VISITER GAGNAC
VISITER GAGNAC
En partenariat avec le Pays d'art et d'histoire Causses et vallée de la Dordogne,
Le CEP - association Culture et Patrimoine à Gagnac - a conçu des panneaux signalant et présentant des lieux et édifices jugés dignes d'intérêt
du Bourg et du Port.
Mis en forme par l'atelier graphique Juddit, fabriqués par l'entreprise Signal'éthique (Souillac), ils seront placés aux emplacements choisis, en accord avec la mairie de Gagnac-sur-Cère et les propriétaires concernés. Un panneau d'accueil sera installé dans le kiosque, place du Dr Molinié.
Vous trouverez ci-après la reproduction de ce panneau d'accueil, celle de chacun des panneaux signalétiques, et, le cas échéant et au fur et à mesure, pour chaque site, des données complémentaires.
Nous vous proposons, au long de ce parcours, un aperçu historique et patrimonial de notre village.
BONNE VISITE !
Ce plan du bourg de Gagnac, établi par Valérie Rousset, archéologue du bâti, sur la base du plan cadastral, dans le cadre d'une étude archéologique commandée par La CEP (2005), fait apparaître :
la forme du castrum de la fin du XIIe siècle,
le tracé, en partie hypothétique, de son enceinte primitive (en rouge),
les époques de construction des immeubles actuels (voir la légende. Ne pas tenir compte des numéros).
Qu'est-ce qu'un castrum ?
Au Moyen Age, ensemble bâti fortifié, protégé d'une enceinte et de fossés, accessible par des portes défensives au-delà desquelles se sont développés des faubourgs, les barris.
à droite, la trace d'une enseigne. C'est celle d'un sabotier (Lapauze).
contiguë à lui, à sa droite, une maison avec un balconnet protégé par une grille en fer forgé portant les lettres LG. Ce sont les initiales de la famille des seigneurs de Lagrènerie (petit château à 1 km du bourg, incendié par un détachement de la Division Das Reich en juin 1944) qui l'ont fait bâtir. Ce fut la première poste de Gagnac.
au-delà, une maison importante qui fut celle des avocats et notaires Audubert, et de plusieurs maires de Gagnac (Audubert, Fayet). Il s'y déroula aussi un épisode criminel resté dans les annales judiciaires du Lot , l'assassinat, le 8 août 1822, de l'avocat Antoine Audubert.
à gauche du kiosque, au-delà de la route menant au pont, une maison, puis entre les deux escaliers un immeuble avec terrasse (de restaurant), bâti après la guerre à l'emplacement d'un ancien hôtel incendié en juin 1944.
Là se trouvait jadis une croix - dite "la croix rouge" - et à ce niveau la place était anciennement nommée "place de la croix rouge".
De là, regardez vers la rue montant à la place de l'église
L'on pourrait penser que c'était là l'une des trois portes donnant accès au fort. En réalité, elle se trouvait un peu à gauche, peut-être au niveau de la deuxième maison. Il n'y en a plus trace.
En allant vers le point 2...
... vous traverserez, devant la terrasse de l'ancienne maison noble, l'ancien foirail, où se tenaient deux foires annuelles, le 2 janvier et le 16 août (pour la Saint-Roch).
Outre cette place detras la gleisa, d'autres lieux de sépultures anciens ont été découverts ou évoqués en plusieurs points de notre bourg. Notamment, une importante zone sépulcrale du haut Moyen Age a été observée sous l'immeuble de la mairie (voir le panneau 5).
Lors d'une deuxième phase, dans la première moitié du XVIIe siècle, de la reconstruction de la nef (détruite pendant les guerres de religion), elle a été voûtée, son toit de ce fait surélevé. Cela a contraint à surélever aussi le clocher, et à remonter d'un étage la chambre des cloches.
Abandonné aujourd'hui, il a été creusé en 1738, sur commande du curé et d'un groupe d'habitants du bourg, par un jeune soldat sans doute en permission. La légende dit que l'on y jetait les corps des morts lors des guerres de religion. Faux ! puisqu'il est postérieur. En revanche, placé comme il l'est dans un ancien cimetière, on peut bien en avoir retiré des ossements en le creusant...
C'était la dernière vocation de l'immeuble à droite de l'église, aujourd'hui abandonné. En 1820, il était occupé par un tailleur.
propriétaires des l'immeuble aux XVIIe et XVIIIe siècles, reconstitué avec ses couleurs.
Cette datation est confortée notamment par l'épaisseur des murs au rez-de-chaussée (env. 1,30 m).
