N° 6 - février 2026
La version est une version pour ordinateur, de ce fait, les lecteurs qui utilisent le téléphone ou la tablette risquent de découvrir une mise en page décalée.
GROẞE TIERGARTEN
Emmitouflée
dans une couverture
en terrasse
j’écoute les corbeaux
sur les arbres d’hiver
juste
quelques feuilles brunes
c’est janvier
dans le nord
**********
Wrapped up
in a blanket
on the terrace
I listen to the crows
on the winter trees
just
a few dry leaves
it’s January
in the north
Poésie et photographie / Berlin - Nathalie LAURO
Extrait du recueil « Les Couleurs de Berlin - The Colours of Berlin » (2025)
BRUIT DU MONDE ET SILENCE INTÉRIEUR
Les villes battent comme des tambours de guerre.
Sirènes, moteurs, cris : tout pulse à une cadence qui épuise.
Les façades serrées, les foules pressées, les écrans omniprésents tissent une toile où chacun avance vite, le regard dur, les épaules tendues. Dans cette chorégraphie contrainte, la violence est dans les gestes, les intentions, mais aussi dans la densité même de l’air, dans la lumière blanche qui aveugle, dans la voix métallique qui ordonne de traverser.
Mais les campagnes ne sont pas épargnées pour autant. Cette brutalité s’invite également dans les foyers par la télévision, la radio, les réseaux sociaux, qui n’arrêtent jamais de diffuser des nouvelles dramatiques et inquiétantes.
Partout, le monde impose son rythme, sa lumière crue et agressive.
Face à cela, l’art et la poésie ne brandissent pas d’armes. Ils offrent un abri.
Un espace où l’on peut respirer hors du rythme et du système imposés, où la couleur se déploie lentement, où les phrases ne se bousculent pas pour arriver en première place.
Ici, dans ces pages, le monde ne disparaît pas : il se transforme. Le vacarme devient matière à peindre, les ombres s’allongent en vers, et la violence se dissout dans une lenteur choisie.
Voici notre journal-refuge, entre le tumulte et le rêve.
Poussez la porte, laissez le bruit derrière vous, et entrez dans le murmure des mots et des couleurs.
© Nathalie LAURO
Photo © Nathalie LAURO - Champsaur Hautes-Alpes
Photo de couverture @ Louis LAURO
ART & POÉSIE
CIEL D’HIVER...
Dans l’indignité
De sa vanité
Va l’humanité…
..
Un sombre cortège
Un lugubre arpège
De sons dissonants
Plus qu’impertinents
De multiples haines
-Amères fontaines-
Guerre et cetera
-Peste et choléra-
Bien trop longue liste
Pauvre idéaliste
Toujours le réel
Se montre cruel…
...
Promesses futiles
Serments versatiles
-Lendemains hostiles-…
Didier COLPIN - France
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L'HIVER A SES PLAISIRS
L'hiver a ses plaisirs sans bruit,
où va s'inscrire la neige à flocons écossés
avec les arbres se peuplant de sommeil
caressant le front du néant,
où toute vie élude le regard.
L'air pèse les visages que l'hiver marque de son fer
qui annule d'une saison le cercle de la lumière.
C'est comme si l'hiver avait un grand travail à faire,
indifférent à ce que trame
la plaine avec la montagne
sur cette terre étroite inscrite dans le verbe,
comme si le temps était aboli
dans le penchant d'un âge de glace,
infligeant au sol pur des guirlandes
d'étoiles enneigées avec leurs griffes.
Il existe un blocus sentimental de la planète falote
qui fuse en continu,
où va pouvoir reverdir la bûche d'un foyer qui tisonne
avec tous les jours rayés dans le calendrier.
Les vents vont tenter de chasser en vain les chagrins
dans le gris de chute de l'hiver
en nous perdant dans la neige des jours
comme si ces lieux blancs à nous s'imposaient.
Jean-Marie LECLERCQ - France
PUMA - Peinture de TOM'S - Corse / France
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DOUCEURS !
Veloutés, velours, soies et cotonnades,
Duvets, peluches et plumes d’oie,
Légèretés et parfums, belles aubades,
Autour du cou, la caresse légère du boa...
Nuages laiteux, brumes et froids,
Carreaux givrés, mousselines de rideaux blancs,
Soleil en rayons sur le sommet des toits,
Gants de velours, et rires d’enfants.
Aurores tièdes, et soirs d'automne,
Frissons du lac, et du bord des étangs,
Sébile tendue et petites aumônes,
Premiers pleurs des nouveaux amants.
Tout est douceur pour celui qui regarde,
Dans la couleur des yeux vivent des arcs en ciel,
Au cœur des nuages les anges s’attardent,
Ici les cœurs attendris, vivent des lunes de miel...
La douceur c’est ce qui nous transcende,
Comme une belle eau claire qui se boit,
Elle nourrit les âmes qui en redemandent,
Puis refait le monde meilleur, à chaque fois...
René BONNET - France
Vlad 14/11/2016 - Dessin de Tina WEISS - Allemagne
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IL NEIGE DANS L'ENFANCE
Dans notre chambre j'ouvre
Doucement, le volet.
Ma vue s'arrête alors
Tout près de la fenêtre,
Au plus proche des foules
De flocons en leurs chutes,
Lentes'un* peu dansantes :
C'est la première neige.
C'est ton deuxième éveil.
Ta pose, dans le lit,
Levée sur tes genoux
Face au ciel sur sa toile,
Tes bras ouverts s'offrant,
Semblent désir d'étreindre
En personne la Joie.
Ces mots quittent ta bouche :
« L'hiver de mon enfance...
Il ne blanchissait plus ! »
Faisons durer l'attente
Que le tableau s'achève.
Étrennons le plaisir
De l'effet de surprise !
Patrick LEFÈVRE - France
*L'apostrophe entre « Lentes » et « un peu » marque l'intérêt de prononcer la seconde syllabe de
« Lentes » ainsi que la liaison entre « s » et « un ».
Milou en hiver - Collage et couture de M'So DEMARTINI - Suisse
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LA BLANCHE NEIGE
Les anges les anges dans le ciel
L’un est vêtu en officier
L’un est vêtu en cuisinier
Et les autres chantent
Bel officier couleur du ciel
Le doux printemps longtemps après Noël
Te médaillera d’un beau soleil
D’un beau soleil
Le cuisinier plume les oies
Ah ! tombe neige
Tombe et que n’ai-je
Ma bien-aimée entre mes bras
Guillaume APOLLINAIRE
(1842-1888)
Extrait du recueil « Alcools » (1913)
Splendor in the Dark - Peinture et digitalisation de Sue KIO - Suisse
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NEIGE
Rien d’autre que le silence
vertige singulier
de l’air immobile
pas un souffle d’oiseau
pas la moindre couleur
Sous le ciel bas,
les branches fantômales
momifiées de givre
ont accosté le sol
L’épaisse couche glacée
a étouffé la vie
Seul, le craquement de mes souliers
qui cherchent un chemin
Marche incertaine
à travers un désert immaculé
Apnée blanche
Odile STEFFAN-GUILLAUME - France
Extrait du recueil « Les yeux du sablier » (2024 Éd. l'Art d'en face)
Dans l'aquarium de l'hiver -
Collage d' Odile STEFFAN-GUILLAUME - France
Edith HOLDEN - Angleterre
(1871 - 1920)
"The Nature Notes of an Edwardian Lady" - (Le Journal retrouvé)
Dessins d'Edith Holden et poésies diverses sur les saisons (1905–1907)
Si vous souhaitez entrer en relation avec un poète ou un artiste merci de bien vouloir contacter la rédaction.
journalpoetique.lunarossa@gmail.com
Look up...
From bleakening hills
Blows down the light, first breath
Of wintry wind... look up, and scent
The snow!
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NEIGE
Regarde…
Depuis les collines qui s’assombrissent
Souffle la lumière, premier souffle
Du vent hivernal… regarde, et sens
La neige !
Adelaide CRAPSEY - USA
(1878-1914)
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LA RENGAINE DE L'HIVER
C'est une chanson qui vient de loin,
Portée par les brumes de Flandres
Et les chevaux tout étonnés,
Sur la plaine encore fumante,
La première neige s'est posée,
Froide et glacée comme la mort.
