Il me semble que le divin Vouloir veille continuellement à ce que le premier acte de son adorable Volonté coule toujours en moi, et avec une admirable et divine jalousie il investit et entoure toutes choses ; que l’acte soit petit ou grand, il vérifie s’il possède la vie de sa Volonté, parce que la valeur et la grandeur d'un acte est confirmée par la Volonté qu'il contient. Tout le reste, si grand que cela puisse être, se réduit à un très mince voile qui suffit à couvrir et à cacher le grand trésor, la vie inimitable de la Divine Volonté. Mon esprit était tout occupé par la Divine Volonté lorsque Jésus, mon très grand bien, qui semble prendre un inexprimable plaisir à parler de sa Volonté, toute bonté, me dit :
Ma bienheureuse fille, pour qu'un acte puisse me plaire et que ma Volonté puisse former en lui sa vie tout entière, tout l'intérieur de la créature doit être centralisé dans mon Fiat ! La volonté doit le vouloir, son désir doit être ardent, les affections et les tendances doivent uniquement désirer recevoir la vie de ma Volonté dans leur acte, le cœur doit l’aimer et enclore dans son battement la vie de ma Volonté, la mémoire doit s'en souvenir et l’intelligence la comprendre. De sorte que tout doit être centralisé dans l'acte où ma Volonté veut former sa vie. Car pour former une vie, il est nécessaire d'avoir une volonté, un désir, un cœur, des affections, des tendances, une mémoire et une intelligence, sinon on ne pourrait pas dire que c'est une vie complète et parfaite. C'est pourquoi ma Volonté fait le vide parfait afin de pouvoir reproduire la vie de son amour dans l'amour de la créature, ses désirs et ses tendances divines dans ceux de la créature, son battement incréé dans le battement créé, sa mémoire infinie dans la mémoire finie. Bref, elle veut être totalement libre de former une vie complète et non à moitié formée, et lorsque la créature abandonne sa vie, ma Divine Volonté lui donne la sienne en échange. C'est alors que sa vie devient féconde et génère sous le voile qui la recouvre amour, désir, tendances, mémoire de ma Volonté pour y former le grand prodige de sa vie dans la créature. Sinon, on ne pourrait pas parler de vie, mais simplement d'adhésion à ma Volonté, et même pas en toutes choses, et partiellement, parce que cela n'apporterait pas les effets ou les biens que ma Volonté possède. Ce serait comme pour le soleil : si sa lumière ne possédait pas la chaleur, la douceur, les goûts, les parfums, elle ne pourrait pas former les magnifiques nuances de couleurs, la variété des douceurs, des goûts et des parfums. Si le soleil peut les donner à la terre, c'est parce qu'il les possède et s'il ne les avait pas, ce ne serait pas une véritable lumière de vie, mais une lumière stérile et inféconde. Ainsi, lorsque la créature ne cède pas toute la place à ma Volonté, elle ne peut pas posséder son amour qui ne finit jamais, les douceurs des saveurs divines, et tout ce qui compose la vie de ma Volonté. Par conséquent, ne conserve rien de toi et pour toi, et tu nous donneras la grande gloire d'avoir une vie de notre Volonté sur la terre sous le voile de ton être mortel, et tu auras le grand bien de la posséder. Tu sentiras couler dans ton être, comme un flot rapide, le bonheur, les joies, la fermeté du bien, l’amour qui toujours aime. La douceur, les goûts, les conquêtes de ton Jésus seront toujours à toi. Ton être continuera de souffrir ici-bas, mais il aura la vie de la Divine Volonté pour le soutenir et il se servira de ses souffrances pour développer la vie de ses conquêtes et de ses victoires divines sous sa forme humaine. Par conséquent, progresse toujours dans ma Volonté.
Je faisais ma ronde dans la Divine Volonté et mon petit vouloir humain brûlait du désir de tisser tous ses actes et de les faire miens afin de pouvoir maîtriser toutes choses et d'avoir en mon pouvoir une gloire infinie, un amour éternel, des actes innombrables distincts les uns des autres et qui ne finissent jamais afin de pouvoir toujours donner de l’amour, de la gloire et des œuvres à mon Créateur. Fille de sa Volonté, je ressens le besoin de tout posséder afin d'avoir un amour qui ne dit jamais que c'est assez et des actes divins dignes de la suprême Majesté. Et mon toujours adorable Jésus, comme pour confirmer ce que je pensais, me dit :
Ma fille, pour la créature qui fait ma Volonté et vit en elle, tout lui appartient. Lorsque ma Volonté donne quelque chose à la créature, elle ne lui apporte pas une seule œuvre, mais toutes ses œuvres, parce qu'elles sont inséparables de ma Volonté et elle s'en sert pour créer l’espace et nourrir, féliciter, enrichir de ses immenses richesses la créature qui vit en elle et lui permettre de toujours recevoir. Si ma Divine Volonté ne voulait pas tout et toujours donner, et toujours recevoir de celle qui vit en elle, ce ne serait pas une vie réellement heureuse dans ma Volonté parce que la substance du bonheur est formée par de nouvelles surprises, des échanges de dons, des œuvres diverses et multiples possédant chacune une source de joies variées que l'on s'échange et qui témoignent de leur amour mutuel. La créature et ma Volonté se coulent l'une dans l'autre et se communiquent les secrets, elle fait de nouvelles découvertes de la Divinité et acquiert d'autres connaissances de l'Être suprême. La vie dans ma Volonté n'est pas une plaisanterie, mais une vie de travail et d'activité continuelle. Tu dois savoir qu'il n'y a rien de ce qui a été fait par Dieu, par les saints et par tous les autres qui ne soit donné à celle qui vit dans ma Volonté, parce qu'il n'y a rien de bien qui ne lui appartienne, et de même que tu ressens le besoin de posséder toutes choses, tous ressentent le besoin de se donner à toi. Mais veux-tu savoir pourquoi ils veulent passer par le canal du vouloir humain ? C'est pour donner le bien qu'ils possèdent et reproduire le bien et la gloire de leurs actes à leur Créateur. Et si toi tu désires reconstituer nos œuvres et celles de tout le ciel, elles semblent dire l'une après l'autre : « Je ne peux pas le faire par moi-même, alors prends-moi en ton pouvoir, réunis-nous toutes ensemble, afin que un soit l'amour de toutes, une la gloire de cet Être suprême qui nous a donné naissance en son sein et nous a donné la vie. » C'est pourquoi la vie dans ma Divine Volonté est le prodige des prodiges, l'unité de toutes choses ; c'est tout posséder, tout recevoir et tout donner. Et comme je veux toujours donner à la créature, je désire ardemment qu’elle entre dans mon Fiat afin de pouvoir lui donner ce que je veux et satisfaire mes désirs.
Après quoi je me disais : Mais à quoi cela sert-il, quelle gloire est-ce que je donne à mon Dieu en demandant toujours que sa Volonté soit connue et occupe son poste royal dans les créatures ? Il me semble que je ne sais pas demander pour les autres. Il me semble que Jésus lui-même et fatigué de m'entendre répéter la même histoire : je veux la vie de son Fiat pour moi et pour tous les autres. Je pensais cela lorsque mon doux Jésus ajouta :
Ma fille, tu dois savoir que lorsque la créature prie continuellement pour obtenir un bien, elle acquiert la capacité de posséder ce bien et elle aura alors la vertu de le faire posséder par les autres. Prier, c'est comme débourser pour obtenir le bien que l'on veut. La prière forme le respect, l’appréciation, l'amour qui est nécessaire pour le posséder. La prière forme dans l'âme le vide où mettre le bien désiré. Autrement, si je voulais lui donner ce bien, elle n'aurait pas où le mettre. Tu ne peux donc pas me donner une plus grande gloire qu'en me demandant que ma Volonté soit connue et qu'elle règne. C'est la prière que je fais, le désir ardent de mon Cœur, et tu dois savoir que mon amour est si grand que je veux faire connaître ma Volonté. Incapable de contenir cet amour, il déborde sur toi et je te fais dire : « Que ton Fiat vienne, que ta Volonté soit connue. » Si bien que c'est moi et non pas toi qui prie en toi. C'est mon excès d'amour qui sent le besoin de s'unir avec la créature afin de ne pas être seul à prier pour ce bien, et afin de donner plus de valeur à cette prière, je mets en ton pouvoir mes œuvres, toute la Création, ma vie, mes larmes, mes souffrances, pour que cette prière ne soit pas seulement des mots, mais une prière confirmée par mes œuvres, ma vie, mes souffrances et mes larmes. Oh ! qu'il est doux d'entendre ton refrain se faire l'écho de ma prière : « Que ton Fiat vienne, que ta Volonté soit connue. » Si tu ne faisais pas cela, tu étoufferais ma prière en toi et je resterais seul à prier avec amertume. Mais tu dois également savoir que je ressens le besoin de retracer toutes mes œuvres et mes souffrances afin de me demander que ma Volonté soit connue et qu'elle règne. Celui qui a connu ma Volonté et aime ce grand bien ne peut pas s'abstenir de demander continuellement que tous la connaissent et la possèdent. Par conséquent, pense que je suis là et que je prie avec toi lorsque tu penses que le moins que tu puisses faire, c'est de prier pour le triomphe de ma Volonté.
Ma petite intelligence ressent la force irrésistible du divin Vouloir qui l'appelle et la veut au milieu de toute la Création pour lui faire voir et comprendre l'harmonie et l'ordre de toutes les choses créées, et comment chacune apporte son tribut à son Créateur. Il n'est pas une chose créée, si petite ou si grande soit-elle, destinée à occuper le grand espace de l'atmosphère, qui n'apporte son tribut distinct à celui qui l'a créée. Et malgré qu'elle n’ait pas de raison et qu'elle soit muette, c'est en ne quittant jamais le poste que Dieu lui a assigné qu'elle apporte sa gloire éternelle.
Je pensais alors que j'occupe moi aussi un poste dans le grand espace vide de la Création, mais puis-je dire que je suis au poste voulu par Dieu ? Ma volonté fait-elle toujours la Volonté de Dieu comme le reste de la Création ? Je pensais cela lorsque mon bien-aimé Jésus me surprit et, toute bonté, il me dit :
Ma bienheureuse fille, tout ce qui sort de notre Être suprême est innocent et saint. Il ne peut sortir de notre Sainteté et de notre infinie Sagesse des êtres ou des choses ayant la moindre tache et ne contenant pas l'utilité d'un bien. Toutes les choses créées ont dans leur nature la vertu créatrice et nous rendent par conséquent continuellement le tribut et la gloire qui nous sont dus parce que nous leur avons donné le jour et que nous ne savons pas faire des choses ayant la moindre tache, ou qui soient inutiles. De sorte que tout ce qui a été créé par nous est saint, pur et beau. Nous recevons le tribut de toutes choses et notre Volonté reçoit son acte accompli. Ma fille, il n'est pas une chose créée, animée et inanimée qui ne commence sa vie en accomplissant notre Volonté et en lui apportant son tribut. Toute la Création n'est déjà rien d'autre qu'un acte unique de notre Volonté. Elle y occupe son poste royal et maintient sa vie agissante de lumière dans le soleil, sa vie agissante de force et d'empire dans le vent, sa vie agissante d'immensité dans celle de l'espace. En chaque chose créée, ma Volonté développe sa vie et maintient tout en son sein de sorte que rien ne peut se mouvoir par soi-même ni faire aucun mouvement si ma Volonté ne le veut pas. Et les voiles des choses créées nous donnent continuellement le tribut, la grande gloire et le grand honneur d'être dominés par notre Volonté. Et lorsque le péché a été effacé de la créature, le nouveau-né n'est-il pas innocent et saint ? Et avec la période du baptême dans la vie du bébé - jusqu'à ce que le péché actuel n'entre dans son âme - le bébé n'est-il pas un acte de ma Volonté ? Et s'il remue, s'il parle, pense et fait bouger ses petites mains, tous ces petits actes voulus et disposés par ma Volonté ne sont-ils pas des tributs et une gloire que nous recevons ? Peut-être sont-ils inconscients, mais ma Volonté reçoit de sa petite nature ce qu'elle veut. C'est seulement le péché qui fait perdre la Sainteté et fait sortir la vie agissante de ma Volonté hors de la créature, parce que s'il n'y a pas de péché, nous la portons dans notre sein, nous l'entourons de notre Sainteté et elle ne peut que ressentir en elle-même la vie agissante de ma Volonté. Tu vois par conséquent que toutes les créatures et toutes choses ont leur commencement et leur naissance avec ma Volonté, innocente, sainte et digne de celui qui les a créées ; mais celle qui conserve cette innocence et cette sainteté, celle qui demeure toujours à son poste dans ma Volonté, elle seule est triomphante dans l'espace de l'univers. Elle est le porte-étendard, celle qui rassemble toute l'armée de la Création pour amener à Dieu avec une voix et une pleine connaissance la gloire, l'honneur et le tribut de chaque chose et de chaque créature. On peut dire par conséquent que ma Volonté est tout pour la créature et que sa naissance est le premier acte de la continuation de sa conservation dans la créature. Jamais ni l'amour ni la grâce de ma Volonté ne quitte celle qui veut vivre en elle et la connaître, et même si elle est chassée par le péché, elle ne la quitte pas. Ma Volonté l'enferme dans l'empire de sa justice punitive de sorte que la créature et toutes choses sont inséparables de ma Volonté. Par conséquent, que ma Volonté règne seule dans ton cœur. Reconnais en elle ta vie, la Mère qui t'élève et te nourrit, et veut te former pour son plus grand honneur et sa plus grande gloire.
