Jean-Bosco Nduwimana travaille comme journaliste au Burundi depuis 2000. Après plusieurs années à Radio Bonesha, en 2005 il a viré vers Radio Isanganiro. Dans son récit, il se remémore des reportages qui l’ont fort marqué, comme celui sur l’attaque au camp de déplacés de Gatumba en 2004, et des moments de peur, comme lors du coup d’État du 13 mai 2015. Jean-Bosco Nduwimana raconte aussi les difficultés, d’abord économiques, de la reprise du travail à la radio en 2016.
Je suis journaliste à la radio Isanganiro depuis 2005. Avant, depuis l’année 2000, j’étais à la radio Bonesha FM. Mais je précise que je suis un journaliste bénévole, parce que je suis aussi enseignant du cycle supérieur. J’ai étudié la littérature française à l’Université du Burundi, j’ai commencé le métier d’enseignant en 1994, et après six ans d’enseignement au secondaire, en 2000, je suis entré à l’École Normale Supérieure (ENS). Cette même année, j’ai embrassé la carrière journalistique. Comment ça s’est passé ? Par le biais d’un confrère qui s’appelle Abbas Mbazumutima, du journal Iwacu, qui était rédacteur en chef à la radio Bonesha. En 2000, ils avaient besoin de journalistes, et comme Abbas et moi avions fait la même faculté à l’université, il savait que je pouvais les aider pour écrire et parler français à la radio. À l’université, nous faisions des exercices de rédaction, de lecture expressive. Et vous savez, quand vous êtes dans la même classe, vous vous appréciez, vous savez qui est capable de quoi. Alors il m’a appelé, un jour, et il m’a dit : « J’ai parlé de toi au représentant légal de la radio, » qui s’appelait Antoine Ntamikevyo, un ancien aussi de la radio nationale. Je suis allé alors faire un test à Radio Bonesha. Abbas m’a donné un papier pour que je le lise, et il m’a dit : « Même si je te fais faire cet exercice, je sais que tu es capable. Ce sera juste pour le confirmer à mon patron. » Quand j’ai lu le texte devant le micro, Antoine Ntamikevyo a appelé Abbas pour lui demander qui était la personne qui parlait à la radio. Abbas a dit : « C’est un nouveau jeune qui s’appelle Jean-Bosco, qu’on voudrait recruter. » Et Ntamikevyo, au téléphone, sans m’avoir vu, a dit : « On le prend tout de suite. » Je crois qu’il avait apprécié ma manière de parler. Depuis ce jour-là, je suis journaliste pigiste, payé sur tâche.
Je crois que j’avais déjà commencé à faire un peu de journalisme au lycée, toutefois. Nous écoutions la radio nationale, qui était la seule, à 13 h. Certains, comme moi, l’écoutaient en français, d’autres en kirundi. Puis, nous écrivions un résumé des infos que nous avions entendues et nous l’affichions à l’intention des autres élèves. Comme ça, tout le monde était informé en même temps, même sans avoir écouté la radio. C’était dans le cadre des activités d’un club d’écoute des infos qui avait été créé par un enseignant d’histoire. Nous faisions donc ce qu’on appelle des flashs d’information ! Mais à l’université aussi, il y avait un certain Mohamed Rukara – il est mort, il a été médiateur burundais* et il avait été journaliste aussi à la radio-télévision nationale – qui nous enseignait le kiswahili. Comme exercice, il nous amenait des dépêches de l’AFP [= Agence France Presse] pour que nous les traduisions en swahili. Et la meilleure traduction, il allait la présenter le soir dans son journal de l’actualité internationale. Or, c’est vrai qu’il nous exploitait, mais nous étions contents quand nous voyions que c’était notre dépêche qu’il avait choisie parce que c’était celle qui était bien faite ! Donc vous comprenez que finalement, nous avons fait du journalisme sans le savoir.