La demeure est nommée communément ainsi car elle a été habitée par le docteur Edmond Molinié, décédé en 1953 (voir le panneau 1) et par sa famille, qui l'a vendue à la commune en 1955.
Église Saint-Martin
Voir à l'intérieur de l'église un guide de visite
Observez, dans le mur de la tour, des petits orifices circulaires surmontés d'une courte fente : des canonnières conçues pour positionner des arquebuses.
La demeure a été acquise en 1762 par Jean Baptiste de Lavaur - de la maison noble -, qui l'a revendue en 1772. Cette brève possession a pu conduire à écrire que c'était là la maison noble des Lavaur. A tort !
L'immeuble voisin (à gauche), du XVIIe siècle, mais avec des témoins d'une construction antérieure (fin XVe - début XVIe)* a été longtemps une maison Lacaze : une famille bourgeoise qui a compté dans ses rangs un Jean, juge et prévôt de Gagnac, puis son fils Paul, maire de 1815 à 1830, puis le fils de ce dernier, Isidore, maire à son tour.
* Notons que cela correspond aux deux phases de (re)construction du fort détruit : après la guerre de Cent Ans, et après les guerres de Religion.
Observez, côté fort, juste avant la porte, à gauche dans un réduit couvert, un linteau daté.
Depuis le palier devant la porte, vous voyez le barri (= faubourg) bas. Dans la mémoire des anciens, c'était aussi le barri de bombacuol, ou bombacuou (cuol, cuou : occitan pour "cul" ; un lieu en pente où l'on s'exposait à tomber sur le derrière). On parlait aussi du barri des canons : souvenir lointain, peut-être, du canonnage du fort voué au protestantisme par les troupes catholiques de Mayenne, en 1586 ?
- Maison du point Voyez les maisons le long de la rue, sur votre droite. Construites en matériaux locaux - micaschiste, tuiles plates du pays - elles sont typiques avec leur pignon sur rue, leur bolet - escalier extérieur bâti sur un petit porche voûté donnant accès à la cave, débouchant sur un palier d'où l'on entrait dans la "pièce à vivre".
Pierre Benoît Drulhe avait passé sa maîtrise ès arts à Toulouse le 21 juin 1766, son bac de médecine à Toulouse le 27 novembre 1769 et sa licence et son doctorat en médecine le 2 janvier 1770. Il fut un premier maire de Gagnac éphémère ! Élu le 21 février 1790, il abandonna la mairie quatre mois plus tard, en juin, pour devenir membre du Directoire du district de Saint-Céré. En cette période troublée, cela lui valut quelques inimitiés et même, en 1796, d’être « assassiné » (en réalité, agressé : il mourra de sa belle mort en 1824…). Son fils François Alexis fut à son tour maire de Gagnac (1831 - 1836).
En allant du point 7 (Barri bas - Maison Drulhe) au point 8 (Cofolent - Maison Daumarès), vous passerez sous la Demeure de Tourte (Cf. le panneau 5). Voyez, sur cette façade, les linteaux sculptés et datés.
Les États de la Vicomté se réunissaient alternativement dans ses "villes" : pour le Quercy, Martel, Saint-Céré, plus rarement Gagnac. Les Daumarès peuvent tirer gloire d’avoir accueilli ici, dans leur demeure, leur réunion du 30 mars 1658. Peut-être une occasion d'inaugurer cette maison récente ?
Le plus important (n° 2) des deux chemins conduisant au fort (sans escalier alors) débouchait face à l'emplacement supposé de sa porte principale depuis longtemps disparue, dite "dans l'axe du chemin du fort au pont". Un argument de plus pour la situer là.
A partir du point 8, vous pouvez aussi continuer tout droit, vous arriverez devant l'ancienne école, avec le Monument aux Morts, et à sa droite la place Jean Leymarie et la plaque en l'honneur de cet éminent historien d'art gagnacois (1919 - 2006). De là, vous rejoindrez la place Dr Molinié, et pourrez gagner les points 9 et 10.
Nous ne connaissons pas la date exacte où le cimetière de la Bessonie a relayé celui situé "detràs la gleisa" (derrière l'église). Celui-ci n'existe plus au début du XVIIe siècle, les sépultures ont toutes lieu alors à la Bessonie. Sans doute les deux cimetières ont-ils coexisté un moment.
En 2005, un terrassement effectué en vue de la réalisation du parking du cimetière a révélé, à 80 centimètres de profondeur environ sous le sol arable, une bande discontinue de dépôts charbonneux (photo). Leur datation par la méthode du radiocarbone a permis de situer leur formation entre 1281 et 1402 après J.-C. (époque de la guerre de Cent Ans).