Je me sentais immergée dans le divin Vouloir. Toutes les vérités manifestées peuplaient mon esprit et voulaient se dire et se redire afin de se faire connaître. Mais hélas, leur discours était du ciel et les mots me manquaient pour répéter leurs célestes leçons, même si je sentais que ces vérités étaient porteuses de sainteté et de joies divines. J'étais tout immergée dans le Fiat lorsque mon toujours aimable Jésus, avec un amour indescriptible, me dit :
Parce que tu es la petite fille de ma Volonté, j'ai besoin de te faire connaître ses secrets. Si je ne le faisais pas, je serais étouffé par les hautes vagues d'amour qui sortent de moi, de sorte que parler de ma Volonté est pour moi un repos, un soulagement, un baume qui atténue mes flammes et m'empêche d'être étouffé et brûlé par mon amour. Je suis tout amour et je manifeste mon plus grand amour en parlant de mon divin Vouloir. Mais sais-tu pourquoi ? L'essence de notre vie devient reconnue en parlant de notre Volonté et mon Fiat dans ma parole se dédouble et reproduit notre vie parmi les créatures. Il n'y a pas pour nous de plus grande gloire ni de meilleur exutoire à notre amour excessif que de voir notre vie se dédoubler pour se donner, s'installer et occuper notre place centrale. Car dans la mesure où elle en est capable, c'est un Royaume d'amour et de notre Volonté que la créature acquiert. C'est pourquoi notre œuvre créatrice n'est pas terminée et qu'elle continue, non pas en créant des cieux et des soleils nouveaux dans l'univers, non, car notre divin Fiat est réservé pour continuer la Création en vertu de sa puissance créatrice. Et lorsqu'il prononce son Fiat pour créer, se dédoubler, répéter notre vie divine parmi les créatures, il ne peut pas y avoir de continuation plus belle de la Création. Par conséquent, fais attention à ce que je dis et écoute-moi. Toutes les vérités de la Divine Volonté qui doivent être manifestées sont établies ab aeterno dans notre suprême Majesté. Ces vérités sont autant de reines de notre Être divin qui attendent d'apporter sur la terre le grand bien des connaissances de notre Fiat pour lui enseigner à vivre selon les vérités qu'elles annoncent. Ces reines de mes vérités donneront le premier baiser de la vie du Fiat et posséderont la vertu de transformer en vérité elle-même les créatures qui écouteront et resteront avec elles pour les aider. Nous serons pour elles tout amour, disposés à leur donner ce qu'elles veulent, pourvu qu'elles les écoutent et se laissent conduire par elles. Toutes les vérités de notre Volonté ne sont pas encore sorties et celles qui restent attendent avec impatience de quitter notre Divinité pour remplir leurs fonctions de porteuses et de transformatrices du bien qu'elles possèdent. Et lorsque toutes les vérités que nous avons préparées seront manifestées, ces nobles reines donneront toutes ensemble l'assaut à notre Être divin et avec une invincible armée possédant nos armes divines, elles feront notre conquête et obtiendront le triomphe du Royaume de la Divine Volonté sur la terre. Il nous sera impossible de leur résister et en faisant la conquête de Dieu, elles feront aussi celle des créatures. Si je continue de parler, c'est que toutes les reines ne sont pas sorties de notre Divinité pour accomplir leur fonction ; comme le discours de ma Volonté est la continuation de la Création du Fiat qui a créé l'univers et que la création de l’univers a été une préparation à la création de l'homme, ma parole aujourd'hui sur mon Fiat n'est rien d'autre que la continuation de la Création pour préparer la somptuosité de mon Royaume et de ceux qui vont le posséder. Par conséquent, sois attentive et que rien ne t’échappe, autrement tu étoufferais un acte de ma Volonté et tu m'obligerais à répéter mes leçons.
Je faisais ma ronde dans les actes de la Divine Volonté et en passant d'une œuvre à l'autre, j'en arrivais à la création de l'homme où mon doux Jésus me retint et avec un inexprimable amour qu'il ne pouvait contenir, il me dit :
Ma fille, mon amour me fait ressentir le besoin de parler de la création de l'homme. Toute la Création est déjà imprégnée de notre amour et parle, bien qu'avec un langage muet, et si elle ne parle pas elle le dit par des actions. La Création est la très grande narratrice de notre amour pour l'homme et cet amour, mieux qu'un soleil, se répand sur toutes choses. Lorsque la Création fut achevée, nous avons créé l'homme, mais avant de le créer, écoute l'histoire de notre amour pour lui. Notre adorable Majesté avait établi de faire l’homme roi de toute la Création, de lui donner la maîtrise sur toutes choses et de le rendre maître de toutes nos œuvres. Mais pour être un vrai roi en actes et non en paroles, il devait posséder en lui-même tout ce que nous avions fait dans la Création. Ainsi, pour être le roi du ciel, du soleil, du vent, de la mer et de toutes choses, il devait posséder en lui un ciel, un soleil, etc., de sorte que la Création puisse se refléter en lui, et il devait posséder les mêmes qualités pour se refléter dans la Création et la maîtriser. En fait, s'il n'avait pas un œil capable de voir, comment pouvait-il jouir de la lumière du soleil et la prendre quand il en voulait ? S'il n'avait pas des mains et des pieds pour parcourir la terre et prendre ce qu'elle produit, comment pouvait-il s'appeler roi de la terre ? S'il n'avait pas d'organe respiratoire pour respirer l'air, comment pouvait-il l'utiliser ? Et ainsi de suite… C'est pourquoi avant de créer l’homme, nous avons regardé toute la Création et dans un excès d'amour nous nous sommes exclamés : « Comme nos œuvres sont belles, mais parmi les plus belles, nous allons faire l'homme. Nous allons tout centraliser en lui de sorte que nous retrouverons la Création à l’extérieur et à l’intérieur de lui. » Et en le façonnant, nous avons mis en lui le ciel de la raison, le soleil de l'intelligence, la rapidité du vent dans la pensée, la force de caractère dans la volonté, le mouvement dans l'âme où nous avons contenu la mer de grâces, l’air céleste de notre amour et tous les sens du corps comme la plus belle floraison. Oh ! que tu es beau, homme. Mais nous n'étions pas encore satisfaits et nous avons placé en lui le grand soleil de votre Volonté en lui faisant le grand don de la parole afin qu'il puisse par des actions et avec des paroles être l’éloquent conteur de son Créateur. Il était notre image que nous prenions plaisir à enrichir de nos plus belles qualités.
Mais cela ne suffisait pas encore, et dans notre amour exubérant envers lui, notre immensité le retrouvait partout et à chaque instant, notre omniscience le cherchait partout et notre Puissance le soutenait jusque dans les fibres de son cœur en l’amenant partout dans nos bras paternels. Notre vie et notre mouvement palpitaient dans son cœur, respiraient dans son souffle, travaillaient dans ses mains, marchaient dans ses pieds jusqu'à se faire un tabouret sous ses pas. Notre paternelle Bonté, afin de mettre notre cher fils en sécurité, fit en sorte qu'il ne pourrait pas être séparé de nous, et nous de lui. Qu'est-ce que nous aurions encore pu faire et que nous n'avons pas fait ? C'est parce qu'il nous avait beaucoup coûté que nous l'aimions autant. Nous avions déboursé pour lui notre amour, notre puissance, notre Volonté et fait usage de notre Sagesse infinie. Nous ne demandions rien d'autre que son amour, qu'il puisse vivre librement dans notre Volonté et reconnaisse combien nous l'avons aimé et tout ce que nous avons fait pour lui. Telles sont nos prétentions amoureuses et qui aura la cruauté de nous les refuser ? Mais hélas ! Il y en a malheureusement qui nous les refusent et forment ainsi des notes douloureuses dans notre amour. Par conséquent, sois attentive et que ton vol dans notre Volonté soit continuel.
Après quoi je continuai ma ronde dans la Création, et incapable de faire autre chose, j'offris l'extension du ciel à Dieu afin de l'adorer, le scintillement des étoiles en guise de profondes génuflexions, la lumière du soleil pour l'aimer. Mais en faisant cela je me disais : « Mais le ciel, les étoiles, le soleil ne sont pas des êtres animés, ils n'ont pas de raison et ne peuvent pas faire ce que je veux ? » Et mon bien-aimé Jésus, toujours aimable, ajouta :
Ma fille, avant de faire la Création, il a fallu que notre Volonté le veuille et le décide, et lorsque notre Volonté l’a voulu, elle a converti en œuvre ce qu'elle voulait. De sorte qu'en chaque chose créée, il y a notre Volonté qui veut et qui agit, et reste toujours dans l’acte de vouloir et d'agir. De sorte qu'en offrant à notre suprême Majesté le ciel, le soleil, etc., la créature n'offre pas la chose matérielle et superficielle qu'elle voit, mais le vouloir et l'action de la Volonté de Dieu qui se trouvent en chaque chose créée. Et si ces choses n'ont pas la raison, il y a en elles une raison divine, un vouloir et une œuvre de la Volonté de Dieu qui animent toutes choses. En les offrant, la créature nous offre l’acte le plus grand, la très sainte Volonté, les œuvres les plus belles, non pas interrompues, mais continuelles, en quoi se trouvent les plus profondes adorations, l'amour le plus parfait, la plus grande gloire que la créature puisse nous donner par le moyen du vouloir et de l’action de notre Volonté dans toute la Création. Et si le ciel, les étoiles, le soleil et le vent ne disent rien, ma Volonté et la tienne disent que nous voulons les utiliser, et cela suffit.
J'ai impression que je pourrais nager dans l'abîme immense de la Divine Volonté, et comme je suis trop petite, je n'arrive à prendre que quelques petites gouttes ; et le peu que je prends reste avec moi, mais inséparable du Fiat suprême dont je ressens le caractère inséparable de tous ses actes. Ô Divine Volonté, tu aimes tellement celle qui vit en toi que tu ne veux ni ne peux rien faire sans la participation de celle qui vit déjà en toi, et tu dis dans l'enthousiasme de ton amour : « Ce que je fais, tu dois le faire aussi, toi qui vis en moi. Il me semble que tu ne serais pas heureuse si tu ne pouvais pas faire et dire ce que fait et dit la créature. »
Mais alors que mon esprit était perdu dans la Divine Volonté et que je ressentais ses liens, mon doux Jésus répéta sa petite visite dans mon âme et me dit :
Ma petite fille de mon Vouloir, tu dois savoir que l’inséparabilité de ma Volonté est si grande pour la créature qui vit en elle que rien de ce qu'elle fait au Ciel et dans la Création ne se fait sans la participation de celle qui vit en elle. Tout comme le corps possède l'inséparabilité de ses membres et que tous les autres membres participent à ce que fait l’un d'entre eux, la créature qui vit dans ma Volonté devient l'un de ses membres et tous deux ressentent leur inséparabilité : ce que l'une fait, l'autre le fait aussi. C'est pourquoi ma Volonté se réjouit au ciel et enchante toute la Cour céleste en faisant connaître des joies inouïes sur la terre à la créature qui vit dans son Vouloir. Elle développe ses œuvres, sanctifie et renforce sa vie, et remporte autant de conquêtes que d'actes, de battements de cœur, de paroles, de pensées et de pas que la créature accomplit dans ma Volonté. Au ciel, les bienheureux participent aux œuvres et aux conquêtes que remporte sur la terre ma Volonté dans les âmes qui vivent en elle. Les bienheureux ressentent l'inséparabilité de leurs actes et le bonheur de ma Volonté conquérante, ce qui leur procure des joies nouvelles, les merveilleuses surprises que mon Fiat conquérant sait donner aux créatures. Et comme ce sont les conquêtes d'une Divine Volonté, les bienheureux qui vivent déjà en elle les ressentent comme autant de nouvelles mers de bonheur. Le ciel se sent inséparable du souffle même des créatures qui vivent dans ma Volonté sur la terre, et en vertu de cette Volonté, les créatures ressentent l'inséparabilité des joies et des bonheurs du ciel, et la paix des saints. La fermeté et la confirmation dans le bien sont converties en nature, la vie du ciel coule dans ses membres mieux que le sang dans ses veines ; tout est inséparable pour la créature qui vit dans ma Volonté. Que ce soit du ciel, du soleil ou de toute la Création, rien ne peut se séparer d'elle. Tout semble lui dire : « Nous sommes inséparables de toi. » Les souffrances mêmes que j'ai endurées sur la terre, ma vie, mes œuvres, lui disent toutes : « Nous sommes à toi. » Elles entourent la créature, l’investissent, occupent le poste d'honneur et s'attachent à elle de façon inséparable. C'est pourquoi la créature qui vit dans mon Vouloir se sent toujours petite, car en ressentant son inséparabilité des grandes et innombrables œuvres de mon amour, de ma lumière et de ma sainteté, elle est véritablement toute petite au milieu de toutes mes œuvres, mais une petite fortunée, aimée de tous et qui parvient même à donner au ciel des beautés, des conquêtes et des joies nouvelles. Par conséquent, si tu veux tout avoir, vis toujours dans mon Vouloir et tu seras la plus heureuse des créatures.