Sur l'étang pâle tout est figé,
Les oiseaux vont à tire d'ailes,
Lourds et pesants comme des pierres,
Les cristaux craquent sous les pas et rendent la marche incertaine,
Des larmes silencieuses coulent sur les façades.
C'est l'hiver !
Que d'un geste impuissant, je chasse sur la vitre !
Tandis que toute mon âme sombre d'indifférence...
Une vague romance, une chanson lointaine,
Aiguise ma douleur de ses notes hivernales.
Marie-José PASCAL - France
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IL NEIGE
C'est un après-midi du Nord.
Le ciel est blanc et morne. Il neige ;
Et l'arbre du chemin se tord
Sous la rafale qui l'assiège.
Depuis l'aurore, il neige à flots ;
Tout s'efface sous la tourmente.
A travers ses rauques sanglots
Une cloche au loin se lamente.
Le glas râle dans le brouillard,
Qu'aucune lueur n'illumine...
Voici venir un corbillard,
Qui sort de la combe voisine.
Un groupe, vêtu de noir, suit,
Muet, le lourd traîneau funèbre.
Déjà du ciel descend la nuit,
Déjà la route s'enténèbre.
Et toujours du bronze éploré
Tombe la lugubre prière;
Et j'entends dans mon cœur navré
Tinter comme un glas funéraire.
Je me souviens... Je me revois,
Sur le blanc linceul de la terre,
Dans la bise, en pleurs, aux abois,
Suivant le cercueil de mon père.
Je ne puis détacher mon œil,
Voilé d'une larme dernière,
Du silencieux groupe en deuil
Qui marche vers le cimetière.
Je sens, saisi d'un vague effroi,
Qui me retient à la fenêtre,
Qu'en la marche du noir convoi
Fuit quelque chose de mon être.
Soudain dans le champ de la mort
Disparaît le sombre cortège...
C'est un après-midi du Nord.
Le ciel est blanc et morne. Il neige.
William CHAPMAN - Canada
(1850-1917)
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Cold is the night,
And the frost is white;
The wind is high,
And the trees sigh;
But the fire glows bright,
And the hearth is light.
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HIVER
Froide est la nuit,
Et le givre est blanc ;
Le vent est fort,
Et les arbres soupirent ;
Mais le feu luit vivement,
Et l’âtre est éclairé.
Christina ROSSETTI - Angleterre
(1830-1894)
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VERSAILLES
Versailles, ville unique, ville atypique,
Cité où résident de très hauts dignitaires,
Cité où réside aussi la classe ouvrière.
On ne parle pas d'eux, mais grâce à leur délicatesse,
Ils contribuent à la gloire de cette ville enchanteresse.
Ils ont donné de leurs cœurs et de leurs mains,
Ils ont bâti avec amour en pensant à demain.
Dans cette cité royale où l’on manque de pain,
Vous partagez le pain de vie qui maintient en vie certains.
Versailles, ville unique, ville atypique, ville symbolique,
Ouvriers, ouvrières, vous êtes des princes au service du plus grand Roi.
Princes et princesses, vous représentez à merveille le plus grand des Rois.
Ouvriers, ouvrières, vous brillez grâce à votre couronne,
Vous rayonnez dans l’ombre en vous révoltant contre Abaddon.
Chaque pierre posée par vos soins a de la valeur et de la résistance,
Chaque pierre posée contribue à la beauté de la renaissance.
On se souviendra de cette pierre qui, par vous, a été mise,
Et qui a contribué à l’élévation de l’édifice.
On n’oubliera pas l’existence de cette pierre au moment du feu d’artifice,
Cette pierre qui a contribué à l’évolution d’une fille, d’un fils.
Alain YOUDI - France
« Marathon pour Christ - 2ème course »
Just Me n' Myself - Dessin de Josh HARVEY - Angleterre
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DÉCEMBRE
Le givre étincelant, sur les carreaux gelés,
Dessine des milliers d'arabesques informes ;
Le fleuve roule au loin des banquises énormes ;
De fauves tourbillons passent échevelés.
Sur la crête des monts par l'ouragan pelés,
De gros nuages lourds heurtent leurs flancs difformes ;
Les sapins sont tout blancs de neige, et les vieux ormes
Dressent dans le ciel gris leurs grands bras désolés.
Des hivers boréaux tous les sombres ministres
Montrent à l'horizon leurs figures sinistres ;
Le froid darde sur nous son aiguillon cruel.
Évitons à tout prix ses farouches colères ;
Et, dans l'intimité, narguant les vents polaires,
Réchauffons-nous autour de l'arbre de Noël.
Louis-HONORÉ-FRÉCHETTE - Canada
(1839 - 1908)
Extrait du recueil « Les oiseaux de neige » (1879)
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PHILOSOPHIE DE L'HORIZON
Que fais-tu de ta vie ?
Vis-tu ce que tu fais ?
Fais-tu ce qui te porte ?
À l'autre apportes-tu ?
À ces quatre questions
Je n'ai pas de réponse,
Qui vaille tout le temps :
Parfois, tremblant, j’hiberne.
Je crains de n'avoir pas
Donné le maximum,
Ni su tout recevoir
De ce qui vint à moi.
Le plein, la perfection
Ne sont pas de ce monde,
Entend-on souvent dire.
Et c'est heureux, sans doute.
C'est loin de l'horizon
Qu'on ressent dans ses tripes
Comme une folie douce,
Que le corps vibre au mieux.
Quand nous nous embrassons
L'idéal sait se taire
Dans le feu des baisers,
Soif d'infini... dans l'ombre.
Patrick LEFÈVRE - France
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Février est là
silencieux et lourd
un mois en manteau long
aux poches
pleines de chaleur douillette
Sabine SOLER - Suisse
Inferno Flow - Peinture de Kate DICKENS - Angleterre
Ciel hivernal - Photographie de Walter SCHNEIDER - Suisse
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LES SAISONS INTÉRIEURES
Mes quatre saisons :
L'hivernal printemps,
L'hivernal été,
L'hivernal automne,
L'hivernal hiver.
Une flamme manque
Au cœur en feu froid
De brûlante neige :
La vie t'a laissée.
Ton corps d'amoureuse
N'a plus souffle Ici*
Chaque changement
De temps que l'air fait
N'efface jamais
Les souvenirs denses,
De nos promenades,
Vêtus ou mi-nus,
Désormais chansons
D'hiver intérieur.
Patrick LEFÈVRE - France
*Ici, avec majuscule : le monde, la réalité.
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WOLF MOON
The night breathes slowly
under a pale frost sky
The full moon rises
white like age-old silences
In the motionless forest
where the snow is immaculate
invisible wolf you listen
she who speaks without a voice
she who holds the memory of winters past
she who is your reflection in the sacred January night
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LUNE DU LOUP
La nuit respire lentement
sous un ciel de givre pâle
La pleine lune se lève
blanche comme les silences séculaires
Dans la forêt immobile
où la neige est immaculée
loup invisible tu écoutes
celle qui parle sans voix
celle qui est la mémoire des hivers passés
celle qui est ton reflet dans la nuit divine de janvier
Charlie M’MC - Bc. Canada
Edith HOLDEN - Angleterre
(1871 - 1920)
"The Nature Notes of an Edwardian Lady" - (Le Journal retrouvé)
Dessins d'Edith Holden et poésies diverses sur les saisons (1905–1907)
LIBRES PENSÉES
POUR UNE RÉVOLUTION POÉTIQUE
J'appelle poésie ce qui m'élève le cœur, ce qui me rend plus grand, ce qui m'apaise, ce qui est compassionnel pour aller chercher la poésie là où il n'y a pas écrit poésie. La révolution poétique, elle, invite chacun à changer sa façon de vivre et son regard sur le monde pour le « réenchanter» et habiter poétiquement le monde, comme un art de voir, de connaître et de vivre, car le vrai et le bien ne font plus l'unanimité.
L'imagination du vrai poète n'est pas une fuite hors du monde. Au contraire, elle le dévoile et en révèle les profondeurs muettes. C'est un moyen de connaissance, car c'est la poésie et non la philosophie qui se révèle vraie fille de l'étonnement qui engendre la communion intime du fini et de l'infini. C'est aussi à la fois par la poésie et à travers la poésie que l'âme entrevoit les splendeurs du déplacement de soi, ce qui pourrait être une définition de la poésie. Gardons-nous cependant de faire de la poésie une idole et du poète un prophète. L'exercice de la poésie exige : ferveur et modestie sans avoir ni honte ni malheur pour le poète à reconnaître ses limites !