* Premier ombudsman du Burundi entre 2010 et 2016. Voir récit de Jean-Claude Kavumbagu.
Quand Abbas m’a appelé pour que je rejoigne Radio Bonesha, j’étais content d’embrasser la carrière de journaliste. Vous savez, les journalistes sont des gens qui sont, je dirais, appréciés dans la société. L’opinion croit que le journaliste sait tout. Je vous donne un exemple. Un soir, dans mon quartier, je suis allé dans un café où j’ai trouvé des gens qui débattaient : « Demain il y a congé, » « Oui, c’est vrai, demain il y a congé, » « Non, ce n’est pas vrai. » Le lendemain n’était pas férié. Quand je suis arrivé, j’ai dit : « Oui, oui, demain il y a congé. » Je voyais qu’on se faisait des blagues. Les gens ont dit : « Vous avez entendu ? Même le journaliste confirme. » Parce qu’ils savaient que « les journalistes connaissent tout ». Malheureusement, le lendemain, quelqu’un s’est absenté au travail. Parce que c’était le journaliste qui avait parlé !
J’ai appris à connaitre la profession progressivement, et sur le tas. Des collègues nous donnaient des formations sur les fondamentaux du journalisme pour que nous apprenions de quoi est faite une information complète, et qu’il faut répondre aux questions « Qui ? », « Quoi ? », « Où ? », « Quand ? », « Comment ? » pour en avoir une. Nous avons appris à distinguer les informations à donner aux gens suivant l’éditorial de la radio ; on se demandait : est-ce que ça, c’est intéressant ? Est-ce que ce n’est pas intéressant ? Est-ce que c’est de la pub pour tel ou tel autre ? Quand nous partions en reportage, il fallait être curieux, et sur tous faits de société. Si vous voyez un rassemblement de gens, il faut aller voir ce qui se passe, et essayer de voir si on peut en tirer une information. La curiosité, c’est le propre du journaliste. Et progressivement, nous avons pu savoir ce que c’est cette profession.
Jean-Bosco fait un reportage en direct dans la province de Ngozi
Pendant toutes mes années de carrière, j’ai fait des reportages sur le terrain, j’ai animé des débats, mais aujourd’hui, à Isanganiro, je suis plutôt présentateur. Je fais aussi la revue de la presse, ce qui est un exercice que je fais facilement étant enseignant, puisque j’ai des facilités pour lire rapidement les documents et les condenser. J’ai aussi animé quelques fois l’émission de débat politique ‘Mosaïque’, dont la version en kirundi s’appelle ‘Kunama’. C’est un débat sur les sujets de l’actualité à l’endroit des décideurs politiques. On essaie de confronter des points de vue différents sur tel ou tel autre sujet, pour essayer d’en tirer des conclusions et des solutions pour des problèmes qui se posent dans la société. Mais dans mon CV de journaliste, il y a des reportages inoubliables.