Je suis dans les vagues éternelles du divin Fiat et mon pauvre esprit ressent son doux enchantement, sa puissance et sa vertu opérative qui me font faire ce qu'il fait. Il me semble qu'avec son œil de lumière, il donne vie à toutes choses et qu'avec son empire il règne sur tout. Rien ne lui échappe, pas même un souffle. Il donne tout, il veut tout, mais avec tant d'amour que cela en est incroyable. Et le plus stupéfiant, c'est qu'il veut que la créature sache ce qu'il fait afin qu’elle soit inséparable de lui-même et qu'il lui fasse faire tout ce que fait la Divine Volonté elle-même. Je demeurais sous le charme et si mon doux Jésus n'était pas venu me secouer en me faisant sa petite visite, je serais restée là Dieu sait combien de temps ; mais toute bonté et amour, il me dit :
Ma bonne fille, ne sois pas étonnée. Tout est possible pour celle qui vit dans ma Volonté. Il existe un amour réciproque entre Dieu et la créature à tel point que la petitesse humaine en arrive à vouloir et à faire les actes de Dieu, et elle les aime tant qu'elle donnerait sa vie pour défendre, aimer et donner toute la gloire, la première place d'honneur à un seul de ces actes divins. En échange, Dieu fait siens les actes de la créature qui sont alors l’exutoire de son amour, la hauteur de sa sainteté. Oh ! combien il les aime. Et dans cet amour réciproque, ils s’aiment tellement qu'ils demeurent prisonniers l'un de l'autre, mais d'un emprisonnement volontaire qui les rend inséparables. Ils sont heureux que Dieu se sente aimé et trouve son poste dans la créature qui, elle, se sent aimée par Dieu et occupe son poste dans l’Être suprême. Il n'y a pas de plus grand bonheur pour la créature que de pouvoir dire qu'elle est certaine d'être aimée par Dieu, et il n'y a pas de plus grand bonheur pour nous que d'être aimés par celle que nous avons créée dans le seul but de nous aimer et d'accomplir notre Volonté. La créature qui vit dans son Créateur voudrait que tous l'aiment et le reconnaissent, et en vertu du divin Fiat qui l’anime, elle veut rappeler tous les actes des créatures en Dieu afin de pouvoir lui dire : « Je vous donne tout et je vous aime. » Elle s'unit à la pensée du divin Vouloir pour chaque intelligence, à son regard pour chaque œil, à sa parole pour chaque voix, à son battement pour chaque cœur, à son mouvement pour chaque acte, à son pas pour chaque pied. Y a-t-il une chose que la créature qui vit dans ma Volonté ne veuille pas me donner ? Elle veut tout me donner. C'est pourquoi elle dit à ma Volonté : « J'ai besoin de posséder ton amour, ta puissance, afin d'avoir un amour qui puisse te dire « Je t'aime » pour toutes les autres créatures. » Notre Volonté trouve ainsi en elle l’amour et l'échange de tous les actes des créatures. Oh ! ma Volonté, quelle puissance tu accordes à l'âme qui vit en toi ! C'est un labyrinthe d'amour dans lequel la petitesse humaine se sent submergée par l'amour, et l'âme ressent le besoin de répéter son petit refrain, « Je t'aime, Je t'aime », pour exprimer le grand amour que ma Divine Volonté lui donne. Notre vie est une histoire d'amour ab aeterno et elle doit être celle de l'âme qui vit dans notre Volonté. Il doit y avoir entre elle et nous un accord propre à former un seul acte et un seul amour. Ma bienheureuse fille, je veux que tu saches combien nous aimons les créatures et que nous déversons continuellement sur elles notre amour. Notre premier acte de bonheur, c'est aimer et donner de l'amour. Si nous ne donnons pas d'amour, notre Être suprême manque de souffle, de mouvement et de nourriture. Faute de donner de l'amour et d’accomplir des actes d'amour, nous arrêterions le cours de notre Vie divine, ce qui ne peut pas être. C'est ce qui explique nos machinations et nos stratagèmes d'amour, qui sont innombrables, pour aimer sans cesse non seulement en paroles, mais en actes. C'est ainsi que nous avons créé le soleil qui donne à tous sa lumière et sa chaleur. Il transforme la face de la terre pour donner aux plantes couleurs, parfums et douceurs. Il n'est rien où le soleil ne produise son effet. Il amène la semence à maturation afin de nourrir l'homme et de lui donner le plaisir de saveurs innombrables. Notre Être suprême se réserve la part la plus noble de l'homme, c'est-à-dire l'âme. Nous organisons et nous façonnons son intérieur, et mieux que la lumière du soleil, nous plaçons la semence de la pensée dans son intelligence, la semence de la mémoire dans sa mémoire, la semence de notre Volonté dans la sienne, la semence de la parole dans sa voix, la semence du mouvement dans ses œuvres, la semence de notre amour dans son cœur, etc. Si la créature est attentive à notre œuvre dans le champ de son âme – car nous ne retirons jamais notre divin soleil qui brille au-dessus d’elle de jour comme de nuit, mieux qu'une tendre mère pour la nourrir, la réchauffer, la défendre, travailler avec elle, la couvrir et la cacher dans notre amour – alors nous aurons une magnifique récolte qui servira à la nourrir avec nous, à louer notre amour, notre puissance et notre sagesse infinis. Mais si la créature n'est pas attentive à notre action, notre semence divine est étouffée, elle ne produit pas le bien qu'elle possède et la créature demeure à jeun, sans nourriture divine, et nous restons à jeun de son amour. Comme il est triste de semer sans pouvoir récolter. Mais notre amour est tel que nous n'abandonnons pas. Nous continuons à l'éclairer et à la réchauffer tout comme le soleil qui ne se fatigue pas de donner sa lumière même s'il ne trouve pas de plantes ni de fleurs où jeter la semence de ses effets. Oh ! que de bienfaits pourrait donner le soleil s'il ne trouvait pas tant de terres stériles, pierreuses et abandonnées. De la même manière, si nous trouvions plus d'âmes qui feraient attention à nous, nous pourrions donner tant de bienfaits qui transformeraient les créatures pour en faire sur terre des saints et des images fidèles de leur Créateur. Mais en vivant dans notre Divine Volonté la créature ne risque pas de ne pas recevoir notre semence quotidienne et de ne pas travailler avec son Créateur dans le champ de son âme. C'est pourquoi je te veux toujours dans mon Fiat. Ne pense à rien d'autre pour que nous ayons une belle récolte et nous aurons toi et moi de la nourriture en abondance pour en donner aux autres. Et nous serons heureux d'un même et unique bonheur.
Je suis toujours en route dans le divin Fiat. Ma petite intelligence n'arrête jamais ; elle court, elle court toujours afin de suivre, dans la mesure du possible, la course incessante des actes que la Divine Volonté accomplit par amour pour les créatures. Il m'est impossible d'imaginer ne pas courir dans son amour alors que je sais qu'il m’aime et ne cesse jamais de m'aimer. Je me sens dans le labyrinthe de son amour, je l'aime sans effort et je veux connaître son amour pour savoir combien il peut m'aimer plus encore. Je suis alors surprise de voir son immense mer d'amour alors que le mien est à peine une petite goutte sortie d'ailleurs de cette mer d'amour.
Il est bon pour moi de rester dans cette mer d'amour et de lui dire : « Ton amour est à moi et par conséquent nous nous aimons d'un même amour. » Cela me calme et le divin Vouloir est content. Il est nécessaire d'avoir de l'audace et de prendre son amour, autrement, il ne nous reste rien à donner qu’un amour si minuscule qu'il meurt sur les lèvres. Je disais ces bêtises lorsque mon doux Jésus, le bien-aimé de ma vie, m'a fait une brève visite. Il semblait prendre plaisir à m'entendre et il me dit :
Ma petite fille, les actes, les sacrifices spontanés et non forcés que la créature fait pour moi me sont si agréables que pour y prendre plus de plaisir je les enferme dans mon Cœur, et ma satisfaction est telle que je répète : « Qu'ils sont beaux, que son amour est doux. » Je retrouve en eux ma manière divine, mes souffrances spontanées, mon amour qui aime toujours, sans que personne ne me force ni ne me prie. Tu dois savoir qu'une des plus belles caractéristiques de ma Divine Volonté est de posséder par nature et comme propriété légitime la vertu de spontanéité. Tout en elle est spontanéité. Si elle aime, si elle travaille, si par un acte unique elle donne la vie et conserve toutes choses, elle le fait sans effort et sans être priée par personne. Sa devise est : « Je le veux et je le fais. » Car qui dit effort dit nécessité et nous n'en avons aucune. Qui dit effort dit manque de puissance alors que nous sommes tout-puissants par nature et que tout dépend de nous. Notre puissance peut faire toutes choses en un instant, et tout défaire l'instant d'après si nous le voulons. Qui dit effort dit manque d'amour, alors que notre amour est si grand qu'il tient de l'incroyable. Nous avons tout créé sans avoir été priés par qui que ce soit ou que quelqu'un nous le dise. Et dans la Rédemption elle-même, aucune loi ne m'obligeait à tant souffrir et même à mourir, sinon ma loi d'amour et la vertu coopérative de ma divine spontanéité, si bien que les souffrances ont été premièrement formées en moi. Je leur ai donné la vie pour les investir ensuite dans les créatures qui me les ont redonnées. Et c'est avec cet amour spontané par lequel je leur avais donné la vie que je les ai reçues des créatures. Personne n'aurait pu me toucher si je ne l'avais voulu. Si bien que toute la beauté, la bonté, la sainteté, la grandeur est dans l'œuvre accomplie de façon spontanée, alors que celui qui travaille et aime par force perd ce qu'il y a de plus beau. C'est alors un travail et un amour sans vie et sujet au changement, alors que la spontanéité produit la fermeté dans le bien.
Ma fille, le signe que l'âme vit dans ma Divine Volonté est qu'elle aime, travaille et souffre elle aussi spontanément. Il n'y a rien de forcé. Ma Volonté qui est en elle lui communique sa spontanéité afin de l'avoir avec elle dans son amour qui court, dans ses œuvres qui n'arrêtent jamais. Autrement, ce serait pour ma Volonté une gêne de l'avoir dans son sein de lumière sans la caractéristique de sa spontanéité. La créature garde alors le regard fixé sur mon divin Fiat, car elle ne veut pas rester en arrière, mais courir avec lui pour aimer avec son amour et se retrouver dans ses œuvres afin de le payer de retour et louer sa puissance et sa magnificence créatrice. Par conséquent, cours, cours toujours, et fais que ton âme plonge toujours sans y être forcée dans mon divin Vouloir afin de partager sa multitude de stratagèmes amoureux pour les créatures.