Finalement, la poésie est une affaire de transcendance toujours relativement voilée, ou plutôt celle qui n'apparaît pas dans les formes convenues de l'expression.
Jean-Marie LECLERCQ - France
INFIMES APERÇUS
POÉSIE POÈME POÈTE. AUJOURD'HUI : POÉSIE
POESIE, POÈTE, POÈME : J'interroge trois réalités liées, à partir d'intuitions, de lectures, de ma pratique de l'écriture non sans remises en cause, non sans doutes, non sans espoirs quelquefois mystérieux. Bien sûr, les écrits des artistes de la plume parlent aussi d'eux-mêmes.
J'évoquerai, dans d'autres articles que je proposerai à la rédaction de ce Journal Poétique, un texte consacré au POÈME, un autre au POÈTE ( ou POÉTESSE) et, s'il y a matière, un dernier au trio Poésie/Poème/Poète. Je commence aujourd'hui par la Poésie : un très vaste domaine, qui déborde l'écriture de créations considérées d'emblée, sans hésitation, comme relevant de la poésie.
Le cœur de la poésie se rappelle à nous :
Dans les confidences et les écrits de romanciers : Flaubert, géant de la narration, utilisait l'épreuve du « gueuloir », une pièce dans laquelle il pouvait crier les phrases qu'il venait d'écrire, pour, entre autres préoccupations esthétiques (son exigence du Beau), faire la chasse à ce qu'il nommait « les mauvaises assonances. Assonances ! Rythme et musicalité : « Cela durera jusqu'à de nouvelles amours, disait-il au docteur Léon. » Flaubert, Madame Bovary (1857).
La poésie, on l'entend, on la voit tout à coup dans un passage d'un roman récent. Par exemple, dans « Feu » de Maria Pourchet ( 2021). L'extrait suivant s'adresse à un personnage féminin, à propos d'un personnage masculin. Je lis : « Tu commences à le connaître. Tu sens dans chacun de ses mots l'hiver dont il arrive. » Qu'est-ce qui fait que je distingue un énoncé poétique dans un texte romanesque ?
La forme, le choix des mots, la figure de style ( la métaphore de « l'hiver dans ses mots »). Quelque chose qui dépasse, qui s'ajoute au message, à la signification, et qui l'enrichit par le biais de mes sens, ici le regard, l'ouïe, le toucher, voire un déplacement verbal de l'odorat ( tu sens…) ? Il est difficile de trouver une réponse complète.
Dans des pièces de théâtre, en particulier versifiées, bien sûr. Dans sa tragédie: « Phèdre », Racine fait dire à son personnage éponyme, parlant d'Hyppolite, qui l'attire passionnément : « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » L'alexandrin, d'une musicalité particulièrement dense, nous fait partager au plus près l'instantanéité presque indicible (presque ?) d'un flot d'émotions dévastant chez notre héroïne toute maîtrise de son vécu physique et psychologique, l'impression d'entendre la respiration saccadée de Phèdre, l'impact précis du pouvoir des dieux sur le destin d'une femme que sa haute lignée détermine (entièrement ?), au point de susciter notre empathie.
Définir la poésie se révèle difficile. L'étymologie n'est pas d'une précision remarquable pour nous aider à cerner le domaine de la poésie. « Poésie » vient du grec ancien « poiêsis » qui signifiait : « fabriquer, construire, faire » : Rien de particulièrement abstrait, cependant !
Michel Deguy, poète, traducteur, essayiste, (1930-2022) crée avec Jacques Roubaud, poète, mathématicien (1932-2024), une revue baptisée PO&SIE : Belle graphie qui dit bien la relation aussi forte qu'équivoque de la poésie au langage. Valérie Rouzeau, née en 1967, traductrice de Sylvia Plath, voit la poésie comme « une façon de tenir le coup pour » les « expulsés de l'enfance » que nous sommes.
Soolar, rappeur né en 1969, parle autant de poésie, en poésie, que du poète :
« Les salauds salissent Soolar. Cela me lasse mais laisse salir Soolar. Soolar sur ce salut. »
Ce doux assaut d'assonances n'est pas réducteur. C'est probablement dans la légèreté d'un tel "Salut", que réside le salut salutaire, toujours vivant, de la poésie.
Beaucoup de citations, n'est-ce pas ?
Qui me permettent de remarquer, pour finir, que tous ces « Salut » à la poésie, sont aussi divers... qu'étonnamment compatibles.
Patrick LEFÈVRE - France
UN POÈTE À L'HONNEUR
ENVOL
J’ai toujours pris plaisir aux vastes paysages
l’esprit affranchi peut librement s’y mouvoir
explorant cet espace où il peut concevoir
pour qu’émergent enfin quelques nouveaux ouvrages.
La mer infiniment expose ses sillages
en experte tisseuse à raviver l’espoir,
la montagne farouche affiche le sautoir
de ses pics acérés éventrant les nuages.
Mais l’ocre des déserts en rituels camaïeux
privés d’asymétrie qui retiendrait les yeux
aux vagues sans abysse où noyer sa misère
image de l’enfer qu’on rêve de quitter
icône du Néant est seul à m’inciter
à quitter ce présent pour chercher la lumière
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LE FORGERON
Il abat les forêts, il dompte les torrents ;
de sa forge agissante, il déchaîne les vents.
Par son souffle irrité, l’ardent fourneau s’allume ;
J’entends le lourd marteau retentir sur l’enclume.
L’art aux flancs arrondis se durcit dans le feu.
Il fait crier la lime, il fait siffler l’essieu
pour forger son ouvrage où le métal imprime,
trop heureux de s’affirmer par son goût sublime.
Il ne se venge point sur nous de ses travaux,
sans nous punir de tous ses multiples fardeaux
comme est plus chaud son cœur qu’un fol amour meurtrit.
Il atteint la splendeur arrachée au banal
dans son beau temple sacré où rien n’est prescrit
quand tout fuse avec son génie artisanal.
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SI LA POESIE EST UN VOYAGE
Si l’art est un voyage aux escales du cœur,
je me ferai poète en pétales de fleur
pour atteindre aisément le fond du cœur d’autrui,
en honorant la langue française sans ennui.
La poésie classique est une grande dame,
un frémissement d’aile jaseur dans la pénombre,
un rythme et un penchant fragile comme une ombre
pour briller et éclore un beau jour dans notre âme.
Si l’art est un poème aux encres du désir
comme graine en murmure au fruit doux à murir,
as-tu senti, le soir, avec l’ombre qui gagne
monter en toi ce chant secret qui t’accompagne.
Mais un élan d’espoir que la rime me donne
jaillit comme l’écho venu de l’univers
qu’à de nouveaux plaisirs mon esprit s’abandonne,
pour en faire un bouquet dont il pare mes vers.
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QU'IL REPOSE EN RÉVOLTE
J’ai croisé les Russes roulant vers la bataille
vers ce qui est le pire un dimanche.
Ils avaient la couleur des mousses bariolées
des taches de rousseur des feuilles des fougères,
un dimanche où l’on prend pour des mitrailleuses
des machines d’agriculture.
Sur le chemin de la mort, dans une seconde de tonnerre,
j’ai été arraché avec terreur et souveraineté
dans ce qui souffre, dans ce qui suinte
du porche éventré avec des milliers d’autres cœurs battant
comme le mien dans les caves
avec leurs murmures de bavardages.
Mes nombreux voisins n’ont plus qu’une ressource
avec la mort : faire de l’art avant elle !
Le plaisir des morts était d’éviter de moisir à plat.
Il y avait entre eux la différence du martyre,
et leurs seuls regrets étaient que ceux qui
vont les tuer n’entendent pas le bruit énorme
de l’hymne ukrainien ranimé du froid de l’air vicié,
puisque ce peuple n’est pas celui des agenouillements
pour brûler les yeux des russes impatients.
Dans les débris, en lettres graves,
Les morts égrènent leur sursis
et les rescapés ne sauront bientôt plus lire
que la blancheur de leur silence.
