L'autorisation de Mgr CAVEROT
Ainsi célébrée à Martinvelle de temps immémorial, la fête de saint Gibert avait cependant perdu quelque peu de son éclat et de sa popularité vers le milieu du XIXᵉ siècle. C’est pourquoi, le 6 février 1846, Mgr Caverot, vicaire général — qui deviendra plus tard évêque de Saint-Dié puis archevêque de Lyon — adresse à l’abbé Hocquard, curé de la paroisse, une lettre autorisant et encourageant la restauration du culte de saint Gibert.
Mgr Caverot précise toutefois que cette permission est accordée à condition que la célébration de la fête demeure purement religieuse et qu’elle ne donne lieu à aucun divertissement ni désordre. Cette concession serait retirée ipso facto à la première infraction. Une telle mise en garde n’est pas superflue, si l’on se rappelle l’origine profondément païenne de la légende de saint Gibert et la résurgence toujours possible des anciens cultes solaires.
Mystère !
Selon l’abbé L’Hôte, à qui l’on doit la plupart de ces précisions, on crut, à la fin du XIXᵉ siècle, avoir retrouvé le tombeau présumé de saint Gibert.
À cette époque, on profita de la réfection du pavage pour fouiller le sol de l’église. Une croyance répandue dans le pays assurait que saint Gibert avait été inhumé dans une nef latérale, devant l’autel de la Sainte Vierge. À l’endroit indiqué, on découvrit en effet un sarcophage recouvert d’une pierre tombale décorée d’une croix en relief, mais dépourvue de toute inscription. L’intérieur du cercueil, taillé en forme de corps humain, renfermait un squelette parfaitement conservé.
En poursuivant les fouilles, on exhuma d’autres tombeaux en pierre, plus simples que le premier et semblables à des cercueils ordinaires. On imagine l’émotion qui saisit alors les habitants de la contrée. On crut posséder les reliques de saint Gibert et de ses compagnons martyrs, enterrés là depuis mille ans. Toutefois, en l’absence de preuve formelle, on dut s’abstenir de placer sur les autels les ossements ainsi mis au jour.
Pour se dédommager, ajoute l’abbé L’Hôte, et en souvenir d’une mission prêchée en 1893, la paroisse inaugura solennellement dans son église une statue de saint Gibert.
Depuis lors, le culte de saint Gibert connaît une nouvelle éclipse. Ne serait-il pas opportun de le rendre à la vénération des fidèles ?