Je ressens une force irrésistible qui ne me permet jamais d'arrêter et il me semble que chaque chose créée me dit tout ce que mon doux Jésus a fait et a souffert : « C'est pour toi et pour l’amour de toi que j'ai tout créé et tu ne veux rien mettre de toi pour mon amour, rien qui vienne de toi dans ce que j'ai fait pour toi ? J'ai pleuré pour toi, j'ai souffert et je suis mort pour toi, et tu ne veux rien mettre dans mes larmes, dans mes souffrances et dans ma mort ? Tout mon être te recherche et tu ne veux pas rechercher toutes mes choses pour les investir et y enclore ton Je t'aime ? Je suis tout amour et tu ne veux pas être tout amour pour moi ? »
J'étais confuse et mon pauvre esprit a suivi le cours des actes accomplis par la Divine Volonté afin de pouvoir dire : « J'ai mis moi aussi quelque chose de moi dans tes actes. C'est peut-être un petit ‘Je t'aime’, mais dans mon ‘Je t'aime’, j'ai tout mis de moi-même. » Mais je continuai ma course lorsque que mon doux Jésus m'a fait sa petite visite surprise et, toute bonté, il me dit :
Ma bienheureuse fille, tu dois savoir que l’amour véritable dans la créature me fait tout oublier et me dispose à concéder que ma Volonté vienne régner sur la terre. Ce n'est pas que je perde la mémoire : ce serait un défaut et il ne peut y en avoir en moi, et c'est parce que j'éprouve un si grand plaisir dans l'amour véritable de la créature lorsque toutes les particules de son être me disent qu'elle m'aime. Cet amour débordant m'investit et parcourt tout mon Être et toutes mes œuvres de sorte qu'il me fait ressentir son amour partout et en toutes choses. C'est pour jouir de l'amour de cette créature que je mets toutes choses de côté comme si je les oubliais, et la créature me dispose à lui donner des choses surprenantes, tout ce qu'elle veut, et à compléter le Royaume de ma Volonté. L'amour véritable possède un tel pouvoir qu'il appelle ma Volonté à devenir la vie de l'être humain. Tu dois savoir que lorsque j'ai étendu les cieux et créé le soleil, j'ai vu dans mon omniscience ton amour parcourir le ciel, investir la lumière du soleil et former dans toutes les choses créées une petite place afin de m'aimer. Oh ! combien j'étais heureux, et ma Volonté depuis lors courait vers toi et vers ceux qui m’aimeraient pour être la vie de cette petite place d'amour. Tu vois par conséquent que ma Volonté traversait les siècles pour les rassembler en un seul point et en un seul acte, et que je trouvais la petite place d'amour où mettre sa vie afin de la poursuivre dans toute sa majesté et son divin décorum. Je suis venu sur la terre, mais sais-tu en qui je trouvai la petite place où mettre ma vie ? Dans l'amour véritable de la créature. Déjà je voyais ton amour qui me couronnait, investissait toute mon Humanité et coulait dans mon sang, dans toutes mes particules, se mélangeant presque avec moi. Tout était pour moi en acte et comme présent, et mes larmes trouvaient la petite place où se couler, mes souffrances et ma vie le refuge où se mettre en sûreté, ma mort trouvait même la résurrection dans l'amour véritable de la créature, et ma Divine Volonté trouvait son Royaume où régner. Par conséquent, si tu veux que ma Divine Volonté vienne régner et être la vie des créatures, fais en sorte que je trouve ton amour partout et en toutes choses, et que je le ressente toujours. Tu formeras ainsi le feu où tout brûler, et en consumant tout ce qui n'est pas de ma Volonté, tu formeras l'endroit où pouvoir placer ma Volonté. Alors toutes mes œuvres trouveront leur place, le refuge où continuer le bien et la vertu agissante qu’elles possèdent. Il y aura ainsi un échange, tu trouveras ta petite place en moi et en toutes mes œuvres, et je la trouverai en toi et dans tous tes actes. Aussi, va toujours plus loin dans ma Divine Volonté afin de former le feu d'amour où tu te consumeras avec tous les obstacles qui l'empêchent de régner parmi les créatures.
Je suis toujours à la recherche des actes de la Divine Volonté et comme elle ne reste jamais à rien faire, il est merveilleux de pouvoir dire à mon Créateur que son divin Fiat m’aime tellement qu'il étend le ciel, crée le soleil, donne la vie au vent et à toutes choses parce qu’il m'aime. Et son amour est si grand qu'il me dit avec des actes et avec des paroles : « C'est pour toi que j'ai fait cela. » J'ai fait mon tour dans la Création et le soleil, les étoiles, le soleil ainsi que toute chose semblaient venir vers moi avec leur petit refrain : « C'est pour toi que notre Créateur nous a créés, parce qu'il t'aime, alors viens aimer celui qui t'aime tant. »
Je me suis dispersée dans les choses créées et mon toujours aimable Jésus est venu à ma rencontre pour me dire :
Ma petite fille de mon divin Vouloir, notre amour dans la Création est si grand que si la créature voulait y prêter attention, elle en serait submergée et ne pourrait faire autrement que nous aimer. Notre amour pour la créature était tel que nous avons fait la Création sans lui donner la raison. Oh ! si nous l'avions dotée de raison, quelle gloire nous auraient donnée un ciel toujours étendu sans jamais quitter son poste parce que telle était notre Volonté, un soleil qui se fait fidèlement et sans jamais changer l'administrateur de notre lumière, de notre amour, de notre douceur, de nos parfums et de tous nos biens, sans jamais modifier son action et uniquement parce que nous le voulions, un vent qui règne toujours en soufflant dans le grand vide de l'univers, une mer qui toujours murmure. S’ils avaient eu la raison, quelle gloire ne nous auraient-ils pas rendue ! Mais non, le cri de notre amour était plus fort que celui de notre gloire et nous empêchait presque de donner la raison à la Création en disant : « C'est par amour pour la créature que nous avons créé toutes choses et c'est donc elle qui doit avoir la raison afin de venir dans le ciel nous rendre un amour continuel et une gloire éternelle pour avoir étendu un ciel sur sa tête, et qu’en chaque étoile nous entendions son cri d'amour pour nous. » Elle vient dans le soleil et en se transformant en lui comme s’il lui appartenait, elle nous rend notre amour de lumière et de douceur, et elle nous donne l'échange d'amour de l'administration de nos biens que le soleil lui donne. Par conséquent, il est juste que nous voulions la créature dans toutes les choses créées pour qu'elle nous donne l'échange d’amour que ces choses nous auraient donné si toute la Création avait eu la raison. Nous l'avons donc dotée de raison et nous voulons que notre Volonté la domine et puisse prendre le poste royal qu'elle occupe dans la Création afin qu’en union avec toutes les choses créées, elle puisse comprendre toutes nos notes d'amour pour elle et échanger avec nous ses notes incessantes d'amour et de gloire éternelle. Nous ne cessons jamais de l'aimer en actes et en paroles, et elle a l'obligation de toujours nous aimer et de ne pas rester en arrière, mais de venir à notre rencontre pour mettre son amour sur nos propres notes amoureuses.
De plus, notre amour qui ne dit jamais que c'est assez, veut toujours continuer à donner à la créature. Il n'est pas satisfait tant qu'il n'a pas trouvé de nouvelles inventions d'amour pour lui dire qu'il l'a toujours aimée. C'est pourquoi notre Fiat a placé en chaque chose un amour distinct : il a mis dans celle-ci la douceur, dans l'autre la gentillesse, dans celle-là notre amour qui enchante, attache, conquiert, de sorte que la créature ne puisse pas nous résister. Bref, nous avons placé en chaque chose créée l'arme d’un amour distinct. Nous pouvons dire que notre Fiat a mis dans la Création une armée équipée d'amour avec des armes plus puissantes les unes que les autres et comme nous avons doté la créature de raison, nous devrions recevoir toutes ces armes d'amour par le moyen des choses créées. Et la créature, demeurant investie de ces armes spéciales d'amour, devrait elle aussi pouvoir dire comme nous, non seulement en paroles, mais aussi en actes : « Je vous aime d'un amour puissant, mon amour pour vous est doux, aimable et plein de gentillesse, si bien que je me sens languir d'amour pour vous et que je ressens le besoin d'être soutenue par vos bras. Je sens que mon amour vous enchante, vous attache et fait votre conquête. Ce sont vos propres armes d'amour avec lesquelles vous m'avez armée qui vous aiment et qui se battent pour vous aimer. » Ma fille, combien d'amour caché contient la Création. Et lorsque la créature ne s'élève pas dans notre Volonté, elle ne peut pas vivre en elle avec tout ce qu'elle possède de raison et elle ne comprend rien. Et nous demeurons sans cet échange d'amour qui nous est dû en toute justice. Que fait alors notre amour ? Il attend avec une impatience inépuisable en continuant de crier qu'il veut être aimé par la créature, car c'est pour son amour qu'il a sacrifié une interminable gloire, s'il avait donné la raison à toute la Création. Par conséquent, sois attentive à vivre dans notre divin Vouloir pour qu'en se faisant le révélateur de notre amour, il t'abandonne les armes qui nous permettront de nous aimer avec la qualité de notre propre amour. Oh ! combien nous en serons heureux toi et moi.
Je retourne toujours dans le céleste héritage du divin Fiat. Chacun de mes actes semble me faire retourner dans les bras de mon Père céleste, mais pour y faire quoi ? Pour recevoir un regard, un baiser, une caresse, un petit mot d'amour, une connaissance de plus sur son Être suprême afin de pouvoir mieux l'aimer ; et pas seulement pour recevoir, mais aussi pour lui donner l'échange de sa paternelle Tendresse. Dans le divin Vouloir, Dieu développe sa paternité avec un tendre et indescriptible amour comme s'il attendait lui-même la créature pour la bercer dans ses bras et lui dire : « Sache que je suis ton Père et que tu es ma fille. Oh ! combien j'aime la couronne de mes enfants autour de moi. Je suis plus heureux lorsqu'ils m’entourent. Je sens que je suis Père et il n'y a pas de plus grand bonheur que de posséder un grand nombre d'enfants qui témoignent de l'amour de leur Père. » Et la créature qui entre dans le divin Vouloir ne fait rien d'autre que d'être une fille pour son Père. Mais lorsqu'elle est à l'extérieur du divin Vouloir, les droits de Paternité et de progéniture cessent.
Mon esprit se perdait dans une foule de pensées sur le divin Fiat lorsque mon souverain et céleste Jésus, le chéri de ma vie, m'a prise dans ses bras avec un amour plus que paternel, et m’a dit :
Ma fille, ma fille, si tu pouvais savoir avec quelles impatiences, avec quels soupirs j'attends et attends encore de te voir revenir dans ma Volonté, tu reviendrais plus souvent. Mon amour ne me laisse pas de repos tant que je ne te vois pas sauter dans mes bras pour que je puisse te donner mon amour, ma tendresse paternelle, et recevoir le tien. Mais sais-tu quand tu sautes dans mes bras ? Lorsque, toute petite, tu veux m'aimer et que tu ne sais pas comment faire, c'est ton « Je t'aime » qui te fait sauter dans mes bras. Et comme tu vois que ton « Je t'aime » est tout petit, tu prends hardiment mon amour pour me dire un très grand « Je t'aime », et j'ai le plaisir d'avoir ma fille qui m'aime avec mon amour. Mes délices sont d'échanger mes actes avec cette créature dans ma Volonté, car c'est à mes enfants que je donne, et non à des étrangers à qui je devrais donner avec mesure, mais pour mes enfants, je leur laisse prendre ce qu'ils veulent. Ainsi, chaque fois que tu penses à faire couler des petits actes dans ma Volonté, ta prière, tes souffrances, ton « Je vous aime », ton travail, ce sont des petites visites que tu rends à ton Père pour lui demander quelque chose et ton Père peut alors te répondre : « Dis-moi ce que tu veux. » Et sois certaine que tu obtiendras toujours des dons et des faveurs.
Jésus a gardé le silence et j'ai ressenti le besoin extrême de me reposer dans ses bras pour me consoler de ses nombreuses privations. Mais je me suis aperçue avec surprise que mon doux Jésus avait un pinceau à la main et qu'avec une admirable maîtrise, il peignait dans mon âme vivante les actes de la Divine Volonté accomplis dans la Création et la Rédemption. Il reprit la parole et ajouta :
Ma Volonté renferme toutes choses, à l'intérieur comme à l'extérieur d'elle-même, et là où elle règne, elle ne sait ni ne peut être sans la vie de ses actes, parce que l'on peut appeler ses actes les bras, le pas, la parole de ma Volonté. C'est pourquoi être dans la créature sans ses œuvres serait pour ma Volonté comme une vie brisée, ce qui ne peut pas être. Par conséquent, je ne fais rien d'autre que peindre ses œuvres afin que là où il y a la vie, ses œuvres deviennent centrales. Tu vois par conséquent dans quel abîme divin se trouve la créature qui possède ma Volonté en elle. Elle ressent en elle-même sa vie avec toutes ses œuvres centralisées dans sa petitesse, pour autant que cela soit possible pour une créature ; et en dehors d'elle-même, la créature ressent son infinité qui possède la force communicative et il lui semble être sous une pluie abondante qui fait pleuvoir sur elle ses œuvres, son amour et la multiplicité de ses biens divins. Ma Divine Volonté comprend toute chose et veut tout donner à la créature. Elle veut pouvoir dire : « Je ne lui ai rien refusé, j'ai tout donné à celle qui vit dans ma Volonté.»