« Poème pour l’Ukraine » 2024
HUBERT-JEAN-MARIE LECLERCQ
Né à Settat le 22 juin 1941 au Maroc où il a vécu jusqu’en 1960, il a fait ses études supérieures d’ingénieur et de dirigeant d’entreprises anglo-saxonne à Paris et surtout Stockholm. Il intervient indifféremment en français ou en anglais.
Il a vécu longuement en Angleterre, Afrique du Sud, Suède… Ex-dirigeant de grosses entreprises industrielles, chroniqueur, conférencier, puis psychothérapeute, homme de télévision et de radio, historien de la Suède, écrivain, il est devenu poète en 2005, lors de son séjour dans l’île de Sao Tome (Golfe de Guinée), grâce à une grande Dame portugaise de la littérature : Alda do Espirito Santo.
Auparavant, en tant que chroniqueur, tous ses articles dans le domaine de l’économie et du management ont paru sous sa plume dans la presse spécialisée. Entre 2003 et 2005, il a publié trois livres à succès dans le domaine des sciences humaines pour aider son public et ses lecteurs à trouver le chemin de l’épanouissement dans l’ordonnance de la réalité humaine.
Auteur héraultais depuis 2010, il a confié sa vie à son œuvre poétique en ayant publié depuis 2009 quinze recueils de poésie qui lui ont valu de recevoir de nombreux prix de poésie nationaux grâce à une parole mesurée et sans faire de la couleur locale !
Ainsi, il essaie de porter un témoignage de premier ordre sur les époques qu’il a traversées, les personnages essentiels qu’il a côtoyés, les pays et les êtres qui l’ont nourri et accompagné, puis il est devenu le chantre de la nature.
De plus, il a bénéficié du soutien personnalisé de Jean Joubert qui l’a encouragé durant 4 années, puis de Frédéric Jacques Temple et de Christian Bobin durant 5 années.
Chaque poète dit-il porte en lui le livre qu’il mérite. Mais, c’est surtout l’invention de sa propre écriture, car la poésie doit être faite pour tous et non pour un ! L’auteur se soucie peu de la mode des mots quand sa ferveur monte du papier blanc jusqu’à sa main et son imaginatif tellement investi aujourd’hui avec la langue française qu’il y a lieu de sauvegarder face à l’invasion de l’anglais.
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Poète Montpelliérain - Essayiste
Historien de la Suède
Membre des associations Cadence Vocal / Palavas- Académie de la Poésie française / Paris
Les poètes de l’amitié- Poètes sans frontières/ Dijon – l’Étrave-Poètes sans frontière / Orange
Publications
Psychologie sociétale/Essais : Société des Écrivains à Paris
Recrutez votre conjoint (2003)
Tous mes secrets sur le repositionnement des cadres de + 50 ans (2004)
Finalement, on m'appelle Doctor John (2005)
Poésie
Mes plus beaux poèmes d'amour : Édition Coulon (2009)
Les offrandes poétiques : AVL diffusion (2012)
L'Agenda des poètes 2013 : La Nouvelle pléiade
L'héritier des Terres Chaudes : Éditeur de poésie Éditinter/Paris (2013)
La femme et la flamme : Éditions les Poètes Français (2014)
Magie Palavasienne : Nombre 7- Nîmes (2014)
Le labyrinthe du silence : Éditeur de poésie Éditinter/Paris ( 2016 )
Paroles voilées sur l’homme : ICN France Libris ( 2017 )
Tous mes ailleurs sont ici : ICN France Libris ( 2018)
Au Royaume de l’arbre : Éditeur de poésie Éditinter/Paris ( 2019 )
Des lieux et des rencontres : La Nouvelle Pléiade (2020)
Des mots pour le dire : ICN France Libris ( 2021)
À l’école de l’homme : Luna Rossa (2022)
Au rythme des départs : Luna Rossa ( 2024 )
Où trouver ses livres de poésie et ses articles ?
Salons du livre-récitals nationaux - clubs de poésie Paris - Dijon - Palavas les flots - Montpellier…
Les revues de poésie : Missives- L’albatros- Florilège- L’étrave- Poésie sur Seine…
E-mail : jeanmarieleclercq@gmail.com
UN BESOIN DE PARIS
En haut de la butte jolie
qui a bien voulu me faire faveur,
j’ai vu Paris et sa folie
dans le soir graphique et monochrome
baigné d’une raie de lune ronde qui détonne,
Paris, en milliers de promesses,
aveux de nocturnes prouesses,
avec ce culte que l’on voue
à l’invisible révélé de cette capitale,
livrée au regard visionnaire que je te donne
comme un feu filant dans la nuit,
jusqu’à ce qu’il change de quadrant.
Paris, ce soir sent la sciure,
poussières de paroles grises
tombées pendant l’après midi
pour se préparer à traquer tous les plaisirs,
l’aventure attendant au détour de la cité haute
me mettant mille anneaux au poignet.
Assis sur le toit du monde de Paris,
j’ai profité à part moi de l’ébriété générale
pour savourer une solitude aiguisée
par l’embouteillage des autres,
d’un bonheur lointain qui ressemble au sommeil.
**********
HOMMAGE
TEMPS VERT DE L'AUBE TRISTE...
À Thalie
Temps vert de l’aube triste où la pluie apprivoise
Le ciel devenu vieux, épousé trop souvent
Quand l’âme nostalgique efface de l’ardoise
Nos lents chagrins de craie aux falaises du vent...
Que sommes-nous déjà que de vieilles mémoires,
Poèmes abîmés par nos rêves d’enfant
Rangés dans quelque coin de greniers ou d’armoires
Qui n’entendent plus rien que les souffles d’avant,
Ces souvenirs éteints qu’une étoile pianote
Sur le clavier des nuits quand un rêve de feu
Brûle le temps qui passe et doucement grignote
Notre cœur éreinté qui demandait si peu,
Qu’un frisson d’océan, qu’un bruissement d’abeille
Dans le calme immobile onctueux d’un été
Comme un premier baiser de miel et de groseille
Qui reviendrait soudain dans un sanglot fruité...
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LES PETITS PAINS D’ÉTOILE...
À regarder le ciel brûler dans son printemps
Des petits pains d’étoile et de lune bergère
J’imagine parfois une âme boulangère
Aux invisibles dieux qui pétrissent le Temps.
Avec leurs mains de nuit je les vois palpitants
Fabriquer ces soleils que le matin suggère
Couleur de seigle et d’eau quand la brume légère
Enfarine le sol de reflets éclatants,
Inventer des levains pour quelque grand mystère,
Brasser l’orge du vent pour refaire une Terre
Dans des sels bleu marin en cendres de saison...
Des croissants de sommeil me ferment les paupières
Quand dans l’aube de mie en tranches de lumières
Les miettes de mon rêve entament ma raison...
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LA MUSIQUE EST COULEUR...
La Musique est couleur pour qui sait peindre l’âme,
Grise ou noire parfois certains soirs de chagrin
Ou bleue avec les mains sur la peau d’une femme
Quand son corps à l’amour en affine le grain,
Orange d’un soleil au printemps qui s’annonce
Sur l’océan blafard prenant vie au matin,
Rouge coquelicot lorsque l’été renonce
Pour un rire d’enfant à l’orage soudain,
Ocre d’automne en pluie aux notes d’innocence
Pour nos êtres aimés qui dorment ici-bas
Laissant notre mémoire et notre âme à l’absence
Dans l’hiver infini sous un ciel bien trop bas...
Ainsi chaque saison porte en elle une escale
Comme un bouquet d’instants aux multiples couleurs
Que l’on donne au papier et dont chaque pétale
Apprivoise la vie au silence des fleurs...
CHRISTIAN BOESWILLWALD, cet arpenteur d'étoiles...
(11 Avril 1950 – 20 Juillet 2025)
Christian Boeswillwald était Le créateur par excellence : Poète, Artiste Plasticien, Photographe, il avait un talent quasi inné pour exprimer l’être dans sa quintessence et mettre en lumière le monde dans ce qu’il a de plus beau et de plus douloureux aussi.