Jean-Bosco s’entretient avec feu Mamadou Bah, Représentant Spécial de l’Union Africaine au Burundi entre 2003 et 2011
Vous avez peut-être suivi quand le FNL* a tué des réfugiés banyamulenge à Gatumba**. Il se fait que j’avais fait la matinale*** à Bonesha, suivi par Abbas Mbazumutima, qui présentait le journal en swahili. À peine terminé mon journal, à 7 h 30, quelqu’un m’a appelé : « Est-ce que vous pouvez aller voir ce qui se passe à Gatumba ? On a tué les Banyamulenge qui sont sur le site là-bas. » C’était l’administrateur de la commune Mutimbuzi****. Quand Abbas a aussi terminé son journal, je lui ai dit : « Je viens de recevoir un appel qui dit qu’on a massacré des gens pendant la nuit et on a brûlé le camp de réfugiés. » Et nous sommes allés à Gatumba. Nous avons donné un lift à une journaliste d’Isanganiro qui n’avait pas de véhicule mais qui devait faire son reportage aussi. Quand nous sommes arrivés là-bas, en prenant les interviews, elle pleurait. Parce que c’était vraiment horrible. Voir tout un camp de réfugiés qui a été brûlé, savoir que personne n’a échappé… Ils avaient aspergé de l’essence et brûlé tout le monde. Moi, je me souviens qu’au retour, j’ai dit à Abbas que je ne pouvais écrire quoi que ce soit. J’étais sous le choc des émotions. Je n’ai pas pu écrire un papier, et c’est Abbas qui a fait ce reportage seul, alors que nous étions allés à deux. J’avais tout vu ! Nous avions pris les interviews avec les officiels, mais cela m’a été difficile de pouvoir commencer à écrire une phrase, parce que j’avais toujours en tête les images du camp dévasté… Je me souviens que j’ai même appelé madame [=mon épouse] à la maison pour lui dire : « Aujourd’hui, il ne faudra pas allumer la télévision. » Pour que les enfants ne voient pas ces scènes-là. Et je sais que je ne suis même pas rentré après le boulot. Je suis d’abord allé à la Maison de la Presse pour prendre un verre. Pour voir si je pouvais oublier ce que j’avais vu. Puis je suis rentré.
* Forces Nationales de Libération, mouvement rebelle qui a officiellement déposé les armes en 2008.
** En 2004. Gatumba se trouve à l’ouest de Bujumbura.
*** Le journal du matin.
**** Commune de Bujumbura Rural où se trouve Gatumba (voir Carte de Bujumbura).
Une autre fois, je me souviens que je suis allé couvrir un affrontement entre le FNL dirigé par Agathon Rwasa et l’armée burundaise à Musaga*. C’était en 2003. C’était quand le Président Ndayizeye** avait décidé de dépêcher un avion pour lâcher des bombes sur les rebelles du FNL. Je me souviens avoir pu décrocher une interview que personne n’avait eue à l’abbé de la paroisse Musaga. Tout le monde se demandait comment j’étais arrivé là, pendant que les bombes tombaient. Moi, j’avais avancé en rampant dans le caniveau. C’était téméraire !
* Quartier de Bujumbura (voir Carte de Bujumbura).
** Domitien Ndayizeye, président du Burundi entre 2003 et 2005.
Jean-Bosco (en t-shirt à rayures) lors de la visite de feu Président Nkurunziza à Radio Isanganiro (2006)
Mais une réalité que je n’oublierai jamais, c’est la peur que j’ai eue le 13 mai 2015. D’abord, c’est moi qui devais présenter le journal du soir, et qui l’ai présenté, la peur au ventre, alors qu’un coup d’État était en cours. Ça, je n’oublierai pas. D’ailleurs, je me souviens que même avant, en 2003, quand j’étais encore à Bonesha, un lieutenant avait tenté un coup d’État. Il était entré à la radio nationale et il avait pris l’antenne. Alors le chef d’État-major général, le ministre de la Défense, qui s’appelait Cyrille Ndayirukiye – qui était parmi les putschistes de 2015 – avec le chef du Service National de Renseignement (SNR) sont venus à la radio Bonesha pour faire une déclaration. En fait, ils s’étaient rabattus sur Bonesha pour calmer les gens, parce que la radio nationale avait cessé d’émettre à cause de ce lieutenant-là qui avait tenté un coup d’État. Ce jour-là aussi, je me souviens que j’étais à l’antenne et je suis resté là jusqu’à 23 h, sur ordre du représentant légal de la radio. J’étais là avec une équipe de collègues, avec aussi Abbas Mbazumutima qui était rédacteur en chef, pour communiquer ce qui était en train de se faire réellement, et pour ne pas laisser le chef d’État-major général et le chargé du SNR faire leurs déclarations – comme on le sait au Burundi, ils pouvaient récupérer facilement la situation pour la retourner à leur avantage. Nous avons donc été prudents. Eux, ils voulaient faire leurs déclarations à la radio directement, mais nous leur avons demandé de les enregistrer d’abord pour écouter ce qu’ils allaient déclarer. Et je sais que je suis rentré à minuit, quand tout était rentré dans l’ordre. Et une situation similaire de tension – curieusement, ça arrive toujours quand je suis à l’antenne ! – s’est présentée quand le Président Nkurunziza est mort. En 2020. C’est moi qui étais à l’antenne et qui ai annoncé la mort du président. Il était mort le weekend, mais on a communiqué la mort le mardi. Parce qu’entre temps, il y a eu plein de spéculations sur les causes de sa mort. Or ça, c’est une communication qui n’est pas facile à faire. On ne sait pas comment va réagir l’opinion, comment vont réagir les autres politiciens. Cette fois-là aussi, la direction de la radio nous a demandé de rester à la radio et de dormir en ville, dans un hôtel tout près de la radio, pour suivre l’évolution de la situation et voir si jamais ça « dégénérait ».