Mon pauvre esprit se perd dans le divin Vouloir, mais à un point tel que je ne sais plus comment répéter ce que je comprends ni ce que je ressens dans ce céleste séjour du divin Fiat. Tout ce que je peux dire, c'est que je ressens la divine paternité qui m'attend entre ses bras pour me dire avec tout son amour : « Nous sommes entre Père et enfant. Viens dans ma paternelle tendresse et mon infinie douceur. Permets-moi d’être pour toi un Père, car il n'y a pour moi pas de plus grand plaisir que de pouvoir développer ma paternité. Viens sans crainte, viens en tant que fille me donner l’amour et la tendresse d'une fille. Lorsque ma volonté est une avec la tienne, je reçois la Paternité et tu reçois le droit d'être ma fille. » Oh ! Divine Volonté, combien tu es admirable et puissante. Toi seule a la vertu d'effacer la distance et la dissemblance avec notre Père céleste. Il me semble que vivre en toi, c'est véritablement ressentir la divine paternité et se sentir fille de l'Être suprême. Une foule de pensées envahissaient mon esprit et mon doux Jésus m'a fait une brève visite pour me dire :
Ma bienheureuse fille, vivre dans ma Volonté c'est véritablement acquérir le droit d'être fille, et Dieu obtient la suprématie, le commandement, le droit du Père. Lui seul sait comment unir les uns et les autres pour ne former qu'une seule vie. Tu dois savoir que la créature qui vit dans mon divin Vouloir acquiert trois prérogatives. Premièrement, le droit à la vie divine. Tout ce qu'elle fait est vie ; si elle aime, elle ressent la vie de l'amour qui court dans l'esprit, le souffle, le cœur. Elle ressent en toutes choses la vertu vitale qui forme en elle non pas un acte sujet à prendre fin, mais la continuation d'un acte qui forme la vie. Qu'elle prie, qu'elle adore, qu'elle fasse réparation, elle ressent la vie incessante de la prière, de l'adoration, de la réparation divine qui ne connaît pas d'interruption. Chacun des actes accomplis dans ma Volonté est un acte vital que l'âme acquiert. Tout est vie dans ma Volonté et l'âme acquiert la vie du bien qu'elle fait dans ma Volonté. Combien grande est la différence entre un bien qui possède la vie et un acte dont la vie a une fin. La créature qui vit dans ma Volonté a la vie en son pouvoir et elle sent la continuation de la vie de cet acte. Sinon, elle ne sent pas sa continuation et on ne peut pas appeler vie ce qui ne continue pas. C'est seulement dans ma Volonté que ces actes trouvent la plénitude de la vie parce qu'ils ont pour commencement la Vie divine qui n'a pas de fin et qui peut par conséquent donner vie à toutes choses. Au contraire, en dehors de ma Volonté, même les plus grandes œuvres ont une fin. Oh ! quelle merveilleuse prérogative que ma Volonté seule est capable de donner à l'âme qui sent ses actes se changer en Vie divine éternelle.
La deuxième prérogative est le droit de propriété. Mais qui peut l'accorder ? Qui peut la constituer propriétaire ? Ma Volonté elle-même, car en elle, il n'y a pas de pauvreté et tout est abondance. Abondance de sainteté, de lumière, de grâces, d'amour ; et comme la créature en possède la vie, il est juste que ces divines propriétés soient les siennes. Si bien que la créature se sent maîtresse de la sainteté, maîtresse de la lumière, de la grâce, de l'amour et de tous les biens divins. En dehors de ma Volonté, la créature ne peut donner qu’avec mesure et sans accorder la propriété. Quelle différence entre les deux ! Cette deuxième prérogative donne naissance à la troisième : le droit de gloire. Il n'y a aucune chose que puisse faire la créature, petite ou grande, naturelle ou surnaturelle, qui ne lui donne le droit de gloire, le droit de glorifier son Créateur en toutes choses, même dans le souffle et dans le battement de cœur, glorifiés en Celui d'où vient toute gloire. C'est pourquoi tu trouveras dans ma Volonté un droit divin sur toutes choses, car elle aime abandonner ses droits divins à la créature qu'elle aime comme sa fille.
Je suis toujours entre les bras de la Divine Volonté et dans l’intense amertume des privations de mon doux Jésus. Plus qu’une mer, elle inonde ma pauvre âme. Sa lumière est inaccessible et je ne peux ni l’enclore dans mon âme ni la comprendre, mais elle ne me quitte jamais et, surmontant la mer de mon amertume, elle s’en sert comme d’une victoire sur ma pauvre volonté humaine.
Ma bienheureuse fille, tu dois savoir que nous avons doté la créature de raison pour qu’elle puisse connaître le bien et le mal dans les actes qu’elle accomplit. Si son acte est bon, elle en gagne un nouveau mérite, une nouvelle grâce, une nouvelle beauté et une plus grande union avec son Créateur. S’il est mauvais, elle en reçoit une souffrance qui lui fait ressentir sa faiblesse et la distance qui la sépare de Celui qui l’a créée. La raison est l’œil de l’âme et la lumière qui parvient jusqu’à la créature lui fait voir la beauté de ses bonnes œuvres, le fruit de ses sacrifices ; et lorsque la créature fait le mal, la raison sait comment la déchirer. La raison possède cette vertu que si la créature agit bien, elle se sent au poste d’honneur et maîtresse d’elle-même, et à cause du mérite qu’elle acquiert, elle se sent forte et en paix. Si elle fait le mal, la créature se sent confuse et esclave de ses propres maux. Mais lorsqu’elle accomplit de bons actes dans ma Divine Volonté en vertu de la raison qu’elle possède, nous lui donnons le mérite des actes divins. Ce mérite lui est donné en fonction de ses connaissances, et si la volonté humaine veut œuvrer dans la nôtre, elle s’élève tellement qu’elle ne reste plus dans les profondeurs des actions humaines, bien que bonnes, mais elle entre dans le divin Vouloir et imprègne son acte comme une éponge de sa lumière, de sa sainteté et de son amour, si bien que son acte disparaît dans le nôtre et que c’est notre acte divin qui réapparaît. Et comme la créature perd tout prestige humain dans notre Divine Volonté, on croit que la créature elle-même ne fait rien, mais cela n’est pas vrai. Lorsque ma Volonté travaille, c’est en vertu du fil de la volonté humaine qu’elle a reçu dans ses mains et qui forme son prestige et ses conquêtes sur les actes de la créature ; et la raison humaine abandonne les droits qu’elle a reçus en hommage à ma Volonté et cela, c’est plus que faire quelque chose, parce que Dieu reçoit alors l’échange du plus beau des dons qu’il a faits à la créature, c'est-à-dire la raison et la volonté. La créature nous donne avec cela tout ce qu’elle peut nous donner, elle nous reconnaît, elle se renonce elle-même, elle nous aime d’un très pur amour et notre amour est tel que nous la revêtons de nous-mêmes. Nous lui donnons nos œuvres de telle sorte que la créature ne peut plus rien faire sans notre Volonté. Et notre bonté est si grande que même lorsque la créature fait le bien humainement, nous lui en donnons le mérite humain parce que nous ne laissons jamais sans récompense un seul acte de la créature. On peut dire que nous gardons les yeux fixés sur elle afin de voir ce que nous pourrions lui donner.
Après quoi il garda le silence et je continuai à penser comment cette Divine Volonté a toujours l’œil sur nous et nous aime tant qu’elle ne nous quitte pas un seul instant, lorsque mon doux Jésus reprit la parole :
Ma fille, ma Divine Volonté est tout pour la créature. Sans ma Volonté, elle ne pourrait pas vivre même une minute. Tous ses actes, ses mouvements et ses pas lui viennent de ma Volonté et la créature les reçoit sans savoir d’où ils viennent ni qui lui donne la vie. C’est pourquoi beaucoup ne pensent pas à tout ce que ma Volonté fait pour elles et ne lui accordent pas les droits qui lui sont dus. Il est nécessaire de savoir que ces droits de mon divin Vouloir permettent à la créature qui les connaît de pouvoir faire cet échange et de savoir qui est celui qui donne la vie à ses actes qui ne sont rien d’autre que des statues animées par mon divin Vouloir. Et ces droits sont innombrables : droits de création, de conservation, d’animation continuelle. Tout ce que ma Divine Volonté a créé et qui sert au bien-être de l’homme constitue un droit. Par conséquent, le soleil, l’air, le vent, l’eau, la terre et toutes choses ont été créés par ma Volonté et sont autant de droits qu’elle détient sur l’homme. De plus, ma Rédemption, le pardon après le péché, ma grâce, le bienfait du travail sont des droits plus grands encore que ma Volonté a acquis sur la créature. On peut dire que la créature est façonnée par ma Volonté qui est cependant inconnue. Quelle souffrance de ne pas être reconnue ! Mais afin d’avoir le triomphe, la vie de ma Volonté dans la créature, il est nécessaire qu’elle sache ce que ma Volonté a fait et continue de faire par amour pour les créatures et quels sont ses justes droits. Lorsque la créature saura cela, elle se mettra en règle avec mon Vouloir, elle sentira qui forme sa vie, qui lui donne le mouvement et fait battre son cœur, et en recevant de ma Volonté la vie qui forme sa vie, elle lui rendra l’hommage, l’amour et la gloire avec cette vie même formée en elle, et ma Volonté recevra ses droits. La créature rendra alors dans le sein de lumière de ma Volonté tout ce qui lui appartient et qu’elle a donné avec tant d’amour à la créature. Bref, ma Volonté sentira naître à nouveau dans ses bras celle qu’avec tant d’amour elle a créée. Oh ! si tous pouvaient connaître les droits de ma Volonté, son amour ardent et constant qui est si grand que lorsque mieux qu’une mère elle lui donne la vie et le jour, sa jalousie d’amour est si grande qu’elle ne la quitte pas un seul instant. Elle l’investit de tous côtés, au-dedans comme au-dehors, et bien que la créature ne le sache pas et ne l’aime pas, ma Volonté continue avec un héroïsme divin à l’aimer et à être la vie et la source des actes de la créature. Oh ! ma Volonté, toi seule es capable d’aimer avec un amour héroïque, fort, incroyable et infini celle que tu as créée et qui ne te reconnaît même pas. Ingratitude humaine, que tu es grande !
Il me semblait toucher de la main le grand amour du divin Fiat et je me disais : Comment peut-on vivre en lui ? Peut-être en ayant toujours l’intention de vivre en lui ? Et mon aimable Jésus ajouta :
Ma bonne fille, il n’y a pas d’intentions dans la vie dans ma Divine Volonté. Les intentions servent lorsque les actes ne peuvent pas être accomplis parce que la créature ne possède pas la vertu de donner vie à tout le bien qu’elle veut faire, et cela ne peut être qu’en dehors de la vie dans ma Volonté. Je lui donne alors le mérite non pas d’un acte, mais d’une sainte intention. Mais il y a dans ma Volonté la vertu vivifiante, active et opérative, de sorte qu’en tout ce que la créature veut faire, elle trouve celle qui forme la vie de ses actes, elle sent la force vivifiante qui donne vie à ses actes et les convertit en œuvres. C’est pourquoi tout change dans ma Volonté. Tout possède la vie : l’amour, les prières, l’adoration, le bien que l’on veut faire, toutes les vertus sont pleins de vie et par conséquent non sujets à une fin ou à un changement. Comme celle qui lui administre la vie et possède la vie contient ces actes en elle-même, et que la créature vit en elle, je lui donne le mérite des œuvres animées par ma Volonté. Grande est la différence entre l’intention et les œuvres. L’intention symbolise les pauvres, les malades qui incapables de faire ce qu’ils voudraient ont la bonne intention d’exercer la charité, de faire le bien et beaucoup d’autres belles choses, mais leur pauvreté, leur infirmité les en empêchent et elles sont comme prisonnières sans pouvoir faire le bien qu’elles voudraient. Au contraire, l’action dans ma Divine Volonté symbolise les riches qui ont des richesses à leur disposition, alors que l’intention n’a pas de valeur. La créature qui vit dans ma Volonté peut aller où elle veut pour faire la charité, faire du bien à tous et aider tout le monde. Il y a tant de richesses dans ma Volonté que la créature se perd en elle et peut prendre à pleines mains tout ce qu’elle veut pour aider tout le monde, et en plus, sans cris et sans bruit, comme un rayon de lumière, elle offre son aide et se retire.