Né en 1950 à Rouen, il était de cette génération qu’on a appelée « soixante-huitarde », avait bourlingué sac à dos sur les routes népalaises, péruviennes, thaïlandaises et bien d’autres… Dès l’adolescence, la poésie s’était littéralement emparée de lui et fut une époque où il s’astreignait à écrire un sonnet par jour, où il rédigeait ses devoirs d’économie et de philosophie en alexandrins, où tout était prétexte à poème, à chanson…
Parallèlement, il s’essayait aux arts plastiques, à la peinture, menant de véritables expériences en s’immergeant dans sa baignoire avec encres et papier et réalisant ainsi de très belles réalisations picturales, proches du tachisme, pleines d’originalité… exposant le fruit de ses recherches en groupe à Strasbourg et ailleurs…
Puis le temps de la maturité est venu et avec lui celui de l’écriture solitaire, dans l’antre de sa chambre, où le verbe se révélait à lui comme une respiration intérieure… Ainsi a-t-il composé des milliers d’œuvres, classiques ou non, publié des recueils, conquis des prix et distinctions… dont le Prix Michel Ange 2010 décerné par Le Cénacle Européen des Arts et Lettres pour « Juste une vie qui passe… », ouvrage de photos d’art et de poèmes, le Prix Alphonse de Lamartine et le Prix Jean Cocteau de la Société des Poètes Français, le Prix Pierre Corneille de la Société des Ecrivains Normands, pour ne citer qu’eux parmi plusieurs centaines.
Il était également le rédacteur technique de la revue littéraire et picturale Les Amis de Thalie, au sein de laquelle il signait chaque trimestre la rubrique Les mots sont des îles, où son talent de prosateur prenait vie.
Christian Boeswillwald était tout cela et bien plus encore… Allons par-delà les apparences… Qu’est-ce qu’un curriculum vitae face au talent génial d’un authentique artiste ? Christian Boeswillwald nous enchantait l’âme au gré de ses poèmes ciselés, de ses photographies bouleversantes d’humanité, de ses dessins et peintures qui s’enracinaient dans l’intime…
Ecrire, peindre, photographier en un mot créer était son seul devenir… Poète jusqu’au bout des doigts, il n’en était pas moins homme parmi les hommes et savait ce que le monde porte de misère, d’horreur, ainsi en témoignait-il avec ses maux d’encre, ses instantanés de vie…
Christian Boeswillwald avait la faculté de pouvoir s’extraire de la cacophonie des jours pour flâner au pays des voyelles et des couleurs… et nous offrir une vision tout à la fois destinale et revisitée de l’humain.
Dans la terre du chemin, dans l’humus de la forêt, dans la vague océane, il décelait l’indicible et nous en rendait compte avec cette délicatesse, cet éblouissement qui le caractérisaient… car Christian Boeswillwald était cet enfant vieillissant, qui crinière au vent, regardait les étoiles et se souvenait que la mémoire des hommes n’est rien face à l’Univers…
Malgré tout, l’envie de laisser une trace était là et bien là, une empreinte apposée en marge de la folie des hommes pour dire que le beau et l’émouvant existent bel et bien ici-bas… N’est-ce pas le propre de toute création ?…
Christian Boeswillwald savait que du bric à brac d’une vie, seuls quelques fragments de Vérité subsistent au dernier soir… donnant à l’âme, qui sait, cette ultime paix tant espérée…
Avec le trio « Les maux de Coco », Christian Boeswillwald avait retrouvé ses premières amours, celles de la scène, du théâtre. Il défrichait pour nous des terres-poésie où la parole musique le temps, berce les chagrins, redessine les contours de l’être jusque dans son âpreté… Christian Boeswillwald se jouait des maux et de l’espace, interprétait le poème, la voix pour seul étendard…
S’il s’investissait entièrement avec la passion qui était la sienne pour toute forme artistique, il n’en préservait pas moins une distanciation qui lui permettait de revendiquer son appartenance à cette foule humaine qu’il vitupérait parfois dans ses textes, car le poète avait pleinement conscience de l’improbable de toute existence… Il suffirait de si peu pour que tout vole en éclats… C’est donc avec pertinence, sens de la nuance, qu’il observait et s’impliquait dans cette Humanité aux oripeaux froissés...
Faisant preuve de candeur et de lucidité mêlées, Christian Boeswillwald, sculptait l’espace scénique et nous racontait notre histoire d’hommes et de femmes à travers le kaléidoscope de nos songes et de nos légendes d’êtres… tentant de nous éveiller à nous-mêmes par le Mot.
Christian Boeswillwald était cet arpenteur d’étoiles qui nous murmurait à l’oreille que la Vie peut être belle…
Magique !
© Nathalie Lescop-Boeswillwald
Présidente fondatrice des Amis de Thalie
Revue littéraire et picturale
Docteur en Histoire de l’Art, critique et poète
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OCÉAN
Toi, Océan superbe, longue haleine des vents, tu puises dans le vol des oiseaux tes vagues lointaines, cotonneuses comme des champs, t’épuisant à revenir aux marées d’équinoxe lécher les sables dorés où dorment nos enfances.
Toi qui es né du profond des âges où nous n’étions que silence, tu grondes encore du souffle des dieux chagrins, brûlant nos soleils quotidiens à l’Ouest de ta mémoire infinie, ou te fais caressant dans les jaunes brumeux des aubes orphelines.
Toi, Océan, paysage de nos humeurs, de nos tristesses ou de nos joies, tu prends les couleurs de l’âme humaine sans savoir que peut-être ce n’est que nous-mêmes qui nous reflétons en Toi.
Fiancé de la nuit, tu sais tout des bruits fécondés dans ton ventre noir que la lune veille, alors que nos sommeils tissent des rêves de silence pour simplement t’épouser avec des mains d’enfance.
Toi, superbe Océan, lente haleine des vents, paysage à jamais recommencé, tu poursuivras ton chemin infiniment vers l’horizon en berçant pour toujours de tes longs bras d’écume nos poussières d’Homme...
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ATTACHE TON REGARD
Attache ton regard aux couleurs de l’automne,
Ne pense plus à rien car le monde est en toi,
Dehors, il fait si froid et la guerre est gloutonne
Du plus petit soldat et bientôt de son Roi
Qu’il vaut mieux oublier que cette humanité
N’est bonne qu’à se battre, et qu’au fond de ton âme
Dans un rêve d’étoile idem à la Beauté
Tu peux suivre ta voie en ouvrant le sésame
Au champ de l’Invisible aveugle au rouge sang,
Sourd aux bruits des canons, muet aux cris des ordres,
Juste ami du silence et du temps vieillissant
Car la Haine est l’enfant de la Miséricorde…
Alors touche le ciel de tes yeux quand le soir
S’incline à l’horizon au soleil qui se noie
Tu verras le velours de l’Univers trop noir
Flotter comme un drapeau plus léger que la soie…
RECENSIONS DE RECUEILS
« COBALT CIRCUS »
de David SPAILIER
« Cobalt Circus » explore l'intimité d'une jeune femme dans les dédales d'un pays crucifié par un génocide. La vie, avant et après la mort, d'Avalynn au milieu de ce massacre. Une syntaxe découpée au scalpel, les coups de pinceaux de Pierre Soulage sur une musique de RED CITY NOISE. Dix-huit morceaux sont disponibles sur : soundcloud.com/only1mg.
« Cobalt Circus » est le monolithe nihiliste d'une fin de monde. Stalingrad, ville-légende crucifiée par un génocide. Cerny et Dvorak, deux fantômes jouant aux cartes. Avalynn, strip-teaseuse habillée d'une ceinture d'explosifs. Jovo, Andja, spectateurs de l'immonde et trois chiens cobalt marchant dans les artères de la ville.
Publication 2025
l’arsenal éditions
78 pages
15€ + port
spailier.d@gmail.com
« LES MOTS SONT SI BEAUX »
pour écrire
ce que je voulais vous dire
de Bruno PRIOU
Ce recueil composé de 58 poèmes s’articule autour de 5 thèmes : la Solitude, la Liberté, l’Amour, l’Écriture, la Résistance. Ces thèmes rassemblent des poèmes écrits à différentes époques et correspondent à une vision de l’existence et du monde. Ses textes se prêtent à une lecture à voix haute car c’est à travers le rythme et la musicalité que l'auteur aime jouer avec les mots et les idées.
