Disserter, c'est développer et exposer méthodiquement, par écrit ou oralement, des arguments (sur un sujet, un thème, une question savante).
Une dissertation est une recherche de la vérité sur une question particulière. Le souci de la vérité doit donc être une préoccupation constante. Une dissertation s'efforce de résoudre un problème. Elle doit donc parvenir à une réponse précise. Une dissertation doit convaincre. Et pour cela elle doit être organisée, bien adaptée à la question posée et bien étayée par des connaissances.
La dissertation philosophique a pour exigences : la rigueur de la méthode (analyse précise des énoncés, enchaînement logique des idées); la pertinence des propos (le traitement judicieux du sujet, la finesse des arguments, la justesse des exemples); la manifestation de connaissances.
Attention: Une dissertation ne doit surtout pas se contenter d'évoquer des opinions ou de balancer des banalités, des préjugés, des généralisations hâtives, etc. Une dissertation ce n’est pas non plus la restitution d’un cours, c’est le fruit d’une réflexion personnelle.
La partie préparatoire est essentielle, car c'est d'elle que dépend en grande partie la réussite ou l'échec du devoir. C'est pourquoi vous devez prendre votre temps. Ce travail consiste à définir tous les termes du sujet, problématiser le sujet, élaborer une stratégie (un plan).
Vous devez en effet étudier avec attention la signification de tous les mots figurant dans l'énoncé du sujet. Que veut dire, tel ou tel mot, tel ou tel concept philosophique, que sous entend tel ou tel verbe, etc. À cette occasion, listez toutes les connaissances qui vous viennent en tête (auteurs, doctrines, repères, concepts, etc.). Étonnez-vous devant le sujet, repérez les éventuels paradoxes, qui sont très fréquents dans les énoncés proposés au baccalauréat. Relevez tous les problèmes que le sujet soulève. De ce travail préparatoire découle le plan de votre dissertation.
L'introduction doit permettre de problématiser le sujet grâce à l'analyse des termes du sujet et annoncer la démarche qui va être suivie en développement pour y répondre.
Level 1
Level 2
Level 3
Pour s’exercer à la rédaction d’une introduction, vous pouvez suivre le modèle suivant:
On pourrait penser que…. (réponse possible/hypothèse première). En effet… (reformulation de l'hypothèse première qui s’appuie sur une analyse/précision d’un terme). Par exemple… (exemple illustrant l’hypothèse première). Pour autant… (remise en cause de la première hypothèse, nouvelle hypothèse)? En effet… (reformulation de l'hypothèse seconde qui s’appuie sur une analyse/précision d’un terme)? Par exemple… (exemple illustrant la seconde hypothèse)?
......................................(1)........................ , .........................................(2)..............................................? ..................................(3).................................. ?
3.2. LE DÉVELOPPEMENT
Votre développement doit se dérouler suivant une articulation précise soutenant une démonstration logique : un plan. Mais il n'y a pas de plan-type. La seule exigence est la cohérence de la démarche. Le développement apporte progressivement une réponse argumentée à la question posée par le sujet. Il doit être décomposé en parties bien distinctes du point de vue du contenu comme du point de vue de la présentation. Votre développement doit présenter une progression, dans la succession des parties et manifester une avancée dans votre réflexion.
Schématiquement, une partie doit comprendre: l'annonce de l'idée directrice, la démonstration de la véracité de cette idée, l'illustration de cette démonstration (exemple), et enfin une transition (c'est-à-dire une conclusion provisoire).
Si vous faites l'effort de justifier à chaque fois vos analyses et que vous soignez vos transitions logiques d'une partie à l'autre, tout se passera bien.
Level 1
Level 2
Level 3
La conclusion fait le bilan de la réflexion (récapitulation des différentes étapes de l’argumentation) et répond au problème posé dans l'introduction.
Attention au hors-sujet. Pour éviter cela, faites régulièrement référence au sujet traité ainsi qu'à la problématique soulevée.
Le sujet n’est pas un prétexte pour étaler son cours et/ou ses connaissances. Ne citez de références philosophiques que si celles-ci vous permettent d'avancer dans votre raisonnement (pas de listing de vos connaissances).
Il peut être également judicieux d'utiliser des exemples pour soutenir son argumentation, mais attention, si un exemple peut illustrer un concept ou une démonstration, il ne démontre rien en lui-même (évitez également de multiplier les exemples, si un exemple est bon, il se suffit à lui-même).
Entre 0 et 5
Copie “indigne”: inintelligible, non structurée, dont la brièveté est excessive, dont le refus de faire l’exercice est manifeste.
De 06 à 09
Copie intelligible mais qui ne répond pas à l’exercice, au “cahier des charges” de l’épreuve: bavardage, juxtaposition d’exemples sommaires ou anecdotiques, accumulation de lieux communs, récitation du cours sans traitement du sujet, copie qui aurait pu être rédigée sans aucun cours de philosophie.
Ce qui est valorisé: une problématisation du sujet, une argumentation cohérente et progressive, l’analyse de concepts (notions, distinctions) et d’exemples précisément étudiés, la mobilisation d’éléments de culture philosophique au service du traitement du sujet.
Pas moins de 10
Copie témoignant d'un réel effort de réflexion, même si le résultat n'est pas abouti : effort de traitement du sujet, effort de définition des notions, examen de réponses possibles, cohérence globale du propos.
Pas moins de 12
Si, en plus, il y a mobilisation de références et d'exemples pertinents pour le sujet.
Pas moins de 14
Si, en plus, le raisonnement est construit, progressif, et que les affirmations posées sont rigoureusement justifiées.
Pas moins de 16
Si, en plus, la copie témoigne de la maîtrise de concepts philosophiques utiles pour le sujet (notions, repères), d’une démarche de recherche et du souci des enjeux de la question, d’une précision dans l’utilisation d’une culture au service du traitement du sujet.