Je retourne toujours dans la mer interminable de la Divine Volonté pour y prendre ses gouttes qui nourrissent, conserve et font grandir sa vie que je sens en moi. De sorte que chacune de ses vérités est un repas céleste et divin que Jésus me donne pour me nourrir ; et chaque vérité du Fiat suprême est une partie du ciel qui descend en moi pour m'entourer et attendre que j'accomplisse mes actes pour les porter dans la céleste Patrie. J'étais dans sa divine lumière lorsque mon bien-aimé Jésus m'a refait sa petite visite et m'a dit :
Ma bienheureuse fille, le ciel est toujours ouvert pour celle qui vit dans ma Volonté. Elle se penche et fait avec la créature ce qu'elle est en train de faire. Elles aiment, travaillent, prient et réparent ensemble. Ma Volonté aime tellement ces actes accomplis ensemble qu'elle ne les laisse pas dans les profondeurs de la terre, mais les apporte jusque dans le Séjour céleste pour le mettre à leur poste royal, telles des conquêtes faites dans le bas monde qui lui appartient comme à sa créature bien-aimée. Ce qui est fait dans mon Vouloir appartient au ciel. La terre n'est pas digne de le posséder ; et combien grandes sont la sécurité et le bonheur que la créature acquiert en pensant que ses actes sont tous au pouvoir du divin Fiat, qu’ils se trouvent au ciel comme étant sa propriété non pas humaine, mais divine, et qu'ils attendent celle dont ils veulent former la cour et la couronne de gloire. L'amour, la jalousie et l'identification de ma Volonté avec ces actes sont si grands qu'elle ne veut même pas les laisser dans la créature, mais qu'elle les conserve en elle-même comme partie de sa vie et de la créature afin d'en profiter et d'avoir le plaisir d'être aimée, et comme une avance de la gloire qu'elle lui donnera dans la céleste Patrie. Ces actes accomplis dans ma Volonté racontent l'histoire d'amour entre le Créateur et la créature, et il n'est pas de plus grand plaisir que d'entendre raconter combien j'ai aimé, combien mon amour en arrive à des excès, jusqu'à m’abaisser moi-même, à vouloir faire avec elle ce que fait la créature. De plus, la créature me dit son amour, qu'elle a reçu mon acte en elle-même et qu'un amour réciproque se forme entre les deux et les rend heureux. Oh ! comme il est beau de voir qu'alors que la créature est toujours en exil, ses actes sont au ciel comme mes conquêtes que j'ai faites dans la volonté humaine, et qu'ils prennent chacun leur office, certains pour m'aimer comme je sais aimer, d'autres pour m'adorer d'une adoration divine, et d'autres encore forment pour moi une musique céleste pour m'exalter, me louer et me remercier du grand prodige de l'œuvre de ma Volonté. Par conséquent, sois attentive et qu'il n'y ait rien où tu ne m'appelles afin que ce que tu fais soit toujours animé par ma Divine Volonté.
Je continuai à penser au Fiat suprême et des milliers de pensées envahissaient mon esprit lorsque mon aimable Jésus ajouta :
Ma fille, la créature a été créée par nous et rien que par nous. C'est par conséquent son devoir sacro-saint qu'en chacun de ses actes elle appelle Celui qui l'a créée pour lui donner dans cet acte l'empire et le poste royal qui lui sont dus. L'acte de la créature reçoit ainsi l'honneur de posséder la force et la lumière d’un acte divin. C'est notre Volonté que cet acte de la créature devrait être rempli de notre Être divin, et si elle ne le fait pas, c'est un droit que la créature nous refuse. Elle nous place alors en dehors de ses actes qui restent des actes humains, sans force et sans lumière divine, dans une obscurité si dense que son intelligence ne voit que des ombres noires, qu'elle avance péniblement et à tâtons en attendant qu'on allume la lumière, mais personne ne le fait, que quelqu'un appelle la force, mais personne ne l'appelle, et bien que cet acte soit de Dieu, elle le place en dehors d'elle-même. Or notre décret est que personne n'entre au ciel si son âme n'est pas remplie à ras bord de notre Volonté et de notre amour ; le moindre petit espace vide lui ferme le ciel. D'où la nécessité du Purgatoire pour vider l'âme, par les souffrances et par le feu de tout ce qui est humain, et de la remplir, par les angoisses, les désirs et les martyres, d’un pur amour et d'une Divine Volonté pour la rendre capable d'entrer dans la céleste Patrie. Et sans acquérir cependant avec tant de souffrances ni mérite ni grande gloire, mais seulement parce qu'elle veut être admise au céleste Séjour. Si ces âmes avaient pu, lorsqu’elles étaient sur terre, appeler notre vie dans leurs actes, chacun d'eux serait pour elles une grande gloire et une beauté de plus, portant le sceau des œuvres de leur Créateur. Oh ! avec quel amour nous les accueillons. Nous nous reconnaissons en elles et elles se reconnaissent en nous, et dans cette reconnaissance mutuelle le bonheur est si grand que le ciel en demeure surpris en voyant les joies, la gloire, les béatitudes que l’Être suprême déverse sur ces heureuses créatures. C'est pourquoi je te veux toujours dans ma Volonté et dans mon amour pour que l'amour brûle tout ce qui ne m'appartient pas et que ma Volonté, avec son pinceau de lumière, forme notre acte dans ton acte.
Je me sentais emportée dans les vagues éternelles de la Divine Volonté. Je ressentais son mouvement continuel comme une vie qui murmure ; mais qu'est-ce que dit son murmure ? Elle murmure l'amour pour tous, elle murmure et félicite, elle murmure et réconforte, elle murmure et donne la lumière, elle murmure et donne la vie à toutes les créatures, elle les conserve toutes et forme l'acte de chacune, elle les investit et les cache en elle-même pour se donner à chacune et tout recevoir. Oh ! puissance de la Divine Volonté, oh ! comme je voudrais te posséder comme vie de l'âme, vivre de toi pour ne connaître que toi. Mais, oh ! combien tu es lointaine. Trop de choses sont nécessaires pour arriver à vivre de la Divine Volonté. Je pensais cela lorsque mon doux Jésus, ma chère la vie, me surprit et, toute bonté, il me dit :
Ma bienheureuse fille, dis-moi ce que tu veux. Veux-tu que ma Volonté règne et devienne ta vie ? Si tu le veux vraiment, alors tout est fait, parce que notre amour est si grand et notre désir si ardent que la créature possède notre Volonté pour avoir sa vie en elle, que si la volonté humaine le veut vraiment, notre Volonté emplit le vouloir humain de notre Vouloir suprême afin de former sa vie et de vivre au centre même de la créature. Tu dois savoir que la Divine Volonté et la volonté humaine sont deux puissances spirituelles. La Volonté Divine est immense et sa puissance est inatteignable ; la puissance de la volonté humaine est petite, mais comme les deux puissances sont spirituelles, l'une peut se déverser dans l'autre pour ne former qu'une seule vie. Toute la puissance est dans le vouloir, et cette puissance étant spirituelle, elle contient l'espace pour être capable de mettre dans sa volonté le bien qu'elle veut, et aussi le mal. De sorte que ce que veut la volonté, elle le trouvera en elle. Si elle veut l'amour propre, la gloire, l'amour des plaisirs et des richesses, elle trouvera dans son vouloir la vie de l'amour propre, de la gloire, des plaisirs et des richesses, et si elle veut pécher, le péché aussi formera sa vie. Plus encore, si elle veut la vie de notre Volonté dans la sienne, qui est voulue et commandée par nous avec tant de soupirs, si vraiment elle la veut, elle aura le grand bien de posséder notre Volonté comme vie, et s’il n'en était pas ainsi, la sainteté de la vie dans mon Vouloir serait une sainteté difficile et presque impossible ; mais je ne sais pas enseigner des choses difficiles ni vouloir des choses impossibles. Ma manière habituelle est plutôt de faciliter, autant que cela est possible pour la créature, les choses les plus ardues et les plus durs sacrifices, et si cela est nécessaire, j’y mets aussi du mien afin que la petite puissance de son Vouloir soit soutenue, aidée, animée par mon invincible puissance, et je rends ainsi facile le bien de la vie dans mon Vouloir que la créature veut posséder. Et mon amour est si grand que pour le rendre encore plus facile, je murmure à l'oreille de son cœur : Si tu veux vraiment ce bien, je le ferai avec toi, je ne te laisserai pas seule, je mettrai à ta disposition ma grâce, ma force, ma lumière et ma sainteté ; nous serons deux pour faire le bien que tu veux posséder. Il ne faut par conséquent pas grand-chose pour vivre de ma Volonté et tout est dans le vouloir. Si la créature l’a décidé et si elle le veut fermement et avec persévérance, elle a déjà conquis la mienne et elle l’a faite sienne. Oh ! combien de choses peut contenir la puissance spirituelle qu’est le vouloir humain ; il accumule et ne perd rien ; il ressemble à la lumière du soleil : combien de choses le soleil ne renferme-t-il pas alors qu’on ne voit que la lumière et la chaleur ? Et pourtant, les biens qu'il contient sont presque innombrables. On le voit qui touche la terre et lui communique des biens admirables, et on ne voit cependant que la lumière. Il en est ainsi de la volonté humaine. Que de biens elle peut contenir si elle le veut ; elle peut avoir l'amour, la sainteté, la lumière, la réparation, la patience, toutes les vertus et aussi son Créateur lui-même. Comme elle est une puissance spirituelle, elle possède la vertu et la capacité d'avoir en elle tout ce qu'elle veut. Elle a non seulement le pouvoir de posséder le bien qu'elle veut, mais de se transmuer elle-même dans le bien qu'elle contient. De sorte que la volonté humaine se changera dans la nature du bien qu'elle veut, et malgré qu'elle ne fasse pas un grand nombre des choses qu'elle veut vraiment faire, ces choses demeurent dans la volonté comme si elles étaient faites, et l’on voit que lorsque l’occasion se présente de faire le bien qu’elle voulait, comme elle en possède la vie, c’est avec promptitude, avec amour et sans hésitation qu’elle fait ce bien qu’elle désirait faire depuis si longtemps, symbole du soleil qui ne trouvant ni la semence ni la fleur, ne donne pas le bien pour faire germer la semence ni le bien pour donner leurs couleurs aux fleurs, mais dès qu’il lui est donné de pouvoir les toucher de sa lumière, comme il possède la vie, il fait immédiatement germer la semence et donne leurs couleurs aux fleurs. La volonté humaine possède les caractères indélébiles de tout ce qu'elle fait et de tout ce qu'elle veut faire, et si la mémoire oublie, la volonté ne perd rien. Elle possède le dépôt de tous ses actes sans rien perdre. On peut dire par conséquent que tout l'homme est dans la volonté. Si cette volonté est sainte, les choses les plus indifférentes sont alors également saintes pour lui. Si elle est mauvaise, les choses bonnes peuvent également être changées pour lui en actes pervers. Par conséquent, si tu veux véritablement la vie de ma Divine Volonté, il ne faut pas grand-chose. D'autant plus qu'en union à la tienne, il y a la mienne qui le veut avec une puissance qui peut faire toutes choses, et l'on verra par des faits si en toutes choses tu agis en détentrice d'une Divine Volonté. Aussi, sois attentive ma fille, et que ton envol soit toujours continuel dans le Fiat suprême.