L’écriture est pour Bruno Priou un accompagnement à la vie. Elle pousse à la réflexion, au rêve et à l’émotion. Interrogé sur les raisons de cette passion pour l’écriture, il aime faire référence à la poésie de Jacques Prévert qu’il a découverte à l’âge de 17 ans.
Publication 2025
Éd. Maïa
154 pages
20€ + port
ou
bpriou1957@gmail.com
« LUMIÈRE»
de Vanessa HARPEL
Avec Lumière, Vanessa Harpel propose un recueil de poésie traversé par l’idée de révélation et de transformation. La couverture cosmique annonce une œuvre tournée vers l’intensité et le jaillissement, où la lumière devient à la fois matière poétique et force symbolique. Les textes explorent les zones de passage entre l’ombre et l’éclat, le silence et la parole, dans une écriture sensible et imagée.
La poésie de Lumière privilégie la suggestion et l’émotion plutôt que le discours. L’intime y dialogue avec l’universel, offrant au lecteur une expérience contemplative et vibrante.
Ce recueil invite à ralentir, à accueillir ce qui éclaire autant qu’il trouble, et affirme une voix poétique habitée, attentive aux mouvements intérieurs comme aux vastes espaces du monde.
Publication 2025
Éd. KDP
100 pages
Broché : 15€ + port
vanharp@gmail.com
« PROSE POUR UNE SOIE »
de Géraldine
LOMBARD-VIOLINO
Ce qui caractérise la poésie de Géraldine Lombard-Violino, c’est d’abord sa forme libre et, dans ce recueil, des textes assez courts. Elle aime aussi jouer sur la disposition des vers sur la page.
Les grands thèmes de la vie sont abordés, comme l’amour, le désir, la douleur et la mort. Ce recueil évoque aussi la difficulté d’écrire, et celle d’écrire de la poésie, plus particulièrement.
Le titre reflète le travail sur les limites entre prose et poésie, et contient aussi, un hommage à Pierre Jean Jouve, qui a publié en 1945 un recueil intitulé À une soie. Qui porte surtout de la soie ? Une femme, une femme amoureuse, pour briller, pour plaire.
Il ne faut pas y chercher forcément une dimension autobiographique.
Publication 2024
Hello éditions
118 pages
11€ + port
ou
Retrouvez la poétesse sur :
Note de lecture : Joseph Bodson, écrivain et ancien président de l'AREAW (Association Royale des Écrivains et Artistes de Wallonie)
« LA CHAIR DES NUITS»
de LOUIS MATHOUX
Il semblerait ici, toutes proportions gardées, que Louis Mathoux modifie le champ clos du débat qui lui est habituel, et dont les trois personnages : Lui-même, Dieu et la Femme, changent de position. Au point que la femme, souvent considérée dans les précédents recueils comme objet de luxure, de péché, devienne salvatrice, et que le personnage de Dieu s’en trouve un peu plus effacé. On pourrait presque dire qu’au lieu d’une lutte en champ clos de naguère, s’initie un long voyage, tel celui de Dante guidé par Béatrice, avec le Paradis comme point d’arrivée.
Écoutons-le plutôt, p.20 : A l’Orient du désir / il y a des femmes aux liturgies salvatrices / dont le mystère est la clé // de nos mâles prisons / Elles seules possèdent les sésames / qui nous ouvrent l’accès / à nos propres luxuriances / et leur cérémonial de lumière / nous fait naître à nous-mêmes / loin des rutilances d’une virilité factice / Bénies soient ces femmes des grands ailleurs / en qui s’évanouissent // nos claustrations intimes / et par lesquelles advient / l’infinitude de l’être.
De bien beaux vers en tout cas, dont certains restent dans la mémoire, tel ce : Bénies soient ces femmes des grands ailleurs. On se croirait au début d’une Quête du Graal…et de soi-même, car n’y a-t-il pas, en nous-mêmes, cette part de désirs inassouvis qui nous mène plus loin que l’horizon de notre vie ?
Publication 2025
Éd. Chloé des Lys
253 pages
20€ + port
mathouxlouis@gmail.com
PALMARÈS CONCOURS JEUX FLORAUX AZURÉENS 2025
Grand Prix du Jury 2025
Marc NIEUWJAER
ASSASSINS !
(terza rima)
Je pose mon buvard sur l’encre de mes mots
Pour éponger le sang de ma plume ulcérée,
Face à la barbarie, inculture des sots.
Menacer un gamin d’une dague acérée
Jusqu’à sabrer sa vie en un revers mortel,
Horrible élan brutal sur sa chair lacérée.
Banalisation de l’esprit criminel
Par des écrits sanglants, par des écrans coupables
De déshumaniser l’amour universel.
La tolérance est morte au milieu des minables
Asservis à la haine, assoiffés de terreur,
Pour asseoir leurs pouvoirs en vainqueurs pitoyables.
Assassins en puissance, ils cultivent la peur,
Au seuil de l’au-delà, repèrent leurs victimes
Pour tuer davantage, épandre le malheur.
Je crache mon effroi sur le sang de leurs crimes.
Les inscriptions sont ouvertes
du 1er janvier au 30 avril de chaque année.
Pour recevoir le règlement et la fiche d'inscription.
jeuxfloraux.azuréens@gmail.com
1er prix de poésie classique / néo-classique
Gérard BOUNI
RIVAGE
Sur la plage déserte, au pied des dunes grises,
La mer, se retirant, dévoile sur le sable
Un étrange poème écrit à l’encre brune
Par les algues laissées dans le ressac des vagues.
Poème naufragé, au goût de sel et d’iode,
Aux senteurs de varech et de goudrons mêlées.
Poème dédié au grand oiseau de mer
Qui est seul à savoir déchiffrer son message.
Le regard de l’oiseau, impassible et grandiose,
Peut lire sur l’estran délavé par la vague
Le sourire d’Ulysse au terme de l’errance
Et les larmes d’Ariane, esseulée à Naxos.
Dans les perles de jais qui brodent le rivage,
Il voit la tragédie des grandes marées noires,
La triste théorie de frères englués,
Crucifix mazoutés tout au long de la grève.
Dans la peluche bleue rejetée par la houle,
Il voit l’enfant tomber d’un canot en détresse
Et qui dort son sommeil dans des bras de corail,
Son front pâle, apaisé, couronné d’algues brunes.
Un enfant dont le pied ne pourra imprimer
Sa marque sur ce sable, à jamais refusé...
Et dans l’azur du ciel, les ailes déployées,
Le regard au lointain, médite l’oiseau blanc...
1er prix de poésie libre
Nathalie VINCENT-ARNAUD
CLARTÉ
On a rompu le pain
Le silence
Les trêves
Les os lourds de nos rêves
La glace où nous avons marché
Sans voir l’horizon s’achever
Sans cordes à nos amarres
Détachés
Des terres où les heures ont glissé
Sous nos portes absentes
On a levé un à un
Les voiles
Les ancres
Les couvercles de nos désirs
Les enfants endormis sur nos routes
De pas comptés
Et de rires aux aguets
Dans le soir arrosé
De nos clartés rebelles.
1er prix de prose poétique
Roselyne MORANDI
DANS L’AIR IMMOBILE
Martelant la poussière des chemins routiniers, l’averse sur les fleurs exaltait leurs corolles au tempo sans mesure de rafales frivoles, complainte sans paroles d’espérances troublées. Qui viendrait à sa porte, la prendrait dans ses bras, la serrerait contre son cœur et, caresse sur son visage, caresse sur sa peur comme écume venant s’épancher au rivage, lui dirait dans un souffle : « Pleure, je suis là pour toi » ?
Assise au pied d’un chêne, à l’orée d’une clairière satinée de lumière que les feuillages, bercés par une brise légère, ponctuaient d’ombres passagères, elle était coiffée d’un grand chapeau de paille tressée dont les larges bords camouflaient aux regards le haut de son visage, son profil de médaille, ses yeux sans fard.
Au creux de sa jupe fleurie, elle avait posé les mains sur des feuillets épars. L’on pouvait deviner l’ébauche d’un paysage au sortir de la brume, farandole d’ arabesques, de lettres en chemin ; lettres balbutiées au bercement léger du clapotis de l’eau, tout en bas du sentier, sur les berges du lac enluminé d’azur naissant et scintillant à foison de frémissements d’argent.