Le 13 mai 2015, je me souviens que c’est moi qui présentais le journal de 13 h. Il faut dire que quand je présentais, on ne savait pas que des gens étaient en train d’exploiter politiquement les faits que nous décrivions. Au journal, nous racontions : « Il y a des gens qui marchent, qui font une manifestation ; des femmes qui se rassemblent à la Place de l’Indépendance* ; d’autres qui se dirigent vers le nord de la capitale… » Mais entre-temps, on ne savait pas que certains militaires et des politiques** étaient en train d’enregistrer un message qui allait passer juste après le journal. Franchement, nous avons été pris au dépourvu. Certains parmi nous, naïfs que nous étions, nous n’avons pas vu venir le coup d’État. Personnellement, j’ai eu peur quand notre rédacteur en chef a amené la déclaration pour la faire passer directement après le journal. J’ai dit : « Cela doit provoquer des conséquences néfastes pour la radio. Généralement, les coups d’État ne se passent pas dans les radios privées. Nous risquons gros. » Moi, je sais que je l’ai dit. Malheureusement, c’est ce qui s’est passé. La radio a été fermée pendant une année. Mais nous avions aussi peur pour notre sécurité. Le soir, après le journal, nous nous dépêchions pour rentrer, mais entre-temps, notre véhicule avait déjà pris une balle des militaires. Je dois avouer que quand je suis arrivé à la maison, je me suis demandé : « Est-ce que demain je pourrai présenter le journal ? » Malheureusement, le lendemain, la radio était fermée. Les jours qui ont suivi, je ne suis plus allé travailler. Les autres contractuels*** allaient se présenter dans le bâtiment où l’équipe de la radio s’était réinstallée – là où travaille La Benevolencija**** – juste pour poster quelques articles sur le site web de la radio. Moi, qui étais présentateur, je n’avais plus à faire. Et il y avait pas mal de monde, de contractuels, pour faire juste un peu de travail. Alors j’ai dit au directeur que j’allais revenir quand on aurait rouvert la radio. Et je suis resté à m’occuper de mes enseignements à l’ENS, que je n’avais jamais abandonnés. J’ai souffert tout de même, parce que ce que je gagnais à la radio m’aidait à joindre les deux bouts du mois. C’était un manque à gagner énorme.
Il y a des gens qui pensaient que j’avais aussi fui, comme ils ne me voyaient pas souvent en ville. En fait, les gens pensaient qu’après la destruction des radios en 2015, tous ou presque tous les journalistes avaient fui. Mais ce n’était pas tout le monde qui avait fui. Personnellement, non seulement je trouvais que je ne pouvais pas partir et laisser ma femme et mes quatre enfants seuls, alors que je connais les revenus de la famille, mais aussi je me disais : « Pourquoi fuir ? Moi, je ne me reproche de rien. » Mais bien sûr, on a eu peur d’être poursuivi, uniquement parce qu’on était journaliste.