Je sens mon petit atome, ou plutôt le rien que je suis, perdu dans le Tout du divin Vouloir. Oh ! combien je sens ce Tout dans le rien de la créature. Sa vie libère sa puissance agissante, sa vertu créatrice qui peut faire tout ce qu'elle veut dans ce rien. On peut dire que ce rien est le jeu du divin Fiat qui par son règne séduit la créature, la ravit, la comble, et le rien lui laisse faire ce qu'il veut ; et la créature ne perd rien du bien qu'elle reçoit. Je pensais cela lorsque mon doux Jésus m'a fait sa petite visite et m'a dit :
Ma fille, lorsque l'âme vit dans ma Divine Volonté, elle abandonne ses haillons, elle se vide de toutes choses afin d’être et de demeurer ce pur rien, et mon Vouloir l'investit, la remplit avec le Tout, la domine et forme en elle des prodiges de sainteté, de grâce et de beauté dignes de son pouvoir créateur. De plus, dans ce vide du rien, il génère son amour et forme sa vie divine en se rendant maître du rien au point de rendre la créature maîtresse avec le Fiat suprême. Et comme son règne vient du Tout qu'elle possède, elle ressent en elle cette vertu dominante et règne sur la Divine Volonté elle-même. De sorte qu'elles règnent toutes les deux dans le plus grand accord avec un seul amour et une seule Volonté. La volonté humaine sent sa vie dans la mienne et ne fait rien sans ressentir que mon acte veut travailler avec elle. Et ma Volonté qui sent ma vie dans la créature s'impose sur le rien pour le faire travailler dans le Tout. Ainsi, lorsque la créature a décidé avec une volonté ferme de vivre dans la mienne, mon Vouloir commence à former sa vie dans la sienne pour y développer sa bonté, sa puissance, sa sainteté et la plénitude de son amour. La vie est la manifestation de la volonté qu'elle possède, elle est le vêtement qui la recouvre, le son de sa voix, la narratrice de ses merveilles, de son infinitude et de sa puissance. C'est pourquoi ma Divine Volonté ne se contente pas d'avoir la créature qui vit en elle, le rien dans le Tout. Non, non, ma Volonté est satisfaite lorsqu'elle enferme le Tout dans le rien pour y former sa vie agissante et dominante, et qu’elle donne dans le rien ce qu'elle veut. Par conséquent, lorsque je te parle de ma Volonté, c'est ton Jésus qui te parle, parce que je suis sa vie, son représentant, le narrateur de mon Fiat qui se cache en moi. C'est pourquoi le plus grand des prodiges est de former ma vie divine dans le rien de la créature ; et seul mon Vouloir a cette vertu, car en possédant la force créatrice, il peut se créer lui-même, créer sa vie en qui veut le recevoir. Lorsqu'elle possède ma vie, l'âme participe à ma sainteté, à mon amour. Oh ! comme il est beau d'entendre le rien dire avec le Tout, amour et gloire. Et avec la force dominante qu'elle ressent, l'âme se diffuse dans les actes divins et règne avec ma Volonté. Il n'est pas pour nous de plus grande satisfaction que de sentir le rien travailler et régner dans notre Être divin. Par conséquent, veille à toujours vivre dans ma Volonté.
Ma fille, je veux que tu pénètres plus profondément dans l'Immaculée Conception de ma très sainte Mère, dans ses prodiges, combien elle aimait son Créateur et combien pour l'amour de nous elle aimait les créatures. C'est dans l'acte de la Conception que la petite Reine a commencé sa vie avec la Divine Volonté. Elle ressentait toute la force, l'immensité et l'enthousiasme de l'amour divin au point de se sentir perdue et submergée d'amour, si bien qu'elle ne pouvait rien faire d'autre que d'aimer celui qui l’aimait tellement. Elle se sentait aimée au point de remettre sa volonté en son pouvoir pour posséder sa vie, ce que l'on peut appeler le plus grand amour de Dieu, l'amour le plus héroïque, l'amour qui seul peut dire : « Je ne peux rien te donner de plus, je t'ai tout donné. » Et la petite Reine a consacré sa vie à l’aimer comme elle était aimée. Elle n'a pas perdu un seul instant sans l'aimer et à chercher à égaler son amour. Rien n'était caché à notre Divine Volonté qui possède l’omniscience de toutes choses. Elle rendait présente à cette sainte créature toutes les générations humaines, chaque faute qu'elles avaient commise et allaient commettre, et dès le premier instant de sa Conception, la céleste petite, qui ne connaissait pas d'autre vie que celle de la Divine Volonté, commença à souffrir d'une souffrance divine pour chaque faute de la créature, si bien qu'elle formait autour de chacune de ces fautes une mer d'amour et de souffrance divine. Ma Volonté, qui ne sait pas comment faire de petites choses, forma dans sa belle âme des mers de souffrance et d'amour pour chaque faute et pour chaque créature. C'est pourquoi la sainte petite Vierge fut dès le premier instant de sa vie Reine de douleur et d'amour parce que notre Volonté, qui peut faire toutes choses, lui donna cette souffrance et cet amour ; et si ma Volonté ne l'avait pas soutenue de sa puissance, elle serait morte pour chaque faute, et se serait consumée d'amour pour chaque créature qui devait exister. Et notre Divinité commença à avoir, en vertu de notre Volonté, une douleur divine et un amour divin pour chaque créature. Oh ! combien nous nous sentons satisfaits et payés de retour pour chacune, et en vertu de cette souffrance et de cet amour divins, nous ressentons une inclination envers chaque créature. Son amour était si grand qu'en devenant maître de nous, elle nous a fait aimer ceux qu'elle aimait, si bien que le Verbe éternel, lorsque cette sublime Créature a vu le jour, se précipite pour aller à la recherche de l'homme et le sauver. Qui peut résister à la puissance agissante de notre Volonté dans la créature, et que ne peut-elle faire et obtenir quand elle le veut ? Oh ! si chacun pouvait connaître le grand bien que nous faisons aux générations humaines en leur donnant cette céleste Reine. C'est elle qui préparera la Rédemption, qui conquit son Créateur et qui porta le Verbe éternel sur la terre. Oh ! tous se presseraient alors autour de ses genoux maternels pour implorer d'elle cette Divine Volonté dont elle possède la vie.
Je suis dans les bras de mon adorable divin Vouloir, mais immergée dans la souffrance de la privation de mon bienheureux Jésus. Les heures sont des siècles sans lui. Quelle souffrance, quelle mort continuelle, sans pitié ni merci. C'est avec justice qu'il me punit parce que j'ai été si ingrate et si peu coopérative. Mais, mon amour, cache mes misères dans tes plaies, couvre-moi de ton Sang, unis mes souffrances aux tiennes pour qu'elles crient ensemble pitié, pardon pour cette pauvre créature. Mais sans toi je ne suis plus capable d'endurer plus longtemps. Je donnais libre cours à ma souffrance lorsque mon doux Jésus, pris de compassion pour mon long martyre, me fit une visite éclair et me dit :
Ma bienheureuse fille, courage, sois sans inquiétude. Ma Divine Volonté met toute chose en ton pouvoir, de telle sorte que tu peux dire que mes souffrances, mes blessures, mon Sang, tout t'appartient et que tu n’as même pas besoin de me le demander, que tu peux les prendre pour t’en servir selon tes besoins, tant il est vrai que celle en qui règne ma Volonté n'a pas besoin de lois, qu'elle sent en elle-même sa nature changée en loi divine et ressent la force de la loi comme substance de sa vie. Et comme ma loi est une loi d'amour, de sainteté et d'ordre, elle ressent en elle-même la nature de l'amour, de la sainteté et de l’ordre. Là où règne ma Volonté son amour est si grand qu'il transforme en nature les biens qu'il veut donner à la créature, de sorte qu'elle en devient propriétaire. Personne ne peut les lui enlever et je me fais moi-même le gardien des dons en nature concédés à cette créature.
Mon doux Jésus garda le silence et mon esprit nageait dans la mer de la Divine Volonté ; puis reprenant la parole il ajouta :
Ma fille, tu dois savoir que celle qui vit dans ma Volonté met tout le monde à l’œuvre. Mon Père céleste, en voyant la créature dans son divin Vouloir, l’entoure pour former son image et sa ressemblance, d'autant plus que trouvant en elle sa Volonté, il trouve le matériau qui se prête à recevoir son œuvre pour former la très belle image qui lui ressemble. Oh ! quelle satisfaction quand il peut produire son image et mettre à l’œuvre la céleste Mère, car trouvant ma Divine Volonté dans la créature, elle trouve quelqu'un pour lui tenir compagnie et recevoir sa maternité comme fille. Elle trouve quelqu'un à qui communiquer sa fécondité, ses actes accomplis dans mon Vouloir. Elle trouve quelqu'un de qui elle peut faire son modèle et sa copie fidèle. Oh ! quelle satisfaction pour cette céleste Mère de pouvoir donner ses soins diligents, ses maternelles sollicitudes, de pouvoir être une vraie Mère et donner son héritage. Et lorsque la Volonté est une entre la Mère et la fille, elle peut se faire comprendre et mettre en commun ses grâces, son amour, sa sainteté dans son travail. Elle se sent heureuse parce qu'elle trouve quelqu'un qui la courtise, qui lui ressemble et vit avec sa même Divine Volonté. Les créatures qui vivent dans ma Volonté sont ses filles favorites, ses chéries, ses secrétaires. On peut dire qu'en vertu de mon divin Vouloir, elles possèdent un aimant puissant qui attire tellement cette céleste Mère qu'elle ne peut détacher d'elles son regard. Et la grande Dame, afin d'assurer leur sécurité, les entoure de ses vertus, de ses douleurs, de son amour et de la vie même de son Fils. Mais ce n'est pas tout. Lorsque je vois que l'âme a mis de côté sa volonté pour vivre de la mienne, je me mets à l’œuvre pour former mes membres ; ma Tête si sainte ressent le besoin de former des membres saints pour s'y reposer et pouvoir leur communiquer sa vertu. Et qui peut former pour moi des membres saints, sinon ma Volonté ? C'est pourquoi mon opération est incessante pour celle qui vit dans ma Volonté. On peut dire que je veille à l'intérieur comme à l'extérieur afin que personne n'entre en elle pour interrompre mon travail. Et afin de former ses membres, je reprends et j'achève à nouveau mon œuvre pour les régénérer, je reprends vie pour les faire renaître, je pleure, je souffre, je prêche, je meurs, toujours pour communiquer mes humeurs vitales et divines dans ses membres afin qu’ils soient fortifiés et divinisés, et rendus dignes de ma très sainte Tête. Oh ! combien je suis heureux de répéter et de former par mon travail celles qui vont répéter ma vie. Mais que ne ferais-je pas et que ne donnerais-je pas à celle qui vit dans ma Volonté ? Ma Volonté m'enferme dans la créature pour me faire travailler et former de mes mains créatrices des membres dignes, et lorsque l'âme reçoit mon travail, je me sens heureux et payé de retour pour l'œuvre de la Création et de la Rédemption. Et les Anges et les Saints, en voyant le Père céleste, la Reine souveraine et leur Roi à l'œuvre dans cette créature, veulent nous aider eux aussi et entourant l'heureuse créature, ils travaillent à sa défense, chassent les ennemis, la libèrent des périls et forment des murs de force d'âme pour que personne ne vienne l'importuner. Tu vois par conséquent que celle qui vit dans ma Divine Volonté met tout le monde à l'œuvre et que tout le monde s'occupe d'elle.
Je me sentais abandonnée dans les bras du divin Vouloir et mon esprit était inondé de peurs et d'appréhension. Je les offrais à mon doux Jésus pour qu'il puisse les investir de son Fiat et les changer pour moi en paix et en amour. Jésus me fit une petite visite et, toute bonté, il me dit :
Ma bienheureuse fille, bien qu'elle puisse être sainte, la peur est toujours une vertu humaine. Elle brise l'envol de l'amour et fait naître la crainte et la difficulté en faisant regarder à gauche et à droite, et la créature en arrive à craindre Celui qui l'aime tant. La peur fait perdre le doux enchantement de la confiance qui fait vivre la créature dans les bras de son Jésus et si sa crainte est trop grande, elle perd Jésus et vit toute seule. Au contraire, l'amour est une vertu divine dont le feu contient la vertu purifiante pour nettoyer l'âme de toute tache, l'unir et la transformer en son Jésus. L'amour donne à l'âme une confiance qui ravit Jésus. Le doux enchantement de la confiance est tel qu'ils se ravissent l'un l'autre et que l'un ne peut pas être sans l'autre. Et si elle regarde, l'âme ne voit que Celui qui l'aime tant. Si bien que son être devient enfermé dans l'amour et comme l'amour est l'enfant inséparable du divin Vouloir, il accorde la première place à ma Divine Volonté. Il s'étend dans tous les actes de la créature humaine et spirituelle, ennoblit toutes choses, et les actes humains restent sous la forme et avec la matière dont ils ont été formés ; ils ne subissent pas un changement externe et tout changement reste dans la profondeur de la volonté humaine. Tout ce qu'elle fait demeure, même les choses les plus indifférentes, pour se changer en choses divines et confirmées par la Divine Volonté. L’œuvre de ma Volonté est incessante et porte sur tout ce que fait la créature. Elle étend son séjour de paix et, telle une vraie Mère, elle enrichit sa chère fille de conquêtes divines. Par conséquent, écarte toute peur. Dans mon Vouloir, la crainte, la peur ou la méfiance n'ont aucun droit à l’existence. Ce ne sont pas des choses qui nous appartiennent et tu ne dois vivre que d'amour et de ma Volonté. Tu dois savoir que l'une des joies les plus pures que la créature puisse me donner est de me faire confiance. Elle est alors pour moi une fille et je fais pour elle ce que je veux. Je peux dire que la confiance en moi fait connaître qui je suis. Je suis l'Être immense, ma bonté n'a pas de fin, ma miséricorde est sans limites et lorsque je rencontre plus de confiance, j'aime les créatures avec encore plus d'abondance.