Il la voyait libre, il la voyait forte, et belle d’une beauté diaphane, intemporelle. Elle était son rêve, celui d’un autre monde, celui d’un paradis d’images vagabondes.
Ainsi la voyait-il, image en lui réelle, vêtue de sa longue robe aux fleurs pastel, marcher à la tombée du jour, vive et légère, sur le chemin boisé menant à la clairière, s’assoir au pied du chêne, éprise de douceur,
rêveuse, égrenant une histoire émouvante ornée de mille couleurs, envoûtante ; peut-être la leur, ou celle d’un ailleurs...
Il ne la voyait pas douloureuse, écorchée, brisée d’insondable douleur lancinante ou bien parfois sournoisement absente, fulgurantes espérances aussitôt déjouées.
Au fil insaisissable des saisons blêmissantes il la voyait sereine, sereine et conquérante. Que pouvait donc offrir cette image brillante au miroir de son rêve ? L’émoi d’une eau dormante ?
Assise au pied de l’arbre à la tombée du jour, écrivait-elle, les yeux clos, ce mal d’amour muselé, muré dans un silence de catacombes ?
Sa plume sur le papier froissé frissonne d’ébriété.
Que renaisse le flot des paroles chéries, des pleins et déliés scellés, inertes en eaux profondes ; que rejaillisse enfin leur source au ciel de la Grande Ourse en liesse libérée, bienfaisante, une, féconde.
Il s’approcha d’elle, posa sa main sur la sienne, sur les feuillets grisés de peine, tourna son visage vers le sien, prit de sa main la plume abandonnée.
Il écrivit le mot « Tendresse » d’une étreinte fébrile, l’orna d’un ruban de « soi » et, dans l’air immobile, le fit voguer, du coucher du soleil au lever du jour, sur les eaux chuintantes d’un océan d’amour.
La serrant contre son cœur, tendre îlot de douceur, il lui dit :
« Pleure, je suis là pour toi »
Photo de couverture
Sentier des douaniers
Cap d'Ail
Photo de couverture
Menton - vieille ville
Photo de couverture
Vue de Cannes depuis
l'île Sainte-Marguerite
Photo de couverture
Depuis les hauts de
Beaulieu-sur-Mer
Hommage à Vital Heurtebize
Ces recueils, fruits des voix poétiques rassemblées par les Jeux Floraux Azuréens depuis 2022, sous l'égide de Poètes sans Frontières (association à but humanitaire) et la revue L'Étrave, rendent un bel hommage à Vital Heurtebize, poète passionné, passeur de mots, et infatigable artisan de la beauté littéraire. Par son engagement, il a su éveiller, encourager et unir des générations de poètes autour d’un idéal commun : celui d’une poésie vivante, sincère, lumineuse et Humaine.
Que ces pages prolongent l’écho de son souvenir et célèbrent l’empreinte indélébile qu’il laisse dans le cœur de la poésie francophone !
© Nathalie LAURO
LES PUBLICATIONS SEMESTRIELLES @ LUNA ROSSA
Présentation
Le poète offre, ici, un chant d’amour et de mémoire dédié à son épouse disparue, Bernadette. À travers une langue simple mais vibrante d’émotion, le poète transforme le deuil en offrande poétique.
Les poèmes, empreints de tendresse et de foi, célèbrent la présence de l’absente dans les gestes du quotidien, dans la nature, dans la lumière des jours. Chaque vers devient une prière, un souvenir, une trace d’humanité partagée.
Ce recueil, à la fois humble et sincère, s’inscrit dans la tradition des poésies du cœur : il dit l’amour fidèle, la perte, et la persistance du lien au-delà du temps. Une lecture émouvante où la douleur se fait douceur et la mémoire, lumière.
À propos de l'auteur
Serge Larive est né à Paris dans le 12ème, en 1949. Il écrit depuis l’enfance et n’a jamais cessé de chanter les mots comme il aime le dire, inspiré par Georges Brassens et Jean Ferrat.
La nature est, en général, son thème de prédilection. Il a écrit plusieurs recueils « Mille et un reflets », « Dans la montagne », « Des poètes disparus » et « L'homme aux semelles de vent».
66 pages
13€ + port
Commander le recueil auprès de l'auteur.
selarive@gmail.com
Présentation
Un recueil où l’amour, le manque et la mémoire se mêlent dans une langue charnelle, nerveuse, presque haletante. Le poète y explore les corps comme on explore des ruines encore tièdes : tout y est trace, persistance, douleur de ce qui fut et ne sera plus. Les figures aimées traversent les poèmes comme des silhouettes fugitives — amantes, enfants, fantômes — jamais vraiment présentes, jamais totalement perdues, dans une oscillation qui fait du désir une forme d’acharnement à vivre. Il écrit “au bord”, à la limite du cri et du murmure, avec une sensibilité brute qui ne cherche ni l’embellissement ni le détour. C’est un livre qui laisse des cailloux dans la poitrine : lourds, granuleux, inoubliables.
À propos de l'auteur
Martin Zeugma entre dans une vraie solidité d'écriture, moderne, osée. Tout un monde se dissimule derrière un engagement évident à la peinture sauvage d'une société en suspens, un monde de sensations où rien n'est absent, de l'arrachement jusqu'à l'achèvement. Il suffit d'accepter les formes renouvelées de la dérive, les formes aspirées de la suspension. C'est en effet d'une sorte de spirale qu'il s'agit, capable d'ascendance autant que de perforation : l'être est un « muscle » qui grandit sous l'étreinte, mais souffre sous la contrainte. » (Paul SANDA, revue Pris de Peur n°12)
43 pages
14€ + port
Commander le recueil auprès de l'auteur.
Présentation
Parfois un rai solaire, un éblouissement nous découvre le monde, nous l’accorde et nous y accorde.
Cette révélation ne va pas sans une brûlure, un fugace aveuglement, presque un vertige.
Le soleil, crevant les nues, troue le ciel, sans le combler.
En trente-sept visions fulgurantes, et autant de haïkus incandescents, ces éblouissements sont une épiphanie. Ils dévoilent notre rayonnante plénitude. Notre finitude, aussi.
À propos de l'auteur
Philippe Minot, vieillissant professeur de Lettres à Reims, s’apprête à rendre gorge et publie, depuis peu mais frénétiquement, dans de nombreuses revues ou en recueils, envisageant déjà sa réincarnation à terme en méduse iridescente, en merle moqueur ou en arbre à palabres… mais souhaite, monsieur le bourreau, se laisser un moment encore...
49 pages
13€ + port
Commander le recueil auprès de l'auteur
feelminot@gmail.com
Présentation
Ce recueil est une invitation à sentir, à écouter, à habiter les instants suspendus ‒ ces moments où le paysage devient paysage intérieur. Chaque poème est une respiration, une halte dans la chaleur de l’été, le souffle du vent marin, le chant des grillons ou le silence des montagnes.
Puissent ces mots vous inviter, à votre tour, à ralentir, à rêver et à écouter la voix de la côte Tyrrhénienne, dans toute sa force et sa délicatesse.
À propos de l'autrice
Écrivaine, poétesse et artiste numérique, Nathalie Lauro peint et dessine également. Elle travaille à partir de ses photos shootings. Elle aime photographier les villes comme Berlin, Londres, Paris, Hambourg et Amsterdam mais sa préférence va vers le Sud, la Méditerranée, le soleil, les couleurs, les lumières et la Dolce Vita. Présidente de l'association Luna Rossa et Directrice du Journal Poétique de Luna Rossa.
63 pages
13€ + port
Commander le recueil auprès de l'autrice.
Site de l'autrice
FLASH SUR LES POÈTES PUBLIÉS @ LUNA ROSSA
Voici les poétesses et les poètes qui nous font confiance depuis la création des Éditions Luna Rossa en 2021. Cliquez sur leurs noms pour accéder à la chronique auteur de chacun et découvrir également quelques-uns de leurs poèmes depuis la couverture des recueils.
Le thème pour l'édition 2026
est disponible sur notre site, ainsi que dans notre rubrique Informations.