* Voir Carte de Bujumbura.
** Politiciens.
*** Collègues ayant un contrat autre que de pigiste.
**** Pas loin du siège de Radio Bonesha au centre-ville de Bujumbura (voir Carte de Bujumbura). Au Burundi et ailleurs, l’ONG néerlandaise La Benevolencjia travaille dans le secteur de la résolution des conflits, y compris par des productions médiatiques.
Jean-Bosco présente le journal de la mi-journée (mars 2025)
En 2016, après une année de souffrance, la radio a rouvert, et nous sommes revenus au travail. On a ouvert vraiment dans des conditions… qui n’ont pas été faciles, et qui restent non faciles jusqu’aujourd’hui, parce que les financements arrivent quand ils arrivent. Nous avons fait des mois et des mois sans être payés, mais on disait : « Après tout, ne lâchons pas. Nos partenaires pourront nous financer si nous continuons à travailler, tant bien que mal. » Parce qu’on ne peut pas financer quelqu’un qui n’est pas en train de travailler. « Faisons ce que nous pouvons faire pour gagner la confiance des partenaires qui peuvent encore nous donner du travail – parce qu’eux aussi, ils continuent à avoir besoin de moyens de sensibilisation pour ceci, pour cela. » Mais honnêtement, la qualité de la collaboration n’était plus la même. Avant 2015, nous étions épanouis dans ce que nous faisions. Nous nous sentions libres de traiter l’information objectivement, sans avoir peur. Mais aujourd’hui, après avoir vu comment l’autorité publique comprend le journalisme, après avoir vu de quel bois ils se chauffent, comme on dit en français, nous travaillons avec toutes les précautions possibles. Certains journalistes ne font même plus du journalisme, ils font de la pure communication. Il y a des sujets qu’ils ne traitent pas. Nous, à la radio Isanganiro, nous essayons de les traiter, pour que l’autorité publique puisse corriger ce qui ne va pas. Mais c’est un exercice qui n’est pas facile, parce que certains mandataires publics ne sont pas ouverts à cela. Mais on essaie, on essaie. Et nous savons que nous sommes écoutés. Dernièrement, par exemple, nous avons eu des ennuis techniques, et le journal du matin a fait un retard de quinze minutes. Pendant ces quinze minutes, nous avions déjà reçu des appels de la présidence de la République qui demandait : « Qu’est-ce qui se passe ? » Signe que nous sommes suivis !
Progressivement, nous avons repris à travailler les heures qu’on travaillait, et nous avons repris aussi certains programmes. C’était d’abord question d’avoir les journalistes qui pouvaient occuper les antennes, parce que beaucoup d’unités étaient parties, et les peu qui restaient ne pouvaient que faire ce qu’ils pouvaient. Nous ne pouvions pas remplacer ceux qui étaient partis, les moyens ne le permettaient pas. Donc ceux qui sont restés sont ceux qui ont continué à faire le travail. Et nous nous sommes appuyés sur les stagiaires professionnels. Eux, ils aident beaucoup, parce que d’abord ce sont des gens qui sont capables de produire quelque chose de diffusable, d’acceptable, et puis ils ne sont pas chers, en termes de coûts pour la radio. Donc on se rabat sur cela. Ils travaillent pendant trois ou quatre mois ; après quatre mois, on recrute d’autres. Et cela réduit les coûts. Mais bien sûr, vous comprenez qu’il y a aussi là une tricherie, parce qu’on exploite des gens. C’est le problème des radios privées au Burundi qui n’ont pas de moyens. Mais comme certains sont peut-être aussi des chômeurs, ils se disent : « Mais c’est mieux que rien ! Je prends. » Ils sont preneurs même quand ce n’est pas satisfaisant.
(Interview effectuée le 2 mai 2024, récit validé le 26 janvier 2025)