Georges-Louis Leclerc Buffon, Louise-Elisabeth de la Vergne, ou encore Jean Herman. Il leur fait part de ses découvertes et discute avec eux de leur intérêt . En 1755, il communiqua à l’Académie de Rouen un mémoire intitulé « Observations lithologiques sur la formation des cailloux ».
En 1761, il est nommé membre correspondant de l'académie royale des sciences..
En 1771, il est reçu associé adjoint de l'académie des sciences et belles-lettres de Rouen, il sera nommé adjoint résident dès l'année suivante. Ses recherches sur la côte Sainte-Catherine lui permirent de constituer une importante collection de fossiles cénomaniens de la Craie de Rouen. Ce site fossilifère était connu depuis longtemps, mais n’avait fait l’objet jusqu’alors d’aucune étude approfondie.
Il dispensa rue saint Lô à Rouen des cours publics et gratuits d'histoire naturelle sous les auspices de l'académie de la ville.
Après quinze années d'observations en Normandie, il publia un ouvrage sur l'état sanitaire de la Normandie, dans lequel il cherchait à établir un lien entre paramètres environnementaux et santé publique. Le livre est agrémenté d'observations sur l'histoire naturelle dans la région.
Un chapitre est consacré au "canton de pont-Lévêque". Dans ce chapitre est inséré une note intitulée ; ""Notice et pétrifications et autres faits d'histoire naturelle qui se trouvent le long des côtes du pays d'auge". La première partie s'intitule : "Aux vaches noires , paroisse d'Auberville". Il évoque dans cette partie avoir trouvé des "os de différens poissons" qui consistent en des crânes, des machoires....
Il fait ici allusion aux restes de fossiles de crocodiliens et de dinosaures dont Cuvier parlera trente ans plus tard en faisant référence à l'abbé. L'abbé fut donc l'un des premiers à découvrir les restes d'un théropode Streptospondylus altdorfensis, il fut aussi à l'initative de la découverte de morceaux de crocodiles comme la fameuse mandibule de Metriorhynchidae (Crocodilomorphe)
photo : specimen original MHN RJN 116, face dorsale et ventrale
En 1782, Il présenta également devant l’Académie de Rouen un mémoire intitulé "Jugement de l’Académie des Sciences de Paris sur les fossiles de la côte Sainte-Catherine".
Il est clair que la collection de l'abbé était plutôt riche et reconnue de qualité par les scientifiques de l'époque.
En l’an VI (1797–1798), après le décès de Bacheley, l’administration du département fit l’acquisition de son cabinet d’histoire naturelle (Fouray, 1978). Le gouvernement révolutionnaire venait de regrouper en 1796, autour de l’École centrale de Rouen, (comprendre : lycée P Corneille) une bibliothèque, un musée de peinture et un musée d’histoire naturelle, dans lequel prit place la collection de Charles Bacheley. C’est là que LouisBenoît Guersent (1777–1848) découvrit la remarquable suite d’ossements fossiles que l’abbé avait collectés aux Vaches Noires.
Avec l’accord du préfet de Seine-Inférieure, Jacques Claude Beugnot (1761–1835), Guersent envoya donc les ossements de la collection Bacheley à Cuvier (1800), qui leur consacra une brève notice dans le Bulletin des sciences de la Société philomatique de Paris. Cette notice fut ensuite reproduite dans plusieurs journaux, y compris outre-Manche (Cuvier, 1800, 1801). Ces fossiles sont depuis conservés dans les collections du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris (Allain, 2001). Le reste de la collection Bacheley resta à Rouen. En 1827, Auguste Le Prévost (1787–1859), homme politique, archéologue et historien normand, regrettait qu’il ne reste plus des recherches de Bacheley « que quelques fossiles perdus dans le grenier du collège » (Le Prévost, 1827).
En 2025, la seule et unique pièce restante, clairement établie de la collection de l'abbé Bacheley au lycée est le rostre de poisson scie.
d'après :
Histoire des sciences (Histoire de la paléontologie) L’abbé Bacheley et la découverte des premiers dinosaures et crocodiliens marins dans le Jurassique des Vaches Noires (Callovien/Oxfordien, Normandie)
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