NOTRE ANTHOLOGIE 2025
À PAS DE VELOURS,
Les chats, ces êtres énigmatiques et fascinants, traversent nos vies avec une élégance qui défie le temps. Leur regard perçant, leurs mouvements gracieux
et leur aura inspirent depuis toujours artistes, écrivains et rêveurs.
Ce recueil de poésie est une ode à leur essence,
à la fois familière et envoûtante.
NOS POÈTES POUR CETTE ÉDITION :
José GUIRAO, Patrick GILLARD, Nathalie LAURO, Benoit ASSELIN, Claude DUSSERT, Serge LAPISSE, Catherine ANDRIEU, Martin ZEUGMA, Jean-Jacques CAMY, Georges JUANPERE, Étienne BUSQUETS, Lola BERTHOMÉ, Jean-Marc LAINELLE, Patrick GILLET, Yolaine BLANCHARD, Marie-Claude JASLET GUEZEC, Marta CARRASCO, Stephen BLANCHARD, Olivier Félix HOFFMANN, Willa PEETERS, Léon BRALDA, Dorotea PANTALEONE, Charlie M’MC, Emy BOUVIER-OLSON, Margueritte CÈDRE, Hervé RIBERT, Carolyne CANNELLA, Laurent POLIQUIN, Jean-Louis HIVERNAT, Didier COLPIN, Gaël SCHMIDT, Annabelle CAMPILLO, Matthieu CONZALES, Yve BRESSANDE, Jean-Marie LECLERCQ, Laure FERROUD PLATTET, Élisabeth SIMON, Louis MATHOUX, Mohamed MLEIEL, Christophe ROBLET, Lucie BOULANGÉ, Luc ROSE, Denise HUBERT, Claude BUGEIA BELIAEFF, Gisèle MAYET-ALBAGNAC, Lory ANN, Pascale FLORANT, Françoise MAURICE, René BONNET, Jo CASSEN, Jassem GHERRAM, Pierre QUANDALLE, Daniel AUGENDRE, Michael QUENUM, Christian MARTINASSO, Jacques BELLEZIT, Patrick LEFÈVRE, Marc HONNAY, Ezechiel LUCCÉ, Pierre RIVE, Gérard BOHEC, Christophe ROBLET, Philippe PAUTHONIER, Jean-Claude FOURNIER, Gisèle MAYET-ALBAGNAC, Philippe MINOT, Patrick GILLARD, Odile STEFFAN-GUILLAUME, Erick GAUSSENS-HILLWATER, Michel-A CHISTIAENS, Alain LERÊVEUR, Anne BROUSMICHE et Marius DAULT.
INFORMATIONS
The City and the Moon - Création digitale Nath-Alice
APPEL À TEXTES
Anthologie poétique Luna Rossa 2026
Thème de l’année : la lune
Toute forme de poésie acceptée
Un poème par auteur (haïkus 5 et tankas 4),
Format Word, - de 25 vers, sauts de ligne, titre, nom de l'auteur + pays inclus
Un texte en langue étrangère doit être fourni avec sa traduction française
La publication est gratuite
Prix d'un exemplaire = 13 € + poste
Date limite pour les envois = 28 février 2026
L'envoi des textes implique l'accord de l'auteur pour leur libre publication
Directrice de publication / Présidente de l'association Nathalie Lauro
associationpoetique.lunarossa@gmail.com
Voici les coordonnées pour ceux qui seraient intéressés d'en savoir plus.
L_ACLAM@hotmail.com (Luc Rose)
Collaboration depuis 2025, avec l'Association Culturelle et Littéraire des Alpes-Maritimes qui est située dans la magnifique ville de Menton, à la frontière italienne.
Ateliers thématiques d'écriture et de lecture tous les mercredis après-midi (Roquebrune-Cap-Martin)
Conférences littéraires mensuelles (Menton)
Récitals au théatre Saint-Exupéry (Menton)
Les ateliers d'écriture et de lecture thématique des mercredis à Roquebrune-Cap-Martin ❤️
Récital pour le Printemps des Poètes 2025 à la Salle Saint Exupéry de Menton.
Interludes musicaux avec Philippe et Denis Anno
Notre journal est référencé depuis février 2024 sur le site Entrevues*
https://www.entrevues.org/revues/journal-poetique-luna-rossa
*Site de référencement soutenu par France-Culture, IMEC, Marché de la poésie, École Estienne, DIACRITIK, EN ATTENDANT NADEAU, Centre National du Livre, Région Île-de-France, Fondation FMSH et Mairie Paris Centre
*Organisateur du Salon de la revue
Halle des Blancs Manteaux
48, rue Vieille du Temple
75004 Paris
PARTENARIAT / COLLABORATION DEPUIS 2023 :
CONCOURS DE POÉSIE JEUNESSE
Culture Without Border
Concours international de poésie à destination des écoles, collèges et lycées - élèves français, francophones et francophiles aux États-Unis, îles du Pacifique, Canada...
La cérémonie de remise des prix pour les gagnants de la baie de San Francisco @ la Résidence de France, en présence du Consul et @ l'International School of Los Angeles.
&
Les cérémonies de célébration (en ligne) ont lieu en octobre et novembre.
Invités : participants, gagnants, professeurs, parents, amis, membres du jury et sponsors du concours.
(Dates précisées ultérieurement)
Livret des poésies du concours 2024
Livret 2025 à venir
Notre anthologie « La Grande Guerre » sortie le 11 novembre 2022... référencée à L'Historial de la Grande Guerre, situé à Péronne, dans le département de la Somme.
C’est à la fois un musée de la Première Guerre mondiale, un centre international de recherches et un centre de documentation. C'est un « Musée de France ».
Nous sommes très fiers et remercions infiniment le poète Pierre Quandalle et son épouse qui ont fait les démarches en notre nom.
Association Poétique Luna Rossa est partenaire avec :
Poésie du point du jour, l’Association des Membres des Palmes Académiques, le Lions Club International, le club Paris-Sologne, Rencontres Européennes-Europoésie, la Société des Poètes et Artistes de France, les Poètes de l’Amitié-Poètes sans Frontières, la Société des Poètes Français, les éditions Acala, les éditions et la revue Traversées, l’Association des Écrivains et Artistes Paysans, le Salon des Poètes de Lyon, Art et Poésie de Touraine, les Lettres et Arts Septimaniens, l’Académie des Sciences, des Arts et des Belles Lettres de Mâcon, la Société des Artistes et Poètes de France, la Ronde Poétique, l’Académie Renée Vivien, l’Académie de Villefranche sur Saône et du Beaujolais et les Rencontres Vaugelas.
pour l'organisation du
GRAND PRIX INTERNATIONAL ARTHUR RIMBAUD
NOS CORRESPONDANTS ( cliquez sur les liens pour accéder aux informations)
Italie (Turin) - Carla Mancuso
Italie (San Remo) - Antonella Rizzo
USA - Côte Ouest / Îles Pacifiques - Thomas Célérier
Canada (Québec) - Jane Lamarthe
REVUES AMIES
(Cliquez sur les noms pour accéder aux détails de chaque revue)
Il Convivio (Italie)
Traversées (Belgique et Luxembourg)
Ressacs - (Sénégal)
Cirrus Tankas (Canada)
Atlas poetica - A Journal of World Tanka (USA)
Montauriol Poésie (revue occitane)
NOTE AUX POÈTES ET ARTISTES
Le journal est consacré à l'art et à la poésie.
Nous vous rappelons que les publications doivent être validées par la rédaction au préalable. Elles doivent également respecter nos conditions et les photos de créations artistiques ou textes « jetés en vrac » sans aucun message ne recevront pas de réponse de notre part ainsi que les mails dénués d’un minimum de politesse et de courtoisie.
Les publications sont payantes car nous ne demandons pas de cotisation obligatoire à l'Association. Nous réalisons, néanmoins, un gros travail de promo de notre journal qui est diffusé très largement en France et à l’international, gratuitement, et qui reste disponible à tout moment sur notre Site web Luna Rossa
Une publication dans notre journal, vous permet de bénéficier d’une belle visibilité supplémentaire intéressante (le détail des actions de promotion peut être fourni sur demande).
Pour être publié gratuitement, vous pouvez poster votre actualité poétique et vos poésies sur le groupe FaceBook de notre présidente Nath-Alice Lauro (Association Poétique Luna Rossa).