Église de la Bessonie
Les données historiques contenues dans ce texte ("Laissez-vous conter les églises...", Pays d'art et d'histoire de la vallée de la Dordogne lotoise) datant d'une vingtaine d'années ont pu être complétées et affinées grâce aux recherches menées depuis lors.
La clé de voûte (photo ci-dessus) porte une date - anno d. m 1111..., la fin est bûchée -, sous une forme de l'époque. Cette date (14..) est sans doute celle de l'achèvement des travaux. Avec celle de 1398 où il est question d'une "église neuve", elle atteste d'une construction à la charnière XIVe - XVe siècles.
A cette date, l'église Saint-Martin a été détruite et, dans un bourg en ruine, elle sera reconstruite au plus tôt à la fin du XVe siècle. Cela nourrit l'hypothèse selon laquelle N. D. de la Bessonie aurait pu être construite, "à la va vite" ("en médiocre appareil de moellons"), pour pallier l'absence d'église à Gagnac, dans une paroisse en cours de repeuplement.
L'intérieur du chœur - ce qui reste de l'église ruinée vers la fin du XVIIe siècle -, très délabré au début des années 2000, a fait depuis l'objet d'une restauration et d'un aménagement (création et pose de vitraux, installation de stations restaurées d'un ancien chemin de croix de l'église St-Martin...), à l'initiative et grâce à un important financement de l'association Le CEP, de subventions et d'aides (département, entreprise Andros, Crédit agricole), avec l'accord et le soutien de la mairie. Plus tard (2023), le clocher, endommagé suite à un orage, a été restauré par la commune.
On peut trouver d'autres informations sur l'histoire et la restauration de l'édifice dans une plaquette - La Bessonie - éditée par Le CEP ; s'adresser à l'agence postale. Pour visiter, se renseigner auprès de la mairie.
Le PORT
En rive droite de la Cère, au pied d'une falaise au flanc de laquelle a été établie la voie ferrée Brive - Aurillac (qui emprunte un tunnel à la sortie est du Port) ouverte en 1891, le Port est surplombé par le rocher dit de Roquefort : un rocher, mais aussi une roque, probablement au Moyen Age un poste de contrôle - du port - et de défense.
Le moulin aux Bouyssonie... En 1889, Xavier, dernier des Lavaur, vend le moulin à Adolphe Laumon, du château de La Raufie. A son décès, avec le château, le moulin échoit à Noémie Mazeyrac, épouse Bouyssonie. Le couple s'installe à La Raufie ; ce sont les parents d'Amédée et Jean Bouyssonie, découvreurs en 1908 de l'homme de La Chapelle-aux-saints.
... puis à la famille Besse. En 1919, devenue veuve, Noémie Mazeyrac vend le moulin à Jean Besse, d’une famille de meuniers de Reygades, ascendant direct des occupants actuels, qui l’exploite.
"Pierre de mémoire"
Cette "pierre de mémoire" évoquant par le texte (en français - ci-dessus -, en anglais et en occitan), par les plans et par les images l'histoire du Port, a été conçue et réalisée par Le CEP, avec le concours de l'atelier Laborie Créations (Cornac), et installée là en juin 2016, en accord avec la mairie, par les agents municipaux.
Voyez, au pied de la pierre (côté Port), scellés dans le socle, deux claveaux du dernier des porches détruit, offerts par leur propriétaire M. Dalès.
La Hierle - Dérivé de l'occitan irla - ile, ou encore alluvions - le mot hierle, ou ierle, ou guierle pouvait désigner une ile, mais aussi une zone régulièrement alluvionnée par la rivière. On trouve notamment, dans des actes anciens, mention du repaire - maison forte - de la Hierle, là où nous sommes.
Chemin "de Bordeaux à Aurillac" - Ainsi nommé au cadastre napoléonien, et sur une plaque de rue encore récemment apposée sur la maison à votre gauche, il a été longtemps un grand chemin conduisant depuis la Dordogne (port de Mols, à Puybrun) vers la Xaintrie et l'Auvergne. Il était emprunté notamment pour le commerce du sel, puis pour celui du vin.
Rue du port de la nau - Cette rue, où nous nous trouvons, est une partie aujourd'hui délaissée de l'ancienne route, étroite, qui traversait le village, avec des constructions de part et d'autre. Elle a été remplacée dans les années 1970 par une nouvelle, plus large, longeant la rivière.
Port de la nau - Il ne reste rien aujourd'hui de l'installation qui servait à la nau (au bac), gérée par un nautonier. Nous n'en avons comme trace sur cette rive que la place du port, qui allait jusqu'à la rivière, et sur l'autre rive l'emplacement, encore visible, de la zone d'accostage.