Après quoi je continuai mon abandon dans le divin Vouloir en le priant de se déverser dans ma petite âme et de me faire renaître dans le divin Fiat. Oh ! comme je voudrais être un acte unique de Divine Volonté. Et mon doux Jésus reprit la parole et me dit :
Ma fille, tu dois savoir que toutes les choses créées et tout ce que j'ai fait et souffert dans la Rédemption poursuit la créature afin de lui dire : Nous t'apportons l'amour de ton Créateur pour recevoir le tien. Nous sommes les messagers qui descendent dans la bassesse de la terre pour remonter et apporter comme en triomphe ton petit amour à notre Créateur. Mais connais-tu le grand bien qui vient à toi ? Tu demeures confirmée dans l'amour et dans ses œuvres, dans sa vie, dans ses souffrances, dans ses larmes et en toutes choses. De sorte que, ma fille, tu te trouves dans toutes nos œuvres. Notre Volonté te porte partout et nous sommes confirmés en toi. Il se produit un échange d'actes et de vie, la créature dans le Créateur et le Créateur dans la créature qui se fait la répétitrice des actes divins. Je ne pourrais accorder une grâce plus grande ni la créature en recevoir une qui lui soit supérieure. Cette confirmation dans nos œuvres reproduit en elle tous nos biens. Notre sainteté, notre bonté, notre amour et nos attributs sont transmis dans la créature ; nous la contemplons ravis et dans notre excès d'amour nous disons : Admirable, saint, parfait est notre Être dans notre immensité, lumière, puissance, sagesse, amour et interminable bonté, mais comme il est beau de voir dans la créature cette immensité de nos attributs. Oh ! comme elle nous glorifie et comme elle nous aime. Elle semble nous dire : Je suis petite et il ne m’est pas donné de contenir en moi toute ton immensité, mais ce que tu es, je le suis aussi. La Divine Volonté t'a enfermé en moi et je t'aime avec ton amour, je te glorifie avec ta lumière, je t'adore avec ta sainteté, et je te donne toute chose parce que je possède mon Créateur. Que peut faire ma Divine Volonté dans la créature lorsque celle-ci se laisse dominer par elle ? Elle peut tout faire. Par conséquent, sois attentive si tu veux avoir et donner toute chose.
Je suis entre les bras de mon aimable Jésus qui m'entoure tellement de son divin Vouloir que je ne saurais comment vivre sans lui. Je le sens en moi qui me domine de son doux empire et, avec un amour indescriptible, se fait la vie de ma pensée, de mon cœur et de mon souffle, et il pense, palpite, respire avec moi. Il semble me dire : Comme je suis heureux que tu sentes que je suis la vie de ta pensée, de ton cœur et de tout ce que tu es. Tu me sens en toi et je te sens en moi, et nous sommes tous les deux heureux d'être un et deux. C'est ma Volonté que sent la créature ; elle sait que je suis avec elle. Je me penche sur tous ses actes et je les fais avec elle pour lui donner la ressemblance de ma vie et de mes actes divins. Combien je souffre lorsque les créatures me mettent de côté et ne reconnaissent pas mon empire alors que c'est réellement moi qui forme leur vie. Après quoi je me disais : Il me semble impossible que le Royaume de la Divine Volonté puisse venir. Comment peut-il venir si les maux abondent de façon si horrible ? Et mon doux Jésus, mécontent, me dit :
Ma bienheureuse fille, si tu en doutes, c'est que tu ne crois pas en ma puissance qui n'a pas de limites, et que tu ne reconnais pas que je peux faire toutes choses quand je le veux. Tu dois savoir qu'en créant l'homme nous avons mis en lui notre vie et qu'il était notre résidence. Or, si nous ne mettons pas en sûreté cette vie qui est la nôtre, avec son décorum, son empire et tout son triomphe en faisant connaître que nous sommes dans cette résidence et qu'elle se sent honorée d'être dominée et habitée par un Dieu, si nous ne faisons pas cela, alors c’est que notre puissance est limitée, qu'elle n'est pas infinie. Celui qui n'a pas le pouvoir de se sauver lui-même est encore moins capable de sauver les autres. Mais le vrai bien, la puissance qui n'a pas de limites, commence par se mettre soi-même en sûreté pour s'écouler ensuite dans les autres. En venant sur la terre pour souffrir et mourir, je suis venu mettre l'homme en sûreté, lui qui est ma résidence. Ne te semble-t-il pas étrange qu'en mettant sa résidence en sûreté le Propriétaire n'aurait ni les droits ni la puissance de se mettre lui-même en sûreté ? Ah ! non, non, ma fille, ce serait absurde et contraire à l'ordre de notre sagesse infinie. La Rédemption et le Royaume de ma Volonté sont un, inséparables l'un de l'autre. Je suis venu sur terre pour former la Rédemption de l'homme et former en même temps le Royaume de ma Volonté afin de me sauver moi-même, de retrouver mes droits qui me sont dus avec justice comme Créateur. Et dans la Rédemption, je me suis soumis à un grand nombre d'humiliations, à des souffrances inouïes et même à être crucifié, j'ai tout subi afin de mettre en sûreté ma résidence et de lui restituer toute la somptuosité, la beauté, la magnificence avec lesquelles je l’avais formée, pour qu'elle soit à nouveau digne de moi. Or, alors que tout semblait fini et que mes ennemis pensaient m'avoir enlevé la vie, ma puissance qui est sans limites a rappelé la vie à mon Humanité, et en ressuscitant, tout a ressuscité avec moi, les créatures, mes souffrances, les biens que j'avais acquis pour elles, et de même que l'Humanité triompha de la mort, ma Volonté ressuscita et triompha dans les créatures, en attendant son Royaume. Si mon Humanité n'était pas ressuscitée, si elle n'avait pas eu cette puissance, la Rédemption aurait échoué et on aurait pu douter que ce fût l'œuvre de Dieu. C'est ma Résurrection qui a fait connaître qui j'étais et j'ai mis le sceau sur tous les biens que je suis venu apporter sur la terre. Ainsi ma Divine Volonté sera le double sceau, la transmission dans les créatures de son Royaume que mon Humanité possédait. Puisque j'ai formé ce Royaume de ma Divine Volonté dans mon Humanité, pourquoi devrais-tu douter que je le donnerai ? Ce sera tout au plus une question de temps, et le temps n'est pour nous qu'un simple point. Notre puissance fera des prodiges, elle donnera à l'homme des grâces nouvelles, un amour nouveau, une lumière nouvelle, nos résidences nous reconnaîtront, c'est spontanément qu'elles nous donneront notre Règne, et notre vie sera en sécurité avec ses pleins droits dans la créature. Tu verras avec le temps ce que ma puissance sait faire et peut faire, comment elle sait conquérir toutes choses et abattre les rebelles les plus obstinés. Qui donc peut résister à ma puissance qu'avec un seul souffle, je ne l'abatte, le détruise et refasse toutes choses selon ce qui me plaît le plus. Par conséquent, prie et que ton appel soit continuel : Que vienne le Royaume de ton Fiat et que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Mon pauvre esprit continue son envol dans l’interminable lumière du divin Vouloir. Il n'y a rien au ciel ou sur la terre qui ne lui doive sa naissance et toutes choses et toutes les créatures le disent à celui qui les a générées. Jamais elles ne se lassent de raconter son origine éternelle, son inatteignable sainteté, son amour qui toujours génère, son Fiat qui toujours parle. Il parle à l’esprit et il parle au cœur avec des voix qui articulent, gémissent, supplient, réglementent, avec une douceur propre à émouvoir les cœurs les plus obstinés. Mon Dieu, quelle puissance dans ton Vouloir ! Oh ! que je vive toujours de lui. Je pensais cela lorsque mon doux Jésus m'a fait sa petite visite et m'a dit avec une indescriptible bonté :
Ma fille, ma Volonté ! Ma volonté ! Elle est tout, elle fait tout, elle donne à tous. Qui peut dire qu'il n'a pas tout reçu de ma Volonté ? Tu dois savoir que la créature n’est sainte que dans la mesure où elle est en ordre et en relation avec ma Volonté. Plus elle est unie à elle, plus elle est en union avec Dieu. Sa valeur et ses mérites se mesurent à la relation qu'elle a eue avec ma Volonté. Le fondement, la base, la substance et l'origine des biens dans la créature dépendent du nombre des actes qu'elle a accomplis dans ma Volonté et de la connaissance qu'elle en a. Si bien que si elle a fait entrer mon Vouloir dans tous ses actes, elle peut dire que tout est saint, pur et divin en moi, et nous pouvons tout lui donner, tout mettre en son pouvoir, même notre vie. Par contre, si elle n'a rien fait dans ma Volonté et qu'elle n’en sait rien, nous n'avons rien à lui donner parce qu'elle ne mérite rien, car il lui manque la semence pour générer le bien qui nous appartient. Par conséquent, elle ne reçoit pas le droit au salaire de son Père céleste. Si elle n'a pas travaillé dans notre champ, nous pouvons dire : Je ne te connais pas. C'est pourquoi, si en toutes choses, ou au moins partiellement, elle n'a rien fait dans ma Volonté, le ciel sera fermé à la créature. Elle n'a pas le droit d'entrer dans la Patrie céleste. Voilà pourquoi nous insistons tellement pour que la créature fasse notre Volonté et qu'elle soit connue, car nous voulons peupler le ciel de nos enfants bien-aimés, et comme tout est sorti de nous, nous voulons que tout revienne dans notre sein divin.
Après quoi je continuais à penser à la Divine Volonté et je priais qu'avec son omnipotence qui peut faire toutes choses elle puisse conquérir tous les obstacles et faire que son Royaume vienne, et que sa Volonté puisse régner sur la terre comme au ciel. Mais je pensais cela lorsque mon doux Jésus présenta à mon esprit un grand nombre de choses mortelles et horrifiantes propres à ébranler les cœurs les plus durs et à abattre les plus obstinés. Ce n'était que frayeur et terreur. J’en étais si affligée que je pensais mourir et je priais qu'il nous épargne tous ces fléaux. Et mon bien-aimé Jésus, comme s'il avait pitié de mon affliction, me dit :
Courage, ma fille, tout servira au triomphe de ma Volonté. Si je frappe, c'est parce que je veux restaurer la santé. Mon amour est si grand que si je ne peux conquérir par la voie de l'amour et des grâces, je cherche à conquérir par la peur et la terreur. La faiblesse humaine est si grande que souvent elle ne fait pas attention à mes grâces. Elle est sourde à mes voix, elle rit de mon amour. Mais il suffit de toucher à sa peau, de lui enlever les choses nécessaires à sa vie naturelle pour faire tomber son arrogance. Elle se sent si humiliée qu'elle devient comme un chiffon et je peux faire d'elle ce que je veux, spécialement si sa volonté n'est pas perfide et obstinée. Il suffit d'un châtiment, qu'elle se voie au bord du sépulcre, et elle revient dans mes bras. Tu dois savoir que j'aime toujours mes enfants, mes créatures bien-aimées. Je donnerais mes entrailles pour qu’ils ne soient pas frappés, si bien que dans ces temps mortels à venir, je les ai remis entre les mains de ma céleste Maman. Je les lui ai confiés pour qu'elle les mette en sûreté sous son manteau. Je lui donnerai tous ceux qu'elle voudra, et la mort elle-même sera impuissante sur ceux qui seront sous la garde de ma Maman.
Pendant qu'il disait cela mon doux Jésus m'a fait voir que la Reine souveraine descendait du ciel avec une indescriptible majesté, une tendresse toute maternelle et parcourait toutes les nations pour marquer ses chers enfants et ceux qui ne devaient pas être touchés par les fléaux. Les créatures que ma céleste Maman avait marquées, les fléaux n'avaient pas le pouvoir de les toucher. Mon doux Jésus a donné le droit à sa Maman de mettre en sûreté tous ceux qu'il lui plaisait. Comme il était émouvant de voir la céleste Impératrice parcourir toutes les parties du monde qu'elle prenait dans ses mains maternelles. Elle les rassemblait contre son sein, les cachait sous son manteau afin qu'aucun mal ne puisse toucher ceux que sa maternelle bonté plaçait sous sa protection, gardait et défendait. Oh ! si chacun pouvait voir avec quel amour et quelle tendresse la céleste Reine accomplissait cet office, tous pleureraient de consolation et aimeraient celle qui nous aime tant.